INTRODUCTION LVII
OU désillusionnés qui, malgré leurs hésitations, semblent bien reconnaître qu'en amour le caprice seul fait loi .
Deux poètes, avons-nous dit, deux vieillards, il est vrai, que Tamour ne favorise plus S soutiennent la cause de l'infidélité. Le premier porte le nom de Renaud de Trie^ nom fréquent à cette époque *. Quel est donc ce personnage? Contrairement au dire de Paulin Paris ^^ et d'accord avec A. de Circourt *, nous pensons qu'il s'agit de Renaud de Trie, seigneur de Sérifontaine 5, fils de Mathieu de Trie et de Jeanne de Blaru, Successivement chambellan du duc d'Anjou ^ et du roi de France 7, capitaine des châteaux de Saint-Malo ® et de Rouen ^, grand-maître des arbalétriers '° en 1394, amiral de France en 1896, les charges qu'il occupe dès i38o, le rôle qu'il joue à la Cour, la faveur dont lui et Jeanne de Bellengues, sa femme, jouissent auprès
1. Tignonville (réponse vi, v. 21-25) explique l'opinion de Renaud de Trie et de Chambrillac )5ir leur/o/of/r et leur vieillesse.
2. A. de Circourt, dans Le Victorial (p. SyS), en compte jusqu'à cinq, tous plus ou moins contemporains.
3. P. Paris, {Les mss.fr,^ t. VI, p. 363) identifie notre auteur avec Renaud de Trie, seigneur de Maizières (P. Anselme, t. VI, p. 666), vivant en i383 et mort en 1408.