Polybe, III, 37-38 (trad. Bouchot, t. I, p
2 Malheureusement, les chapitres que Polybe annonce ici sout perdii9.
quelque chose, mais quant à ceux qui parlent de ces régions ou en écrivent, nous déclarons hautement qu'ils n'en savent pas plus que nous-mêmes et qu'ils ne font que débiter des fables. »
On le voit : vers le milieu du n° siècle avant notre ère, Polybe parle de la Gaule centrale et septentrionale comme l'on pouvait, au début du xixe siècle ou plus tard encore, parler du centre de l'Afrique. L'ignorance fut plus lente à se dissiper que Polybe ne paraît l'avoir prévu. Dans son discours Sur les provinces proconsirfaires, prononcé en l'an 56, Cicéron s'exprime ainsi ' :
« Des contrées et des nations qu'aucune histoire, aucun récit, aucun bruit public ne nous avaient encore fait connaître, notre général (Jules César), nos troupes, nos armes les ont parcourues. Nous n'occupions auparavant qu'un sentier dans la Gaule : le reste était aux mains de nations ou ennemies de cet empire, ou peu sûres, ou inconnues, ou du moins féroces, barbares et belliqueuses; il n'était personne qui ne désirât les
voir vaincues etdomptées Aujourd'hui enfin, nous venons d'obtenir que
les limites de ces mêmes régions seraient celles de notre empire. »
Les « nations inconnues » dont parle Cicéron sont assurément les tribus gauloises du Belgium2.
Ainsi réduite aux seuls textes autorisés, l'histoire ne pourrait guère commencer, pour la plus grande partie de la Gaule, avant la seconde moitié du ier siècle avant l'ère chrétienne. L'archéologie peut et doit embrasser un horizon plus vaste ; les documents qu'elle met en œuvre sont bien plus anciens et disséminés sur un vaste domaine dont les confins, les limites méridionales du moins, sont éclairés par des textes remontant eux-mêmes à une plus haute antiquité. Ces textes permettent de grouper, de classer les monuments, et de conclure ainsi, sans faire une part excessive à l'hypothèse, du connu à l'inconnu.
Ceci suffît à nous indiquer par quels pays nous devons en-