‹ Les Cent nouvelles nouvelles; pub. d'après le seul manuscrit connu, avec introd. et notesChapitre 2 sur 30 · LEDUC DE BOURGOIGNE, DE BRADANT ETC · texte numérisé non relu

LEDUC DE BOURGOIGNE, DE BRADANT ETC

omme ainsi soit qu'entre les bons et prouffitables passe-temps , le trèsgraf5.'Mi deux exercice de lecture et d'estude soit de grande et sumptueuse recommendacion, duquel, sans flaterie, mon trèsredoubté Seigneur, vous estes trèshaultement doé , Je , vostre trèsobéissant serviteur, désirant , comme je dois, complaire à toutes vos trèshaultes et trèsnobles intencions en façon à moy possible , ose et présume ce présent petit œuvre, à vostre requeste et advertissement mis en terme et sur piez, vous présenter et offrir; suppliant trèshumblement que agréablement soit receu, qui en soy contient et tracte cent histoires assez semblables en matère , sans atîaindre le subtil et trésorné Cent Nouvelles. I. b

XXlj DÉDICACE.

langage du livre de Cent Nouvelles. Et se peut intituler le livre de Cent Nouvelles nouvelles. Et pource que les cas descriptz et racomptez ou dit livres de Cent Nouvelles advindrent la pluspart es marches et metes d'Ytalie, jà long temps a , neantmoins toutesfoiz , portant et retenant nom de Nouvelles , se peut trèsbien et par raison fondée en assez apparente vérité ce présent livre intituler de Cent Nouvelles nouvelles , jà soit ce que advenues soient es parties de France, d'Alemaigne, d'Angleterre, de Haynau, de Brabant et aultres lieux; aussi pource que l'estoffe, taille et fasson dUcelles est d'assez fresche mémoire et de myne beaucop nouvelle.

De Dijon, l'an M.iiii<^.xxxn.

xxiu

Scnsiiyt la table de ce présent livre, intitulé des Cent Nouvelles, lequel en soy contient cent chapitres ou histoires, ou pour mieulx dire nouvelles.

Compté par monseigneur le duc.

La première nouvelle traicte d'un qui trouva façon d'avoir la femme de son voisin, lequel il avoit envoyé dehors pour plus aisément l'avoir; et luy, retourné de son voiage, trouva ceiuy qui se baignoit avec sa femme. Et , non sachant que ce fust elle, la volut voir; et permis luy fut de seullement veoir le derrière : et alors jugea que ce luy sembla sa femme, mais croire ne l'osa. Et, sur ce, se partit et vint trouver sa femme à l'ostel, qu'on avoit boutée hors par une posterne; et luy compta son imasinacion.

Par monseigneur le duc.

La secunde nouvelle, comptée par monseigneur le duc Philipe, d'une jeune fille qui avoit le mal de broches, la quelle creva à ung cordelier qui la vouloit médiciner ung seul bon oeil qu'il avoit; et du procès qui en fut.

Par monseigneur de la Roche.

La tierce nouvelle, de la tromperie que fist ung chevalier à la femme de son musnier, à laquelle

xxiv Table

bailloit à croire que son con iuy cherroit , si luy recoingna pluseurs fois. Et le musnier, de ce adverty, pescha ung dyamant que la femme au chevalier avoit perdu; et dedans son corps le trouva, comme bien sceut le chevalier depuis; si l'appela pescheur, et le musnier cuigneur le nomma.

Par monseigneur.

La quatriesme nouvelle , d'un archier escossois qui fut amoureux d'une belle gente damoiselle , femme d'un eschopier, laquelle, par le commandement de son mary, assigna jour au dit Escossois; et de fait y comparut et besoigna tant qu'il voult, le dit eschopier estant caiché en la ruelle de son lit, qui tout povoit veoir et oyr.

Par Philipe de Loan.

La cinquiesme nouvelle, par Philipe de Loan, de deux jugements de monseigneur Talebot, c'est assavoir, d'un François prins par ung Anglois soub?. son sauf-conduict, qui d'aguillettes à aorner se défendit contre le François, qui d'une espée le feroit, présent Talebot; et d'un qui l'Eglise avoit robée, auquel il fist jurer de non jamais plus entrer en l'Eglise.

La sisiesme nouvelle, par monsieur de Launoy, d'un yvroigne qui au prieuré des Augustins de La Haye en Hollendre se voult confesser, et après sa confession, disant que en bon estât estoit, vouloit mourir. Et cuida avoir la teste trenchée et estre mort, et par ses compaignons fut emporté, qui luy disoient qu'ilz l'emportoient en terre.

La septicsme nouvelle, par Monseigneur, de l'orfèvre de Paris qui fist le charreton coucher avec luy et sa femme ; et comment le charreton par der-

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