‹ Les cavaliers de Miss Pimbêche [microforme]Chapitre 26 sur 41 · MES RAQUETTES · texte numérisé non relu

MES RAQUETTES

À Mademoiselle E À.

(ler Novembre, —1864.)

C*est l’hiver, douze pieds de neige

Encombrent le chemin du Roë, 1

Mon cheval se livre au manège,

L’attelage est en desarroi,

Cest le temps des plaisirs, des fêtes, ?

Ma blonde 3 m’attend au hameau ;

J’aurais dû prendre mes raquettes, 4 Mais, quand je Suis parti, le ciel était si beau!

l Le chemin du Roi est ce qu’on désignuit autrefois, en France, sous le nom de Route Royale, aujourd’hui Route Impériale,

? Cest letemps des Plaisirs, des fétes Au Canada, tous les travaux étant suspendus pendant l’hiver, cette saison est, en e et, celle du plaisir, des piques-n iques, des soirées dansantes, etc., etc.

* Ma blonde. C’est ainsi que les jeunes gens du peuple appellent /z fiancée, la promise,

S agueites qu’on s’attache aux pieds pour marcher sur la neige en dehors des chemins battus, où même sur la voie publique, après une forte éordée de neige, ont à- peu-près la forme des raquettes dont on se sert Pour jouer au vo/ant.

Ce véhicule n’es usse,

On dit que

l’amour

LES PERCE-NEIGE

a des ailes,

Jen doute, car Je Suis mal pris ; 5 eut-etre à des væ

on retard

roirai-je aux fa Hélas ! amour est

J'aurais dû Mais, quand je

uX infidèles

ajoute du prix.

prendre

Suis parti, le

À mon aurore dans

Tout n’était

) premiers Jeux sans fi

ans! je n et cou

L’avenir, chargé de Me tend maint obstacle nouveau ‘

J'aurais dû Mais,

prendre

quand je suis parti,

ciles conquêtes ?

un fardeau !

mes raquettes

la vie,

Vous envie rtes duuleurs!

tempêtes,

mes raquettes,

Mais non! je crois à la Constance J

Je crois même aux Serments d° Si je fais rude péaitence,

J'aurai le bonheur à

que vo;

S-je ?-Deux jeun

mon tour.

C’est Elle et sa Sœur, en traîneau !

u’avais-je à parler de raquettes ?

Ma blonde vient vers moi, le ciel

Ÿ Ma pris.

nada pour dire :

— Expression populaire embarrassé.

raîneau.—£En Canada on substi Souvent à ce mot

sa traduction Anglaise,

t autre chose

que le #raînean

ciel était si beau!

que chemins de fleurs.

le ciel était si beau !

umour.

es têtes... , ,

est toujours

au Ca-

tue trop Sleigh.

LES PERCE-NEIGE

LES GRAINS D'ELLEBORE,!

Avis à mes contemporains.

Eat !

À vingt ans, il se crut poëte Et fit des vers, Dieu sait comment !

C’était mon ami, je regrette De lui park r trop franchement.

Mais, sil voulait rimer encore, : J’oserais lui dire entre nous :

Ù ‘ Prenez quatre graius d’Elléhore, ‘ Au temps jadis, ainsi Pon guérissait les fous.”

au !

Il se mêla de politique, Et voulut sauver son pays :

Au debut de la polémique C’est le moins qu’il se crüt permis.

—— Les périls, les maux qu’il déplore L’ont rendu sinistre, jaloux :

‘ Prenez quatre grains d’Ellébore, rs ‘ Au temps jadis, ainsi l’on guérissait les fous. eau !

es Il cherche, au fond de plus d’un verre, Ca- Son avenir et son passé ; Mais il vit triste et solitaire, trop Amours, plaisirs l’ont délaissé.

rh.

eat

1 On sait qu’anciennement on attribuait à cette plante la vertu de guérir la folie.

LES PERCE-NEIG E.

Bacchus, qu’en vain sa voix implore, Lui répond : 6 ner, C’est fait de vous !

‘ Prenez quatre grains dEllébore, ‘Au temps jadis, ainsi Pon guérissait les fous.’

Et telle est la piteuse histoire ’un quidam que vous connaissez.

C’est triste, mais il faut y croire, Les faits parlent, , c’en'est assez, Sil meurt, nous redirons encore, Pour le bien de Chacun de nous:

“ Qui n’a pas besoin d’Ellébore ?

‘ Au temps ja is, ainsi l’on guérissait les fous.”

fous.”?

LES PERCE-NEIGE

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