‹ Les célebrités françaisesChapitre 5 sur 208 · CLOTILDE · texte numérisé non relu

CLOTILDE

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Sur le fond éloilé du ciel des bienheureux se détache la noble ligure de Clotilde, lille, femme et mère de rois.

Qu'elle est touchante celle légende, qui pourrait s'appeler le baptême d'une nation! Ilien n'y manque, ni les douleurs de l'enfance ni les amertumes de la vieillesse. Le berceau de Clotiide avait élé arrosé du sang d'un père. La pitié de l'assassin permit à la jeune princesse burgonde de grandir... Mais Clotilde n'était qu'une orpheline, et sans doute elle songeait à imiter sa sœur Chrona, qui n'avail point larde à prendre le voile, lorsqu'à la porte d une église elle lit la charité à un pauvre qui, sous les haillons du mendiant, cachait la |K>urpre d'un ambassadeur.

Clovis Merwing, l'invincible roi des Franks, avait commandé à Aurélien, personnage consulaire, d'aller voir, à l'insu de son oncle Gondebaul, une princesse qu'on disait belle entre toutes les filles des Gaules. Aurélien, ayant reconnu par le témoignage de ses yeux que

lu renommée n'avait rien exagéré, alla droit au roi des Durgundcs lui offrir l'alternative d'un mariage ou d'une guerre.

Grande est la eolèrede Gondebaut. Quoi! Clolildc a accepté sous le porche de l'église l'anneau d'or du roi Clovis!

Gondebaut convoque le Champ de Mai. Aurélien s'y présente, et répèle son message sans hésiter. Interrogée par son oncle, Clotilde se lève. Elle promène un regard doux et calme autour d'elle, le dirige vers le ciel, puis, l'arrêtant avec fierté sur Gondebaut :

— Je suis, dit-elle, la femme du roi des Frank», je suis sa servante. Et demain, puisque mon seigneur et maître m'appelle, je ferai mes adieux à ma sœur, à mes proches, à vous tous, et j'irai là où il a plu au Dieu du ciel de marquer ma place sur la terre.

Le Burgonde frémit, mais il doit céder. Clotilde monte dans sa basterne dorée... Elle va à la conquête des âmes de tout un peuple.

Vainement Gondebaut, s'étant ravisé, envoie-t-il un détachement de troupes à la poursuite de sa nièce. La prudente Clotilde a pris des chemins de traverse; elle échappe au danger. Voilà qu'enfin à l'horizon apparaissent les tours de Soissons. Un gros de cavaliers accourt. Il y en avait un qui devançait tous les autres, sa hache à la main. Clotilde ne s'y méprend pas : « Mon maître et seigneur! » s'est-elle écriée.

Quatre ans se sont écoulés; Clotilde n'a rien négligé pour entretenir Clovis des bienfaits de la foi chrétienne. Il y a encore trop de ronces dans ce cœur idolâtre pour que la bonne semence puisse y fructifier.

C'est aux champs de Tolbiac que la vérité éclatera. Les Germains du roi Gibuldc vont triompher; les Franks ploient et se croient perdus.

— Dieu de Clotilde, s'écrie Clovis, si tu m'accordes de vaincre ces ennemis, et si j'éprouve l'effet de cette puissance que le peuple dévoué à ton nom publie avoir éprouvée, je croirai en loi et je me ferai baptiser !

Le serment de Clovis a été entendu par l'armée, comme il vient d'être recueilli par les anges. L'attaque recommence; les Germains, terrifiés, tombent à genoux.

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