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DE COLONNES

Flg. 140. — BASE DÉBORDANTE.

loppe plus librement sa puissante ossature ; des points d'appui, invisibles de l'intérieur, se jouent en apparence des lois de la pesanteur, et reportent leurs contre-poussées sur les murs extérieurs à l'aide de hardis arcs-boutants. Des colonnettes greffées aux piliers reportent jusqu'au sol les lignes des nervures avec la charge des voûtes. Les fenêtres s'ouvrent largement et offrent des jours en lancettes à de splendides vitraux.

Mais le temps marche, et les architectes gothiques ne restent pas plus stationnaires que lui. Ils sont engagés dans un système ; ils le développeront jusqu'à la perfection, puis encore jusqu'à l'excès et à l'abus. L'apogée de système fut atteint par l'architecture du XIV« siècle.

Le moment est venu d'expliquer la caractère de cette nouvelle phase de l'architecture gothique.

Les voûtes gothiques avaient donné le moyen de reporter les poussées sur des points isolés des murs, puis même en dehors des hauts murs, sur les murs bas et extérieurs, à l'aide des arcs-boutants. Bientôt l'édifice se réduit à un squelette de pierre. Les supports deviennent étroits jusqu'à la plus grande hardiesse ; les pleins des murs font place à de véritables cloisons ajourées. Les fenêtres occupent toutes les surfaces disponibles entre les contreforts ; leurs baies très larges se remplissent de montants en pierre qui se relient dans le haut

et s'entre-croisent suivant des tracés d'une élégance extrême. Les roses deviennent colossales et se remplissent d'une résille de pierre de la dernière richesse (fig. 1^3). Ces dessins sont tracés au compas ; ils se développent en rosaces, en quatrefeuilles, en combinaisons de courbes, qui donnent leur nom à cette période d'architecture.

En même temps les supports des nefs perdent définitivement l'apparence de colonnes et

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