‹ Les centres nerveux cérébro-spinauxChapitre 45 sur 90 · LEEDS & WEST RIDING MEDICO-CHIRURGICAL SOCIETY · texte numérisé non relu

LEEDS & WEST RIDING MEDICO-CHIRURGICAL SOCIETY

antérieure de la moelle épinière n'a plus de limites précises ; elle se mêle intimement avec des fibres nerveuses pour constituer la substance réticulaire grise. A certains niveaux, les cellules nerveuses de cette corne antérieure se réunissent en un amas plus ou moins compact appelé noyau. C'est ce qui s'est fait au niveau de la moelle allongée auquel correspond la coupe de la fig, I8I. Cette corne antérieure est formée essentiellement de cellules motrices ; aussi le noyau ambigu est-il un noyau moteur. Il occupe une grande étendue du bulbe et y représente le noyau moteur ventral du nerf vague.

6° Un amas de cellules plus petites compris entre l'olive et la substance gélatineuse de Rolando, près de la surface du myélencéphale : le noyau latéral.

. Ce noyau gris paraît plus développé chez les mammifères que chez l'homme. Ses cellules constituantes donnent origine à des fibres nerveuses qui se dirigent transversalement en dehors, fig. isa, croisent la face externe de la racine descendante du nerf trijumeau, étant recouvertes par les 'fibres du

Fig. 18». Fig. 183. Fig. 184,

Dégénérescence des fibres nucléo-cérébelleuses.

faisceau médullo-cérébelleux dorsal, fig. 183, et entrent dans la constitution de la partie dorsale du corps restiforme, fig. 184. Ce sont les fibres nucléo-céréhelkîises. Il suit de là que le corps restiforme, ou partie externe du pédoncule cérébelleux inférieur, a une structure excessivement complexe. A côté des fibres médullo-cérébelleuses et olivo-cérébelleuses, il renferme encore les fibres nucléo-cérébelleuses et les fibres réticulo-cérébelleuses.

C. Une zone externe limitée en dedans par les fibres du nerf vague. On y trouve :

1° La racine descendante du facial, du glosso-pharyngien et du vague avec la masse grise voisine.

2° Une partie encore du noyau de Burdach, nB. 3° La substance gélatineuse de Rolando.

4° La racine descendante du nerf trijumeau, V , recouverte en dehoi's par 5" le commencement du pédoncule cérébelleux inférieur.

La FiG. 185 ropr6sente une coupe transversale du bulbe prise quelques millimètres au-dessus de la dernière que nous avons étudiée. Le canal central

rcu dut

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Coupe correspondant au plan de la section 8 de la fig. 174.

XII : Noyau d'origine et fibres radiculaires du nerf hypoglosse.

X : Noyau dorsal moteur et fibres radiculaires du nerf pneumo-gastrique.

nB : Noyau du faisceau de Burdach.

pci : Pédoncule cérébelleux inférieur.

na : Noyau ambigu.

est ici plus largement ouvert. Sur la ligne médiane, nous avons toujours le raphé qui a partout la même constitution.

En dehors du raphé, tout près de la face dorsale libre, existe encore le noyau d'origine du nerf hypoglosse. Les fibres radiculaires, qui partent de ce noyau, se dirigent en avant et en dehors, traversent une partie de la lame grise de l'olive et sortent par le sillon collatéral antérieur du bulbe.

Entre le raphé et les fibres radiculaires de l'hypoglosse, on trouve les mêmes éléments que sur les coupes précédentes :

lo le faisceau longitudinal postérieur,

2° les fibres de la couche interolivaire,

3° les fibres de la pyramide antérieure avec le noyau arciforme, entourées par les fibres arciformes externes et antérieures.

Sur le plancher du quatrième ventricule, en dehors du noyau de l'hypoglosse, existe une masse de petites cellules nerveuses ; c'est le noyau moteur dorsal du nerf vague correspondant à la partie inférieure du fioyaii de l'aile grise. Un peu en avant et en dehors de ce noyau, nous trouvons la coupe du faisceau solitaire avec la masse grise voisine qui représente le noyau terminal ou sensitif du nerf vague et du nerf glosso-phaiyngien. Les fibres qui y pénètrent traversent horizontalement le bulbe, croisent la racine descendante du nerf trijumeau et sortent par la face latérale de la moelle allongée.

En dedans de ces fibres radiculaires, on trouve l'olive en plein développement, l'olive accessoire externe et une partie du noyau ambigu- De ce noyau, on voit partir des fibres radiculaires qui se dirigent en arrière et en dedans ; arrivées près de la racine descendante du glosso-pharyngien et du vague, ces fibres se recourbent en dehors et se joignent aux fibres qui viennent du noyau dorsal moteur. Ce sont les fibres de la partie motrice de la dixième paire des nerfs crâniens.

En dehors des fibres radiculaires de ce dernier nerf, on voit :

10 La coupe de la racine descendante du nerf glosso-phaiyngien et du nerf vague avec la masse voisine grise ou noyau du faisceau solitaire.

2° Un faisceau volumineux de fibres nerveuses qui se trouve un peu en dehors de cette racine descendante ; il constitue la racine descendante de la partie vestibulaire du nerf acoustique. Cette racine est accompagnée d'une •colonne de substance grise : noyau spinal du nerf vestihilaire.

3° La coupe de la racine descendante du nei-f trijumeau avec le noyau spinal du même nerf.

4° Une partie du noyau du faisceau de Burdach et

5° le commencement du corps restiforme.

Les fibres horizontales qui traversent cette coupe portent toujours le nom fibres arciformes internes. On ne connaît pas l'origine de toutes ces fibres nerveuses. Un certain nombre proviennent encore du noyau du faisceau de Burdach et se rendent dans la couche interolivaire ; d'autres proviennent de cellules éparpillées dans la formation réticulaire pour devenir, après entrecroisement, soit des fibres arciformes externes et antérieures, ou fibres réliculo-cérébelleuses

ventrales, soit des fibres réticulo-cérébellcuses dorsales et se rendre au pédoncule cérébelleux inférieur ; d'autres encore proviennent de la masse grise voisine de la racine spinale du trijumeau, passent la ligne médiane et se rendent dans la partie postérieure de la substance réticulaire grise ou formation réticulaire, partie comprise entre le noyau d'origne de l'hypoglosse, le noyau du faisceau solitaire et la masse grise voisine de la racine spinale du trijumeau ; là, elles vont constituer la voie sensitive centrale en connexion avec le nerf de la cinquième paire.

Un certain nombre de ces fibres arciformes proviennent de cellules nerveuses éparpillées dans la substance réticulaire grise et se rendent dans le faisceau longitudinal postérieur soit du même côté, soit du côté opposé, où elles se recourbent en bas. Ce sont des fibres réticulo-spinales antérieures qui vont prendre part à la constitution de la zone pyramidale du cordon antérieur de la moelle.

Ce qui frappe, ce sont les faisceaux épais de fibres nerveuses qui traversent la racine descendante du nerf trijumeau pour se rendre au pédoncule cérébelleux inférieur. Ces fibres relient, par le pédoncule cérébelleux inférieur, l'olive bulbaire d'un côté à l'hémisphère cérébelleux du côté opposé et sont connues sous le nom de Jibres olivo-céréhelleuses.

La coupe de la fig. 186 ne présente pas de grandes modifications. Le

Fig. 186.

Coupe correspondant au plan de section g de la fig. 174. quatrième ventricule est devenu, à ce niveau, plus large encore que sur la coupe précédente.

Le noyau du faisceau de Burdach a entièrement disparu. Sa place est occupée par la racine descendante du nerf veslibulaire qui est devenue plus volumineuse.

Le coips restiforme ou partie externe du pédoncule cérébelleux inférfeur est entièrement constitué.

Le noyau arciforme de la p3a-amide antérieure a pris un développement beaucoup plus considérable. Le noyau ambigu appartient encore à la partie moti-ice du nerf pneumo-gastrique.

La coupe de la fig. isv montre des modifications beaucoup plus impor-

FlG. 187.

Coupe correspondant au plan de section lo de la fig.

tantes. Le noyau et les fibres radiculaires du nerf hypoglosse ont disparu. Le noyau ambigu et le noyau dorsal, origine motrice du nerf vague, ont également disparu. On trouve encore, sur le côté, quelques fibres radiculaires du nerf glosso-phaiyngien, IX, en même temps que l'on voit les fibres de la racine descendante de ce nerf prendre une direction horizontale et sortir du bulbe avec les fibres motrices.

La coupe appartient tout entière au domaine du nerf acoustique. Ce nerf arrive au pédoncule cérébelleux inférieur et s'y divise en deux racines : une racine interne qui passe en dedans du pédoncule et une racine externe qui contourne ce pédoncule en dehors.

A l'endroit où le nerf acoustique se divise, on trouve une masse grise nouvelle constituant le noyau terminal pour les fibres de la racine externe ou racine cochléaire. Cette masse grise est formée de deux parties distinctes : une partie externe, appelée tubercule latéral, appartenant à la voie acoustique dorsale et une partie interne, qui constitue le noyau accessoire ou noyau externe du nerf de la huitième paire, appartenant à la voie acoustique ventrale.

En dedans du pédoncule cérébelleux inférieur, on voit la coupe de la

racine descendante du nerf trijumeau et, plus en arrière, celle de la racine descendante de la branche vestibulaire du nerf acoustique.

Sur le plancher du quatrième ventricule courent des fibres horizontales : ce sont les stries acoustiques. Elles proviennent du tubercule latéral ; arrivées sur la ligne médiane, elles s'enfoncent dans le bulbe soit directement, soit après entrecroisement sur la ligne médiane.

FiG. 190.

•f'ar€i/.cxt tint

FiG. 189.

FiG. 191.

En dessous de ces fibres blanches, tout le plancher du quatrième ventricule est occupé par une masse grise volumineuse qui correspond à la région acoustique et qui i^eprésente le noyau dorsal ou noyau principal du nerf de la huitième paire.

Les autres détails de la figure sont les mêmes que sur la coupe précédente.

Nerfs périphériques.

La moelle allongée donne origine à quatre nerfs périphériques qui sont de bas en haut, le nerf hypoglosse, le nerf accessoire de Willis, le ner/ pneumo-gastrique et le nerf glosso-pharyngien.

Nerf hypoglosse .

Le grand hypoglosse est un nerf exclusivement moteur. Il provient du bulbe et va innerver tous les muscles de la langue.

Origine réelle. Il a son origine réelle dans une longue colonne de substance grise située en partie au-devant et en dehors du canal central dans la moitié inférieure de la moelle allongée, fig. 188 et loo, en partie directement en dessous du plancher du quatrième ventricule, de chaque côté de la ligne médiane, dans la moitié supérieure du bulbe fig. 189 et loi. La partie supérieure de cette colonne grise se trouve au niveau de l'aile blanche interne que nous avons décrite sur la face postérieure du bulbe et qu'on appelle encore, à cause du voisinage de ce noyau d'origine, le trigone de l'hypoglosse Cette colonne grise est formée de cellules nerveuses volumineuses dont le prolongement cylindraxile se dirige horizontalement en avant et en dehors et devient le cylindre-axe d'une fibre radiculaire. Les fibres radiculaires 'du nerf hypoglosse ne subissent pas d'entrecroisement : toutes les fibres renfermées dans le tronc périphérique sont des fibres directes.

Ces fibres, réunies en faisceaux plus ou moins volumineux, traversent d'arnere en avant toute l'épaisseur du bulbe fig. loo et loi, pour sortir par le sillon collatéral antérieur situé entre la pyramide antérieure qui est en dedans 1 olive et le cordon latéral placés en dehors.

C'est dans ce sillon collatéral antérieur que le nerf hypoglosse a son origine apparente.

Nerf accessoire de Willis.

Le nerf accessoire de Willis ou nerf spinal est exclusivement moteur. On e considère généralement comme formé de deux parties : une partie médullaire, provenant de la plus grande partie de la moelle cervicale, et une Partie hulbaire représentée par un certain nombre de filets radiculaires sortant de la partie inférieure du sillon collatéral dorsal du bulbe. Ces deux parties se réunissent en un tronc unique. Celui-ci sort de la boite crânienne par le trou déchiré postérieur, puis se divise en deux branches terminales • un rameau interne se jetant tout entier dans le nerf pneumo-gastrique, et un rameau externe qui va innerver le muscle sterno-cléïdo-mastoïdien et le muscle trapèze.

Origine réelle. La partie médullaii'e du nerf de Willis a son origine réelle

dans les cellules radiculaircs de la corne latérale de la moelle cervicale sur toute la hauteur des cinq premiers segments cervicaux, fig. 102.

/ Les cylindre-axes de ces cellules radiculaires

commencent par se diriger horizontalement en arrière jusque près de la base de la corne grise postérieure. Là, ils se réunissent en un petit faisceau distinct, qui monte verticalement en haut étant situé au sein de la substance grise ; après un trajet de longueur variable il se coude transversalement en dehors, pour sortir de la moelle épinière immédiatement au-devant du sillon collatéral dorsal.

Les fibres de la partie bulbaire ont leurs cellules d'origine dans une longue colonne grise située de chaque côté de la ligne médiane, en arrière de la partie inférieure du noyau de l'hypoglosse.

Cette colonne cellulaire se continue, en haut, avec le noyau moteur dorsal du vague ; il déborde en bas l'extrémité correspondante du noyau de l'hypoglosse.

Origine apparente. Les fibres de la portion spinale ont leur origine apparente sur la face latérale de la moelle cervicale, un peu au devant des faisceaux radiculaires postérieurs des cinq ou six premiers nerfs cervicaux. Cette origine se fait par une série de filets nerveux qui se dirigent en dehors et se réunissent en un seul tronc. Celui-ci remonte dans le canal rachidien jusqu'à la partie inférieure du bulbe, pénètre dans la boite crânienne en passant par le trou occipital et reçoit les filets d'origine de la portion bulbaire. Ceux-ci sortent de la partie inférieure du sillon collatéral postérieur du bulbe, en dessous des filets d'origine du nerf pneumo-gastrique. Ils se dirigent horizontalement au dehors et vont se joindi'e au tronc formé par les fibres spinales, fig. 19S.

Toutes les fibres qui entrent dans la constitution de ce nerf sont des fibres directes, elles proviennent toutes des masses grises situées dans la moitié correspondante de l'axe nerveux.

Trajet. Le tronc unique du nerf accessoire de WiLLis ainsi constitué se dirige en dehors vers le trou déchiré postérieur, par lequel il sort de la boite crânienne, pour se diviser immédiatement. ^

La branche interne, formée par les fibres bulbaires, se jette tout entière dans le nerf pneumo-gastrique.

Fig. loa.

La branche externe, formée par les fibres médullaires, va innerver le muscle sterno-cleïdo-mastoïdien et le muscle trapèze.

Les fibres motrices que le nerf de Willis abandonne au nerf vague ne sont destinées ni à l'estomac, ni au cœur comme on le croit généralement ; elles pénètrent toutes dans le nerf laryngé inférieur et servent exclusivement à l'innervation des muscles du larynx.

FiG. 103.

L'origine apparente du nerf accessoire de Willis, du nerf pneumo-gastrique et du nerf glosso-pharyngien. Gr. nat.

Les fibres bulbaires du nerf de Willis appartiennent d'ailleurs en réalité au nerf pneumo-gastrique. Elles ne font que s'accoller momentanément au nerf spinal, pendant leur passage à travers le trou déchiré postérieur, pour rentrer ensuite dans le tronc du vague. Le nerf de Willis devient donc un nerf

exclusivement médullaire, provenant de la partie latérale de la corne antérieure de la moelle cervicale, et destiné à innerver (avec certains filets nerveux provenant du plexus cervical) le muscle sterno-clôïdo-mastoïdien et le muscle trapèze.

Nerf jpneumo- gastrique .

Les deux nerfs pneumo-gastriques, appelés encore nerfs vagues, constituent la dixième paire des nerfs crâniens. Ils proviennent de la moelle allongée, sortent du crâne par les trous déchirés postérieurs, parcourent de haut en bas toute la région cervicale et toute la région thoracique, pour traverser k; dia-

FiG. 194,

Coupe correspondant au plan de la section 8 de la f]g. 174:.

XII : Noyau d'origine et fibres radiculaires du nerf hypoglosse, X : Noyau dorsal moteur et fibres radiculaires du nerf pneumo-gastrique.

ftS : Noyau du faisceau de Burdach, ^ci : Pédoncule cérébelleux inférieur, na : Noyau ambigu.

phragme et se terminer dans les parois de l'estomac, dans le foie et dans le plexus solaire du sympathique. Ce sont des nerfs mixtes qui abandonnent sur leur trajet des branches d'innervation, motrices et sensibles, à tous les viscères du cou, du thorax et à une partie des viscères de l'abdomen.

Origine réelle. Chaque nerf pneumo-gastrique présente deux noyaux d'origine, l'un pour sa partie motrice et l'autre pour sa partie sensitive.

Le noyau moteur est représenté par deux colonnes cellulaires nettement distinctes : une colonne ventrale et une colonne dorsale.

La colonne ventrale est formée de cellules volumineuses. C'est le noyau moteur ventral du vague ou noyau moteur à grosses cellules. Il correspond, en majeure partie, au noyau ambigu des auteurs. La colonne dorsale est formée de cellules beaucoup plus petites, le noyau moteur dorsal ou novau moteur à petites cellules.

Le noyau fnoteur ventral ou noyau ambigu commence, par une partie épaissie, immédiatement en dessous du noyau du facial situé dans la protubérance. Il constitue une colonne cellulaire d'environ quatre millimètres de longueur, plus ou moins continue, que l'on peut poursuivre, au milieu de la formation réticulaire, fig. 194, jusqu'au niveau de l'extrémité inférieure du noyau de l'hypoglosse.

Le noyau dorsal représente une longue colonne cellulaire, plus ou moins fusiforme, d'environ sept millimètres de longueur. Sa moitié inférieure accompagne le noyau de l'hypoglosse, en arrière duquel elle est placée.

La moitié supérieure du noyau dorsal apparaît sur le plancher du quatrième ventricule, où elle forme la partie interne de la région grise appelée aile grise ou trigone du vague.

Les fibres sejisitives du nerf pneumo-gastrique ont leurs cellules d'origine en dehors de l'axe cérébro-spinal, dans deux ganglions situés sur le trajet du nerf : le supérieur s'appelle le ganglion jugulaire et l'inférieur constitue le ganglion piexiforme. Ces ganglions du pneumo-gastrique sont formés de cellules nerveuses unipolaires .'dont le prolongement unique se bifurque, à une distance variable de la cellule d'origine, en une branche centrale et une branche périphérique. Celle-ci devient le cylindre-axe d'une fibre périphérique et va se terminer dans une des muqueuses où le nerf vague porte la sensibilité. La branche interne devient le cylindre-axe d'une fibre centrale. Elle pénètre dans la moelle allongée par le sillon collatéral postérieur et, arrivée au niveau du faisceau solitaire, elle se bifurque en une branche descendante qui devient fibre constitutive de ce faisceau, et une branche horizontale ou quelque peu ascendante, qui va se terminer dans la partie supérieure de la masse grise longeant la face interne du faisceau solitaire et connue sous le nom de noyau de faisceau solitaire ou noyau terminal des fibres sensitives des nerfs IX et X.

Origine apparente. Toutes les fibres radiculaires du nerf vague sortent du sillon collatéral dorsal du bulbe, elles se dirigent en dehors pour se réunir en un tronc unique qui sort du crâne par le trou déchiré postérieur, fig. 193.

Nerf glosso-pha ryngien .

Le nerf glosso-pharyngien est un nerf mixte, à la fois sensitif et moteur. Il provient de la moelle allongée, sort de la boîte crânienne par le trou déchiré postérieur, présente à ce niveau deux petits épaississements ganglionnaires, qui constituent le ganglion supérieur et le ganglion pétreux, et va se terminer dans les muscles de la paroi du pharynx, dans la muqueuse du phaiynx et dans celle du tiers postérieur de la face dorsale de la langue.

Origine réelle. Les fibres motrices du nerf glosso-pharyngien ont leurs cellules d'origine dans l'axe cérébro-spinal, dans une petite colonne de

cellules nerveuses située en dedans de l'extrémité supérieure du noyau moteur ventral du vague, immédiatement en dessous du noyau du facial, fig. i«5.

Les fibres sensitivcs de ce nerf ont leurs cellules d'origine en dehors de l'axe cérébro-spinal, dans les deux ganglions, supérieur et pélreux, situés au niveau du trou déchiré postérieur.

J urcij. ejcl.o

Coupe correspondant au plan de section 9 de la fig. lî"*.

Ces ganglions ont la même structure que ceux des nerfs spinaux. Ils sont formés de cellules unipolaires dont la branche unique se bifurque bientôt et donne naissance à un prolongement périphérique et à un prolongement central. Le prolongement périphérique va se terminer dans les muqueuses où le nerf glosso-pharyngien porte la sensibilité. Le prolongement central devient le cylindre-axe d'une fibre radiculaire. Il pénètre dans le bulbe par la partie supérieure du sillon collatéral postérieur et, arrivé au niveau du faisceau solitaire, il se bifurque en une branche descendante et une branche ascendante. La branche descendante devient fibre constitutive du faisceau solitaire, constituant une véritable racine descendante du nerf; elle se termine, comme la branche ascendante, par des ramifications collatérales et terminales, dans la substance grise voisine.

Origine apparente. Les fibres radiculaires de ce nerf sortent par la partie supérieure du sillon collatéral dorsal du bulbe et se dirige en dehors pour sortir du crâne pour le trou déchiré postérieur, fig. 193.

Considérations générales.

La moelle allongée est une des parties les plus importantes de l'axe cérébro-spinal. Sa structure interne est cependant loin d'être complètement connue. On commence seulement à en entrevoir les grandes lignes.

Comme toute partie de l'axe cérébro-spinal, la moelle allongée est formée de substance grise et de substance blanche.

Par sa substance grise elle est essentiellement un organe propre, indépendant des parties voisines de l'axe nerveux et tenant sous son influence, par les fibres centripètes et centrifuges renfermées dans les trois nerfs périphériques, l'innervation motrice de la langue, l'innervation motrice et l'innervation sensible du phai-ynx, du larynx, de l'œsophage, de la trachée-artère, de tous les viscères de la cage thoracique ainsi que de l'estomac. Ces noyaux d'origine des nerfs moteurs et ces noyaux de terminaison des nerfs sensibles sont situés dans le voisinage plus ou moins immédiat du canal central. La série de coupes transversales que nous avons étudiées montre la situation exacte et les rapports de ces masses grises.

Par sa substance blanche la moelle allongée forme un organe de passage :

1° pour les fibres nerveuses ascendantes qui viennent de la moelle épinière et qui se rendent vers les centres nerveux supérieurs ; ce sont les fibres des cordons postérieurs et les fibres des faisceaux médullo-cérébelleux dorsal et ventral ;

2° pour les fibres descendantes provenant des centres nerveux supérieurs et se rendant dans les masses grises médullaires : ce sont les fibres cortico-spinales, les fibres mésencéphalo-spinales et les fibres vestibulo-spinales.

Les coupes que nous avons étudiées montrent la position que ces différents faisceaux occupent aux différents niveaux de la moelle allongée.

La moelle allongée comme organe propre.

Considérée comme organe propre, la moelle allongée est formée par des noyaux moteurs, ou noyaux d'origine des fibres centrifuges, et par des noyaux sensibles, ou noyaux de terminaison des fibres centripètes.

Noyaux moteurs. Les noyaux moteurs du bulbe ne tiennent pas sous leur influence immédiate tous les organes qui, anatomiquement, paraissent en recevoir l'innervation motrice. Ces organes, généralement considérés comme ayant une innervation bulbaire, se laissent subdiviser en trois groupes d'après la nature des fibres musculaires qui interviennent dans leur constitution.

1° Les organes pourvus de fibres musculaires striées : la langue, le laiynx et le pharynx.

2° Les organes pourvus de fibres musculaires lisses : l'œsophage, l'estomac, la trachée-artère et les bronches.

3° Un organe pourvu de fibres musculaires striées ramifiées : le cœur.

Les organes pourvus' de fibres musculaires striées possèdent seuls une localisation motrice bulbaire incontestable. Les recherches expérimentales ont établi que chacun de ces trois organes (langue, pharynx et larynx) est représenté dans le bulbe par une colonne cellulaire motrice nettement distincte : le noyau de

l'hypoglosse, centre d'innervation de tous les muscles de la langue (myau lingual) ; le noyau ambigu, appartenant à la fois au nerf glosso-pharyngien et au nerf pneumo-gastrique, centre bulbaire de tous les muscles du pharynx (noyau pharyngien) ;]e noyau dorsal du vague ou centre bulbaire de tous les muscles intrinsèques du larynx (noyau laryngé).

Les organes pourvus de fibres musculaires lisses ne possèdent pas de noyaux bulbaires. Ils ne peuvent d'ailleurs pas être considérés comme recevant leur innervation motrice d'une fibre cérébro-spinale. Ils doivent obéir et ils obéissent à la loi commune qui veut que toute fibre musculaire lisse reçoive son innervation motrice d'une fibre nerveuse sympathique. Si les nerfs pneumogastriques excercent donc une influence motrice sur l'œsophage, l'estomac, la trachée-artère, les bronches et les divisions bronchiques, cette influence doit s'exercer par l'intermédiaire d'un neurone sympathique. Il en résulte que les fibres du pneumo-gastrique ne se terminent pas directement dans les muscles lisses de ces organes, mais dans un ganglion sympathique interposé, ganglion qui est le centi-e nerveux réflexe tenant sous son influence le fonctionnement normal de ces organes.

Le cœur constitue en quelque sorte un organe intermédiaire entre les organes à muscles striés et les organes à muscles lisses. Il se rapproche des organes à muscles lisses par ce fait qu'il peut fonctionner en l'absence complète de toute connexion avec la moelle allongée et cela grâce aux nombreux ganglions nerveux sympathiques qu'il renferme dans son épaisseur. Il se rapproche des organes à muscles striés par ce fait que le bulbe exerce sur lui une influence incontestable par l'intermédiaire des nerfs pneumo-gastriques. Cette influence n'est pas excitante comme celle qu'une fibre cérébro-spinale exerce sur un muscle strié, elle est inhibitive ou suspensive de l'influence excitante exercée par les fibres sympathiques. On peut donc en conclure que les fibres cardiaques renfermées dans le nerf pneumo-gastrique ne se terminent pas directement dans les muscles striés du coeur,mais qu'elles se rendent plus que probablement dans les ganglions sympathiques euxmêmes.

La localisation bulbaire de ces fibres cardiaques renfermées dans le nerf pneumo-gastrique n'est pas connue. Leurs cellules d'origine se trouvent probablement dans la partie inférieure du noyau ambigu.

Applications pratiques. Cette, façon de considérer les connexions anatomiques, qui existent entre la moelle allongée et les organes périphériques que l'on considère généralement comme ayant une innervation bulbaire, explique pourquoi, dans les lésions destructives des noyaux moteurs du bulbe (comme cela a lieu dans la paralysie bulbaire progressive ou paralysie labio-glossolaryngée), on voit survenir l'atrophie et la paralysie des muscles de la langue entraînant des troubles dans l'articulation des mots (anarthrie), l'atrophie et la paralysie des muscles du pharynx amenant des troubles dans la déglutition

(dysphagie), l'atrophie et la paralysie des muscles du larynx amenant des troubles profonds dans l'émission des sons (aphonie), la suspension de l'influence inhibitive sur les ganglions cardiaques amenant la tachycardie, alors que tous les autres organes (œsophage, estomac, trachée-artère et bronches) continuent à fonctionner comme dans les conditions normales.

Les masses grises motrices du bulbe ne sont pas seulement les noyaux d'origine des fibres motrices périphériques, elles sont aussi les noyaux de termimiiiaison des fibres descendantes cortico-bulbaires, fibres qui ont leurs cellules d'origine dans la zone motrice de l'hémisphère cérébral du côté opposé et par l'intermédiaire desquelles l'écorce cérébrale peut exercer une influence sur les muscles périphériques. Cette influence corticale ne peut s'exercer que sur les organes qui possèdent une localisation bulbaire, c'est-à-dire la langue, le pharynx et le larynx. C'est grâce à cette connexion cortico-bulbaire que les mouvements de la langue, du pharynx et du larynx peuvent être des mouvements volontaires. Tous les autres organes innervés par les nerfs pneumo-gastriques échappent à cette influence corticale. Les cellules d'origine de ces fibres cortico-bulbaires occupent la partie inférieure de la circonvolution centrale antérieure, où elles constitueut un centre cortical pour les muscles de' la langtce, un centre cortical pour les muscles du larynx et un centre du pharynx présidant aux mouvements volontaires de déglutition. Les fibres cortico-bulbaires qui proviennent de ces cellules nerveuses forment partie intégrante de la voie pyramidale et descendent à travers la capsule interne, le pied du pédoncule cérébral et le pont de Varole jusque dans Jes masses grises du bulbe.

Applications Pratiques, Une lésion bilatérale de ces fibres cortico-bulbaires — comme cela peut s'observer quelquefois dans la sclérose en plaques ou dans certains cas de lésions multiples dûes à de l'artériosclérose — se traduira donc au-dehors par les mêmes symptômes cliniques que ceux qui caractérisent la paralysie bulbaire : paralysie de la langue, du pharynx et du laiynx. C'est la paralysie pseudo-bulbaire. Elle se différencie de la paralysie bulbaire proprement dite, 10) par son évolution : lente et progressive dans la paralysie bulbaire comme la lésion anatomo-pathologique elle-même, on la voit survenir brusquement dans la paralysie pseudo-bulbaire à la suite d'un ou de plusieurs ictus apoplectiques.

2») par sa symptomatologie : la paralysie bulbaire n'intéresse que les muscles de la langue, du pharynx et du larynx, tandis que la paralysie pseudo-bulbaire est souvent accompagnée d'hémiplégie.

La paralysie bulbaire est accompagnée d'atrophie musculaire et d'abolition du réflexe pharyngien, tandis que, dans la paralysie pseudo-bulbaire, le neurone périphérique étant intact, l'atrophie fait défaut et le réflexe pharyngien persiste.

Noyaux sensibles. Les fibres centripètes renfermées dans le nerf glosso-pha ryngien et dans le nerf pneumo-gastrique vont se terminer dans la longue colonne grise qui avoisine le faisceau solitaire, et qui est située dans le voisinage immédiat du plancher du quatrième ventricule, au niveau de l'aile grise ou trigone du vague. Cette masse grise est donc le centre bulbaire où arrivent toutes les impressions de sensibilité qui tombent sur la muqueuse de la partie postérieure du dos de la langue, du pharynx, de l'œsophage, de l'estomac, du larynx, de la trachée-artère et de tout l'arbre respiratoire. Cette masse grise doit être aussi le lieu d'origine de nombreuses fibres nerveuses, dont les unes — fibres longues ou bulbo-corticales — amènent les impressions de sensibilité jusque dans l'écorce cérébrale où elles vont devenir conscientes; dont les autres — fibres courtes, bulbo-bulbaires ou bulbo-médullaires — transmettent ces impressions aux noyaux d'origine des nerfs moteurs périphériques et interviennent ainsi puissamment dans le mécanisme des mouvements réflexes.

Les fibres bulbo-corticales en rapport avec les nerfs glosso-pharyngien et pneumo-gastrique ne sont guère connues. La sensibilité consciente n'existe d'ailleurs que pour les impressions gustatives tombant sur le tiers postérieur du dos de la langue et quelque peu aussi pour les impressions de sensibilité générale tombant sur la muqueuse du pharynx. Tous les autres organes à innervation bulbaire échappent à la sensibilité corticale. Nous pouvons en déduire que, si une connexion bulbo-corticale existe pour ces oi'ganes, elle ne doit pas être bien importante.

Les impressions de sensibilité amenées au bulbe par les fibres centripètes doivent donc s'y réfléchir sur des cellules motrices et servir essentiellement à des mouvements réflexes. Les connexions anatomiques qui relient le noyau du faisceau solitaire aux masses motrices du bulbe et de la moelle épinière ne sont guère connues.

Nous savons qu'il existe, dans le bulbe, un centre respiratoire que l'on localise dans le noyau du faisceau solitaire, dans le voisinage de l'angle inférieur du plancher du quatrième ventricule. A ce noyau arrivent les fibres centripètes du nerf pneumo-gastrique ; de ce noyau doivent partir des fibres bulbo-jnédullaires allant se mettre en connexion avec la corne grise antérieure de la moelle, depuis le troisième segment cervical jusqu'à la partie inférieure de la moelle dorsale, corne antérieure où se trouvent les cellules d'origine des fibres motrices innervant le diaphragme, les muscles intercostaux, ainsi que tous les muscles pouvant intervenir activement dans l'acte de la respiration.

Dans le bulbe existe encore un cejitre circulatoire exerçant une influence inhibitive sur le cœur et que l'on localise également vers le sommet du triangle inférieur du plancher du quatrième ventricule. Ce centre doit recevoir des fibres centripètes du nerf pneumo-gastrique; il doit en partir des fibres centrifuges, bulbo-bulbaires, reliant probablement le noyau du faisceau solitaire aux cellules du noyau ambigu.

Dans le bulbe existe encore le centre du réflexe pharyngien, provoqué par une excitation de la muqueuse du pharynx ; le centre réflexe de la toux à la suite de l'excitation de la muqueuse du larynx ; un centre réflexe pour la déglutition, etc.

Applications pratiques. C'est la haute importance dé ces centres réflexes pour la vie de l'individu, principalement du centre respiratoire et du centre circulatoire, qui donne tant de gravité aux affections organiques du bulbe.

La moelle allongée renferme encore, dans sa substance grise, une longue colonne de cellules nerveuses avoisinant la racine bulbo-spinale du nerf trijumeau et représentant le noyau de terminaison pour toutes les fibres centripètes du nerf de la cinquième paire. Cette masse grise est en même temps le noyau d'origine des fibres de la voie centrale. Celles-ci, se dirigent transversalement en dedans, passent le raphé où elles s'entrecroisent avec les fibres du côté opposé, pour devenir fibres ascendantes dans la partie de la formation réticulaire située au-devant du noyau d'origine du nerf hypoglosse. L'ensemble de ces fibres forme la voie croisée hulbo-thalamique.

Applications pratiques. Une lésion du bulbe, intéressant soit la racine bulbospinale, soit la substance grise voisine, amènera donc une anesthésie dans le domaine du trijumeau du côté correspondant, ainsi que l'abolition du réflexe conjonctival. Une lésion de la formation réticulaire, avoisinant le no5'au d'origine du nerf hypoglosse, peut amener une anesthésie dans le domaine cutané du trijumeau du côté opposé, avec persistance du réflexe de la conjonctive oculaire.

La moelle allongée comme organe de passage.

La moelle allongée est encore un organe de passage pour toutes les fibres ascendantes et descendantes qui relient la moelle épinière aux centres nerveux supérieurs.

Fibres descendantes. Les fibres descendantes, qui traversent le bulbe pour se rendre dans les zônes pyramidales de la moelle, sont les fibres cortico-spinales, les fibres rubro-spinales et les fibres vestibulo-spinales.

'Les fibres cortico-spinales descendent de chaque côté dans la pyramide du bulbe. Celle-ci occupe la partie ventrale de la moelle allongée. Elle diminue de volume de haut en bas parce que, dans son trajet descendant, elle abandonne les fibres destinées au noyau de l'hypoglosse (noyau de la langue), au noyau ambigu (noyau du pharynx), et au noyau dorsal du vague (noyau du larynx), fibres qui par leur ensemble forment la voie motrice cortico-bulbaire.

A la partie inférieure du bulbe, les deux pyramides présentent un entrecroisement incomplet connu sous le nom de décussation des pyramides. Les fibres croisées se rendent dans la zône pyramidale latérale, tandis que les fibres non entrecroisées descendent dans I^ zône pyramidale du cordon antérieur.

Les fihres ruhro-spinaks forment des fibres constituantes du faisceau hétérogène situé dans le faisceau latéral du bulbe en arrière et en dehors de l'olive, FiG. io«, 1»» et io«.

FiG. 198.

Coupes transversales du tronc cérébral du lapin montrant : à droite, la dégénérescence des fibres de la racine descendante du trijumeau et des fibres descendantes rubro-spinales ; à gauche, la dégénérescence des fibres ascendantes des faisceaux

médullo-cérébelleux dorsal et ventral.

Les fihres vestibule -spinales descendent au beau milieu de la formation réticulaire immédiatement en arrière du noyau ambigu, fig. 199 et aoo.

Valeur fonctionnelle. Nous avons établi la valeur fonctionnelle de ces fibres en étudiant la moelle épinière.

Applications pratiques. La lésion d'une pyramide bulbaire entraîne de l'hémiplégie spastique dans le côté opposé du corps avec intégrité de la face. Cette hémiplégie est caractérisée par une diminution de la motilité volontaire dans les muscles des extrémités des membres, une exagération des réflexes tendineux, une exagération du tonus normal des muscles et l'abolition des réflexes cutanés supérieurs.

A cause du voisinage immédiat des fibres radiculaires du nerf hypoglosse, la lésion de la partie ventrale du bulbe intéresse d'ordinaire côs fibres, en même temps que les fibres descendantes de la pyramide, amenant la mise hors de fonction des muscles de la langue du côté ^correspondant. Il y aura donc

FiG. FiG. aoo.

Position des fibres vestibulo-spinales au milieu de la formation réticulaire.

paralysie alterne, c'est-à-dire paralysie avec atrophie des muscles de la langue d'un côté, avec paralysie spastique des membres du côté opposé, tableau clinique qui est en quelque sorte pathognomonique d'une lésion bulbaire.

Dans les cas de compression bulbaire — comme cela peut s'observer dans les cas de tumeur soit du cervelet, soit de la toile choroïdienne du quatrième ventricule — la mise hors de fonction des deux pyramides bulbaires peut se traduire cliniquement par une paralysie spastique des quatre membres. Les paralysies spastiques dues à une lésion bulbaire ne se transforment presque jamais en paralysie flasque, comme cela s'observe si fréquemment dans les lésions médullaires, et cela à cause de la distance qui sépare les fibres rubrospinales des fibres cortico-spinales, de telle sorte qu'il est presque matériellement impossible que ces deux faisceaux de fibres soient mis hors de fonction sans que le bulbe ne soit lésé dans ses centres fondamentaux de respiration et de circulation.

En traversant de haut en bas la pyramide antérieure du bulbe, les fibres

coi tico-spinales abandonnent de nombreuses ramifications aux olives bulbaires. Les cellules de ces masses grises donnent naissance à des fibres nerveuses qui traversent le raphé pour se rendre, par le pédoncule cérébelleux inférieur, dans l'écorce grise du lobe médian du cervelet. Les fibres directes, corticoolivaires, et les fibres croisées, olivo-cérébellcuses, en se superposant donnent naissance à une voie nerveuse cortico-olivo-cérébelletise dont on ignore complètement la valeur fonctionnelle.

Fibres ascendantes.

Les fibres des cordons postérieurs de la moelle se terminent dans les deux masses grises du bulbe connues sous le nom de noyaux des cordons postérieurs. Ces masses grises donnent origine à des fibres nerveuses s'entrecroisant au-devant de la coupe du canal central pour aller constituer la couche interolivaire qui traverse la moelle allongée de bas en haut.

Valeur fonctionnelle. Ces fibres de la couche interolivaire, étant la continuation des fibres longues des coi'dons postérieurs, doivent donc être considérées comme la voie de transmission de la sensibilité profonde.

FiG. «01. FiG. 302.

Applications pratiques. Une lésion limitée du bulbe intéressant la couche interolivaire se traduira donc au dehors par une ataxie des quatre membres, identique à l'ataxie consécutive à la lésion des fibres des cordons postérieurs de la moelle. C'est Yataxie bulbaire.

Les fibres du faisceau médullo-cêrébelleux dorsal, FC, ou voie de transmission de la sensibilité tactile, passent par le pédondule cérébelleux inférieur. Les fibres du faisceau de Gowers, FG, ou voie de transmission de la scnsi-

bilité à la douleur et à la température, occupent la partie latérale du faisceau latéral du bulbe. Ces fibres sont placées dans le voisinage immédiat de la racine bulbo-spinale du trijumeau et de la substance grise voisine, fig. aoi et ao*.

Applications pratiques. Une lésion qui intéressera cette partie latérale du bulbe produira donc une a/Zewg ; c'est-à-dire la perte complète de la

sensibilité cutanée dans le domaine du trijumeau d'un côté, accompagnée de la perte de la sensibilité à la douleur et à la température dans le cou, le tronc et les membres du côté opposé du corps.

Le pédoncule cérébelleux inférieur a une structure excessivement complexe. Il est formé des fibres médullo-cérébelleuses dorsales (voie de transmission de la sensibilité tactile), des fibres olivo-cérébelleuses, nucléo-cérébelleuses et réticulo-cérébelleuses dont on ignore la valeur fonctionnelle, fig. »03. On admet généralement que les lésions du pédoncule cérébelleux inférieur amènent, chez les animaux, un mouvement de rotation autour de l'axe longitudinal du corps. Il résulte cependant des recherches récentes que ce mouvement de rotation n'est pas dû à la lésion des fibres que nous venons d enumérer, mais bien à la lésion concomitante soit du nerf vestibulaire à son entrée dans le tronc cérébral, soit de la racine descendante de ce nerf qui forme le segment interne du pédoncule cérébelleux inférieur. .

La circulation du myélencéphale.

Circulation artérielle. Toutes les artères qui arrivent au bulbe proviennent, comme branches collatérales, des deux artères vertébrales, nées des artères sous-clavières. La vertébrale gauche est généralement plus volumineuse que la vertébrale droite. Elle provient de l'artère sous-clavière correspondante, un peu en avant que cette artère ne se recourbe en dehors pour s'engager entre les muscles scalènes. Elle se trouve donc dans l'axe même de l'ondée sanguine venant du cœur. La vertébrale droite, au contraire, naît de la sous-clavière correspondante, lorsque celle-ci s'est déjà recourbée au-dessus de la première côte.

Chaque artère vertébrale se dirige alors en arrière, passe entre les apophyses transverses de la sixième et de la septième vertèbre cervicale, puis se recourbe en haut pour monter verticalement, dans un trajet flexueux, à travers les trous transversaires des vertèbres cervicales supérieures. Entre l'axis et l'atlas, elle décrit une forte courbure verticale, puis se recourbe horizontalement en arrière pour contourner les masses latérales de l'atlas. L'artère perfore alors, entre l'arc postérieur de l'atlas et le pourtour postérieur du trou occipital, le ligament occipito-atloïdien postérieur, puis la dure-mère et pénètre ainsi dans la boîte crânienne. Elle se dirige en haut, en avant et en dedans, en contournant quelque peu la moelle allongée, pour venir se placer entre la moelle allongée et la gouttière basilaire de l'occipital. Pendant ce

FiG. «08.

trajet, elle se rapproche insensiblement de l'artère vertébrale du côté opposé et se fusionne avec elle en un tronc volumineux, le truite basilaire, un peu en dessous de la protubérance annulaire, fig. »04.

Pour arriver du cœur jusqu'à la moelle allongée, l'ondée sanguine se

Cl.ce.rci).

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