Voies kinesthésiques oculaires
Les communications des voies optiques avec les centres de Forientation ne paraissent pas définitivement établies.
Brissaud (2) admet des fibres opticocérébelleuses dans le pédoncule cérébelleux supérieur (fig. 12). L'existence de ces fibres ne paraît pas démontrée anatomiquement (3). D'après Pavlow (4), les fibres de la bandelette optique pénètrent dans le tubercule quadrijumeau supérieur, qui est lui-même en connexion avec les noyaux du pont (faisceau tectoprotubérantiel), ces noyaux du pont communiquant eux-mêmes avec l'écorce cérébelleuse par le pédoncule cérébelleux moven. Cela créerait des voies de com-
Apécialement la colonne vésiculeuse de Clarke de la moelle, tandis que les noyaux dorsal interne et de Bechterêw seraient 1 analogue des cornes grises postérieures de la moelle.
(1) Voir Adler, Monalsschrifi fiir Psychiatrie und Neurologie^ ICOO, p. ^9 {Revue neurologique, 1902^ p. 218).
(2) Brissaud, Leçons sur les Maladies nerveuses, 1895, t. I, p. 2C0. (3j Thomas, Le Cervelet, Etude anatomique, clinique et physiologique, 1897, p. 343.
(4) Pavlow, Le Névraxe, 1900, p. 331.
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munication entre l'appareil optique et tout Tensemble dos centres de Torientation.
Quant aux voies kinesthésiques oculaires, elles doivent suivre les voies ocuIomotrices.On a beaucoup étudié à ce point de vue les relations croisées de la troisième paire (oculomoteur commun) et les relations directes de la sixième paire (oculomoteur externe) avec les noyaux de Deiters et de Bechterew (appareil labyrinthique).
ni
Centres de l'équilibration et voies centrifuges. 1. Cervelet. 2. Autres centres. 3. Voies centrifuges.
1. Il est naturel de commencer Tétude des centres de l'équilibration par le cervelet (IJ qui est certainement un des moins discutés parmi ces centres.
Il est formé de deux groupes principaux de neurones: Técorce cérébelleuse et les noyaux centraux (noyau dentelé ou olive cérébelleuse et noyau du toit ou de Stilling).
Il est en rapport, par des voies afférentes et des voies efférentes, avec les diverses parties de l'appareil nerveux de Torientation et de l'équilibre (fîg. 12) (2). Ces connexions sont établies par les trois pédoncules cérébelleux, inférieur, moyen et supérieur. Dans chacun de ces pédoncules, les fibres ont une direction principale ; c'est celle qui est indiquée par les flèches de la figure 12 : c'est le sens de la plupart des fibres de chaque faisceau, mais non de la totalité. Le plus souvent, il y a, dans un faisceau, des fibres dans les deux sens, mais en proportion inégale.
Par le pédoncule cérébelleux inférieur^ qui est surtout afférent, et plus spécialement par le segment externe de ce
(1) Voir Thomas, ouvrage cité et van Gehuchten, Anatomie citée.
(2) On trouvera à la page 334 du travail cité de Thomas un schéma, beaucoup plus complet que le nôtre, des connexions du cervelet.
APPAREIL DE l'oRIËNTATION ET DE l'eQUILIQRE 209
pédoncule (corps restiforme), Técorce cérébelleuse reçoit les impressions venues de la substance grise latéropostérieure de la moelle par le faisceau cérébelleux direct ou ascendant (impressions d'orientation Uctiles et kinesthésiques des membres et du tronc).
Par le segment interne de ce môme pédoncule cérébelleux inférieur, les noyaux centraux du cervelet reçoivent, des noyaux de Deiters et de Bechterew, les impressions labyrinthiques (huitième paire), auditives et kinesthésiques de la tête, et aussi les impressions kinesthésiques oculomotrices, troisième paire (oculomoteur commun) du côté opposé et sixième paire (oculomoteur externe) du même côté. C'est le faisceau acousticocérébelleux de Gajal, le faisceau cérébellovestibulaire de Thomas. Ce même segment interne du pédoncule cérébelleux inférieur contiendrait aussi le faisceau cérébelleux sensoriel direct d'EoiN- GER, formé par des fibres de l'auditif, du trijumeau, du pneumogastrique et du glosso-pliaryngien (1).
En somme, c'est par le pédoncule cérébelleux inférieur qu'arrivent au cervelet la plupart des impressions d'orientation.
Ce même pédoncule contient aussi des fibres efférentes^ qui partent des noyaux centraux du cervelet, vont aux noyaux de Deiters et de Bechterew et, de là, par le faisceau cérébelleux descendant, dans la substance grise antérieure delà moelle du même côté : connexions directes entre le cervelet et la moelle. D'après certains auteurs (Thomas), le corps restiforme contiendrait aussi des fibres descendantes allant dans l'olive bulbaire du côté opposé (Cajal) ou dans le noyau de Monakow (noyau externe du faisceau de Burdach) et dans le noyau du cordon latéral (noyau antérolatéral du bulbe). Je n'ai pas fait figurer ces dernières voies effé rentes sur la figure 12, parce qu'elles sont contestées (2).
(1) Thomas, loco, cit., p. 86.
(2) Voir van Geiiucïiten, loco cit., p. 182.
Grasset. Les Centres ncr\'cux. H
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' Le pédoncule cérébelleux supérieur^ surtout efféreni, contient les fibres qui unissent les noyaux centraux du cervelet au noyau rouge.
Sand (1) a bien étudié les fibres cérébellipètes de ce pédoncule cérébelleux supérieur, déjà signalées par Obers- TEiNER (la plupart provenant de régions plus élevées que le noyau rouge), Bechterew, Kôlliker. Mendel (1882) voit ce pédoncule atrophié après un ramollissement de Técorce et du noyau lenticulaire, Flechsig et Hôsel(1900) après un foyer cortical et souscorlical, Wïtkowski (1883), HôSEL (1892) et Monakow (1895) après des lésions porencéphaliques, Mahaim (1893) après un ramollissement dans le domaine de la sylvienne, Henschen (1890) après une hémorrhagie dans le lobe pariétal inférieur, le genou de la capsule et le thalamus.
Sand cite encore des observations importantes de Pierre Marie et Guillain (2), Raymond et Cestan (3), Halban et Infeld, Tarasevitch, y joint ses propres faits et conclut que le pédoncule cérébelleux supérieur comprend des fibres cérébellifuges et des fibres cérébellipètes, ces dernières venant surtout du noyau rouge, un peu du thalamus, notablement dé Técorce, du noyau caudé ou du noyau lenticulaire.
Par le pédoncule cérébelleux moyen^ Técorce du cervelet reçoit, par l'intermédiaire des noyaux du pont du côté opposé, les incitations venues de Técorce cérébrale par le faisceau pyramidal (4). Ainsi s'établissent des relations croisées entre chaque hémisphère cérébral et Thémisphère cérébelleux opposé.
Ce même pédoncule conduit aussi au cervelet les impressions optiques d'orientation venues par les tubercules quadrijumeaux et les noyaux du pont.
(1) Sand» loco cH.y p. 5*2.
(2) Pierre Marie et Gl'illain, Société de Biologie^ 1903, p. 37.
(3) Raymond et Cestan, Archives de Neurologie^ 19()2, p. 81. (4J Voir : van Gehuchten, loco ciL, p. 182.
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Avec toutes ces connexions, le cervelet constitue certainement le principal « centre réflexe de l'équilibration » (1) (Thomas). Mais ce n'est pas le seul.