‹ Les causeries du LouvreChapitre 4 sur 6 · POUR SERVIR DE PRÉFACE · texte numérisé non relu

POUR SERVIR DE PRÉFACE

pas estimer autant que les estime sans doute M. l’inteiidant de la liste civile ; si j’avais eu toute l’influence qu’il faut pour paralyser la bonne volonté du distributeur des médailles qui en a donné une à M. Fouquet , une autre à M. Marient , comme il donnait la croix à M. Boilly père et à M. Lagrenée. Mais , bien probablement , je n’aurais rien empêché; déjà depuis long-temps je dis que M. Fragonard n’a plus le talent qui fait le peintre des grandes décorations ; cette opinion , tout individuelle , a-t-elle nui à M. Fragonard? Point du tout. De 1826 à 1833 , il a fait deux plafonds au musée grec-égyptien , et il a encore de la peinture monumentale à faire au Louvre ! Cet exemple et dix autres que je pourrais choisir mettraient mon esprit parfaitement en repos , s’il avait pu être troublé par l’apparition de mon livre quinze jours avant la clôture du salon. Quelques artistes m’ont dit que je leur avais été utile les années précédentes auprès du public et de l’autorité ; peutêtre ont-ils voulu me flatter ; s’ils ont dit vrai , je suis bien heureux ! je n’étais pas assez fat pour me croire tant de crédit.

Pour en finir avec l’impression de ce volume , j’ai été obligé "découper dans quelques chapitres, d’en supprimer d’autres, et notamment celui qui traitait des plafonds du Louvre ; je regrette surtout celui-là. Les artistes qui ont pris tant de soin à faire de bons ouvrages , MM. Alaux , Picot , Drolling et Deveria méritaient bien qu’on examinât de près ces grands travaux ; je l’avais fait pour rendre justice aux efforts de chacun d’eux ; il a fallu me condamner au silence à leur sujet. Je serais désolé qu’ils pussent croire que je n’ai pas cru dignes d’une longue analyse des morceaux aussi capitaux par leur grandeur , la place qu’ils occupent et leur mérite réel. MM. Gros , Heim, Schnetz et Fragonard ont beaucoup moins bien réussi que leurs quatre camarades, et il m’en a coûté peu de retenir ce que je devais imprimer sur leurs plafonds.

Quelques critiques , non pas au moins parmi les gens du mon^Je, m’avaient reproché à propos de mes précédons ouvrages sur les salons de donner trop à la recherche d’une forme piquante qui alléchât le lecteur ; quoique je pense qu’mon ne saurait faire trop d’efforts pour se faire lire, quoique j’aie éprouvé que la forme vive , amusante et légère n’est pas à dé-

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