V. Bull. »tonumenl<il, année 1903, n
3. Jehan de Chelles y est mentionné comme auteur de l'œuvre dans la grande inscription sculptée en relief sur le soubassement du portail Sud. Elle atteste qu'il construisit les deux pignons du transept. fViollet-le-Duc, Dicl. d'architecture, t. I. p. 116.)
V. Dans la Revue de l'arch. et des T. C. t. IX, l'article de \'iolletle-Duc sur la restauration de Notre-Dame de Paris.
Plus lard, les travaux de consolidation et d'entretien furent confiés à Raymond du Temple, le célèbre architecte de Charles V, nommé en 1363, puis à son fils Jean, à partir de 1405, remplacé par Henri Brisset en 14 I5,par Pierre Robin en I422.par Jeanjames en 1431.Ce fut Jean .Moineau, nommé maître de l'œuvre en 1510 à 151 1 qui reconstruisit les voûtes du transept. Raimond du Temple était maître de l'œuvre de 1363 à 1404; il avait sous ses ordres un maçon-juré, qui était Colin Cille en 1388. On le voit, il n'est plus vrai de dire que les noms des artistes du moyen âge sont restés dans l'oubli.
Fig. 43. — COIiNICHE DE NOTKE-DAME
CATHÉDRALE DE PARIS
Mais décrivons d'abord l'ensemble du monument.
Le vaste transept ne fait saillie qu'au-dessus des bas-côtés, surmontés de tribunes, dont les voûtes d'arêtes offrent, du côté des fenêtres, des voussures plongeantes, expédient ingénieux, adopté pour favoriser l'entrée du jour.
Les trois grandes roses sont des chefs-d'œuvre.
Les arcs boutants s'élancent d'un jet sur deux nefs avec une fîère audace.
La façade est d'une majesté incomparable, avec ses lignes sévères, ses grosses tours massives et sans fièches, ses royales galeries et ses trois portails ravissants.
Cette sublime ordonnance forme ce qu'on a appelé poétiquement des escaliers vers le ciel.
La sculpture offre un développement harmonique conforme avec l'architecture, et une grâce incomparable.
La simplicité du plan de Notre- Dame de Paris est égale à sa magnificence ; cette cathédrale est peut-être celle qui offre, à cet égard, le plus d'unité et de perfection. Elle a cinq nefs, portées par cent et vingt piliers, un transept saillant et un chœur superbe.
Trente-sept chapelles (autrefois quarante-cinq) s'abritent à l'ombre des nefs et du sanctuaire. Elle mesure 127 mètres de longueur, 48 de largeur, 35 de hauteur sous les voûtes. Elle a été restaurée par Viollet-le-Duc.
Le plan dérive de celui de Saint- Denis, mais majestueusement amplifié d'un double collatéral faisant le tour des nefs et du chœur. La saillie du transept n'est pas visible
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Cathé irales Gothiques
en plan, non plus que celle des chapelles du chevet, dont l'ensemble dessine un hémicvclc.
<■ La laçade, dit M. Gonse, en est le morceau le plus célèbre ; elle mérite son universelle renommée. On peut la proclamer sans hésitation la reine des façades gothiques. Il n'en est pas de plus monumentale ni de plus majestueuse ; il n'en est pas qui présente une si complète harmonie. Elle est belle sous tous les angles ; de
face, ses étagemcnts ont une noblesse saisissante; ses lignes ont une vigueur, une richesse, une carrure qui émeut le regard :
Mole sua terlorem incutit speciantibus, dit le chroniqueur.
De profil, ses lignes montent en s'appuyant sur les emmarchements successifs d'immenses contreforts.
Vue du parvis
elle semble affronter les regards comme une proue de navire. Son grand parti architectural accuse un génie de premier ordre... ; tout est à l'unisson dans ce morceau conçu d'un seul jet : la grandeur et la simplicité de l'idée, l'originalité de la composition, le style et l'échelle de la décoration, la puissance et le fini de la statuaire, la logique et la perfection technique de la structure. » Régulière et imposante, richement décorée de sculptures, elle vit dans la mémoire de quiconque a vu Paris ou feuilleté quelques ouvrages illustrés.
D'après une tradition dont M. R. de Lasteyrie a démontré la fausseté, l'on montait au grand portail de Notre-Dame en gravissant treize degrés ; c'est ce qui a permis à Victor Hugo de dire que les marches du parvis ont été dévorées une à une par la marée montante du pavé de Paris. Il est connu depuis peu, que le parvis était de plain pied avec l'église ; il y avait toutefois des degrés entre la tour du Sud et l'Évêché ('). Ici l'on a évité une imperfection de la façade de Reims, où les grandes verticales se perdent on ne sait trop comment dans les entre-deux des portails. Par contre, on a peutêtre abusé des lignes horizontales et verticales découpant la façade en compartiments rectangulaires, qui font regretter l'aisance plus fière de Notre Dame de Reims (^).
Fig. 44. — TYMl'A.N DE LA PORTE KORD DITE DL" '' CLOITKE " DE KOTKK-DA.ME DE PABIS.