‹ Les Celtes dans les vallées du Pô et du DanubeChapitre 109 sur 144 · Zelbio (Val di Nesso · texte numérisé non relu

Zelbio (Val di Nesso

Plusieurs de ces nécropoles rentrent assez naturellement dans la série des nécropoles plutôt insubriennes que galatiques, d'une époque seulement plus récente que les vieilles nécropoles du type de Golasecca. La plupart des sépultures dites du iv8 siècle ou postérieures à cette époque sont elles-mêmes, le plus souvent, mêlées aux sépultures insubriennes antérieures et, sinon dans leur voisinage immédiat, du moins dans un rayon assez rapproché pour que l'on ait le sentiment que ces tribus voisines n'étaient point hostiles les unes aux autres. Nous rendons ici l'impression de M. Castelfranco, qui est d'ailleurs conforme à la nôtre.

Cette espèce de confusion entre les diverses populations qui, avant les Romains — les Étrusques toujours à part, — ont occupé l'Insubrie, est un caractère distinctif de ces pelites nécropoles. Un autre caractère plus significatif encore, c'est que toutes ces sépultures, sauf deux, sont à incinération, conformes au vieux rite des populations celtiques ; et pourtant l'armement du défunt, quand nous avons affaire à un guerrier, ne diffère en rien de celui des inhumés de la Cispadane ou des inhumés de notre Belgium.

Les épées du type de la Marne, plus souvent du type de la Tène, se sont en effet rencontrées accompagnées des fibules caractérisliques :

1° A Casargo1. — Lame d'épée en fer avec son fourreau, toute tordue; redressée, elle mesurait au moins 0m,90\

l. Cask-lfiaucii, op. ,aud.i [t. 207.

2° A Inlrobbio !. — Grande épée de fer recourbée sur ellemême, lame et fourreau. Dans la même lombe, deux pointes de lance et deux couteaux de fer spécifiquement gaulois.

3° A La Gazetta (Marino-Ticino). — Longue et large lame de fer tordue à dessein, avec la chaîne et un crochet d'attache.

4° A Magenta. — Cinq ou six épées, la plupart en fragments, existent au Musée Brera à Milan et proviennent de la nécropole gauloise de Magenta. Les fourreaux sont identiques à certains fourreaux de la Tène publiés par le docteur Gross*. Deux chaînes accompagnaient ces épées.

5° A San-Stefano (Lodi-Vecchio). — Grande épée de fer de celte provenance. Autrefois dans la collection Ancona à Milan. Longueur 0m,75. Chaîne de ceinturon.

6° Povigliano Veronese. — Autre épée de même caractère (fouilles du comte Ceppola), brisée à quelques centimètres au-dessous de la poignée, mais bien reconnaissable3.

Le nombre des épées est encore plus restreint ici qu'en Cispadane (une douzaine en tout , suivant le compte de M. Castelfranco). Mais nous avons lieu de croire que les fers de lance caractéristiques, dont il n'a pas dressé la liste, se sont rencontrés plus abondamment que les épées.

Quoi qu'il en soit, nous voyons qu'en Transpadane, au-dessus des tombes insubriennes, comme en Cispadane, au-dessus des tombes ombriennes, une seconde couche franchement gauloise, mais beaucoup moins riche et composée de nécropoles plus clairsemées, indique l'introduction d'un élément nouveau clans le pays. Cet élément assez peu nombreux se noya bientôt dans le fond de la population antérieure.

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