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Voies sensorielles

Le nerfgnslaiif naîl dans la langue de deux branches : une anténeure pour les deux tiers antérieurs, l'autre postérieure pour le tiers postérieur.

La muqueuse linguale (1) principalement à sa face supérieure, contient des papilles (Malpigmi 1665 ; Rl ysch 1721). Les papilles caliciformes (Albinls) forment le V lingual, ouvert en avant, à Tunion du tiers moyen avec le tiers postérieur. Celle qui occupe le sommet du V est au fond du foramen cœcum ou trou borgne.

Dans les papilles (caliciformes et fongiformes) sont les corpuscules du goût ou bourgeons gustatif s (Loxe^^^ Schwalbe 1867) communiquant avec l'extérieur par le pore du goût. Dans ce corpuscule en forme de globule elliptique sont les cellules gustatives terminées par un petit bâtonnet qui traverse le pore du goût. Certains auteurs (Loven, Schwalbe, IIœnigschmied, Sertoli, von WiNTsc.'iGAU, Ranvier) ont admis que ces cellules guslalives entraient en communication avec les extrémités nerveuses, constituaient pour

(1) Voir Marciian!), Le Goût. Bibliothèque inlernalionale de psychologie expérimentale normale et pathologique, 1903, p. 18.

ainsi dire les extrémités nerveuses. La plupart desauleurs contemporains (Krause, Retzics, von Lenhossek, Arns- TEiN, DoGiEL, Renaut, Jacques) admettent plutôt que les cellules dites guslatives ne sont, comme les autres cellules du bourgeon, qu'un appareil de soutien et de support pour les extrémités nerveuses.

Nous verrons d'ailleurs plus loin que la faculté gustative n'est pas limitée aux seules régions pourvues de papilles (1).

De ces muqueuse* partent les deux branches antérieure et postérieure du nerf gustatif.

a. La brandie anlérieure (2) fait d'abord partie du Hngrimi (branche de la V paire), puis s'en sépare et pénètre dans la corde du tympan (décrite avec la Vil paire). Elle passe alors par un premier canal osseux (canal antérieur de la corde), pénètre dans la caisse du tympan qu'elle traverse d'avant en arrière, en sort à la partie postérosupérieure, pénètre dans un second canal osseux (canal postérieur de la corde), se porte en bas et en arrière, aborde le facial k 3 ou 4 millimètres au-dessous du trou stylomasloïdien, pénètre avec le facial dans le. canal de Fallope (troisième canal osseux) jusqu'au premier coude (en regard de l'hiatus de Fallope (au niveau duquel elle se jette dans le ganglion géniculé [S) (fig. 57, p. 486).

Ce ganglion géniculé, situé dans l'aqueduc de Fallope, au coude (ou genou) du facial (avec lequel il est ordinairement décrit) constitue le proloncnrone sensoriel de la branche antérieure du nerf gustatif.

Les prolongements cylindraxiles de ce ganglion géniculé forment le nerf intermédiaire de Whisbkrg (XI II paire de Sapolim), restent accolés au facial dans la première portion de son trajet dans l'aqueduc deF'ALLOPE, puis dans le conduit

(1) Voir même parygraplic A, II. 1.

{2) Voir TtriTUT, Traité cité.

(3) A celle branche anlérieure on peut joindre d'aulres rameaux d'origine venant des piliers du voile par les nerfs palalins (Morat).

auditif interne et, de là, pénètrent dans la fossette latérale du bulbe, entre Tauditif et le facial, vont en arrière et en dedans vers le plancher du quatrième ventricule, passent dans la formation réticulaire et se terminent dans les pre-

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Fig. ;)7. — Voies sensorioUes gustalives.

miers neurones de relais, communs aux deux branches et que nous étudierons par suite après la branche postérieure.

b. La hranche postérieure (en arrière du V lingual) forme l'extrémité linguale du glossopharyngien et va au ganglion

d'ANDERSCH OU peïretia;, situé dans la fossette pétreuse du rocher et au petit ganglion d'EuRENRiTTER. Ces ganglions constituent le protoneurone sensoriel de la branche postéineui^e du nerf gustatif.

Les prolongements cellulifuges de ce ganglion forment la suite de cette même IX paire, pénètrent dans le crâne par le trou déchiré postérieur, se subdivisent en cinq ou six filets radiculaires et pénètrent dans le bulbe, à la partie supérieure du sillon latéral, entre Tauditif et le pneumogastrique ; de là, ils se dirigent en arrière et en dedans vers le plancher du quatrième ventricule et se jettent dans les premiers neurones de relais.

c. Les neurones de relais^ communs aux deux branches du nerf gustatif, sont réunis en deux noyaux sur le plancher du quatrième ventricule. 1<> Le noyau dorsal ou de Vaile grise j qui « occupe, sur le plancher ventriculaire, Tespace compris entre Taile blanche interne et Taile blanche externe : » l'extrémité supérieure de ce noyau pour le nerf de Wrisberg (deux tiers antérieurs de la langue), la partie moyenne pour le glossopharyngien (tiers postérieur de la langue) ;

29 Le noyau du faisceau solitaire, « petite colonne nerveuse dans la formation réticulaire, en avant et un peu en dehors de Taile grise » : la portion supérieure pour le nerf de Wrisberg et la portion moyenne pour le glossopharyngien.

d. Les prolongements cylindraxiles de ces neurones de relais {nerf gustatif complètement constitué) gagnent la ligne médiane, la traversent, se mêlent au ruban de Reil et vont à Técorce cérébrale (1).

(l) Pour celle parlie du Irajel des libres guslatives, Gorciikoff {Moniteur russe neurologique y 1902, p. Il, Revue neurologique, 1902, p. 937) a luonlré que la deslruclion unilalérale de !a région gusta- Uve entraine la dégénérescence des fibres du cùlé correspondant

Pour la plupart des auteurs, le neurone supérieur cortical (lu goût siégerait à la partie moyenne de la circonvolution de V liippocampe (l) (fig. 4, p. 45).

Ce centre est d'ailleurs encore discuté. Morat (p. 681) déclare inconnue la localisation corticale du goût : c on hésite à rattacher Taire gustative à la zone tactile (pour les uns), à la zone olfactive ou à une zone intermédiaire (pour les autres) », comme Jules Soury avait déjà dit (p. 221) : € c'est encore un pays à peu près inconnu à la physiologie expérimentale ». La principale cause de ces résultats décourageants vient de la difficulté qu'il y a à analyser un trouble unilatéral du goût chez les animaux et surtout à étudier séparément chez eux le goûtet l'odorat (2) (Pamzza,

BiFFI et MORGANTI, LuSSANA, SuZANl).

De ses expériences Ferrier avait conclu « que le subiculum cornu Ammonis (3) et son voisinage renferment les centres de l'odorat, du goût, sans pouvoir déterminer cependant les limites respectives de ces deux centres ». ScHTscHERBAK (4) localisc (chcz le lapin) le centre du goûl croisé dans l'écorce grise de la région temporale et la substance blanche sousjacente : pour que la destruction de ces centres entraîne la perte du goût, il faut que la corne d'ÀMMON et le novau caudé soient intacts.

dans la couronne rayonnante, dans les 2/3 externes de la cap^sule interne, dans le noyau externe du nerf optique, dans la couche du ruban de Ukil, dans la formation réticulaire, dans le raphé; ces fibres se terminent dans la région des noyaux sensitifs du trijumeau et du glossopharyngien du côté opposé.

(1) Voir, sur la structure de la circonvolution de Thippocampe, Manouelian, Société de Biologie, 11)01, p. ^M [Revue neurologique, 1U02, p. 87).

(2) Voir Mahciiand, loco r//., p. 184, tout le chapitre X.

(3) La corne d'AMMON ou grand pied d'hippocampe (Arantius) est une saillie oblongue à grand diamètre antéropostérieur, refoulée dans la cavité ventriculaire, sur la paroi inférieure du prolongement temporal du ventricule latéral, (le subiculum de la corne d'AMMON est la lame médullaire de la concavité de la corne d'AMMON.

(1) ScHTSCHERBAK, NeuFologisches Centralblatt, 1893, p. 261 (citât. Marchand, p. 194).

Ferranmm (1) a montré que, chez le chien, Taltération expérimentale du lobe orbitaire (fig. 6, p. 60) diminue la gustation du côté opéré, mais pendant peu de temps seulement.

D'après Gorchkoff (2) chez lechien, les centres du goût sont disposés dans les parties antéroinférieures des 3« et 4« circonvolutions primaires, c'est-à-dire dans la région de la sylvienne antérieure (fig. 6, p. 60), de l'ectosylvienne antérieure et de la composée antérieure. La destruction unilatérale de ce centre entraîne la perle complète du goût du côté opposé de la langue et un léger afTaiblissement du goût du côté correspondant ; ce qui indiquerait Tenlrecroiscment incomplet des fibres gustatives.

Chez riiomme (d'après le môme auteur), les centres du goût seraient disposés dans Topercule (3).

Marchand (4) conclut de son importante revue critique que « le centre du goût paraît avoir une grande étendue et qu'il faut des lésions occupant plusieurs circonvolutions de la base, notamment des lobes temporosphénoïdaux, pour que 1 altération du sens soit évidente.

Nous reviendrons sur la question après Tétude des faits cliniques (B. III).

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