‹ Les célebrités françaisesChapitre 37 sur 208 · DUNOIS · texte numérisé non relu

DUNOIS

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Déjà nous n'avons eu que trop d'occasions de tracer le tableau des calamités qui pesèrent sur la France pendant que Charles VI se débattait contre la folie. Comme, ici-bas, le remède est toujours placé à côté du mal, Dieu voulut que le libérateur futur de la |>atric naquît aux plus sombres jours, pour être prêt à accomplir son œuvre quand le moment serait venu.

Dunois, ainsi que nous l'avons dit plus haut, était lils de cet élégant Louis d'Orléans, assassiné par les sbires aux ordres du duc de Bourgogne. Il avait été destiné d'abord à l'état ecclésiastique, i mais sa vocation l'entraîna vers les armes; il avait d'ailleurs à remplacer ses frères, faits prisonniers à la funeste bataille d'Azincourt. Avant l'âge de vingt-deux ans, il ne comptait pas moins de huit campagnes, et par son intrépidité il avait conquis la haute estime du connétable Arthur de Richemonl. Mais il lui fallait une occasion pour mettre en relief ses talents militaires : cette occasion, le siège de Montargis la lui fournit.

Depuis trois mois les Anglais bloquaient la place, et ils espéraient la prendre par la famine. Dunois, chargé de les repousser, n'avait que seize cents hommes. Mais les Anglais avaient commis la faute de se séparer en trois quartiers communiquant par des ponts. Sur un avis que lui donne Dunois le gouverneur lâche les écluses

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du Loing; aussitôt, le camp des Anglais est submergé, les ponts sont rompus. Sans perdre un instant, Dunois et la Hire attaquent le quartier de Suffolk et celui de lu ni Poil. Les Anglais subirenl une déroute complète. Depuis longtemps ils ne connaissaient plus l'humiliation d être vaincus, et l'on peut dire que Dunois détruisit le prestige qui s'attachait à leurs armes.

Salisburv, successeur de Warwick, qui avait été cacher sa honte en Angleterre., amena dix mille hommes et investit Orléans. Ils pressèrent vivement la place et allaient s'en rendre maîtres quand le ciel, qui voulait mettre enfin un terme aux maux de la France, suscita cette héroïne qui a conquis l'admiration des siècles. Le *20 avril 14:29, Jeanne d'Arc arrivait devant Orléans; le 8 mai, le siège était levé, au bout de sept mois de luttes et d'efforts inutiles.

La déroule qu'ils subirent à Patay leur coûta leurs deux meilleurs capitaines, Talbol et VVarwiek, faits prisonniers |>ar Dunois. De son côté, Charles VII ne restait pas inactif, et successivement il reprenait Auxerre, Troyes, Chalons, Soissons etCompiègne. Chartres ouvrait ses portes à Dunois, qui, après le sacre du roi à Reims, se remit en campagne, et, s'étant joint à Richemont, entra avec lui à Paris par la porte Saint-Jacques. Le jieuple parisien ne fit pas de quartier aux Anglais. Ceux qui se réfugièrent dans la Bastille furent bientôt forcés de se rendre.

D'inutiles pourparlers de paix furent suivis d'hostilités nouvelles. Dunois, qui avait reçu du roi reconnaissant le titre de comte, prit une part active aux sièges de Harfleur, de Callardon et de Dieppe. Envoyé à Londres pour traiter de la paix, il réussit à faire signerune trêve de deux ans et à ramener son illustre et malheureux frère, Charles d'Orléans.

A partir de la reprise des hostilités, ce fut un enchaînement de vic toires. Dunois acheva de faire rentrer la Normandie sous l'autorité royale : Rouen, comme Pont-Audemer, Lisieux et Manies, redevint ville française. En récompense de ces services, Dunois avait reçu le comté de Longueville. Mais il n'était pas homme à se rejioser tant qu'il restait quelque chose à faire. Il s'en alla reconquérir la Cuienne. Bientôt il eut chassé les Anglais de Montguyon,

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de Blaye, de Dax et de Fronsac, et, le 14 juin 1451, il fil à Bordeaux son entrée solennelle. Il était, dit un chroniqueur du temps, I). Godcfroy, « armé de son harnois tout à blanc, monté sur un coursier blanc, couvert d'une riche étoffe de velours azuré, semé de lys d'or; et au plus proche de lui estoient les princes du sang, qui ne faisoient difficulté de lui céder le pas pour le singulier respect de son mérite. »

Comblé d'honneurs, Dunois paru! assez important à Louis XI pour qu'il cherchât à se l'attacher et le chargeât de négocier sa paix avec les princes qui s'étaient confédérés contre la tyrannie naissante de l'ombrageux despote. Dunois fit signer le traité de Conflans. Le nouveau roi le nomma président «lu Conseil de information pour le bien public.

Ce fut au milieu même de ces paisibles travaux (pie Dunois fut frappé un jour, à l'âge de soixante-huit ans, d'un coup de sang, dont il mourut dans la nuit même.

Ses contemporains l'avaient qualifié le « sauveur de la France, » et la postérité lui a maintenu ce beau nom.

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