Polybe
dans le mystère par les chefs, sans l'intervention du peuple. Aussi, quand les Transalpins s'avancèrent jusqu'à Ariminum avec leur armée, la population [des Boïens] qui voyait d'un œil défiant les nouveaux venus, se souleva contre ses anciens chefs, tua ses rois, Atès et Galatus, puis, dans une bataille, ces barbares se massacrèrent les uns les autres. »
Quelques années après, lorsque la guerre contre Rome apparut comme une nécessité inévitable, ces mêmes Boïens sont si bien connus pour leur humeur pacifique qu'en implorant l'intervention des Gésates en vue d'une expédition contre Rome, ils sont obligés d'affirmer que cette fois ils prendront part eux-mêmes à l'expédition \
Or, Polybe dit que les Gésates sont les Gâtâtes habitant la région des Alpes et du Rhône, toùç xaxà Taç "AXweiç xac xov 'PoBavov xaxoty.cuvTaç Totlxxxq2. Cela nous reporte non pas vers le nord-est de la vallée du Pô, mais vers le nord-ouest. La migration des Helvètes sous la pression des Germains, qui fut la cause, ou du moins le prétexte, de la conquête des Gaules par César, avait été annoncée, plusieurs siècles auparavant, par le passage de bandes helvétiques en Italie. C'est parmi ces bandes que se recrutaient les Gésates; ce sont elles qui familiarisèrent les Gaulois de la seconde moitié du m0 siècle avec l'usage de Fépée de fer*.
4. Polybe, II, 22. « Les plus considérables des Cisalpins, les Insubres et les Boïens envoyèrent de concert des députés aux Galates qui habitent le long des Alpes, près du Rhône et qu'on appelle Gésates parce qu'ils servent moyennant un salaire : tel est le sens précis du mot. Les députés donnèrent aux rois de ces pays, Concolitauus et Aneroestus, une forte somme d'argent, mais ce qui contribua surtout à les décider, c'est quils firent la promesse d'intervenir dans la guerre. »