M SEE RE CR EE
A CT EE ve PE MENT OT + Eat
de sa résidence de La Haye depuis le 10 juillet 1458 jusqu’en septembre !. Il s’occupe de faire la paix entre les gens d’Utrecht et leur évêque ?. Le 6 novembre 1459, Lannoy quittait Bruxelles pour se rendre à Gravelines en compagnie du maréchal de Bourgogne Ÿ « pour besogner avec ceulx de la partie d'Angleterre sur le fait de l’entrecours de la marchandise # ». Il rentre pour retrouver les ambassadeurs du roi à Bruxelles, en décembre, puis repart à La Haye où il fait sa résidence. Jean de Lannoy s'occupe de trouver aux Pays-Bas l’aide pour le voyage de Turquie. En 1460, il reçoit 1.000 livres de don à l’occasion de son mariage 5, Il porte alors les titres de chevalier, conseiller et chambellan, lieutenant général des pays de Hollande, Zélande et Frise, de gouverneur de Lille, Douai et Orchies. |
La nouvelle 82 est située aussi exactement que la nouvelle 6. Lannoy commence ainsi son histoire : « Or escoutez, s’il vous plast, qu’il advint en nostre chastellenie de Lille. » Lannoy était gouverneur de cette ville. C’est le conte du berger qui fit promesse à la bergère de ne point « l’embrocher » plus avant que certaine marque sur son instrument naturel. On y a vu une parodie de la pastourelle ; mais c’est à coup sûr une gaudfriole traditionnelle $ dont j'ai entendu faire un conte joyeux au Maroc.
PxiLiPPE VIGNIER (nouvelles 19, 86).
Valet de chambre de Philippe le Bon en 1461 ‘.
La nouvelle 19 est le conte du marchand d’Angleterre dont la femme, en son absence, fit un enfant. Elle lui dit à son retour qu’il était sien. C’est l’enfant venu de neige, souvenir du vieux conte de l’enfant qui fondit au soleil 8, — La nouvelle 86 se passe dans la bonne ville de Rouen, « peu de temps en ça ». Un jeune homme prend pour femme une fille de
. Arch. du Nord, B. 2030, fol. 159 vo. . Arch. du Nord, B. 2030, fol. 160 ro.
. Voir la notice sur Rothelin.
. Arch. du Nord, B. 2040, fol. 131 r°.
. Arch. du Nord, B. 2040, fol. 216 vo.
. Voir la chanson du ms. fr. n. acq. 4370, fol. 12 (fin du xv® siècle ou commencement du xvi®).
Trigalore Trigalore
Robinet, esveille toy :
Viengs au champs avec moy
Et si tu veulz tu passeras la moure, la moure, À ij dois de la chose,
Trigalore, Trigalore.
our À WU) ON 1m
7. La Barre, Mémoires pour servir à l'histoire de France et de Bourgogne, p. 225.— Ce nom, dans tous les cas, est celui d’un serviteur de la maison de Bourgogne (Bibl. Nat., P. orig. 2995). On trouve mentionnée en 1462 Guillemete, veuve de feu Jehan Vignier (f le 11 mars), « en son vivant varlet de chambre de mondit seigneur, Philippe et Philippot Vignier, enfans dudit feu Jehan Vignier » ; une de leurs sœurs, Louise Vignier, mariée à Thibault de Nogent. La veuve reçoit 44 francs sur la pension de 100 francs faite à feu Jean Vignier (Arch. de la Côte-d'Or, B. 1751, fol. 119 v°-r20). La veuve demeurait à Châtillon-sur-Seine (Jbid., B. 1751, fol. 120 vo). Sa vie durant, elle y toucha une pension de 50 francs (Jbid., B. 1760, fol. 86 vo).
Un Jean Vignier est receveur du comté de Tonnerre en 1423 (Pincedé, vol. V, p. 56).
8. Gaston Paris a longuement étudié l’origine et le développement de ce conte fop. cit.).
quinze ans. Mais il se montre par trop pressé et vigoureux. On ira s’en expliquer devant l’official qui rend un arrêt satisfaisant tout le monde, la mère, la fille et le mari.
WAVRIN (Monsercneur). Nouvelles 81, 83.
Ce ne doit pas être Jean de Wavrin, qui débuta dans la carrière des armes à Azincourt,
et rédigea le Recuerl des Chroniques et anciennes Histoires de la Grant Bretagne, a present nommé Engleterre. Car ce bâtard de Wavrin est toujours nommé Jean, le bâtard de Wavrin, chevalier, seigneur du Forestel et de Fontaines. Je pense qu’il s’agit de son neveu « Waleran, seigneur de Wavrin », qui prit part à l’expédition de Morée en 1444 èt pour lequel Jean de Wavrin écrivit sa chronique 1. |
Le seigneur de Wavrin tint garnison à Gravelines en 1436, rendit des services au sire de Croy au siège de Calais et fut nommé par Philippe le Bon capitaine-général de ses navires pour aller en Grèce, où l’on voit qu’il chercha à connaître l'emplacement de T'roie et consentit à défendre Constantinople. C’était un chef de guerre ; mais il ne croyait pas qu’un prêtre pût l'être 2. Wavrin se rend auprès du duc de Bourgogne, à Lille, pour lui faire connaître les résultats de sa mission, en 1445. Et Philippe le Bon lui fait fête : « aussi fut il de nobles princes et barons de la court génerallement à, » Il est qualifié de chambellan en 1455, avec les titres de seigneur de Wavrin, de Lillers et de Malaunoy ‘.
« Waleran, seigneur de Wavrin, chevalier », figure en 1461 dans le rôle des gens de guerre 5.
On lit dans le compte de 14617 : « À Messire Philippe de Wavrin, seigneur de Saint Venant, chevalier, chambellan de Monseigneur le conte de Charoloys », don de 300 francs en considération de ses services et pour avoir une robe le jour de ses noces 5, Déjà, en 1456, on le voit qualifié de chambellan du comte de Charolais 7. Je ne crois pas que ce personnage puisse être notre conteur. Sans doute on lui aurait donné son titre de Saint Venant.
Puisque Michel de Chaugy a terminé le conte de l’âne, Monseigneur de Wavrin, dans la nouvelle 81, fera le gracieux et véridique récit d’un chevalier que connaissent la plupart des bons seigneurs qui l’écoutent. Mais il ne le nomme pas. C’est un malheureux qui pensait parvenir en la grâce d’une dame et d’une autre sienne voisine, et les manqua toutes deux. — La nouvelle 83 est l’histoire d’un Carme du couvent d’Arras, qui prêcha à Lillers 8, « bonne petite ville en la conté d’Artois ? ». Une demoiselle le prie à dîner et il engloutit tout. Un truculent tableau de goinfrerie, avec le mot de Ia fin, si savoureux, du moine.
1. Ed. William Hardy (Rerum Brittanicarum medii œvi scriptores, I, p. 1 ; Anchiennes Croniques, éd. M11e Dupont, Il). Sur cette famille, voir Souvenirs de la Flandre wallonne, XVI (1876).
. Anchiennes Croniques, Il, 107.