‹ Les Celtes dans les vallées du Pô et du DanubeChapitre 99 sur 144 · Lindenschmit, 111, 6, 2, texte, fig. 5 et · texte numérisé non relu

Lindenschmit, 111, 6, 2, texte, fig. 5 et

exemple, les Francs auprès des Burgondes. A l'époque où l'épée de fer n'était pas encore en usage, ces bandes aventureuses s'étaient avancées jusqu'en Irlande et s'étaient trouvées en relations avec le monde Scandinave. Mais à l'époque où domine l'épée de fer hallstattienne, le champ de leurs expéditions paraît se restreindre. Durant ces deux périodes (épée de bronze et épée de fer), dont la seconde a certainement été de beaucoup la plus courte, les hommes armés de ces épées ont poussé plusieurs pointes et probablement même fondé des établissements durables à l'ouest du Rhin, dans le Jura, les Vosges, la Côte-d'Or, le Cher, et plus au sud dans la Drôme, l'Aveyron, le Cantal et le Lot. Les descentes en Italie appartiennent à une époque plus tardive — les Celtes et Proto- Celtes mis à part — alors que l'épée en fer du type dit de la Tène avait remplacé la lourde épée en fer de Hallstatt.

11 est indispensable, pour éviter toute confusion, d'insister sur ce point : les deux groupes dont nous parlons sont loin de représenter l'ensemble de la famille celtique, dont l'aire géographique est bien autrement considérable. Il ne s'agit que de deux branches, étroitement apparentées entre elles, de cette grande famille, qui paraissent avoir été particulièrement remuantes et belliqueuses. Pour nous faire une idée de l'extension du domaine celtique, antérieurement aux expéditions guerrières du ive siècle qui en reculèrent les limites jusqu'en Asie, c'est à d'autres statistiques archéologiques que nous devons avoir recours, à celle des rasoirs, des fibules et des cistes à cordons.

Nous avons déjà donné une statistique et une carte des rasoirs dans la seconde édition de X Archéologie celtique et gauloise. Ce petit instrument de bronze, qui,.n'étant pas une arme, n'appartient pas seulement au mobilier funéraire des tombes de guerriers, est très répandu dans les nécropoles celtiques et italiques ; il est remarquable qu'on ne l'a jamais découvert à Santa-Lucia, qui est probablement uncimetière illyrien. A Este, il manque dans la première période (euganéenne); il est rare dans la seconde et dans la troisième. Les autres nécropoles ar-

chaïques de l'Italie en ont fourni un grand nombre. Les régions où il se rencontre le plus fréquemment sont le nord de l'Italie depuis le Latium, la Souabe, la Franconie, la Bohême ; à l'époque de Hallstatt, il s'est aussi répandu sur la rive gauche du Rhin.

Des rasoirs en bronze du même type se sont même exceptionnellement trouvés en Armorique, non pas, il est vrai, dans des sépultures, mais dans des dépôts d'ambulants. Le fait n'en est pas moins à noter et, joint à d'autres du même genre, il n'est pas sans offrir un grand intérêt. Nous voyons ainsi se répandre dans la Gaule occidentale, où la civilisation de la pierre polie avait été si vivace, la culture propre à la région des Alpes, du Danube et du Rhin.

En France, la Vendée, la Haute-Vienne, la Vienne, les deux Charentes, la Gironde, les Landes, le Gers, le Tarn, la Dordogne, la Haute-Garonne, les Hautes et Basses-Pyrénées, les Pyrénées-Orientales, c'est-à-dire le sud-ouest delà Gaule, n'ont offert, au contraire, aucun spécimen de rasoirs en bronze. L'absence du rasoir est également remarquable dans la région du Bas-Danube et en Illyrie. Au nord-est de la Germanie, il se présente sous une autre forme, qui le rattache au groupe Scandinave où il est fréquent. On sait qu'entre ce groupe et le groupe celtique existent des analogies incontestables.

La chronologie du rasoir a son importance comme sa géographie. L'usage de cet objet remonte à une époque très reculée, aux inspirations qui marquèrent le début du premier âge du fer. Il existait en Scandinavie dès l'âge du bronze. Au sud des Alpes, il apparaît plus tardivement, mais s'y maintient avec une grande ténacité. Nous le rencontrons encore au 111e et au ne siècle dans le Belgium, où il a subi la même transformation que l'épée : comme un grand nombre de fibules, il est alors en fer.

La statistique des cistes à cordons, bien que l'usage en ait été plus restreint et que les lacunes en soient plus nombreuses, offre, dans l'ensemble, un résultat analogue.

Déjà, en 1873, à propos des fouilles du tumulus de Magny-

Lambert, l'un de nous a eu l'occasion de s'occuper du seau à côtes, appelé par les Italiens cista a cordoni, en même temps que du rasoir K

Il y a, toutefois, une distinction à faire. Si Taire de la distribution des deux ustensiles est à peu près la même, la date de leur introduction dans le mobilier funéraire est différente. La ciste à cordons est sensiblement plus récente. Les tribus primitives de l'Italie, si riches, cependant, en ustensiles de chaudronnerie de bronze, ne s'en servaient pas, ou, du moins, ne le plaçaient pas dans les sépultures. Le seau à côtes ne s'est rencontré ni à Vulci, ni à Corneto, ni à Vetulonia, ni à Golasecca. Au vie siècle, on le voit apparaître à la Certosa(Bologne), où il n'est pas rare; puis il se montre au nord des Alpes, à Hallstatt, et dans les grands tumulus de la Bavière, du Wurtemberg, de la Gaule orientale. Il appartient donc à une seconde couche de migration, étrusco-ombrienne en Italie, celto-galalique au nord des Alpes.

Un fait semble toutefois prouver que les tribus au milieu desquelles pénétraient l'épée de fer et la ciste à cordons se rattachaient par un lien étroit aux tribus primitives qui les ignoraient. Non seulement le rasoir se retrouve presque toujours à côté de la ciste, mais les formes les plus anciennes, les formes typiques de la fibule ont persisté, avec une bien remarquable constance, jusqu'à la fin de la grande période qui précède la domination romaine.

Si l'on place en regard une collection de fibules celtiques, une collection de fibules romaines, une collection de fibules franques ou mérovingiennes, l'œil le plus inexpérimenté reconnaîtra qu'il a devant lui les monuments de trois périodes, de trois civilisations distinctes, séparées l'une de l'autre par de profondes révolutions.

Du ix» au Ier siècle avant notre ère, aucune coupure semblable, si l'on peut dire, ne se manifeste en Europe. L'uniformité relative qui distingue cette période des suivantes ne

1. A. Bertrand, Mémoires de la Société des Antiquaires, 1873, p. 281 et suiv.

peut s'expliquer que par une seule cause, qui est la prédominance de la civilisation celtique en Occident.

Nous avons vu la civilisation celtique passer successivement de l'état social particulier aux tribus homogènes (Insuhriens, Ombriens) à un état d'organisation plus complexe, et cela par des groupements de tribus qui ont formé les nationes dont Thistoire nous a transmis les noms — Senones, Boïi, Taurisci — ou des agglomérations guerrières comme les Gésates. Cette transformation sociale ne s'est pas acccomplie en Italie, mais sur le Rhin et sur le Danube. Les Galates et les Gésates ne paraissent en Italie qu'au ive siècle, au milieu de populations de même souche qu'eux, mais pacifiques, prospères, n'acceptant la guerre que comme une nécessité. Ces populations, en effet, se trouvant en contact avec les Tyrsènes- Pélasges, les Étrusques, les Ombriens, s'étaient développées, pendant des siècles, d'une manière indépendante, et ce développement les avait différenciées de plus en plus des tribus congénères restées éloignées de l'Italie.

Par une bonne fortune inexpérée, deux séries de fouilles admirablement conduites — celles du Bolonais commencées parGozzadini, poursuivies par MM. Zannoni et Brizio et celles d'Esté, dues à l'intelligente activité de Prosdocimi et aux encouragements de la famille Benvenuti — nous permettent de suivre presque sans interruption, et avec des points de repère certains, les populations primitives de ces deux centres importants depuis le xue ou le xive siècle jusqu'à l'invasion galatique du ive.

A Bologne, dans une vaste nécropole qui s'étend du centre de la ville à la Certosa (Chartreuse), sur un développement de 5 à 6 kilomètres, s'échelonnent, suivant l'ordre des temps, les séries des sépultures préromaines ; les sépultures de Felsina (la Bologne ombrienne) sont les plus anciennes, les autres se succèdent de proche en proche sans que la domination étrusque vienne y déterminer une lacune, jusqu'à l'avènement brutal des Galates qui bouleversent l'état ancien sans le remplacer, ce semble, par rien de durable.

A Este, par suite de circonstances locales, les débordements et inondations périodiques de l'Adige dont les sables ont exhaussé successivement le sol, les sépultures, dont la série est également complète, ne sont pas juxtaposées, mais superposées. Il y a là une stratigraphie du plus grand intérêt qui présente la chronologie des nécropoles sous un aspect parfaitement clair. M. Prosdocimi a résumé, dans un tableau que nous reproduisons, la succession des couches funéraires divisées en

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Fig. 92. — Stratigraphie des tombes d'Esté, d'après M. Prosdocimi1. (Voir p. 163).

cinq groupes. L'ordre de cette succession est naturellement l'inverse de l'ordre chronologique, les sépultures supérieures étant les plus récentes. Voici l'explication de ce tableau : 1° Une couche romaine caractérisée avec une parfaite précision parla présence de monnaies romaines de la République et d'Auguste; ces monnaies ont été découvertes dans des tombes datées d'ailleurs par la nature de la poterie et par des inscriptions funéraires en caractères romains.

t. Xotizie rfeyli Scavi, 1882, pi. II.

2° Une couche où, à côté de sépultures à caractères romains, se trouvent des inscriptions en lettres romaines et d'autres en lettres euganéennes; on y rencontre de rares ensevelissements, parmi lesquels des squelettes avec glaive de fer typique, dont il est impossible de méconnaître l'origine gauloise. Ces sépultures, les seules qui soient à inhumation, les seules où se rencontrent des armes, sont situées au-dessous de la couche romaine, dans une couche qui n'est ni étrusque ni euganéenne. Nous proposons d'y reconnaître des tombes gauloises.

3° Sépultures renfermant des vases grecs à peintures noires sur fond rouge, déposés dans des tombes à incinération. A partir de cette troisième couche jusqu'aux rares sépultures de l'âge de la pierre, toutes les sépultures d'Esté, comme celles des séries parallèles à Bologne, sont à incinération. Les vases en terre, qui ne sont pas de fabrication ou d'inspiration grecques, présentent des formes élégantes; ils sont coquettement décorés de clous de bronze. Les fibules, de forme variée et d'une grande légèreté, appartiennent surtout aux deux types àhsserpenti forme ele?i barque. De nombreuses plaquesde ceinturon en bronze sont couvertes de dessins exécutés soit au repoussé, soit à la pointe (voir fig. 80, p. 121). Enfin, des situles de bronze du plus beau travail, qui, en 1882, étaient déjà au nombre de huit, achèvent de donner une haute idée de la civilisation des Euganéens à cette époque et des rapports intimes existant entre cette civilisation et celle des Hellènes, d'une part, de Hallstalt, de l'autre. Évidemment, ces sépultures sont contemporaines de celles qui, à Bologne, sont caractérisées par la présence des mêmes vases grecs.

4° et 5° La quatrième et la cinquième couche, toujours à incinération, répondent aux débuts de la brillante civilisation que nous avons vue s'épanouir dans la couche précédente. Nous sommes déjà, toutefois, au premier âge du fer. Ces deux couches reposent sur un lit de marne, qui forme le terrain naturel; les couches supérieures appartiennent toutes au terrain d'alluvion.

Quand Jes populations de la cinquième couche sont arrivées dans le pays, les indigènes en étaient encore à l'âge de la pierre. Des squelettes ensevelis dans la marne, près desquels étaient déposés des instruments en pierre polie, sont l'indice d'une civilisation toute rudimentaire (la période lithique de M. Prosdocimi). Voici les noms qu'il aproposés pour les étages supérieurs à la période lithique :

Epoque euganéenne . Première période.

Époque euganéenne. Deuxième période.

Epoque euganéo-étrusque. Troisième période.

Époque euganéo-romaine . Quatrième période.

Epoque romaine. Cinquième période.

M. Prosdocimi passe ainsi sous silence la période gauloise qui, suivant lui, n'aurait laissé aucune trace dans le pays. Nous avons vu que l'on peut en découvrir des vestiges dans la deuxième couche à partir du sommet.

En résumé, des faits observés à Este, il résulte que sur le territoire euganéen (le Padouan actuel) l'âge de la pierre a été brusquement remplacé par une civilisation caractérisée non seulement par la connaissance du bronze et du fer, mais par l'introduction du rite de la crémation. En même temps paraissent sur les vases des symboles, comme la croix gammée, qui nous transportent en imagination loin de l'Italie. Cetle civilisation envahit brusquement la contrée et s'y développe, à partir d'une époque difficile à déterminer avec exactitude, mais qui ne peut être postérieure au xe siècle avant notre ère. Elle s'épanouit du vu8 à la fin du ve siècle au contact des civilisations hellénique et étrusque. Au ive siècle, sous l'influence des invasions galatiques suivies de la conquête romaine, elle dégénère, se dissout, pour ainsi dire, et aboutit finalement à cetle civilisation uniforme que nous qualifions en Gaule de gallo-romaine, mais qu'il faudrait plutôt appeler romaine tout court.

Une remarque d'une portée historique au moins égale aux précédentes est la constatation de la persistance des formes. des procédés industriels, des principaux motifs d'ornemen-

I6i LKS CELTES ET LES GAULOIS

tation, enfin du même rite funéraire, sur le territoire d'Ateste, depuis l'époque de la première introduction des métaux sur les bords de Pô jusqu'à la conquête romaine, ou, pour mieux dire, jusqu'aux invasions gauloises du iveet du 111e siècle qui ont jeté partout la perturbation dans la Haute-Italie.

Durant cette longue période de sept ou huit cents ans, ni les invasions des tribus celtiques primitives (si tant est qu'il y ait eu des invasions), ni la conquête étrusque, ni même, au début, la conquête gauloise, n'ont troublé le développement normal des germes apportés du dehors à une époque inconnue et que la domination romaine a pu seule parvenir à dessécher sous l'uniformité d'une nouvelle civilisation.

A Este, il est vrai, nous sommes sur un terrain spécial, en pays euganéen, où nos conclusions ne peuvent être formulées sans quelque réserve; mais toute hésitation disparaît à Bologne, l'antique Felsina, le centre le plus brillant de la civilisation ombrienne. Les nécropoles de Felsina ne sont pas des nécropoles isolées, sans ramifications, comme les sépultures euganéennes : elles font partie d'un ensemble imposant qui autorise les généralisations et les vérifie. Une des nécropoles de ce groupe, celle de Villanova, a même donné son nom à l'ensemble de la civilisation qu'elles représentent et l'on dit civilisation villanoviemie, bien que le terme de civilisation ombrienne soit peut-être destiné à prévaloir.

La découverte de la nécropole de Villanova remonte déjà à une quarantaine d'années. Depuis, on a signalé de nombreux groupes de sépultures analogues dans un cercle délimité par Castel San Pietro à l'est, Barzano à l'ouest, La Panetta au sud, et dont Bologne est le centre. Au nord, cette région confine à celle des terramares, dont le caractère est bien différent.

Voici la nomenclature de ces nécropoles :

Vallée de l'Uccelleto : Prunaro.

Vallée de la Savena : Villanova, Sette Fonte.

Vallée de la Zena : Zena.

Vallée du Reno : Porretta, Canovella, Marzabolto, Panico,

Fig. 93. — Porte monumentale de Bologne (Felsina), restituée, avec la stèle Malvasia daus le tyuipau '.

1. Cf. Gozzadini, Di alcuni sepolcri délia necropoli felsinea, p. 20.

Castlar délie lagune, VillaComelli, Sasso, Pontecchio, Moglio, Tessarello, Ramonte.

Vallée de Lavino : Cascina Bassi, Tomba. Vallée delà Samoggia : Cività Selvatica. La tête de ce petit empire ombrien était bien Felsina. Une série nombreuse de sépultures du plus hautintérêt l'atteste. Ces sépultures, qui s'échelonnent en allant de l'ouest à l'est, de la tour des Asinelli (rue Majeure) à l'ouest, à la Certosa vers l'est, présentent le développement d'une vaste nécropole grandissant avec les siècles et s'avançant lentement et régulièrement du couchant à l'orient. Comme les couches d'Esté, cette nécropole nous offre un chronomètre, horizontal cette fois, au lieu d'être vertical, mais non moins nettement caractérisé et précis.

Le premier groupe de tombes du type de Villanova que l'on ait découvert à Bologne fut signalé sous une maison de la rue Majeure, à quelque distance de la tour des Asinelli. Huit tombes y furent explorées avec soin par le comte Malvasia, qui leur donna son nom. Le mobilier funéraire était, dans son ensemble, identique à celui de Villanova. Une stèle sculptée qu'on y a découverte, sur la limite même de la nécropole du côté de la ville, mérite surtout d'arrêter notre attention. Cette stèle Malvasia, sculptée dans un relief très plat et dans le style le plus archaïque (fig. 93), représente deux quadrupèdes, dressés sur leurs jambes de derrière et reposant leurs jambes de devant sur les ailettes d'une colonne dont le fût les sépare. A l'aspect d'une gravure de ce monument, tous les archéologues penseront à la fameuse porte des Lions de Mycènes et aux façades de tombeaux phrygiens qui sont décorées suivant le même motif. Serions-nous, à Felsina, en présence des débris de l'une des portes de la ville primitive? Il est assez naturel de le supposer, bien qu'on ne puisse rien affirmer à ce sujet. Notre figure 93 offre une restitution de cette porte, telle qu'il est permis de la concevoir. Mais si la stèle Malvasia n'est pas le reste d'une entrée monumentale, s'il faut y voir une simple stèle funéraire, elle n'en présente pas moins un grand intérêt par son analogie avec la porte de Mycènes ; d'autant plus que

d'autres stèles découvertes dans la nécropole de la Certosa ressemblent beaucoup à celles que Schliemann a découvertes à Mycènes au-dessus des tombes royales. Non seulement le style de ces monuments est apparenté, mais les procédés de travail, la forme même iet la décoration des stèles établissent entre elles d'incontestables rapports. Au point de vue chronologique, il y a cependant de graves difficultés. La stèle Malvasia, très grossière de travail, peut être à peu près contem-

Fig. 94.

Épée gauloise d'Introbbio '.

Fig. 95.

Épée gauloise des environs de Bologne

poraine de la porte de Lions; les stèles de la Certosa sont, au contraire, incontestablement plus récentes que leurs congénères mycéniennes. Il est tentant d'alléguer une « survivance », un style traditionnel; mais entre la date présumée des stèles de l'agora de Mycènes et celle des stèles de Felsina il y a un laps de temps considérable qui ne permet pas d'admettre

\. Ballet, di paletnolor/ia ilahana, t. XII, pi. X, 29.

2. Brizio, Atli e Mem. délia deputazione di Sloria patria, 3* sér., t. V, fnsc. m-iv, pi. Vil, 34.

une influence directe du premier groupe de ces monuments

sur le second. Quoi qu'il en soit, le rapprochement s'impose .

A Malvasia comme à Villanova, nous sommes en présence

d'un mobilier funéraire qui n'est que le développement du

Fig. 96. — Épée gauloise de Casargo, tordue intentionellemeut '.

mobilier des nécropoles insubriennes, Bismantova, Golasecca, Sesto-Calende.

Comme à Golasecca, comme à Este, les nécropoles primitives diL Bolonais sont assises sur un sol vierge qu'aucun groupe supérieur au groupe néolithique n'avait encore occupé. Comme à Este, le développement se poursuit, lentement

Fig. 97 et 98. — Fourreaux d'épées gauloises de Varenna *.

et régulièrement, à travers les champs sacrés de l'Arsenal, de la porte Castiglione et San-Mammolo, des prédit Benacci, Lucca et Arnoaldi pour arriver à la Certosa, où l'élément étrusque qui se montre déjà à Benacci prend complètement le dessus ou

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