XXVII. — CATHEDRALE D'AUGSBOURG
SI Augsbourg n'est plus ce qu'en disait Montaigne, la plus belle ville d'Allemagne, c'est encore une noble cité, qui fait penser à l'Italie par l'ampleur de ses palais et de ses églises, et par la beauté pittoresque de ses rues, surtout de la large Maximilianplatz, marquée à l'extrémité de sa courbe par deux belles tours. L'une est celle de la cathédrale.
Celle-ci est un immense vaisseau à cinq nefs, formé d'une église romane curieusement transformée en gothique au XV* siècle. La membrure des piles et des voûtes est un système de nervures légères et sveltes, tandis que la fenestration ne consiste, du moins dans la nef, qu'en de rares et petites fenêtres en plein-cintre percées dans les murs massifs ; cela produit un efïet déconcertant.
Commencée en 994 sous les auspices de l'impératrice u, Adélaïde, veuve d'Oihon I", la basilique primitive était formée d'une triple nef à claire-voie, de neuf travées, avec un transept à l'Ouest et un chœur en hémicycle entre deux tours. Le vaisseau était couvert d'un plafond. C'est au XIV'= siècle qu'on l'agrandit, qu'on l'allongea de quatre travées et qu'aux piliers carrés on • grefïa des faisceaux de colonnettes pour soutenir les nervures des voûtes. Le chevet oriental, renversé, fut remplacé par les quatre travées du nouveau chœur, et les bas-côtés prolongés formèrent un déambulatoire «^
flanqué de chapelles latérales et d'absidioles. Les bas- ^'s- s^à côtés de l'église basse furent doublés en largeur, et formèrent chacun deux nefs, que sépara une épine de colonnes rondes. A l'Orient fut reconstruit le chœur polygonal entre les deux belles tours lombardes. Ce chœur ne fut voûté que vers 1430.
Le portail latéral Nord date dès 1343, celui du Sud, de la seconde moitié du XIV'' siècle.
Le chevet offre un curieux compromis entre l'église à nef haute et la Hallenkirche. En effet les voûtes relativement basses des collatéraux s'arrêtent devant l'abside du fond, et la travée médiane du déambulatoire est abritée par les voûtes du chœur prolongé. Les trois pans du rond-point du chœur proprement dit sont supprimés, et les deux piles extrêmes de ce rond- point sont reliées par des arches hautes avec les deux piles médianes du pourtour, ce qui se marque au-dehors par deux murs gauchement greffés sur le haut mur. Le chœur n'est séparé du fond du collatéral que par une clôture basse rappelant les trois pans extrêmes de la grande abside. La clôture en question est figurée sur notre vignette par la ligne a b c d, tandis que le
— plan de la cathedrale d'augrboukg.
CATllKDRALES GOTHIQUES
plan de la voûte du chevet suit la ligne e f g h. Le gros-œuvre du chœur est en briques ; à sa naissance s'ouvrent deux portails ; celui du Nord, en style du XI 11' siècle, offre de belles sculptures consacrées à la Vierge. Les vantaux d'une
porte latérale sont couverts de plaques de bronze fondues en
La cathédrale d'Augsbourg est un musée de peinture où l'on peut étudier l'école de Souabe. Un très fin critique d'art, M. P. Verhaegen, a fait voir les caractères de cette école, dont Augsbourg fut le centre. «Autant les peintres franconiens sont rudes de facture, dit-il, préoccupés surtout du dessin et de la recherche du caractère, autant les artistes de Souabe, pris dans leur ensemble, se montrent fins coloristes, soucieux d'élégance et de douceur, habiles à marquer le fondu des contours. De Frédéric Herlen, le fondateur de l'école, jusqu'à Holbein, le glorieux rival de DUrer, les mêmes tendances persistent, et ces deux illustres maîtres ont, en quelque sorte, chacun personnifié dans leur art les qualités et les défauts de leur école. ;>
La cathédrale contient les chefs-d'œuvre d' Holbein le Vieux, savoir quatre grandes peintures de retables représentant les scènes de la Vie de Marte.
Fig. 32J. — CHŒUR DK I-A CATH KTlllAI-K 1
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CATHEDRALE DE CONSTANCE
NOUS avons mentionné déjà cet édifice parmi les églises romanes ('). Fondé en 1048, il fut reconstruit, après l'écroulement de 1052, par l'évêque Rumold ; il fut rebâti encore au XVI' siècle. Le grand duc de Bade l'a fait restaurer en 1845. Il avait autrefois trois tours, une grosse tour carrée et deux petites, octogonales ; mais un incendie les détruisit en 1561. C'est dans cette église que Jean Husis s'entendit condamner à la peine capitale.
Le transept, les collatéraux des nefs et le chœur sont gothiques. Un portail gothique s'ouvre au flanc du bas-côté Nord. Les croisillons du transept et leurs pignons sont
I. T. I, liasiliques lalirus et cathédrales romanes iy::antines, p. 33.
tapissés de fenestrages aveugles à lancettes élancées, élégantes, dans le genre de ce qui se voit à Notre-Dame de Nuremberg.
Kn avant des nefs se dresse le massif narihex ou / orbau, de style allemand, qui forme comme un vaste écran devant l'église. Celte première construction romane se poursuit par un dernier étage gothique, au milieu duquel se dresse une tour gothique octogonale de deux étages, terminée par une belle flèche toute ajourée et fleuronnée, rappelant celle de Fribourg. Les fenêtres de la tour donnent sur des balconnets saillants. Un campanile se hisse en aiguille à l'intertransept.
La nef centrale romane émerge des bas-côtés en une rangée de baies plein-cintre et une corniche à arcatures. Ses murs portent sur seize colonnes monolithes de six mètres de hauteur et de un mètre de diamètre. Les triangles du pignon du transept sont ornés de fenestrages aveugles très déliés, à la manière allemande. Le munster possède de remarquables portes d'ébène sculpté, représentant des scènes de la Passion, et à l'intérieur des stalles du XV" siècle richement sculptées, « un sépulcre » (') et une belle sculpture de la « Dormition de la Vierge ».
A côté de la cathédrale, au Nord se voit un reste du très beau cloître gothique, de deux travées de largeur, séparées par des piliers ronds dans lesquels descendent en faisceau les nervures des hautes voûtes en croisées d'ogives simples. Les fenêtres jumelles sont percées de deux lancettes et d'une rose, et un vaste oculus surmonte les deux baies, s'inscrivant sous le formeret.
Le trésor contient un grand nombre de reliques et d'objets précieux. Du côté de l'Est se trouve une crypte où l'on voit une reproduction en miniature de la chapelle du Saint-Sépulcre.
J^RAUEN BOURG.— Cette petite ville de la Prusse possède une ancienne JL et belle cathédrale construite en briques, en partie de la fin du XIV' siècle. Copernic, qui fut chanoine de cette église de 15 10 à 1543, y a son tombeau.
Fricsing. — Mentionnons pour mémoire la cathédrale de Friesing, que nous aurions dû donner au Tome l. Le siège épiscopal de Friesing remonte au Vil l siècle ; sa cathédrale, qui s'élève sur la rive gauche de l'Isar, est une église romane à deux tours, commencée en 11 59, décorée en 1725 et parachevée de stucs par les frères Asan.
Goslar. — La célèbre cathédrale de Goslar a été démolie en 1820 ; il ne reste que le porche Nord, et le riche portail nommé actuellement le Domkapelle.
Schwerin. — Schwerin possède une importante cathédrale des XIV"= et XV' siècles, flanquée d'une tour de i 1 7 mètres de hauteur, élevée en 1890. On voit dans le transept