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Voies sensorielles, auditives

La VIII paire, dite nerf auditif , n'a aucune unité pour le physiologiste el le clinicien.

C'est la réunion, par simple voisinage géographique, de deux nerfs différents : le nerf cochléaire qui vient du limaçon et est vraiment le nerf sensoriel {nerf de Voule) et le ner/*vcsti6u/ai2'e qui vient du vestibule et des ampoules des canaux semicirculaires el est un nerf kinesthésique, un nerf d'orientation : ce dernier nerf appartient à l'appareil d'orientation et d'équilibre (où nous l'avons étudié, p. 206) et ne fait pas partie de l'appareil auditif.

Le nerf cochléaire, le seul qui nous intéresse ici, part du limaçon {organe de Corti, portion initiale du canal cochléaire ; foramina nervina el quatrième tache criblée ; crible spiral de la base du limaçon et fossette antéroinférieure) et rencontre son protoneurone sensoriel (ganglion) formé par le ganglion spiral ou de Corti <à la base de la lame spirale) et le ganglion de Boetscher. C'est l'analogue du ganglion rachidien pour la sensibilité générale (fig. 56).

Oe là, le nerf de l'ouïe s'accole momentanément au nerl vestibulaire pour former la VIII paire (nerf auditif), s'en détache bientôt pour former la racine postérieure, externe ou cochléaire, et rencontre les premiers neurones de relais, analogues des cornes grises postérieures de la moelle.

(1) La documentation de ce chapitre est empruntée aux ouvrages de Testut, van Gehuchten el Pierhe Bonnier (plus spécialement de ce dernier auleur, Nouvelle Iconographie de la Salpétrière, 1894, p. 336). Voir au8si : van Geiilt.hten, Le Névraxe^ 1903 {Revue neu-' rologiqae, 1903, p. 144J.

APPAREIL CENTRAL DE l'oUIE i*)!

C esl, dans le bulbe, le ganglion ventral (en avant et en dehors du pédoncule cérébelleux inférieui), divisé en tubercule latéral et noyau accessoire, antérieur ou ventral.

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ffémisphère droit

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Là finit la voie acoustique périphérique et commence li voie acoustique bulboniâsencéphaiiqxie.

Les prolongements cylindraxiles du noynn {voie acotix

tique ventrale) vont en dedans, passent audevanl de Volive supérieure (1) (en lui abandonnant des branches qui s'y terminent) traversent la voie sensitive générale, puis la lig^ne médiane et constituent, avec les fibres opposées, le corps trapézoide. Ce faisceau acoustique ventral croisé^ qui vient du noyau du corps trapézoïde et de Tolive supérieure d'un côté, passe alors par le noyau du corps trapézoïde et Tolive supérieure du côté opposé (2). Ces deux noyaux constituent le deuxième neurone de relais.

De là, part un faisceau acoustique ventral direct, qui forme la couche latérale du ruban de Reil (3) et rencontre le noyau latéral^ tj'oisième neurone de relais.

Les prolongements cylindraxiles du tubercule latéral (voie acoustique dorsale) vont en arrière, contournent le pédoncule cérébelleux inférieur, forment les stries médul" laires ou acoustiques^ parcourent le plancher du quatrième ventricule et se divisent.

Les uns vont directement dans la protubérance, traversent le noyau principal du nerf acoustique, croisent la branche radiculaire externe du facial et vont dans la substance blanche voisine de Tolive supérieure du môme côté ; de là, ces fibres acoustiques dorsales directes \onlklsi couche latérale du ruban de Reil.

Les autres, plus nombreux, traversent la ligne médiane puis s'enfoncent dans la protubérance pour aller dans le voisinage de Tolive supérieure du côté opposé. Ces fibres acoustiques dorsales croisées forment aussi la couche latérale du ruban de Reil.

Cette couche latérale du faisceau des fibres sensitives

(1) Divisée on noyau du corpa trapézoïde et olive supérieure.

(2J ('.elle manière de voir do van Gkhi'ciïtkn, esl celle de Fleciisir. el de von Hkchïkrew. Suivant d'autres auteurs (Forkl, Onu- Knowicz, VON MoNAKow), ces libres n'appartiendraient pas à la voie acoustique centrale. Suivant Edincieh ces libres seraient en connexion avec l'olive supérieure et par \h avec le cervelet et les noyaux des oculomoleurs.

(3; Faisceau des fibres sensitives générales déjà étudié, p. 79.

APPAREIL CENTRAL DE l'oUIE -453

est ainsi constituée par des fibres du corps trapézoïde et par des fibres des stries médullaires : la plus grande partie de ces fibres étant croisée, les autres directes. Les voies acoustiques ont donc subi un entrecroisement partiel ^ une semidécussation.

C'est à partir du noyau latéral que ce faisceau est distinct et constitue la couche latérale du ruhaii de Reil (uniere ou latérale Schleife des Allemands), les faisceaux sensitifs généraux en formant la couche moyenne {médiale ou obère Schleife des Allemands).

La plupart des prolongements (1) du noyau latéral renforcent le faisceau de fibres nerveuses de la couche latérale, contournent la face externe du pédoncule cérébelleux supérieur et pénètrent dans les tubercules quadrt jumeaux postérieurs où ils se terminent. Quelques-unes de ces fibres traversent la ligne médiane, en arrière de Taqueduc de SvLvirs et se terminent dans les mêmes centres du côté opposé.

Quelques-unes vont plus haut se terminer dans les couches superficielles des tubercules quadrijumeaux antérieurs et entrent, par ces centres, en relation avec les nerfs moteurs périphériques.

Les tubercules quadrijumeaux postérieurs constituent donc le quatrième neurone de relais. (Vesl la fin de la deuxième étape des voies acoustiques : voies acoustiques bulbomésencéphaliques.

Quelques auteurs admettent aussi des fibres longues qui vont à Técorce directement en évitant les tubercules quadrijumeaux (2). Van Okiuchten ne considère pas la chose comme démontrée.

(Ij Certains autres prolongements de ce noyau latéral vont dans le pédoncule céréhelleux supérieur voisin, traversent la ligne médiane et se terminent dans le tubercule (luadrijumeau postérieur.

(2) Voir, sur les relations directes et croisées des tubercules quadrijumeaux postérieurs avecTécorce temporale: M"* Dantciiakoff, Bulletin de IWrwlémie royale de Médecine de Belgique^ mars 1902

Alors commence la troisième élapedes voies acoustiques : voies mésencéphalocorlicales.

Le faisceau acoustique suit le bras postérieur des tubercules quadrijumeaux, gagne la région sousoptique {corps genouillé interne), passe dans le segment rétrolentÎQulaire du bras postérieur de la capsule interne (fig. 5) avec les fibres sensitives générales et gagne la partie moyenne de la l'^et la 2® circonvolutions temporales (fig. 3) des deux côtés el surtout du côté opposé (1). C'est le centre auditif cortical(2), le neurone supérieur de perception acoustique.

Pour Flechsig, la sphère auditive comprend « la partie moyenne de la 1™ circonvolution temporale et la partie correspondante de cette circonvolution qui concourt à former Topercule inférieur de la scissure de Sylvius » ; pour Bechterew (3) la région de la V^ et de la 2« circonvolutions temporales et la partie postérieure de Tinsula de Reil.

Pour MoRAT, « Taire sensorielle de Taudition est localisée dans la partie postérieure de la V^ circonvolution temporale. Pour quelques auteurs, ajoutc-t-il, elle s'étendrait également à la partie postérieure delà 2® temporale ».

VoN Bechterew (4) subdivise ce centre cortical et, d'après les recherches de Larionoff faites dans son laboratoire, admet, au niveau de ce territoire cortical, une échelle « de

(Revue neurologique ^ 1902, p. 93C) el, sur la commissure qui unit les deux tubercules quadrijumeaux postérieurs : Ramon y Cajal, Deutsche medicinische Wochenschrift, 1902 {Revue neurologique ^ 1902, p. 464j.

(1) Comparer à ces données analomiques les conclusions anatomocliniques que nous donnerons plus loin (B. 1, 2, b 3« el 5-).

(2) La proximité de ce centre auditif et du centre de Taudition verbale (voir plus haut, p 294j fait prévoir les rapports que peuvent prétsenter la surdité et la surdité verbale (voir Kast, Deulsches Zeitschrifl fur Nervenheilkunde, 1900, p. 180. Revue neurologique, 1901, p. 683).

(3) VoN Bechterew, Moniteur russe neurologique, t. VI, p. 138 [Revue neurologique, 1900, p. 117).

(4) VoN Bechterew, Les Voies de conduction,., citées, p. 683.

ions superposable à celle du limaçon de l'oreille interne. La portion temporale de la 2* circonvolution externe du chien renferme les centres adaptés aux octaves inférieures, depuis les sons les plus graves jusqu'au mi de la troisième octave du clavier du piano, en allant de gauche à droite. La môme portion de la 3* circonvolution est désignée pour les degrés de Téchelle diatonique qui se succèdent... depuis mi* jusqu'à ut*. . . Enfin la moitié postérieure de la 4« circonvolution est accordée pour les sons supérieurs à do*. Des lésions partielles du lobe temporal ne produisent donc de surdité que pour certains sons seulement... »

Le tableau XXI (des pages 456 et 457) résume la description des centres successifs des deux nerfs vestibulaire et cochléaire, c'est-à-dire de Tentière VIII« paire.

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