‹ Les cent ballades: poème du XIVe siècle composéChapitre 81 sur 97 · IV · texte numérisé non relu

IV

I Telz biens ^t d'iiiitf eç plus \oy^j^

Et ceulx qu!Adtiours me deytsg^.; < Arez» s'estes si gracieux Qne vous ne. v<ous départez ja j De LoianltévCac ^ cela Pourrez venir «n la bautesse

7 De Vaillance et a laie^se .

Amoureuse qui lous, snrmiQPte Les biens doniot» pw% (m^ çomRt^* Et tAvk de i<m ao»vf^aine: .

/ Arez que- ne vous foudre mn De toute plaisance mondaine^

1 3 Et toutes gens vous vouldront bien .

14 Liéy jouant, plaisant en tous lieux

Serez, et tout bien vous vendra, Ne jamais mot maugracieux De vostre bouche ne sauldra ; Et tout ce que ferez -plaira A vo belle plaisant maistresse,

20 Vostre dame, vostre princesse,

Par qui en vo cuer croist et monte Vouloir d'onneur, desdaing de honte,

'^8 hU &SNT ^BALLADES

Amoureux désir, qui vous maine A estre de si douix maintien Qu'adez fuirez chose villaine, 26 Et toutes gen^;^pÇt|^ Voudront bien.

27 Je ne vous say enseignier mieulx ;

Maiii'céiiieiMairqui vous croistra Vostrel^îeÂ', vos plaisiTS^yos jeux Assez miex vous enseignerai r Car dedkn» vosftpe eoef» mietiraw . - Désir d'onfièur a^i grant{iressei y< .

3 3 Que plue ea ^atcizoqo^a iargessev' - / :

Et tous ce^bkftis'quevoQSTâcottteii Loiauié le^ ' mesure et' compte^ :

Et â^ vraib àmisen esicraine ■; Faittes donti^pftrle codséil'mieni '^^ Que Loiàtté iamf vous daiaiçi '^

39 Et toutes genS"Vou9'^udtont'Meii.i

Vert 39. On lit à la fin de cette ballade dans B, à gauche de la miniature vMfi^mh.^hè ^ffi'i» JrEnaftiftç^t-; ;

IxES; CENT BAtI:ADflSr 49

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Et se tant vou^ Voulez ibrfaire '^^ * ^^

Que ne véuiiiîè»*estré lèM;

)r../;nL'l

1 2 Et certes en tel euvre faire

Gîst Desloiauté naturall \ Mais Amour» la monstre -et declaire A celles qui ont «qer.roial En Loiautéy et de Taval

1 7 Congnoissent ceulx qui entremettre

Se veulent de fondre et remettre

A nul bon éfriëf n^eh pàtiëztriVtè] ' ^ AVéiiiif îv^ ^t^ peiH grïht'maï; ' ' ^ * ^ " C'est bienqfitfît'dfe-êàféFdeilWal''^ '^ '^

6 De prier dàfàééVh&''pi^kimè'^ '^^ -^

Qu'oa-Vëiilf èW M^âîoà attfàfûr' itfét<^, Et oiPpéîtitfé%é'ché¥^a:tkte fcfctlfe!"'''' Tcle émdiïHm à^^étfWfcJftMBSè^^ ''^'''*- Qui veulent venir a Vaillance

1 1 Par Amours et par sa poissance.

Vers i5. roial est une correction dans C.

bO LBS CBNT BALLÀDB8

Loial amour a la parclose ; Et cuer qu'en tel vouloir repose Doit faillir a toute plaisance

22 Par Amours et par sa poissance.

23 A ce point gardez le mestraire, Car puis qu'en ce meffait mortal Serés, ç'esî.n^nt^u rwaiff>: - ;. :'d Tantost vofls^pra ç(mmnnf^i Et sac^ie^^q^e >par>poi&rfgial

28 Voudrft Amours ses biens xie^mettce ;

A celui rquîi tel voudra: ^stre .:.:,. , > Que Loia^é^u'ara .^qçIo^.. , / .. ^ . d

Que droit ijMle tçl gent «'ayftinç^, . . t j 33 Par Amom;ç,et.piWjsa pojsw^çft» J . :

'l il • ^

LES CENT BALLADES 5ï

I Et se vostre cuer.ne. vouloit . .

Se mainteni^r çn. JUoiaa<é,

J a pour tant la chose n^yroit Ores du. tqut a vostre gré, Car bien vx^udriëz estre amé . .

6 De telle :qui aroit assiz

Son cuer en autre lieu et miz .

Ou, espoir., n'aroit nule envie De ia devenir voste amie»

Et s'orriëz ceste nouvelle

I I Pire souvent ou autretelle.

-, "ir

1 2 Mais vostre cuer si vous menroit

Qu'en seriez brief cdnforté, Et tost a une auti:e vouldroit Que vostre compte fust compté, S'encore estiez refusé

17 De celle, frère, or vaudroit pis ;

Car mains en ariëz de pris

Vers 4* C Orez. -» is. cuer ett aiouXi dam C. — 14. A, B, C, £, F, G nxu

En toute noble compaignie :

Adonc doubleroit la folie; S'en seroit, espoir, vo querelle Pire souvent ou autretelle.

Et se vo vouloir s'affermoit A maintenir Desloiauté, Renommée rehcusétoJt^ S'en seriez au doit mtoûstré Et des femmes moins hôntïOTé; ' Et croîstroît sur vous li esôfîps Que pour utié èh prierez dik. ' Mais d'estre escbiidrz vous affie/ N'aresporice hè'ftiùdi'ez mlè, Soit de dàmie où de damolsellè, Pire souvent où autrétélle! '^

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I Toutesfois s'eûr de Fortune

Qui aide aus mauvaiz et aux bons Souffroit qu'en fussiez amé d'une Belle, bonne et de haulx renoms, Qui ne sceust vos condicionsy 6 Mais 10US amast si loialment,

Sy fort, sy amoureusement Que dame peut amer ami, Ce ne durroit an ne demi, Car vostre faulz vouloir estrange

I I Vous feroit tost aler au change.

12 Et vouldriëz prier chascune

Qui prendroit en gré vos raisons, N'en vous suffisance nesune N'aroit, tant vous feist grans dons Amours qui en toutes saisons

1 7 Veult trop grant bien a jeune gent.

Et s'il sceûst que ligement Fussiez ou service de li,

Vert 19. C luL

$4 LES CBNT BALLADES

De hault bien fussiez enrichy ; Mois vostre cuer plus vil que fange 22 Vous ferait tost aler au change.

Mais Loiauté qui est commune A ses gens par moult d'achoisons Ne dourroit en vous une prune, N'en vos fausses oppinions, Mais feroit vos grans tralsons Savoir par tout communalment ; Par quoy sans nul delaiement Seriez de celle hay Qui sy fort vous aroit chery ;' Mais Fausseté qui vous chalange Vous feroit tost aler au change.

XaS QBNT > BALLADES 55

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I Et sachiez que telz cfaangemens Font jeunes gens trop empirer, Qui ne lietiennent a contras

De riens qu^Amonrs leur puist donner, Ne ses plaisans bien savourer 6 Ne peuent, pour ce qu'en mains lieux

Mettent leur cuer; maiz amans tieux N'ont pensée nette ne pure, Car qui par amoureuse cure En plusieurs lieux son cuer espart

I I Par tout en a petite part.

1 2 Les amoureux commandemens

Pourroient a peines garder.

Car ilz n'ont pas ou cuer dedens Du pouoir d'Âmoùrs qui fermer Les pettst en noble penser

17 Fors qu'aucune fois sont joieux ;

Mais ja pour tant n'en vauldront mieux

Ver» 7. C ticlx. — 18. C micx.

• bÔ LES CENT BALLADES

En honneur, dont renom leur dure, Car qui l'amoureuse aventure Leale serche trop a tart, 22 Par tout en a petite pan.

23 Amours est droiz destruisemens

A ceulx qui lui veulent fausser, Car ses ^tfsiour^ux senteme^ns Qu'il lui ipkùst aus lokux moustrer Scet biea a teJx gens refuser,

28 Car. ilz sont ,trop maugradeux. ^

Sans bieoi avoir devendroet vieux.

Tristes, félons a desmesure, Car cuer qu'en Fausseté s'adure Et des biens d'Amours se départ,

3 3 Par tout en a petite part.

Vers 29. C Tielx. — 3o. C Tristez.

LES CENT BALLADES 5j

Ainsi sert Amours et demaine Chascun qu'a Fausseté s'amort :

Poy ont de la joie mondaine,

4 Vers lui ne treuvent nul confort ;

Gardez vous donc de Faulx Accort, Car s'une fois vous tient et lie, Vous estes pris es laz de Mort :

8 A tart congnoistrez vo folie.

Et se Fausseté tant vous maine

Qu'arivé soiez a son port,

Vous vouldrez qu'Amours vous estraine 1 2 De ses biens sans qu'amez trop fort ;

A ce point n*eschet pas le sort

Amoureux de vostre partie,

Car se d'Amours querez déport, 1 6 A tart congnoistrez vo folie.

Adviz vous sera c'on vous aime Ou doie amer, soit droit, soit tort, Mais Renommée qui vous claime 20 Faulx amoureux vous point et mon,

LES CENT BALLAPBS

Sy bien que l'amoureux ressort N'arez le moatant d'une alie ; Se plus y mettez vostre effort, A tart congnpi9trc2,vo folie.

LBS CENT BALLADES Sq

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