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nous tromper en affirmant que ce mouvement avait pris, avant la guerre, chez les catholiques de France et aussi de Belgique une extension qui ne se rencontrait pas ailleurs à un égal degré. Nous croyons aussi que les catholiques de France, n'auraient pas pu apporter aux œuvres de guerre une collaboration aussi efficace s'ils n'avaient pas été préparés à une telle tâche par tout leur passé d'apostolat social et populaire. On leur a reconnu, dans le pays tout entier, des talents d'organisation, une science du savoir vite et bien faire, un zèle intelligent et prompt, qui n'étaient, en somme, que le fruit d'un long apprentissage du dévouement et de l'art de créer des entreprises bien menées.
Nous devons viser à ne rien perdre de ce que nous avons acquis. Avec la sainteté personnelle, la compétence technique s'impose à qui veut agir. Quels que soient nos mérites et nos succès, il reste vrai que nous avons parfois souffert, dans les œuvres, d'un gaspillage de temps, d'argent et d'énergie, qui trouvait sa cause et son explication dans l'inexpérience 'de bonnes volontés plus ardentes qu'averties. On ne fait pas du bien au petit bonheur et pour la seule raison qu'on est animé du désir d'en faire. Pour en faire avec
fruit, il faut en faire avec méthode, c'est-àdire savoir, et avec précision, et le but que l'on poursuit et les meilleurs moyens de l'atteindre. La fondation, la direction dés œuvres, la collaboration qu'on y apporte, soulèvent une foule de problèmes difficiles, ceux-ci d'ordre économique, ceux-là d'ordre pédagogique, d'autres d'ordre administratif, auxquels ceux qui veulent efficacement travailler au bien des autres ne sauraient sans dommage pour eux et pour les autres demeurer étrangers. Faute de compétence chez ceux qui prennent des initiatives, nous risquons de rencontrer des efforts dépensés en pure perte, d'avoir à déplorer des erreurs de tactique grosses de conséquences, de voir enfin tantôt les oeuvres se nuire en faisant double emploi, tantôt échouer pour des raisons de conduite défectueuse ou de mauvaise srestion.
Si l'on trouve justes et vraies les quelques réflexions auxquelles nous venons de nous livrer on adhérera sans peine à un programme d'action dont nous ne pouvons donner ici que les idées directrices, sans vouloir en élaborer les articles.
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A notre avis, il convient que l'action catholique demeure paroissiale et diocésaine, qu'elle ne soit pas uniquement charitable et tienne compte des besoins intellectuels du pays, qu'elle s'étende enfin à tous les intérêts religieux et nationaux et que, sans les omettre ou les négliger, elle ne s'arrête pas à la seule revendication de nos libertés confessionnelles.
Reprenons maintenant chacun de ces trois points en les éclairant de quelques remarques.
L'action catholique doit être, disons-nous, paroissiale et diocésaine. Pour que cette formule soit comprise dans toute sa valeur, elle doit être acceptée avec tout son sens.
Elle signifie en premier lieu que, la paroisse et le diocèse étant le cadre providentiel dans lequel vit et se développe l'Eglise dont nous sommes les fils, c'est autour du curé et de l'évêque que nous devons nous grouper. Elle veut dire ensuite que, le curé et l'évêque étant nos seuls chefs légitimes, c'est auprès d'eux que nous devons prendre le mot d'ordre. C'est sous leur direction qu'il faut marcher, c'est d'accord avec eux qu'il faut agir.
Notre langage paraîtra tout simple à ceux qui voudront bien ne pas oublier que nous ne traitons pas ici d'aclion politique ou so-
ciale pure, mais d'action catholique, donc d'action proprement religieuse. Au demeurant, même en ces domaines souvent difficiles à délimiter où notre indépendance personnelle est plus grande, il reste à l'autorité religieuse un droit de contrôle sur notre conduite dont nous ne saurions lui récuser l'exercice. L'apostolat, pour être fécond, ne saurait prétendre à s'émanciper d'une tutelle nécessaire ; il faut qu'il reste sous la dépendance de ceux qui en sont responsables : le curé, l'évêque et le pape. Le laïc, le vicaire, le prêtre missionnaire sont des auxiliaires et ne peuvent ni se substituer, ni s'opposer à leurs chefs.
Cette manière de coinprendre le rôle de chacun n'arrêtera pas les initiatives, parce que celles-ci seront toujours accueillies avec faveur, quand elles paraîtront bonnes ou possibles. Au demeurant, n'importe qui, n'ayant pas de responsabilité effective, ne peut se constituer le juge unique de leur opportunité. D'autre part, il est toujours permis à quiconque a qualité pour le faire, d'exprimer un avis ou de suggérer une mesure. Ce n'est pas toujours et nécessairement le curé ou l'évêque qui fournissent l'idée première d'une
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œuvre €t il n't'sl pas indispensable d'attendre leurs suggestions pour se lancer dans une entreprise. Ce qui importe, c'est de leur soumettre les projets que l'on médite avant de les réaliser, de se conformer à leur direction quand ils les ont approuvés, et de consentir à attendre ou à abandonner quand ils l'ont conseillé ou demandé. Le cadre paroissial et diocésain est assez souple, en définitive, pour que chacun puisse s'y mouvoir à l'aise, si son zèle est fait d'autant de générosité que de docilité.
Notre formule : action catholique avant tout
paroissiale et diocésaine, implique aussi, de notre part, une bonne volonté générale préexistante de nous mettre à la disposition de l'autorité religieuse, quand celle-ci fait appel à notre concours. Quel fidèle osera, sans raison grave se refuser à donner la colloboration qu'on lui demande ? Soyons prêts simplement à rendre tous les services qu'on réclame de nous, toutes les fois que nous le pouvons, même si, pour le faire, il faut nous gêner lin peu, voire beaucoup.
Ce sens des droits de la hiérarchie est, dans les œuvres et dans l'apostolat, une condition essentielle de succès. Sans lui, on travaille en
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franc-tireur, on risque de se heurter à mille oppositions et l'on s'expose à créer des divisions qui sont des déperditions de force et d'influence.
Gardons-nous de ne vouloir, à tout prix, que nos œuvres à nous, dépendantes, et pour leur direction et pour leurs ressources morales et financières, de notre seule personne ; elles pourraient bien périr avec nous ou ne servir — et momentanément — que notre propre gloire. A la longue, elles deviendraient stériles. Ne bâtissons pas, à côté de l'église paroissiale ou de l'action diocésaine de petites chapelles closes, qui resteraient en dehors de la vie commune et de l'organisation générale. Vouloir faire bande à part, c'est favoriser l'esprit d'exclusivisme, qui entraîne avec lui le dédain pour ceux qui ne sont pas de la « Confrérie », ruine la charité et disperse les efforts. Toute action, pour être efficace, a besoin d'être disciplinée et concertée.
Nous avons déjà parlé de ces congrès paroissiaux, cantonaux et diocésains, de ces réu nions d'associations diverses, qui, jusqu'à la veille de la guerre, ont éveillé, puis fondu iGs bonnes volontés. Ce que nous leur devons déjà nous permet de présager ce que nous leur devrons encore, s'ils retrouvent bientôt