‹ Les cent ballades: poème du XIVe siècle composéChapitre 65 sur 77 · X . If · texte numérisé non relu

X . If

Sachiez que prendre prestement Son bien si tost qu'on l'aparçoit, Est fait de bon gouvernement. ,

Mais l'acoustumance nuiroit Qui deux ou trois en prieroit 3o En un hostel,. car descelé

Seroit tantost et raconte .

De l'une a l'autre sans faillir. , Telz fais font parjures tenir

Les gens qui .sont de tel renpnj.

Au fort, rien n'y devez cremir :

36 Vent au faucon, vent au hairon !

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Vert 33. A font par peines; C font par pammes; F font par peine.

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Mais les belles que prierez, Poursuivez les jusques en fin Humblement, et vous trouverez Que d'Amours arez bon hutin.

Simplement, comme en larrecin,

6 Les priez main, soir, nuit et jour,

Sans long parler ; mais nul séjour Ne mettez en ce poursieuir, Se par dur escondit fuir Ne vous convenoit cest afaire, Ce que non ; maiz, pour bien jolr,

i % Moult est avenant faire et taire.

Taire, que ne raconterez Compte de vous soir ne matin, N'en mal d'autrui ne parlerez ; Aus femmes serez bon voisin Secret, maiz soiez enterin 1 8 De mettre vostre fait ou tour

Vers 4. C un hutin.

Par quoy la grant joie d'amour Vient a ceulx qu'Amours endruïr Veult de ses biens, et resjoïr Vous fera, se le pouez traire Au point; et pour l'acconsieuir, 24 Moult est avenant faire et taire.

Les femmes moult obéirez Qui le conseil estroit et fin Saront de celles qu'amerez ; A leur plaisir serez enclin, Et se parent ont ne cousin

3o iQu'ilz aiment, mettez vo labour

A leur faire bien et douçour. , Par cela pourrez esbleuir Maint cuer félon et ensulr L'euvre que tant voulez parfaire.

Mais pour tous ces poins assouvir,

36 Moult est avenant faire et taire.

Vers 3o. B, C, F, G Quil.

Ne ja vo cuer ne s'esbahisse, Se priez damoiselle ou dame Qui radement vous escondisse :

Tost se rapaisera, par m'ame.

Donnez en a Amours le blasme,

6 En luy priant que vous pardonne ;

Dittes que tant est belle et bonne Qu'au fort amer la vous convient ; L'estriver a rencontre est nient.

Puis Tembraciez secrètement En jouant, fol est qui ce crient :

1 2 Trop sens n'affiert a jeune gent.

S'en mal le prent, trop sera nice, Ou fera trop la sage femme.

Mais n'en doubtez, car tel office Ne feroit cuer qu'amour embasme, Et le vostre tout sien se clame, 18 Et par Amours a lui se donne. »

Vers 6. C a corrigé luy en surcharge.

— « Cuidez vous donques qu'a la bonne Amoureuse dont tout bien vient N'arrive? » — « Trop bien me souvient Comme Amours en po d'eure esprent :

Fournissiez, car bien vous avient ; 24 Trop sens n'affiert a jeune gent.

Amis, se Dieu me benels$e,; S'a vo cuer qui par Amours pastae Plaisoit bien que je l'apreïsse, L'ardeur, qui le point et entame Adoucirait, et Fardant flame

3o Qui le bruit et atisonne

Cesseroit, car bien abandonne A vous ce qui joie maintient :

Qu'amez partout. Et s'il avient Que des femmes priez un cent, Mieux vous en vendra, se Dé vient :

36 Trop sens n'affiert a jeune gent.

Vers 19. B, E, F, G que la bonne; qua manque dans A ; C a corrigé que en qua. — 34. C a corrigé de en dez, que nous imprimons des.

Car dès aussi tost que conquises ' En arez deux, ou trois, ou quatre,

Trop mieux sarez en toutes guises 1 Entre les autres vous rembatre ; 5 Asseûr vous pourrez esbatre,

Ferme sera vostre besongne,

Moult vous chaudra po d'une alongne,

S'en la vous fait par fausseté.

Tous biens vous vendront, qui qu'en grongne, 10 Car en la granche va le blé.

Amours a pieça ses lois mises En tous ses lieux, ne point abatre Ne les veult ; pour ce, sans faintises, Paine mettez a poy debatre 1 5 Des cuers des plus belles embatre

A vostre amour, et a ce songne

Vers i3. C a corrigé faintise en faintises, que nous imprimons faintises.

1*8 LfiS CENT BALLADES

— « Cuidez vous donques qu'a la bonne Amoureuse dont tout bien vient N'arrive? » — « Trop bien me souvient Comme Amours en po d'eure esprent :

Fournissiez, car bien vous avient ; 24 Trop sens n'affiert a jeune gent.

Amis, se Dieu me benelsse,; S'a vo cuer qui par Amours pasme Plaisait bien que je l'apreisse, L'ardeur, qui le point et entame Adoucirait, et Tardant flame

3o Qui le bruit et atisonne

Cesserait, car bien abandonne A vous ce qui joie maintient :

Qu'amez partout. Et s'il avient Que des femmes priez un cent, Mieux vous en vendra, se Dé vient :

36 Trop sens n'affiert a jeune gent.

Vers 19. B, E, F, G que la bonne; qua manque dans A ; C a corrigé que en qua» — 34. C a corrigé de en dez, que nous imprimons des.

Car dés aussi tost que conquises • En arez deux, ou trois, ou quatre,

Trop mieux sarez en toutes guises 1 Entre les autres vous rembatre ; 5 Asseur vous pourrez esbatre,

Ferme sera vostre besongne,

Moult vous chaudra po d'une alongne,

S'en la vous fait par fausseté.

Tous biens vous vendront, qui qu'en grongne, io Car en la granche va le blé.

Amours a pieça ses lois mises En tous ses lieux, ne point abatre Ne les veult; pour ce, sans faintises, Paine mettez a poy debatre 1 5 Des cuers des plus belles embatre

A vostre amour, et a ce songne

Vers i3. C a corrigé faintise en faintisea, que nous imprimons faintises.

— « Cuidez vous donques qu'a la bonne Amoureuse dont tout bien vient N'arrive? » — « Trop bien me souvient Comme Amours en po d'eure esprent :

Fournissiez, car bien vous avient ; 24 Trop sens n'affiert a jeune gent.

Amis, se Dieu me benéisse,:

S'a vo cuer qui par Amours pastae Plaisoit bien que je l'apreisse, L'ardeur, qui le point et entame Adoucirait, et Tardant flame

3o Qui le bruit et atisonne

Cesserait, car bien abandonne A vous ce qui joie maintient :

Qu'amez partout. Et s'il avient Que des femmes priez un cent, Mieux vous en vendra, se Dé vient :

36 Trop sens n'affiert a jeune gent.

Vers 19. B, E, F, G que la bonne ; qua manque dans A ; C a corrigé que en qua. — 34. C a corrigé de en dez, que nous imprimons des.

Car dés aussi tost que conquises ' En arez deux, ou trois, ou quatre,

Trop mieux sarez en toutes guises 1 Entre les autres vous rembatre ; 5 Asseiir vous pourrez esbatre,

Ferme sera vostre besongne,

Moult vous chaudra po d'une alongne,

S'en la vous fait par fausseté.

Tous biens vous vendront, qui qu'en grongne, io Car en la granche va le blé.

Amours a pieça ses lois mises En tous ses lieux, ne point abatre Ne les veult; pour ce, sans faintises, Paine mettez a poy debatre 1 5 Des cuers des plus belles embatre

A vostre amour, et a ce songne

Vers i3. C a corrigé faintise en faintiseï, que nous imprimons faintises.

ra8 vss cent ballades

— « Cuidez vous donques qu'a la bonne Amoureuse dont tout bien vient N'arrive ?» — « Trop bien me souvient Comme Amours en po d'eure esprent :

Fournissiez, car bien vous avient; 24 Trop sens n'affiert a jeune gent.

Amis, se Dieu me beneïsse, S'a vo cuer qui par Amours pastae Plaisoit bien que je l'apreisse, L'ardeur, qui le point et entame Adoucirait, et Tardant flame

3o Qui le bruit et atisonne

Cesserait, car bien abandonne A vous ce qui joie maintient :

Qu'amez partout. Et s'il avient Que des femmes priez un cent, Mieux vous en vendra, se Dé vient :

36 Trop sens n'affiert a jeune gent.

Vers 19. B, E, F, G que la bonne ; qua manque dans A ; C a corrigé que en qua. — 34. C a corrigé de en dez, que nous imprimons des.

LES CENT BALLADES lig

Car dés aussi tost que conquises ' En arez deux, ou trois, ou quatre,

Trop mieux sarez en toutes guises 1 Entre les autres vous rembatre ; 5 Asseûr vous pourrez esbatre,

Ferme sera vostre besongne,

Moult vous chaudra po d'une alongne,

S'en la vous fait par fausseté.

Tous biens vous vendront, qui qu'en grongne, 10 Car en la granche va le blé.

Amours a pieça ses lois mises En tous ses lieux, ne point abatre Ne les veult; pour ce, sans faintises, Paine mettez a poy debatre 1 5 Des cuers des plus belles embatre

A vostre amour, et a ce songne

Vers i3. C a corrigé faintise en faintisea, que nous imprimons faintises.

ra8 vos cent ballades

— « Cuidez vous donques qu'a la bonne Amoureuse dont tout bien vient N'arrive? » — « Trop bien me souvient Comme Amours en po d'eure esprent : Fournissiez, car bien vous avient; 24 Trop sens n'affiert a jeune gent.

Amis, se Dieu me benelsse,; .

S'a vo cuer qui par Amours pastae Plaisoit bien que je l'apreisse, L'ardeur, qui le point et entame Adoucirait, et Fardant flame

3o Qui le bruit et atisonne

Cesserait, car bien abandonne A vous ce qui joie maintient :

Qu'amez partout. Et s'il avient Que des femmes priez un cent, Mieux vous en vendra, se Dé vient :

36 Trop sens n'affiert a jeune gent*

Vers 19. B, E, F, G que la bonne; qua manque dans A; C a corrigé que en qua. — 34. C a corrigé de en dez, que nous imprimons des.

Car dés aussi tost que conquises • En arez deux, ou trois, ou quatre,

Trop mieux sarez en toutes guises 1 Entre les autres vous rembatre ; 5 Asseûr vous pourrez esbatre,

Ferme sera vostre besongne,

Moult vous chaudra po d'une alongne,

S'en la vous fait par fausseté.

Tous biens vous vendront, qui qu'en grongne, io Car en la granche va le blé.

Amours a pieça ses lois mises En tous ses lieux, ne point abatre Ne les veult; pour ce, sans faintises, Paine mettez a poy debatre 1 5 Des cuers des plus belles embatre

A vostre amour, et a ce songne

Vers i3. C a corrigé faintise en faintises, que nous imprimons faintises.

ra8 vss cent ballades

— « Cuidez vous donques qu'a la bonne Amoureuse dont tout bien vient N'arrive? » — « Trop bien me souvient Comme Amours en po d'eure esprent :

Fournissiez, car bien vous avient ; 24 Trop sens n'affiert a jeune gent.

Amis, se Dieu me benelsse,; S'a vo cuer qui par Amours pastae Plaisoit bien que je l'aprelsse, L'ardeur, qui le point et entame .

Adoucirait, et Fardant flame

3o Qui le bruit et atisonne

Cesserait, car bien abandonne A vous ce qui joie maintient :

Qu'amez partout. Et s'il avient Que des femmes priez un cent.

Mieux vous en vendra, se Dé vient :

36 Trop sens n'affiert a jeune gent*

Vers 19. B, E, F, G que la bonne ; qua manque dans A ; C a corrigé que en qua. — 34. C a corrigé de en dez, que nous imprimons des.

Car dés aussi tost que conquises • En arez deux, ou trois, ou quatre,

Trop mieux sarez en toutes guises 1 Entre les autres vous rembatre ; 5 Assetir vous pourrez esbatre,

Ferme sera vostre besongne,

Moult vous chaudra po d'une alongne,

S'en la vous fait par fausseté.

Tous biens vous vendront, qui qu'en grongne, io Car en la granche va le blé.

Amours a pieça ses lois mises En tous ses lieux, ne point abatre Ne les veult; pour ce, sans faintises, Paine mettez a poy debatre 1 5 Des cuers des plus belles embatre

A vostre amour, et a ce songne

Vers 1 3. C a corrigé faintise en faintises, que nous imprimons faintises.

ia8 VSS CENT BALLADES

— « Cuidez vous donques qu'a la bonne Amoureuse dont tout bien vient N'arrive ?» — « Trop bien me souvient Comme Amours en po d'eure esprent :

Fournissiez, car bien vous avient ; 24 Trop sens n'affiert a jeune gent.

Amis, se Dieu me beneisse, S'a vo cuer qui par Amours pastae Plaisoit bien que je l'apreisse, L'ardeur, qui le point et entame Adoucirait, et Tardant flame

3o Qui le bruit et atisonne

Cesserait, car bien abandonne A vous ce qui joie maintient :

Qu'amez partout. Et s'il avient Que des femmes priez un cent, Mieux vous en vendra, se Dé vient :

36 Trop sens n'affiert a jeune gent*

Vers 19. B, £, F, G que la bonne; qua manque dans A ; C a corrigé que en qua. — 34. C a corrigé de en dez, que nous imprimons des.

Car dés aussi tost que conquises • En arez deux, ou trois, ou quatre,

Trop mieux sarez en toutes guises 1 Entre les autres vous rembatre ; 5 Asseiir vous pourrez esbatre,

Ferme sera vostre besongne,

Moult vous chaudra po d'une alongne,

S'en la vous fait par fausseté.

Tous biens vous vendront, qui qu'en grongne, io Car en la granche va le blé.

Amours a pieça ses lois mises En tous ses lieux, ne point abatre Ne les veult; pour ce, sans faintises, Paine mettez a poy debatre 1 5 Des cuers des plus belles embatre

A vostre amour, et a ce songne

Vers 1 3. C a corrigé faintise en faintises, que nous imprimons faintises.

— « Cuidez vous donques qu'a la bonne Amoureuse dont tout bien vient N'arrive? » — « Trop bien me souvient Comme Amours en po d'eure esprent :

Fournissiez, car bien vous avient; 24 Trop sens n'affiert a jeune gent.

Amis, se Dieu me beneïsse,; S'a vo cuer qui par Amours pastae Plaisoit bien que je l'aprelsse, L'ardeur, qui le point et entame Adouciroit, et Tardant flame

3o Qui le bruit et atisonne

Cesserait, car bien abandonne A vous ce qui joie maintient :

Qu'amez partout. Et s'il avient Que des femmes priez un cent»

Mieux vous en vendra, se Dé vient :

36 Trop sens n'affiert a jeune gent.

Vers 19. B, E, F, G que la bonne ; qua manque dans A ; C a corrigé que en qua. — 34. C a corrigé de en dez, que nous imprimons des.

LES CENT BALLADES 13g

Car dés aussi tost que conquises ' En arez deux, ou trois, ou quatre,

Trop mieux sarez en toutes guises 1 Entre les autres vous rembatre ; 5 Asseûr vous pourrez esbatre,

Ferme sera vostre besongne,

Moult vous chaudra po d'une alongne,

S'en la vous fait par fausseté.

Tous biens vous vendront, qui qu'en grongne, io Car en la granche va le blé.

Amours a pieça ses lois mises En tous ses lieux, ne point abatre Ne les veult; pour ce, sans faintises, Paine mettez a poy debatre 1 5 Des cuers des plus belles embatre

A vostre amour, et a ce songne

Vers i3. C a corrigé faintise en faintises, que nous imprimons faintises.

l3o LES CENT BALLADES

Le vostre, ne rien n'y ressongne ; Et par cela, en vérité, Arez des biens, qui que les dongne, 20 Car en la granche va le blé.

Tant plus vendront a vos devises Vos fais, tant plus devez fors batre En vous que n'y soient acquises Renommées par qui rabatre

25 Se puist la joie dont l'emplastre

Trait de vo cuer ; ce dont on fr oigne, C'est tristesse ; maiz sans eslongne, Puis qu'en etir serez entré, Vous vendront biens, je le tesmongne,

3o Car en la granche va le blé.

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LES CENT BALLADES l3l

Et se par aucune des belles Que prières est descouvert Ce qu'arez dit, en telx nouvelles Doit estre le remède appert.

5 Dire lui pouez : « A quoy sert

« Qui de poy priée se tient? »

Trop bien vous plest, s'en cuer lui vient Que s'amour vous eslongne et fuie ; Prenez en gré s'ainsi avient :

10 A la fois beau chanter ennuye v

Et s'ainsi que muent querelles, Ou voulentiers Amours s'aert D'autrui dedens les cuers de celles Qu'amerez, ce fait la se pert 1 5 Pour vous, car trop tendront couvert

Le désir qu'en eulx se maintient.

Vers 3. C Et quarez. — 7. C a ajouté plest. — 12. B voulentes amour; C volentez amour. — i3. C a ajouté Dautrui en marge. — 14. B, E se fait la; G se ce fait.

LES CENT BALLADKS

Se l'aparcevez, il convient Q'en tort les mettez, puis s'apuie Vo cuer a ne les prisier nient :

A la fois beau chanter ennuyé.

Fors tant que simplement entre elles Vous maintenez ; grant bien dessert Cil qui par secrètes semelles Scet ramender un fait désert.

Se puis vous veulent, recouvert Tenez leur fait, il le convient ; Mais s'a part sont, bien me souvient Que grant vent chiet pour po de pluie ; Alez au point, bien appartient; A la fois beau chanter ennuyé.

Vers ig. C a corrigé en elles e parson en pirt tout.

Autre chose vous veul aprendre :

Jamaiz femmes ne chastiëz

De leurs plaisirz; par ce, descendre En leur mal vouloir pourriez.

5 Amez les, loés et prisiez,

Fuies tousjours leur maie grâce, Et s'aucun vëés qui pourchace Ce qu'amerez, n'en faittes compte :

Chascun ne prent pas ce qu'il chace,

10 Tousjours revendrez a bon compte.

Ne ja ne veuilliez entreprendre, , Se d'une Taccort aviez, Qu'en vousissiez serement prendre, Car par ce vous vous lirriëz

1 5 A jurer ; s'en parjurriëz

Maint serement en poy d'espace.

Et s'au fort leur vouloir s'enlace Que jurez, pour escheuer honte, Jurez, mais quierent qui le face :

20 Tousjours revendrez a bon compte.

Vers 14. A, C, E, F, G lieriez ; B lierez.

l34 LES CENT BALLADES

Je vous pry que veuilliez entendre Les poins que vous ay enseigniez Et maintenir, et a ce tendre Qu'en sachiez plus, et si soiez

25 Songneux que d'Amours esploittiez.

Poursuiez tousjours celle trasse, Gardez que vostre cuer n'embrasse Vouloir dont Amours le surmonte; Mais que ja n'entrez en sa nasse,

3o Tousjours revendrez a bon compte. »

— « Avez vous dit, dame ?» — « Oy, sire.

Vous plaist il telz voies tenir ?

Se mon conseil voulez despire, Bien vous en pourra mal venir. »

5 — « C'est bien dit. S'Amours maintenir

Me doint joie et bonne aventure, Je n'ay de vostre conseil cure ; Trop y a malice et deçoite, La ne maint pas le bien qui dure ;

10 Tout doit perdre qui tout convoite.

Car il me doit trop bien suffire D'amer celle, creindre, obéir Que mon cuer a voulu eslire D'entre les autres pour servir,

1 5 Ne je n'ay vouloir, ne désir

De mettre volenté, ne cure Au contraire. Pour ce, trop dure M'est vo parole, et riens n'esploitte, Car bien say, par vérité pure :

20 Tout doit perdre qui tout convoite.

l34 LES CENT BALLADES

Je vous pry que veuilliez entendre Les poins que vous ay enseigniez Et maintenir, et a ce tendre Qu'en sachiez plus, et si soiez

25 Songneux que d'Amours esploittiez.

Poursuiez tous jours celle trasse, Gardez que vostre cuer n'embrasse Vouloir dont Amours le surmonte ; Mais que ja n'entrez en sa nasse,

3o Tousjours revendrez a bon compte. »

— « Avez vous dit, dame ?» — « Oy, sire.

Vous plaist il telz voies tenir ?

Se mon conseil voulez despire, Bien vous en pourra mal venir. »

5 — « C'est bien dit. S'Amours maintenir

Me doint Joie et bonne aventure, Je n'ay de vostre conseil cure ; Trop y a malice et deçoite, La ne maint pas le bien qui dure ;

10 Tout doit perdre qui tout convoite.

Car il me doit trop bien suffire D'amer celle, creindre, obéir Que mon cuer a voulu eslire D'entre les autres pour servir,

1 5 Ne je n'ay vouloir, ne désir

De mettre volenté, ne cure Au contraire. Pour ce, trop dure M'est vo parole, et riens n'esploitte, Car bien say, par vérité pure :

20 Tout doit perdre qui tout convoite.

l34 LES CENT BALLADES

Je vous pry que veuilliez entendre Les poins que vous ay enseigniez Et maintenir, et a ce tendre Qu'en sachiez plus, et si soiez

25 Songneux que d'Amours esploittiez.

Poursuiez tousjours celle trasse, Gardez que vostre cuer n'embrasse Vouloir dont Amours le surmonte; Mais que ja n'entrez en sa nasse,

3o Tousjours revendrez a bon compte. »

— « Avez vous dit, dame ?» — « Oy, sire.

Vous plaist il telz voies tenir ?

Se mon conseil voulez despire, Bien vous en pourra mal venir. »

5 — « C'est bien dit. S'Amours maintenir

Me doint joie et bonne aventure, Je n'ay de vostre conseil cure ; Trop y a malice et deçoite, La ne maint pas le bien qui dure;

10 Tout doit perdre qui tout convoite.

Car il me doit trop bien suffire D'amer celle, creindre, obéir Que mon cuer a voulu eslire D'entre les autres pour servir,

1 5 Ne je n'ay vouloir, ne désir

De mettre volenté, ne cure Au contraire. Pour ce, trop dure M'est vo parole, et riens n'esploitte, Car bien say, par vérité pure :

20 Tout doit perdre qui tout convoite.

l34 LES CENT BALLADES

Je vous pry que veuilliez entendre Les poins que vous ay enseigniez Et maintenir, et a ce tendre Qu'en sachiez plus, et si soiez

25 Songneux que d'Amours esploittiez.

Poursuiez tous jours celle trasse, Gardez que vostre cuer n'embrasse Vouloir dont Amours le surmonte; Mais que ja n'entrez en sa nasse,

3o Tousjours revendrez a bon compte. »

— « Avez vous dit, dame ?» — « Oy, sire.

Vous plaist il telz voies tenir ?

Se mon conseil voulez despire, Bien vous en pourra mal venir. »

5 — « C'est bien dit. S' Amours maintenir

Me doint joie et bonne aventure, Je n'ay de vostre conseil cure ; Trop y a malice et deçoite, La ne maint pas le bien qui dure ;

10 Tout doit perdre qui tout convoite.

Car il me doit trop bien suffire D'amer celle, creindre, obéir Que mon cuer a voulu eslire D'entre les autres pour servir,

1 5 Ne je n'ay vouloir, ne désir

De mettre volenté, ne cure Au contraire. Pour ce, trop dure M'est vo parole, et riens n'esploitte, Car bien say, par vérité pure :

20 Tout doit perdre qui tout convoite.

l36 LES CENT BALLADES

De vous croire seroie pire, Et mon bien en pourroit tarir, Combien que bel me savez dire Ce qui ne pourroit avenir :

25 Et sachiez que cent fois mourir

Vouldroie, avant que desnature Fust en moy a tel desmesure Que mon cuer a Loiauté droitte Ne se tenist, car, je vous jure,

3o Tout doit perdre qui tout convoite. »

Vers 24. B, E qui me.

LES CENT BALLADES l3j

— « Amis, a vo contenance,

Sans doubtance, Voy bien que sieuir la sente Voulez par quoy l'espérance D'alegence 6 Pardrez, sans que vous en mente,

Ainçois qu'aiez des ans trente ; Car l'attente v Qu'avez n'ara pas poissance Qu'en vo cuer ne soit présente Comme rente 12 Plus Tristesse que Plaisance.

Ennuy me fait vo souffrance, Car penance

Avez empris et tourmente,

Et pour ce que sans doubtance Vostre avance 18 Vouldroie, Foy me présente

Et Amours vouloir qu'entente Vraie et gente

l38 LES CENT BALLADES

Vous donne de vo grevance, Qui vault pis que plaie atente Dont on sente 24 Plus Tristesse que Plaisance.

Premier diray l'ordenance

Ou l'enfance De vo cuer ploie et adente, Qui loial acoustumance

D'aliançe 3o Prent en Amours, qui en tente

De douleur en sa jouvente

L'accravente ; Puis vous dourray remembrance Que qui en un lieu s'alente,

En soy ente 36 Plus Tristesse que Plaisance.

Vers 27. A, B, C Qui vo cuer; B, E, F, G plaie; C a corrigé ce vers où il a ajouté et.

.■raja, doni. d<a«fr

LES CENT BALLADES 1 3g

D'autre part vous moustreray

Et diray La joie bien eûreuse Dont Amour sert sans esmay

Tout cuer gay, 6 Vuit de l'ardeur amoureuse,

Qui pensée a curieuse,

Sans oiseuse, A pourchacier sans grant glay Sa destinée joieuse,

Delitteuse, 12 Par un chemin que je say.

Devant tout vous blasmeray, Et de vray,

Vo loiauté précieuse ;

L'estat vous enseigneray Ou l'ensay 18 D'entente si merveilleuse

Vous mettra, car dangereuse, Poy piteuse,

Fortune sur vous verray, De vous destruire envieuse Et songeuse, 24 Par un chemin que je say.

Vous m'avez dit, oy Pay,

Que le ray De la beauté savoureuse De celle dont dire ahay

Vous orray 3o Luist en vous ; mais pareceuse

Est vo langue et paoureuse,

Trop doubteuse De lui dire, dont saray Vo fortune langoreuse,

Dolereuse, 36 Par un chemin que je say.

Vers 22. C a ajouté destruire. — - a5. La troisième strophe (v. 25 à 36) manque dans E.

»5 «> ifa i Bii i i 1 1 i ; i i*ix«

Et s'elle savoit vos maulx

Et travaulx Que tant lui voudriez dire, De legier, frère, nouveaulx

Ses consaulx 6 Prendroit en vous escondire;

Adonc seroit fort d'eslire

Le mains pire Des grieves doleurs mortaulx Qui vous mettront en martire

Et en yre.

1 2 Est ce jeu, compains, loiaux?

Puet estre que de mains beaux

Jouvenceaux Est priée tire a tire, Par quoy ses pensers roiaulx Communaulx 1 8 Seront tousjours a desdire

Vers 6. A, B, E, F, G de vous.

Vos vouloirs, s'elle s'atire

Que désire Plus leurs jeux et leurs reveaulx Que les vos : lors serez sire

De l'empire !

24 Est ce jeu, compains, loiaux?

Tost perdrez vos jeux, vos saulx

Liez et haute. ; En point de vous desconfire Serez, car les durs assaulx

Criminaulx 3o Qui font les amans defrire

Sentirez, sans contredire,

N'il n'est mire Qui douleurs si trescruaulx Alegast, tant que suffire

Deust pour rire.

36 Est ce jeu, compains, loiaux?

Encor n'estes vous pas prez

Que comptez Lui soit le mal dont Festraine Pour sa douce amour portez,

Dont avez 6 Mainte peneuse sepmaine.

Se c'est dame souveraine,

A grant paine D'elle vous aprocherez ; Adez vous sera lointaine,

Mais prochaine 1 2 Toute doleur trouverez.

Car se si bien fortunez Vous trouvez Que Fortune a ce vous maine Que sa grant beauté vëez Ou avez 18 Vostre espérance mondaine,

Vers 7. Le vers manque dans F.

Lors l'ardeur d'amour grevaine

Dont la graine En vostre cuer sèmerez, Vous yra de vaine en vaine, Sy que plaine 24 Toute douleur trouverez.

Creintis, doubteuxdevendrez;

S'en perdrez Vo manière premeraine, Pour l'amour dont l'amerez ;

Lors verrez 3o Comme Amours amant demaine,

Quant le tient en son domaine,

Car alaine, Ne cuer, ne pouoir n'arez De quérir garison saine,

Dont soudaine 36 Toute douleur trouverez.

Vers 23. Le vers manque dans £.

Et s'il est ainsi que ce soit Femme sur qui garde soit mise, Vous y faudrez a venir droit ; Ce n'est pas chose tost conquise Que dame quant elle est gardée.

Qui lui dira vostre pensée, N'a qui direz vous tel secré?

Tour n'y voy, c'est chose fermée :

Ja d'elle ne serez amé.

Or avenist par quelque endroit Que de vous fust d'amours requise :

1 2 Tantost partir vous convendroit ;

Po l'aroit vostre amour esprise, Puis seroit vostre demourée

1 5 Longue, maiz a vo retournée

Seroit vo fait mal ordonné.

S'ainsi est la chose atournée,

18 Ja d'elle ne serez amé.

Vers 2. B, C, O qui sur.

Car II avient, et on le voit, Que compagnie amour atise,

21 Et de ce faillir vous faudrait,

Car tout n'y roi t pas a vo guise, Et sans celle, bien po trouvée

24 Amours es cuers enracinée

D'amant et de dame a esté ; Mais pour ce qu'en la vous devée,

27 Ja d'elle ne serez amé.

Vers 34. C cncr. — iâ. A, E, F et datnîe. Le vers manque dans B

txxiv

Et puet estre se elle est tele Que ja ne vouldra vostre amour Néant plus que d'un autre, et s'en celle Est vostre cuer, certes nul jour Vous n'en arez bien ne plaisance, Car point ne voudra Taccointance De vous, ne de vostre manière. Lors serez, a po d'espérance, De tous biens reculez arrière.

S'il avient que parler a elle Ne puissiez, trop arez doulour,

1 2 Ou, s'il ne plaisoit a la belle

Vostre accointance par nul tour, Vous mourriez de desplaisance.

1 5 De telz mes plus qu'a suffisance

Sert Amours en sa court pleniere Ceulx qui sont par droitte ordonnance

18 De tous biens reculez arrière.

Vers 1. A, B, C, F, G estre est elle telle. — 1 1. C douleur.

Et ce sont ceulx qui la querelle Maintiennent et la grant folour Ou vous estes. Et pour ce, felle Seroie vers vous sans séjour, Se moy, qui congnois dès enfance L'esfort d'Amours et sa puissance, Ne crëez de pensée entière.

S 'ainsi n'est, vous serez d'usance De tous biens reculer arrière.

• r . . -il

■ il : • 1

Or pensez donques a quel fin Vostre fait conduire pourra :

3 Tant ramerez que cuer enclin,

N'amour, ne penser n'arez ja A autre puis qu'en ce s'enlasse

6 Vo cuer que Loiauté embrasse ;

Dont trop plaing vo jeunesse et dueil, Elas ! tant je vous conseillasse

9 Tenir la rieule que je vueil.

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Je congnois trop bien 1$ butfn Qu'Amours de ses bfërts "Vous dourra,

1 2 Puis que vous prenez le chemin

De tant amer : s'en avendra Que voie ne tendrez, ne trace,

1 5 S y non la ou sa belle face

Verrez, dont serez en l'escueil De mon, s'eiir ne vous pourchasse

18 Tenir la rieule que je vueil.

Vers 7. C a ajouté Dont en marge.

l50 LES CENT BALLADES

Car vostre vouloir enterin

Sy fort désirer vous fera 21 A la vëoir soir et matin

Que chascun s'aparcevera

Que vous Famez. Et lors grant masse 24 Arez de douleur, car en place

Ou elle soit, n'arez accueil

D'elle : pour ce, trop vous loasse 27 Tenir la rieule que je vueil.

Mais s'il avient que vous puissiez Estre vers elle longuement, Lors crerez, se la prïissiez D'amours bien gracieusement, Qu'en eussiez responce tele Que vostre cuer de la nouvele En fust en bien joieux estât.

Mais pour la creinte qu'arez d'ele Long temps serez en ce débat,

Pensant que 5e lui delssiez Bien a loisir et loing de gent,

1 2 Que meilleur responce eussiez.

Mais ce ne treuve on pas souvent, Car bien tost mue tel querelle,

1 5 Et souvent a droitte cautelle

Avient qu'entre les deux s'embat Destourbier; pour ce, pour la belle

18 Long temps serez en ce débat.

Vers 3. B, C, E, F creriez.

Lors seroit fort que n'entrissiez En maint estrange pensement

21 Et qu'en penssant n'ordenissiez

Vo prière quelle et comment.

Mais au fait volerez d'autre ele,

24 Car parole tel e ne quele

N'en direz, puis qu'Amours s'embat En vo cuer, par cui estincele

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