ÉTIOLOGIE DE LA GRAVELLE
La gravelle est une maladie qui détermine la production, aux dépens de l'urine, de corps de forme et de volume variables.
Ces corps* sont constitués par diflTérentes substances, qui sont les suivantes :
Acide urique.
Urates d^ammoniaque.
Urates de soude.
Urates de potasse.
Urates de chaux.
Urates de magnésie.
Oxyde xanthiquo.
Cystine.
Oxalate de chaux.
Oxalate d'ammoniaque.
Carbonate de chaux.
Carbonate de magnésie.
Phosphate ammoniaco-magnésien.
Phosphate de chaux.
Phosphate de magnésie.
Phosphate de fer.
Mucus.
Matières azotées.
SangmodiGé.
Matières colorantes.
Silice.
Oxyde de fer.
Urée.
Chlorhydrate d'ammoniaque.
Benzoate d'ammoniaque.
A cette liste, déjà longue, il convient d'ajouter les poils expulsés par les malades atteints de cette variété si rare de gravelle nommée gravelle pileuse.
Tous ces corps sont loin de se rencontrer avec la même fréquence dans Vurine et d'avoir la même importance au point de vue du sujet qui nous occupe.
Ainsi, sur 1000 analyses de calculs, M. le professeur Bouchardat a trouvé :
Oxalate do chaux 142
Acide urique pur ou mêlé d'ufates, de phosphates ou d'oxalales de chaux 372
Calculs phosphatiques 253
Calculs à couches alternatives 233
L'acide urique et les urates viennent, on le voit, en première ligne comme fréquence, et si cela est vrai pour les calculs volumineux, ce l'est encore
bien davantage pour les concrétions susceptibles d'être expulsées sans opération. Âu contraire» à Fétat de gravier, loxalate de chaux est beaucoup moins fréquent qu'à Tétat de calcul; nous neTavons pas rencontré cinquante fois sur plus de douze centsgraveleux.Quant aux phosphates, nous n'avons observé de graviers de phosphate de chaux rendus après des coliques néphrétiques que dans une dl^' zainede cas^ tandis que nous avons beaucoup plus fréquemment rencontré le phosphate ammoniacomagnésien à létat de dépôt. Pour la gravelle de cystine, nous ne l'avons rencontrée que deux fois. Jamais il ne nous a été donné de recueillir de cal>^ cul de xanthine ni de carbonate de chaux.
On a essayé plusieurs classifications de la gravelle; les seules divisions qui aient prévalu sont celles de Durand-Fardel et de Leroy d'Etiolles. Le premier de ces auteurs les divise en gravelle diaihésique^ comprenant l'acide urique, les urates, l'otalate de chaux, la cystine et la xanthine, et gra-* velle catarrhale, comprenant la gravelle phospha* tique. Nous verrons au chapitre qui traite de ce genre de gravelle pourquoi nous ne saurions accepter cette classific^ttion» qui n'explique pas la for-mation des graviers de phosphate, ni môme de carbonate de chaux.
M. Raoul Leroy d*Eliôles reconnaît de même deux groupes, sous la dénomîtiàlion de grat^elle existant dans une urine à réaction acide et gravelle
existant dans une urine à réaction alcaline. Nous admettrions de préférence cette classification, qui ne préjuge pas de la cause de la gravelle, si on ne rencontrait des graviers de phosphates de chaux dans des urines acides, et même de l'acide urique dans des urines alcalines, comme nous a affirmé l'avoir rencontré M. le professeur Gûbler dans la séance de la Société d hydrologie du 20 mars 1876. On voit donc que la classification de la gravelle est encore à faire. Sans entreprendre cette tâche difficile, nous nous bornerons à décrire et à rechercher les causes des principales variétés, de celles surtout qu'il nous a été donné d'étudier à Contrexéville.