INTRODUCTION XXXIX
et io juillet i38g) ', dont il touche un premier acompte de 5oo livres tournois, le 27 février 1390?; il meurt peu de temps après, puisqu'à la date du 9 juin 1 390, Jean Noble, épicier et valet de chambre du roi, donne reçu <de la somme de 129 francs, 7 sous, 6 deniers tournois pour 690 livres de cire « baillées a l'ôbseque que n'a gueresle roi a fait « faire a Paris en l'église des Blancs Manteaulx « pour les âmes de feu messïre Olivier de Mauny « et de feu messire Hutin de Vermeilles, jadis « chevalier et chambellan dudit seigneur 3 ».
Tel est le champion de l'amour loyal : un vieux chevalier, grandement apparenté, glorieux par ses exploits guerriers et hautement réputé pour sa courtoisie. Son adversaire, l'avocat du caprice et de l'amour volage, celle que le poème appelé la Guignarde, n'est pas désignée plus explicitement ; nous savons seulement qu'elle était jolie 4 . Peutêtre s'agit-il de quelque dame de la cour d'Anjou, (la scène se passe en effet sur les bords de la Loire, près d'Angers), aux allures libres et « au muable « talent » 5 , que les contemporains devaient facilement reconnaître, mais que la galanterie la plus élémentaire défendait de nommer. Elle ne néglige aucun argument pour vanter au jeune chevalier les joies de Tâmour qui ne se fixe pas et les dangers d'une liaison sérieuse; son langage n'a du reste rien de celui d'une entremetteuse, et le copiste du