Fioureofl, travaux de Cuvier, p. Si
L£} PRlNGâPË »
ekangeai Si k isîf oulaikm nioMiae, la r espinotion ne pest
plus être cJuroHiscrile , ë lauil ({u'eUs deTkciie gteérater
eoDMM dattf; les k»ectes> le sang m'allant pi» «bafcher Tatr,
il £ittl que l'air «ilk charclier le aaog. Il 7 a donc des em^
ditioas <ergaiMy(itffi qui s'appeUant^ il ; es a qui s'excfaieiit.
Uaê respicalioii eîDeoiiScrile appelle néeeswûremcttt mae eima^
lation pulmraaire ; im^ req^kaliaii géaéraie renâ miie eireiila*
tka pulmoQaire imitile :el: resebiL La fdree d€is ifieureaieiita
esè iaas une dépeiatilanfie conata^ite de l'éteiidae de la respira^
tkm; car c'est la rei^alîoii qui cend à la fibre musculaire so»
irri^aJûtité épuisée. H y a quatre espèees de mouf emeats qw
carrespoadent aui quailre degrés de respinatien ; te toi de Toi-
seau qai répond i la re^k^^tiea dettUe; la marche, le saut, la
course des ^KaaMuilères qui i^époBdeiLt à la respiration oom^
I^te, BMiis sittple; le rampeifteiit du reptile, moôffemei^ par
lequel l^aaimal ne &k que ee tniliner à tenre ; et le nagement
ds poiâsoH, mon^meal; pour lequel ranimai a èesein d'être
soutenu dans un liquide dcmt la peeantenr «péciiqiie est près-*
qae égale à la hernie. »
Pour expliquer sans<ea«ise finale «es iBnoii9toal)les eorrtta-* tions, il tuBÂ supposer que tan& que les cause» physiques ag^issec^ d'noe part pour produire certains organes , éTaiitres causes se trouvent protoke en liièiiie teiBps d^autres organes en oorpélation néeessaire aKPee ies preoaiers. ileeiment deux systèmes de causes laissant anisi sépaisâmnt €ft à Tavei^Ie ont-elles pu se rencontrer d'une manière si étonnanle dans
leur action commune? Je comprends à la rigueur que la nature physique abandonnée à elle-même en vienne à créer des dents tranchantes ; mais je ne puis comprendre pourquoi la même nature produit en même temps des griffes et non des sabots. Des organes voisins peuvent sans doute se modifier réciproquement et s'adapter ïwx à l'autre. Mais comment l'action du cœur se mettra-t-elle d'accord avec celle des poumons? comment les organes de la respiration se mettront-iLs d'accord avec les organes du mouvement? Si au lieu d'admettre des causes distinctes qui convergent l'une vers l'autre, on n'en admet qu'une seule, il faut reconnaître que les choses se passent exactement comme H cette cause était déterminée à agir par une sorte de représentation anticipée de l'effet, et jusqu'à preuve du contraire, la présomption est en faveur de cette hypothèse. Les corrélations organiques vérifient d'une manière remarquable le principe auquel Kant ramène la finalité, à savoir, la prédétermination des parties par l'idée du tout. Cette préordination des parties au tout, ce gouvernement anticipé des parties par le tout, et l'accord de ce tout lui-même avec ce phénomène général que l'on appelle la vie, semble bien indiquer que le tout n'est pas un simple effet, mais aussi une cause, et que les parties n'eussent pas affecté cette disposition, si le tout ne l'avait pas commandé d'avance.
Cette prédisposition et préordination du présent par le futur est encore particulièrement visible dans la formation de l'être organisé.
LE PfONClPB 69
Tous les germes des animaux sans exception, au premier moment où peut les saisir l'œil des observateurs, présentent une apparence absolument similaire; à ce premier degré, le germe ne laisse en aucune façon pressentir l'être futur qu'il contient. Il y a plus ; les premières transformations du germe paraissent également identiques dans tous les animaux sans exception, jusqu'au moment où les couches extérieures du germe commencent à prendre la forme d'un tissu organisé, ou blastoderme; le germe alors devient embryon, et commence à se diviser entre les diverses formes essentielles du règne animal, la forme des vertébrés et la forme des invertébrés. Ce développement continue en allant toujours du général au particulier, de l'indéterminé au déterminé, de F embranchement à la classe, de la classe à la tribu, de la tribu au genre, du genre à l'espèce. En un mot, son développement est une différenciation progressive. Mais, ce n'est pas indifféremment que tel germe prend telle forme : il n'est pas libre, tout indéterminé qu'il est, d'être ou vertébré ou invertébré; si vertébré, d'être mammifère, oiseau, reptile ou poisson; si mammifère, d'appartenir à telle ou telle espèce; non, il ne peut prendre que la forme déterminée de Tôtre dont il sort, et il est nécessairement semblable à ses parents, sauf les cas si remarquables de génération alternante, qui eux-mêmes rentrent dans la règle, puisque les mêmes formes reviennent périodiquement, quoique alternativement. Autrefois, dans la théorie de l'emboîtement des germes, l'accroissement
10 LIVRE 1, CÏÏAP. I
du germe s'expliquait d'une manière toute physique; Tembryon n'était autre chose que l'animal en miniature, son dévdoppement n'était que grossissement. Mais suivant la théorie uni* yers^ement acceptée aujourd'hui, l'animal se forme pièce à pièce, et crée successivement tous ses organe^ en s'assimilant peu à peu les parties extérieuresi et en les disposant suivant le type auquel il appartient, en procédant, comme nous l'avons dit, du général au particulier. Gomment concevoir ce travail sans une sorte de conception préalable du tout que doivent for* m^ ces additions successives, et qui soit la raison de chacun de ces accroissements i? C'est ainsi que l'embryon se complète peu à peu comme s'il avait un modèle devant lui. C'est bien là le X^oç 9icepp|itQeTiK^« des Stoïciens, cette raison secrète et active déposée dans les semences des choses, et qui, consciente ou inconsciente, est le ressort de la vie dans l'Univers.
Enfin de tous les faits de coordination, il n'en est pas de plus remarquable, de plus complexe, de plus accablant pour les partisans exclusifs des causes physiques, que l'existence des sexes, c'est-à-dire des moyens employés par la nature pour la perpétuité des espèces. Il y a ici plusieurs choses à remarquer^
En effets il ne s'agit plus seulement, comme tout à l'heure, de l'appropriation d'un organe à une fonction, mais, ce qui est
1. € Quand il s'agit d'une évolution orjr«n!qae qui ett d«n# le futur, dit Gland» Bernard, nous ne comprenons plus cette propriété de la matière à longue portée. L'œuf est un devenir : or commeflt eonoevoii» qu'une matière ait ï»our propriéM de renfermer des jeux de mécanisme qui n'existent pas encore. » (Rapport fwr la physiologie générale^ p. ilO).
bien plus saisissant encore, d'un organe à tin autre organe* Dans le premier cas, la fonction n'étant autre chose que l'en-» semble des actes exécutés par Forgane, on pouvait dire à Textréme rigueur qu'il n'est pas étonnant que forgane soit propre à produire les actes qtfil accomplit, car autrement il ne les accomplirait pas; qu'il n'est pas étonnant qu'une cause qui produit certains effets soit propre à produire ces effets. Mais dans le cas dont il s^agit [maintenant, une telle difficulté n^ peut pas même être soulevée : car ce n'est pas l'appropriation d'une cause à son effet que nous admirons ici ; c'est l'appropriation d*un organe à un autre organe, c'est une adaptation toute mécanique de deux appareils distincts mais tellement liés ensetiable que la forme de l'un est déterminée par la forme de l'autre; détermination réciproque qui suppose évidemment un rapport au futur, en sens inverse du rapport ordinaire de cause à effet. Ces deux appareils organiques, quelquefois réunis, mais le plus souvent séparés dans deux individus distincts, sont l'un à l'autre et réciproquement dans un rapport de moyens à fins : car nous ne pourrions nous expliquer la coïncidence si extraordinaire de leur réciproque adaptation, si nous ne supposions que la possibilité même de cette adaptation a été la raison déterminante qui leur a fait prendre cette double forme. Ici on ne peut plus nous dire que nous prenons un simple effet pour un but, un résultat pour une intention. Les organes des sexes ne sont pas les effets l'un de l'autre; l'organe mâle n'est pas la cause de l'organe femelle, ni réciproquenïent ; ceè deux organes
sont deux effets distincts et indépendants; et cependant ils ne peuvent s'expliquer que l'un par Tautre : ce qui est précisément le rapport de finalité. Le faux-fuyant qui explique le rapport de l'agent à la fonction par un simple rapport de cause à effet n'est donc pas de mise ici; car il y a appropriation manifeste, sans causalité.
Considérons, en outre, que l'appropriation dont il s'agit, n'est pas seulement une corrélation d'organes, un concours harmonique de fonctions, comme dans la loi de Guvier. C'est quelque chose de plus palpable encore : c'est une adaptation mécanique et matérielle, un rapport de forme à forme, de structure à structure. Sans doute, dans l'organisation, toutes les parties, nous l'avons vu, sont en rapport avec les autres ; le cœur concourt avec les poumons, le cerveau avec les membres, aune action commune; mais ce n'est là qu'une coopération, un travail en commun; et quoique le but s'y manifeste déjà avec une éclatante évidence, ce n'est toutefois qu'une unité d'action tout intelligible; dans le cas dont nous parlons, la coopération est d'une nature bien plus saisissable : car elle suppose l'application d'un organe à un autre, et un rapprochement momentané qui les confond en un seul, phénomène qui ne pourrait avoir Ueu sans une coïncidence parfodte de forme et de structure i. C'est pourquoi Platon a pu dire dans une fable célèbre que les deux sexes sont les deux moitiés d'un
1 . La difTérence des sexes peut avoir lieu sans copulation : mais nous slgualons ici le cas le plus remarquable»
LE PRlNaPE 73
même tout, moitiés qui cherchent à se rejoindre pour recom* poser le tout primitif. Cette merveilleuse adaptation réciproque ne peut être considérée comme un simple résultat de l'usage et de la rencontre; comme si Ton disait, par exemple, que la forme si juste des articulations des os vient précisément du jeu des organes les uns sur les autres : car ici Tusage et la rencontre supposent précisément la formation des organes, bien loin de Texpliquer ; pour qu'il y ait rencontre, il faut qu'il y ait déjà adaptation et réciprocité de convenance; et Ton ne dira pas que cette adaptation s'est faite avec le temps, car l'espèce ne pouvant subsister sans elle, aurait péri avant qu'elle eût pu se former.
Enfin, s'il n'y avait entre les organes du sexe qu'une simple conformité de structure, et une adaptation matérielle, mais sans effet utile, on pourrait encore admirer cette rencontre sans être absolument forcé d'y voir un rapport de finalité. Par exemple, la main d'un homme est très-propre à s'adapter à la main d'un autre homme ; cependant il ne serait guère vraisemblable de dire que la nature a accordé aux hommes cet organe pour qu'ils pussent se donner des poignées de main : cette adaptation tout extérieure qui résulte de la structure de la main n'impliquera pas une prédisposition réciproque ; mais dans les sexes, outre l'appropriation de l'organe à l'organe, il y a encore celle de l'organe à la fonction : et c'est la rencontre de ces deux appropriations qui fait que dans ce cas, la finalité s'impose à l'esprit d'une manière si impérieuse et si accablante. Enfin,
cette fonction unique accomplie par deux organes, est précisément celle par laquelle l'individu assure la perpétuité de Tespêce, et cela, sans le saroir et sans le vouloir, au moins dans les espèces inférieures. Ainsi, à tous les degrés du phénomène, nous voyons la détermination du présent par le futur : la structure des deux organes ne s'explique que par l'éventualité de leur rencontre, leur rencontre par la fonction qui en résulte, la fonction enfin par son effet qui est la production d'un nouvel être, appelé lui-même à son tour à perpétuer et à immortaliser l'espèce. Ici, l'ordre des causes est manifestement interverti ; et, quoi qu'en disent Lucrèce et Spinosa, ce sont les effets qiiî sont les causes.
A toutes les considérations précédentes, on opposera sans doute que, si les choses sont ainsi, c'est qu'elles ne pourraient subsister étant autrement. Sans les sexes, l'espèce ne pourrait se reproduire, et elle cesserait d'exister après une génération; sans l'appropriation au milieu, sans la concordance des organes, l'individu lui-même ou ne durerait pas,
OU n'existerait même pas; il n'y aurait pas de vie dans l'univers. Par conséquent, on dira avec Maupertuis que « dans laL combinaison fortuite des productions de la nature, comme il n'y avait que celles où se trouvaient certains rapports de convenance qui pussent subsister, il n'est pas merveilleux que cette convenance se trouve dans toutes les espèces qui actuellement existent? Le Hasard, dirait-on, avait produit une multitude innombrable d'individus; un petit nombre se trouvaient
construits de manière que les parties de l'animal pouvaient satifl&ire à leurs besoin»; dans un autre infiniment pins grand, il n'y avait ni convenance^ ni ordre : tous ces derniers ont péri; des animaux sans bouche ne pouvaient pas vivre, d'au* très qui manquaient d'organes pour la génération ne pouffaient pas se perpétuen Les seuls qui soient restés sont ceux où se trouvaient l'ordre et la convenance, et ces espèces que nous voyons aujourd'hui ne sont que la plus petite partie de ce qu'un destin aveiigle avait produit ^ »
Cette hypothèse d'un tâtonnement de la nature et d'une période d'enfantement désordonné qui aurait précédé les productions rationnelles , telles que nous les voyons aujourd'hui, est contraire à tont ce que nous savons des procédés de la nature. Aucune trace ne subsiste de cette période de chaos; et tout porte à croire que si la nature avait commencé par le chaoS) elle n'en serait jamais sortie.
Sans doute on aurait tort de s'émerveiller de ce que l'on ne rencontre pas dans la nature des œuvres qui par le fait sont impossibles, par exemple des animaux sans organes de nutrition ou sans organes de génération (quoique, à vrai dife^ on ne voie pas cependant pourquoi la nature dans ses jeUt, et dans les innombrables arrangements de ses éléments ne produirait pas même encore aujourd'hui des ébauches d'of^fanisationj des membres épars« et comme le disait Empé-
i« Cosmologie f Œuvres, t. I, p» 11.
docle, des têtes sans corps , des corps sans tête, etc.)- Sans rechercher jusqu'à quel point de telles ébauches seraient possibles dans l'hypothèse d'une nature aveugle, j'accorderai, si l'on yeut, que l'on n'a pas lieu de s'étonner de ce que de tels échantillons ne se rencontrent pas autour de nous. Mais ce qui a lieu d'étonner, ce n'est pas que des êtres non viables n'aient pas vécu; mais c'est qu'il se soit ren* contré des êtres viables : car de tels êtres pouvaient ne pas exister du tout. Sans doute, étant donnés des êtres organisés, il est tout simple qu'ils aient des organes appropriés; mais que de tels êtres soient donnés (qui exigent de telles conditions)| c'est en quoi glt la difficulté. Il ne suffit pas d'établir que des arrangements absurdes sont impossibles : il faudrait prouver que tels arrangements raisonnables (à savoir ceux qui existent) sont nécessaires. C'est ce qui n*est nullement évident; car la nature a pu se passer longtemps d'êtres organisés ; et il n'y avait pas de raison pour qu'elle ne s'en passât pas toujours. Il reste donc toujours à expliquer comment un conflit de forces a pu amener à un moment donné une résultante aussi compliquée que l'est la vie, et qui exige un méca nisme si approprié.
On dit que le hasard a bien pu produire toutes sortes d'êtres, et que parmi ces êtres ceux-là seuls ont survécu qui pouvaient survivre. Mais on n'a jamais expliqué comment il se fait qu'il ne se produit plus aujourd'hui que des êtres où existent des rapports de convenance. On s'en tire par desexpli-
LE PRINCIPE 7i
cations qui s'adressent plas à Timagination qn'k l'esprit. La
grande matrice, comme l'on dit, était dans son premier état
plus malléable, plas flexible, plas propre à prendre tontes
sortes de formes, aujoard'bai elle est figée, et ne peat plus
dans sa stérilité que reproduire les types déjà produits. N'est«
ce pas dire que rien, absolument rien, dans Texpérience ne
nous autorise à supposer que les choses se soient jamais
passées ainsi. La limitation même du nombre des espèces ao«
tuelles est un fait qui s'explique difficilement, car il est étrange
que la nature se trouve précisément avoir atteint et épuisé
toute sa fécondité; et lors même qu'elle eût produit tout ce
qui peut raisonnablement subsister, on ne voit pas pourquoi
elle ne continuerait pas à produire des ébauches informes, et
pourquoi elle se serait arrêtée dans le cours de ses jeux et de
ses aberrations.
Mais, dira-t-on, ne voit-on pas tous les jours de telles aber* rations se produire ? ce sont les monstres. La nature prouve bien dans ces sortes de productions , qu'elle crée les choses comme elles se rencontrent, tantôt bonnes, tantôt mauvaises, tantôt belles, tantôt hideuses, tantôt raisonnables, tantôt absurdes. Selon nous, l'existence des monstres ne prouve nullement l'hypothèse d'un tâtonnement de la nature et d'un état chaotique primitif ayant précédé la période de l'organisation régulière. En effet, les monstres eux-mêmes supposent des organismes bien réglés : les monstres ne se produisent que par la génération, et l'on n'en a jamais vu qui fus-
ient le» produits imuiédîals de ta nature : il n'y a aucun exemple de génération spontanée de mondes. Ceux-là méineB que Ton produit artificiellement ont toujours pour point de départ la succession des èlres normaux. U suit de là que les monstres supposent des êtres normaux; ils ne sont que la déviation des lois ordinaires de la génération; ils ne scmt doac qu'un accident La règle et la loi précèdent ici Texoep^ tion. On ne peut par conséquent supposer que ce seît par suite d'un nombre mOm d'accidents de ce genre que l'état normal ait fini un jour par s'établir. Saas doute cet état normal une fois donné» on comprend que, par le conflit des causes» il se produise des dé?iations, c'est-à-dire des difformités congé* niales ; car les difformités aussi bien que les infirmités , les Htaladies et la mort ne sent que les résultats de la rencontre et de la lutte des lois physiques et des lois vitales. Mais ce serait renverser les termes, et faire de l'ordre avec du désordre, suivant une expression célèbre, que de x^onsidérer les monstres comme les types de l'état primitif, et les êtres normaux comme des accidents heureux ^.
Je ne suis pas frappé non plus de r argument que Ton tire des espèces fossiles» qui nous donneraient» dit-on, T^xemple de ces tâtonnements par lesquelles la nature se serait élevée progressivement, les fossiles n'étant en quelque sorte que les embryons des^pèces actuelles ^
1. On sait qu'Agassiz a beaucoup iosisté sur les aoalogîM des fûssiles a?ae Im embryons actoels.
]6 n'ai point & discuter cette dernière théorie; je laisse ce soin aux nataralistes. Le bon sens cependant suggère tout d'abord une objection si naturelle, que je ne puis croire que la théorie en question soit autre chose qu'une expression hyperbolique, et en quelque sorte une métaphore. En effet, les embryons ne se reproduisent pas; or les espèces fossiles se reproduisaient comme les nôtres. Elles avaient donc tout un système d'organes et tout un système de fonctions qui manquent aux embryons actuels : de 1& une différence qui n'est pas petite et qui devait en entraîner d'autres. Je laisse de côté le fait de la vie intra-utérine ou d'incubation, auquel sont assujettis les embryons actuels, tandis que, dans les espèces fossiles , les individus arrivaient comme dans les nôtres à une vie indépendante. Il semble donc que ce ne soit que par i&étaphore que Ton considère les animaux fossiles comme les embryons des espèces actuelles, l'en dirai autant de la tli^orie, fort combattue par Cuvier, suivant laquelle tous les animaux seraient comtne des arrêts de développement par nppcTt à la forme typique qui est la forme humaine. Âristote avait déji exprimé la même pensée dans cet aphorisme cé-^ labre : «L'animal est un homme inachevé^. x> Gomme exprès** sien métaphorique et hyperbolique , c'est là une pensée admirable ; oeonme théorie rigoureuse, elle esrt très-contestable. QucH qu'à en mk du reste, l'échelle de la nature, de quelque
1. De Part anim,, l\, x. Hâvra yàp «arc rà i^fioc soLvtàin tqSJUk ic»pai rdy
manière qu'on l'entende, n*a rien qui se prête à l'interprétation que l'on voudrait lui donner. Sans doute» les espèce» inférieures ont des formes imparfaites par rapport aux espèces supérieures; il vaut mieux avoir les ailes de l'oiseau que les pattes des reptiles, le cerveau de l'iiomme que celui de l'iiultre; et on peut croire aussi que les espèces fossiles étaient moins bien partagées que celles d'aujourd'hui; mais le plus ou le moins, dans la distribution des avantages et des formes, n'implique pas du tout une élaboration du hasard dans la forma- ' tion des êtres vivants. Tout être qui vit étant par cela même organisé pour vivre, que cette vie soit humble ou puissante» contient des rapports de finalité et de dessein : entre cet être, si humble qu'il soit , et un produit purement fortuit , un jeu de la nature^ il y a déjà un abîme ; et ce dernier n'a jamais pu servir de transition au premier. Dans le polype, je vois aussi bien la finalité que dans les vertèbres, et les tentacules par lesquels il saisit sa proie sont aussi appropriés à leur usage que les griffes du tigre ou la main de l'homme.
Le développement progressif des formes, bien loin d'être contraire à la théorie de la finalité^ lui est éminemment favo« rable. Quelle loi plus simple et plus rationnelle a pu présider à la création que celle d'une évolution progressive en vertu de laquelle le monde a dû voir apparaître successivement des formes de plus en plus achevées ? Dira-t-on que la nature aurait pu s'épargner les formes imparfaites et grossières, et se borner aux formes parfaites et accomplies? Mais auxquelles accordera-t-on cette qualification ? Les plus élevés d'entre les
animaux sont encore inférieurs à l'homme. L'homme seul devrait donc avoir été créé. Mais pourrait-il subsister s'il était seul? Et les animaux supérieurs le pourraient-ils aussi sans les animaux inférieurs, et ainsi de suite jusqu'aux plus bas degrés de l'échelle? Et d'ailleurs, puisque toutes ces créatures pouvaient être, pour quelle raison leur refuser Fexistencef L'animal appelé paresseux nous parait avoir d'assez tristes conditions d'existence; mais s'il peut vivre dans ces conditions, pourquoi n'en profiterait-il pas? La pauvreté d'organisation est une chose toute relative : et peut-être vaut-il mieux que toutes les formes susceptibles de durer aient été créées, afin qu'il y eût des êtres de toutes sortes ^ , que si la nature se fût bornée aux plus parfaites, en supposant même que cela fût possible
En résumé, si Ton convient d'appeler principe de concordance le principe en vertu duquel l'esprit humain exige que l'on explique non-seulement chaque phénomène en particulier, mais encore l'ordre et l'accord des phénomènes, ce principe prendra deux formes, ou se divisera en deux principes dis*
tincts.
1. C'est ce que Bossuet a exprimé admirablement : « Il est d*Qn beau desseia d'avoir voulu faire de tonte sorte d'êtres : des êtres qai u'eussent que l'étendue avec tout ce qui lui appartient, figure, mouvement, repos, tout ce qui dépend de la proportion ou dieproportioo de ces choses ; des êtres qui n'eussent que l'intelligence, et tout ce qui couvient à une si noble opération, sagesse, raison, prévoyance, volonté, liberté, vertu ; enfin des êtres où tout fût uni, et où une âooe lotelligente se trouvât jointe à un corps^ » {Connait$anc$ de Dieu, IV» 1.)
JANBT. 6
82 LIVRE I, OHAPv I
Le premier 8'a|q[>Uqoera à l'ordre physique et mécaftifae, «C pourra 8'appeler principe de la tùneordanee mééù/r^ue ^ ; le second 8'appliquera à l'ordre biologique et s'appellera îe prine'^ de la tancordanœ téléologique^ ou principe des causes finales.