CHAPITRE VIII LE COMMERCE ANGLO-ALLEMAND
Les cartels sont le grand moyen d'exportation. — Commerce britannique* et commerce allemand de 1904 à igiS. — Commerce anglo-allemand. — Chiffres allemands. — Prix iob et prix Gif. — Chiffres britanniques. — Contradictions. — Exportations allemandes toujours supérieures. — Commerce spécial. — Classe I, objets d'alimentation. — Classe II, matières premières. — Classe III, objets fabriqués. — Classe IV, divers. — Total général. — Réexportations britanniques. — Les importations britanniques en Allemagne et le tarif allemand.
l^M. Fritz Diépenhors, dans un récent article destiné à célébrer la supériorité économique de l'Allemagne sur la Grande-Bretagne*, disait :
C'/est évidemment aux cartels que l'Allemagne doit en grande partie la conquête des marchés étrangers. C'est grâce à des primes d'exportation apparentes ou cachées qu'il fut possible aux membres des syndicats, notamment dans les périodes de dépression, de se poser en concurrents redoutables à l'étranger : cette assistance permit de maintenir des prix de vente qui couvraient à peine les frais de pro* duction les moins élevés...
Il indique avec raison comme conditions essentielles du régime des cartels, « le régime protectionniste en matière douanière, en matière de tarifs, de transports et l'existence
I. La Concurrence anglo-allemande. {Revue économique internationale ^ i5 mai igiA.)
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de productions du sol au sujet desquelles il soit possible .d'établir des monopoles ».
L'Anglais considérant la libre concurrence comme une nécessité, s'est efforcé d'écarter, autant que possible, toutes les tentatives de coalition semblables à celles qui ont été admises en Allemagne. Le cartel exige que ses membres renoncent à une part de souveraineté, ce qui est contraire à la tradition anglaise. Il (l'Anglais) se refuse à participer à la suppression de personnalités qui résulte de l'organisation monopoliste, sans réfléchir que ces organisations ne constituent qu'un schéma abstrait d'organisations capitalistes.
Donc, les Anglais, sous le régime du libre-échange, ne peuvent avoir recours au régime des cartels; de là, une grande faiblesse pour eux, d après cet auteur : et il compare avec enthousiasme les développements économiques de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne pour prouver la supériorité de ceux de l'Allemagne.
Voici les mouvements du commerce britannique et du commerce allemand depuis igo^.
Commerce britannique :
Importations (1) retenues dans le Royaume-Uni. Exportations. Total.
(Millions £.)
190^ ii8o,7 3oo,7 781,4
iQiS 659,1 525,2 I i84,3
De 1904 à 1913, l'augmentation est en chiffres absolus de 4o3 millions de pounds sterling, soit de^5i,8 p. loo.