‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 163 sur 303 · DOME UE SIENNE · texte numérisé non relu

DOME UE SIENNE

1322 plusieurs architectes, entr'autres Lorenzo Maitani, proposèrent l'érection d'une nouvelle cathédrale plus vaste et plus riche. On résolut d'élever un vaisseau à trois nefs qui formerait la partie antérieure de la nouvelle et immense cathédrale ; la colossale construction fut commencée en 1340 par Lando di Petro et continuée par Giovanni di Agostino ; d;jà s'élevaient la charpente des nefs et la façade revêtue de marbre, lorsque survinrent la peste et une série de calamités, qui signalèrent la déchéance de la république de Sienne. Des défauts de construction se manifestèrent dans le nouvel édifice, et l'on reconnut que tout était à refaire; les ressources manquaient, et l'on abandonna l'entreprise. De la tentative folle il ne reste que l'admirable portail du baptistère, et des murs mal bâtis. Dès lors on ne songea plus qu'à parachever et orner la vieille cathédrale et le Baptistère. Toutefois, en 1370 on avança la façade de deux travées, en démolissant le frontispice élevé par Giovanni Pisano à l'imitation de la façade d'Orvieto. Sur cette façade Duccio plaça enfin la fameuse madone comme le couronnement final.

En 1382, on commença, au chevet de la cathédrale, la façade du Baptistère d'après le dessin encore conservé du peintre Giacomo di Mine de Pellicciano ; elle est restée inachevée.

La cathédrale de Sienne offre une triple nef large, avec de hauts collatéraux ; elle a un chevet plat comme les églises de l'Ordre de Cîteaux, chevet percé au-dessus de l'abside d'un éblouissant oculus ; elle est coupée vers le milieu par une croisée carrée, amortie en polygone par des trompes et portant la base du dôme ('). Les voûtes sont gothiques, à puissantes nervures croisées. Les piles sont à quatre colonnes engagées dans un noyau cylindrique ; elles sont ornées de chapiteaux feuillages, à crochets, de style français. Mais leur allure élégante est détruite par les vigoureuses zébrures de marbre qui hachent leurs fûts et régnent sur tous les murs de l'église. Au-dessus des grandes arches règne une corniche à modillons surmontée de fenêtres à lancettes étroites.

Vers 1300, devant le vaisseau déjà construit, fut élevée la façade (') luxueuse et ouvragée, criblée d'ornements, éblouissante de richesses, couronnée des trois triangles formés de ses pignons juxtaposés. Trois portails aux voussures cintrées surmontées de gables forment le premier étage ; au-dessus s'ouvre une rose dans un cadre carré garni de niches et d'arcatelles, et le tout est couronné par trois frontons que séparent des pinacles. Des tourelles très ouvragées flanquent les angles. Entre les lignes de la membrure, pas un pied carré de pavement qui ne soit couvert d'ornements.

Les murs des façades latérales sont traversés de cordons horizontaux colorés. Les fenêtres sont à cintre aigu, celles du bas, coiffées de gables. La terrasse supérieure est bordée d'une balustrade.

A l'intérieur, « les murs incrustés de marbre blanc et noir, la coupole, les sculptures sur bois, le pavé en mosaïques, le plus admirable qu'on connaisse, la voûte bleue parsemée d'étoiles d'or, les superbes vitraux du XV Je siècle, les bustes pontificaux (étendant leur série depuis saint Pierre jusqu'à Alexandre III), les magnifiques livres de chœur tout brillants de vignettes d'or et d'azur, ont de quoi satisfaire

1. La longueur de l'église est de 89 m., sa largeur, de 24 m. à la nef, de 51 au transept.

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