‹ Les cathédrales gothiquesChapitre 207 sur 303 · D'après L'Arcliitecttirt, article de 1904. M. Nizet · texte numérisé non relu

D'après L'Arcliitecttirt, article de 1904. M. Nizet

3. De Ramon Perro, Description historica artistica de la mai;nifica catedrale y de los démos célèbres moniimenlos. Tolède, 1857.

::- Fig. 2jy. — NEF CENTRALE DE LA CATHÉDRALE DE TOLÈDE.

CATlll'lDRALKS CiOTl HOUES

portes latérales sont de merveilleux exemplaires de l'art ogival du XV<^ siècle. Les autres portes se nomment :

La Piierla IJana, du commencement du XIV^ siècle, la Piierla de la Presentaciôn du XV I' siècle, la J'uerta de \ \ Santa Catalina du XVI' siècle, la ruer ta del Reloj du X\ ' siècle avec additionsduXVlir siècle, la Pnerta de lin Leone s de la seconde moitié du X\'' siècle, de style ogival fleuri ou tlamboyant.

La façade occidentale, élevée au XV'' siècle, richement décorée de statues, étale aux regards ses trois portes ànjuge- »tent,à^ X Enfer et du Pardon, dont l'iconographie résume le drame suprême du genre humain.

Le prestige de l'aspect intérieur est encore augmenté par le jour doucement mysté- 1 • jrieux qui descend de fenêtres ornées de vitraux splendides. Ayant besom dune lumière modérée sous le soleil d'Espagne, on a abaissé la nef centrale et donné plus d'ampleur aux latérales.

On admire les vitraux, les grilles de style plateresque, en particulier celles de la «capilla mayor > et le fameux vitrail du XVI IP siècle, œuvre de Tome et exemplaire du plus effréné « baroquisme >. Dans les chapelles absidales on voit les tombeaux

Fil'. 2J0. — LE MAÎTIlE-ArTM. DE I.A CATHÉDltALC DE TOI.ÉDF.

Cathédrales Gothiiiues.

lies anciens rois, celui de I). Alvaro de Luna et ceux de los Reyes hUicvos, la chapelle

del Sai^rario (').

Les tours sont d importance modeste ; celle de droite, œuvre d'Alorès Gomez

(1425), mesure 00 mètres de hauteur répartis entre sa base carrée (tapissée d'arcatures,

traversées à trois niveaux de doubles cordons et hérisséede pinacles), son étage octogonal et sa flèche pyramidale, qui périclite, paraîtil ; elle abrite une cloche de 17.800 kilogr., qui fait entendre, assure-ton, sa voix jusqu'à Madrid, à 20 lieues de distance.

C'est le Bruxellois Jean Van der Eycken (en Espajj^nol Anequin de Kgas), qui a élevé la superbe porte <( aux Lions )) du transept méridional, un des chefsd'œuvre de l'architecture ogivale, avec Jean Was (Guas chez les Tolédans).

Kgas fut nommé en 1459 maître des œuvres de la cathédrale de Tolède et le resta jusqu'en 1494.

Notre-Dame de \Assoviplion (c'est le titre de l'église) compte de nombreuses et riches chapelles, comprenant une couronne d absidioles rayonnantes.

Parmi les plus remarqua-

, / blés, avec la chapelle mo-

Jl(. abo. — l-i.lin. I.F, I.A I HAIIJ.I.l. .-^.VMA (, MAI, ISA \>\. \.\ fA 111 Kl II! A I.L ' ^..u^>„..v,

i)K Tdi.KDi;. zarabe, est celle des Reges

niievos, œuvre d'Olonso Covarrubrais, où l'on voit dans des enfeus au-dessus des stalles les mausolées des rois de la lignée de Henri de Trastamare. La chapelle dite du Sagrario est des plus riches, et renferme elle-même celle à coupole de VOciavo, de forme octogonale, dans laquelle on admire les œuvres d'art et les reliques les plus précieuses. Celle deSati/iago découpe ses résilles flamboyantes au côté Nord ; Alvaro de Luna, maître de l'ordre religieux militaire de Santiago, l'éleva et y a son mausolée entouré d'une garde de chevaliers de marbre et de sa femme ; ceux-ci ont perdu

I. Malheureusement la voûte du chœur s'est crevassée naguère de façon alarmante : en 1903 le .Sénat espagnol a \'ilé un subside de 125.000 pesetas pour sa réparation.

CATHÉDRALE DE TARRAGONE 307

leurs statues automates de bronze, qu'un mystérieux ressort mettait en mouvement quand chaque office commençait, et plaçait dans l'attitude agenouillée de la prière.

La capilla mayor et le coro sont d'une merveilleuse richesse, trop exubérante. Les stalles en bois de royer sont sculpiéts et rtlouillées à l'infini.

La Renaissance a apporté son large contingent à l'œuvre du moyen âge ; un élève de Mich< 1-Ange, le célèbre Béruguète, et son digne émule Bourgognien Philippe Vigarni ont puissamment contribué à l'enrichir.

La cîislode de la cathédrale de Tolède, œuvre de l'Allemand Arfe, est une œuvre remarquable d'orfèvrerie de quatre mètres de hauteur, en argent doré, contenant 200 kil. de métal, enrichie de diamants et d'émaux précieux ; elle offre la forme d'une pyramide à trois étages ; sa membrure complexe est assemblée à l'aide de 80.000 viroles ; il y a tout un livre de prescriptions à suivre pour la démonter et la remonter lors des processions de la Fête- Dieu.

La salle capitulaire est un chef-d'œuvre de style mudéjar. Elle est couverte d'une broderie de pierre sculptée, rehaussée de dorure et de polychromie, et présente un aspect éblouissant avec son plafond rouge et or, ses murs peints par Jean de Bergona, représentant l'important cortège des archevêques de Tolède.

La chapelle de Saint-Jean possède un trésor d'orfèvrerie dont la pièce capitale est une remontrance faite du premier or rapporté d'Amérique par Christophe Colomb et qui comprend 260 statuettes d'argent doré.

Un vaste cloître gothique règne au flanc Nord des nefs. Ses baies géminées sont garnies de résilles rayonnantes, et à ses trumeaux s'adossent des statues sous des baldaquins.

La chapelle mozarabe est une des curiosités de Tolède. Le cardinal Ximenès l'a fait construire en 1504 par Henri d'Egas et l'on y célèbre l'office dans le rite gothique traditionnfl. Elle .s'annonce au-dthors, à côté du gracieux campanile, par son dôme élégant surélevé sur un tambour octogonal à deux étages.

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