O -JO
n’en ai rien retranché et me suis contenté d’ajouter en notes jilacées entre crochets les additions et les corrections indispensables. Il nous a semblé cpi on y pourrait puiser encore bien des renseignements intéressants et cju’ils attestaient l’impulsion féconde cpie iM. Dumont a su donner aux recherches ayant jjour objet |)articulier les monunicnts de la Grèce même. Il a été lin des ])remiers à ouvi'ir la voie que tant d’autres ont suivie et qui a été maixjuée par des découvertes d’une importance cajjitale pour l’histoire de l’ai’t. Je me suis réserve seulement la rédaction entière des Notices des planches , pour lesquelles l’auteur n’avait laissé aucun manuscrit.
lAtMOND PoTTIElS.
Cafis, octobre 1888.
T. II
PEINTURES CÉRAMIQUES
DK
HECHERCHES SUR LES NOMS D’ARTISTES LUS SUR LES VASES DE l,A GRÈCE
(Extrait du Journal des Savants, t872-187.‘I. )
Le s vases de la Grèce propre sont encore très peu connus. Quand les éludes céramographiques, au début de ce siècle, et surtout depuis l’année 1828, commencèrent à prendre dans la science la grande place qui leur est acquise aujourd’hui, on ne (lossédait guèi'e que des vases trouvés en Etrurie ou dans l’Italie méridionale. En quelques années les nécropoles avaient livré des milliers de monuments; ils remplissent les musées de l’Europe, ils ont donné lieu à de nombreuses publications. Personne n’a jamais signalé en Grèce de découvertes comparables à celles de \ ulci ou de Cæré. 11 semblerait que, dans ce pays, toutes les trouvailles soient isolées, qu’on doive s’estimer heureux quand on rencontre de loin en loin un vase de prix. Aussi les ouvrages relatifs aux céramiques de la Grèce sont-ils très rares. Si l’on excepte le volume du baron de Stackelberg ( i ), on ne citera, je crois, aucun recueil (jui leur soit exclusivement consacré. M. Alexandre Gonze a publié de belles amphores de Phalère (2) et aussi des vases de Milo d’ancien style (3). Nous
(1) iJie (iræljer de?' /lellenrn, Berlin, 1837.
(2) Monuments de V Institut arch. de Rome, 1861, t. VIII, pl. iv et v.
(3) Melische Tlionr/efæsse, Leipzig, 1862, gr. in-folio, avec cin(i planches lithographicos.
i PEINTURES CÉRAMIQUES
(levons è Gei'barcl, à PanolUa, à Otto Jahn, à Raoul Rocheltc, à M. de WiUe d’Iiiiporlantcs monographies; enlin chaque anium la Gazette (te hertin et les Annales de Home nous donnent quelques spécimens de cette céramique. Ces publications et toutes celles qu on pourrait ra|)j)eter n’étudient jamais que des monuments particuliers, sans qu’un travail
d’ensemble ait encore paru possible.
Les chambres sépulcrales, qui peuvent recevoir un grand nombi-e d’objets et (pii les préservent durant des siècles de toute atteinte , n’ont jamais été en Grèce (pi’une excejition. On cite celtes dLglne; il est vraisemblable qu’elles ont toutes aujourd’hui été visitées. Les hypogées que l’on remarejne autour du Pirée avaient sans doute été dévastés dès l’antiquité. Il est certain que si une seule fois le jnaysan, en enfonçant une porte de jilerre, s’était trouvé en présence d’une riche collection de vases, il eut pris goût à ces fructueuses explorations. Cette bonne fortune ne s’est pas produite. A défaut de nécropoles souterraines les Grecs avaient ces voies célèbres des tombeaux où Paiisanlas rencontrait tant de remarquables édifices. On ne trouve plus guère de traces de ces routes funèbres. Celle du Dijnlon, la seule qui soit assez bien connue, parce ([u’elle a été protégée en partie jus(pi’à nos jours par un vaste remblai, n’a donné que quelques vases bien peu dignes des stèles sculptées auprès desquelles on les a recueillis. Ce cpii faisait la beauté d’un cimetière aussi vanté que le Céramicjue, c’étaient des bas-reliefs comme ceux de Dexiléos ou d’IIégéso ; mais les édicules y étalent rares, et ceux que nous y voyons, toujours ouverts, ne pouvaient eonserver longtemps de fragiles poteries. La foule des tombeaux, pour la plupart très simples, était répandue en dehors des murs, au hasard et sans ordre : les champs des morts des pa}s musulmans donnent une juste idée de ce que devaient être ces cimetières. 11 arrivait même, eomme on l’a constaté, que les sépul- ( lires tonnaient de petits groupes séparés par de vastes espaces que les vivants s étaiijnt réservés. On tait depuis quehpies années des recherehes sur l’emplacement supposé de l’ancien dème d’/Exoné, autour dune terme a[)pelée Kliara , a trois (piarts d heure d’Athènes. Les tombeaux se rencontrent dans un rayon de plus d’une lieue, mais ils ne lorment pas un cimetière uni(pie ; ils en foianent quinze ou
DE LA GI{ÈGE PROPRE
\ln”t (i). Le même fait a .soiivciU été remarqué en Atliqiie, à Corinthe, dans tonte la Grèce (2). Kien ne signale d’ordinaire les sépidtnres. Elles sont de genres très variés, mais peuvent se ramener à la classification suivante : i" petite cavité creusée dans le rocher, l'crmée ensuite par une dalle; 2’' sarcophage de pierre, ou monolithe, ou formé de plaques juxtaposées; 3“ urne funéraire de bi’onze placée dans une urne de pierre; 4“ simjde fosse où l’on a dé[)osé le cadavre; 5” fosse plus petite où l’on jetait les cendres et les restes du bûcher. Ce dernier mode d’inhumation était de beaucoup le plus usité, il est aussi celui (pii paraît remonter à l’époque la [)lus reculée (3j. Les Grecs exercés savent reconnaître, à l’aide de la sonde, la place où sont enfouis les os et les cendres, mais on comprend sans peine que des vases déposés dans le sol et mêlés aux restes du bûcher soient endommagés |)ar le temps ou n’arrivent au jour que brisés par les explorateurs. Des tombes de cette classe ont pourtant donné de très beaux vases, d’une conservation parfaite. Le voyageur demande parfois où sont les tombeaux des Grecs ; ces tombeaux sont partout, cachés sous le sol; ils se comptent par milliers, mais presque tous attendent encore des explorateurs.
Quelles que soient les dilîicultés que présentent les l’ouilles, elles n’expliquent pas seules le j^etit nombre de vases trouvés eu Grèce. A ta différence de l’Italie la Grèce n’a en longtemps que des archéologues étrangers, (jui faisaient dans le pays des séjours de courte durée. Eauvel, Gropius, lAisicri, Cousinery, Burgon, M. le baron de Prokesh- Osten, M. Forth-B.ouen, d’autres encore, ont rendu des services à la science; mais leurs recherches, si l’on excepte celles de Fauxel, n’ont jamais été longuement suivies. A ré[)oque où fut constitué le royaume
( I) [C’est (ie 1;\ que provient raclinirable lécythe aryballisque publié dans le tome I, p. 37-i,
pl. XII-XIII.]
("2) On sait que sur l'isthme de Corinthe, par exemple, les cimetières sont très dispersés; (piand on commence les fouilles on n’est jamais sùr de rencontrer une nécropole de grande étendue; mais, par contre, il est peu de points en dehors de rancioune ville où l'on puisse affirmer qu’il n’existe pas do tombeaux.
(3j Au mois de juin do cette année 1 1872), on faisait des fouilles aux portes d Athènes, gauche de la route du Pirée; les ouvriers avaient trouvé une nécropole où les vases du plus ancien style athénien, de couleur terreuse, ornés de dessins bistres, n’étaient pas rares. Je n’ai pas vu trace de sarcophages.
PEINTURES CÉRAMIQUES
hellénique, une loi défendit d’exporter les antiquités. C’était réserver à l’État le privilège des fouilles, déeourager les étrangers, forcer les Grecs à ne faire des excavations qu’à la dérobée : l’État lui-même ne profita pas du monopole qu’il se réservait. Aujourd’hui tel est l’effet de la loi, que le possesseur d’un vase, en Grèce, s’empresse de le tenir secret. S’il vous permet de le décrire, il est entendu que le propriétaire ne sera pas nommé. C’est pour cette raison que la plupart des monuments sont publiés avec cette indication si peu conforme aux habitudes de la science : Priüal-Sanunhmg ,co\\qc\\o\\ privée. Toute vente est dangereuse quand le juge peut savoir par un livre européen que tel chef-d’œuvre, depuis transporté en Europe, appartenait autrefois à un sujet hellénique. Dans ces conditions presque personne ne recherche les tombeaux, ou plutôt les fouilles, conduites au hasard, sans contrôle scientifique, sont fivrées à quelques paysans qui en font métier.
Ludwig Ross, nommé conservateur des anticjuités par le roi Othon, ouvrit quelques sépultures, sur lesquelles nous avons des renseignements précis. Ses articles et ceux de Thiersch sont, avec les lettres de Fauvel publiées dans le Magasin encyclopédigae de Millin et les remarques de Stackelberg, ce que nous possédons de plus sérieux sur les découvertes céramographiques faites en Grèce. Après Ross les observations cessent absolument. Son successeur Pittakis, étranger à l’antiquité figurée, s’occupait seulement d’épigraphie. Depuis près de trente ans nous n’auripns aucune remarque scientifique sur les tombeaux ouverts en Grèce, si M. Pervanoglou n’avait adressé (pielques détails précis au journal de Gerhard (i), si M. Koumanoudis n’avait noté, dans les comptes rendus delà Société archéologique d’Athènes, les faits qu’il avait observés.
On ^oit que, jusqu ici, les circonstances n’ont pas été favorables à 1 élude des céramiques de la Grèce. Ce n’est pas là cependant nue raison pour ne pas aborder dès aujourd’hui ce travail. On fera davantage paila suite; le champ de recherches est magnifique : on [mut dès maintenant faire beaucoup.
Les céramiques italo-grecques provoquent une foule de questions
(I) Voir aussi le livre de ce savant sur les Slèlefi des Grecs
zig, 1863, 1 vol. in-S".
ecs anciens conservées à Athènes, Leip-
que les \ascs de la Orèee propre peuvent seuls permettre d’étudier. Après avoir décrit les vases des colonies, le temps est venu de donner à ceux: des métropoles l’attention qu’ils méritent. Se borner à considérer des produits qui sembleut n’ètre souvent que des imitations, sans rechercher les modèles, c’est se condamner volontairement à bien des erreurs. Malgré des dUTicultés qui sont grandes, il est donc évident cpi’il faut aborder résolument l’étude des vases de la Grèce propre, et faire cette étude d’ensemble sur un lai’ge plan. C’est ce qui vient d’ètre bien compris par deux archéologues, M. Ileydemann et M. Benudorf. En 1867 MM. Benndorf, Schbne et Tvékulé, après avoir visité la Sicile, firent en Grèce un long séjour. M. Benndorf forma un i‘ecueil de vases qu’il nous donne sous ce titre : GriecJiische und Sicilische Va^iouhilder . M. Heydemauu, venu quelques mois plus tard, dessina presque exclusivement des vases de provenance attifjue. Il les publie dans un ouvrage intitulé : ('iriecJiiscJie Vasenhilder.
Ces deux recueils in-folio sont accompagnés, le premier de trente planches, le second de douze (1). L’ouvrage de iM. Benudorf, dont deux fascicules seulement ont paru, devrait être continué; mais, de[)uls 1870, la publication pai’aît être suspendue (2). l^es deux parties que nous avons sous les yeux sont entièrement consacrées aux vases de la Grèce propre (3). Les dessins ont été reproduits par la lithographie, qui a donné des planches fidèles; comparés aux originaux, ils satisfont le goût le plus scrupuleux. Rien n’est sacrifié à la convention et c’est là un mérite dont il faut tenir grand compte aux auteurs. On voit déjà que, par la nouveauté et l’étendue, ces deux ouvrages sont de ceux auxquels le public savant doit un accueil sympathique. Nous ne pouvons oublier non plus qu’au lendemain de la mort de Gerhard et d’Otto Jahn, l’Allemagne, qui avait tant fait pour les études céramographiqiies, paraissait menacée de voir cette science abandonnée chez elle. M.M. Ileydemann et
(I) Et une planche .supplémentaire.
{'i) [L’ouvrage a été complété par un 3“ fascicule en 1877 et un i" en 1883.]
(3) L’origine du plat reproduit par la planche vu n’est pas certaine : le musée du ministère des cultes ;i Athènes conserve des objets italo-grecs qui appartenaient autrefois à la reine Amélie; ce monument, toutefois, est, selon toute vraisemblance, corinthien. J’ai vu et dessiné à Gorinthe, cette année, des peintures toutes seml^lables.
8 PEINTURES CÉRAMIQUES
Benndoj-f sont les élèves de ces maîtres illustres ; l’héritage qu’ils recueillent presque seuls dans leur pays est un fardeau que les savants les plus sûrs d’eux-inèmes n’accepteraient pas sans hésitation.
Les deux publications ont un caractère commun. Les auteurs ont réuni des monuments sans suivre aucun ordre; ils n’exposent j)as de doctrine, ils se préoccupent j)eu de la succession des temps; si l’on excepte le chapitre des vases Itlancs dans l’ouvrage de M. Benndorf, il n’y a pas d’étude d’ensemble dans ces recueils. Pour nous guider au milieu de tant de détails, le plus sûr est de demander à ces deux ouvrages quelles sont les questions générales qu’ils permettent d’éclairer par des faits nouveaux; tel est le sujet de ce premier article. Nous grouperons ensuite en plusieurs classes, selon les similitudes et les analogies, les vases principaux dessinés par les deux savants; nous examinerons les opinions qu’ils ont exposées sur ces monuments.
XOMS d’autistes si U LES VASES DE LA GRÈCE PROPRE.
11 n’est pas dans les études céramiques de question plus importante que celle des rapports des artistes grecs et des artistes italo-grecs. Dans quelle mesure les Italo-Grecs ont-ils imité les Grecs? Dans quelle me¬
sure les Grecs ont-ils importé leurs pi'oduits en Italie?
La similitude, des memes sujets dans les deux pavs peut montrer une inspiration commune que personne aujourd’hui n’est tenté de nier; elle ne prouve pas que tels ou tels vases aient été apportés de Grèce en Italie. L analyse des terres, qui a exercé la science de ÎM. le duc de Lu\nes (i), na pas encore permis d’arriver à des conclusions précises. L identité des formes, lors même qu’elle serait constatée pour un grand nombre d exemplali-es, pourrait s’expliquer par la mode, par l’imitation, ou simplement par des préférences de goût que les colonies devaient aux métropoles. Bestent les noms d’artistes. Réunir le plus grand nom-
(1) [Voy. Ammü dell' Inst, arc/i., 183i>, p. U1 et suiv.]
bre po.ssi blc d’ œuvres signées ; constater dans tes deux pays tes memes mar- (pies de fabrique : là est eertaineinent, dans l’état de nos eonnaissances, la méthode la moins inceidaine. iMalheiieeiisement, si l’on eonsidte les ealalognes, on verra que eeux de ees noms qui ont été lus sur des vases de la Grèee proj)re sont très rares. Brunn, en 1869, n’en donnait que six (i). MM. Ileydemann et Benndort, dans différentes parties de leurs reeueils, ont singulièrement enriehi eette liste. Pendant le dernier séjour que j’ai fait en Grèce, j’ai vérifié à peu près toutes les signatures qu’ils ont publiées les premiers. En réunissant les noms donnés par ees deux ouvrages, en les rapprocliant de eeux cjui étalent déjà connus et des signatures trouvées en Italie, il est facile d’en montrer l’importance. J’insisterai d’autant plus sur les faits de cet ordre que, dispersés dans les deux recueils, ils sont signalés [)lutôt qu’étudiés par les auteurs, qui paraissent se réserver d’y revenir et ne veulent pas dès aujourd’hui en déduire toutes les conséquences.
1" XAP^M/V* (2), Xapr,; âypa'l/î. Pyxis rapportée de Corintlie par M. Piot, aujourd’hui dans la collection de M. de AVilte. Style corinthien ancien, du viC' ou du vP siècle. (îuerriers et chevaux accompagnés d’inscriptions (3).
2“ EEIDO/^EPOIE (4), Xeopcov (?) èroiei (5) ou Très petit fragment d’un vase
à peinture noire, musée de l’Acropole d’Athènes. On ne distingue guère avec certitude
(1) Encore dans ce nombre faisait-il entrer Xénophantos; voir plus bas à ce mot.
(2) Revue arch., nouv. série, t. VIII, 11, p. 273, résumé d’une communication faite i)ar M. de 4Vitle à la Société des antiquaires de France; Areh. Zeh., LSdi, pl. 18i, p. 133; Heydemann, p. 10; [cf. le tome 1, p. 232, n» 1; Klein, Mehlerxicjnaluren, 2» édit., p. 29; Ileydemann, Pariser Antiken, lScS8,‘p. 88.] Nous nous sommes rapproché, autant que nous l’avons pu, du fac-similé épigraphi(jue, mais sans pouvoir éviter toujours quelques légères différences. 11 faut se reporter aux dessins de ces vases publiés par les premiers éditeurs.
(3) Palamédès, Nestor, l’rotésilas, Patrocle, Achille, Hector, Memnon, et, parmi les chevaux, Podargos, Balios, Ürion, .Xanllios, etc. Ces inscriptions s’elfacent aujourd'hui, plusieurs sont devenues illisibles.
( t) Benndorf, j)!. xii, tig. 3, jt. 23 et 33; Ileydemann, p. 10; 'Klein, op. /., p. 210.]
(3) Sur la forme qui me paraît plus probable ici, cf. Otto Jahn, Reschreihnn(j dev
Vascnsainndunçj Konig Ludwigs, Einleitung, j). cix et note 787; |cf. Klein, op. L, p. 12. | .M. Egger possède im timbre amphorique qui [)orte le nom du céramiste, suivi du verbe EPOEl 1 Dumont, Inscriptions céruinigues de Grèce, p. 330; Comptes rendus de l Academie des inscriptions et hellesdetlres, 20 octobre, li novembre 1801.) Sur la formule i-o{.r^'zv/ dans les céramiques commerciales, cf. Inscr. céram., p. 00.
PEINTURES CÉRAMIQUES
sur ce morceau de poterie (pie le bord d’un bouclier rond. M. Benndorf lit [Xjstpcov, lecture qu’adopte M. lleydemann (1). L’epsilon au début n’est pas certain pour moi; quant au nombre des lettres (pii manquent à gancbe, nous l’ignorons tout à fait; le morceau sur lequel était écrit le commencement du nom ii’a pas été retrouve. La signature du céramiste Xsqcwv ne doit figurer dans les listes que suivie d un point d interrogation.
3“ EPAOTIM05 iEPOIE^EN (2), ’Epyo-qxo; i-v.r,avK Coupe trouvée à Lgine , autrefois dans la collection Fontana; figures noires sur tond rouge; Hercule et le lion
de Némée, Silène et ses compagnons.
4,0 E;-t-5EI<IA5EnoiE5EN (3), ’E;£/aa? è-oé/jcisv. Petite coupe (4) trouvée à Corinthe, conservée au ministère de l’instruction publiipie à Athènes; de 1 autre côté EC^EOIA^OIOIEC/ (o).
go ;veaP+o5MEAPA©5EA' KAI ... (6), 'Sixo/o; p â'ypaçaev y.x\ [aTCoPoasv] . Fragment d’en grand vase à dessin noir sur un fond do couleur jaunâtre. Quadrige : deux des chevaux portent les noms XAIT05 et EVOOIAL Achille, A+lbE|’j;], tient de la main droite un des coursiers. Ce fragment est très endommagé. Sur un morceau ipii parait appartenir an même vase on lit : HE®A15TOL Le costume d’Achille est celui
(t) M. Heydemann écrit XEIPONEfOIE ["^îvj; cette transcription est arbitraire; le texte porte P etnou P, la petite barre à droite a été indiquée par l’artiste. Pourquoi, si l’on veut se rapprocher du caractère paléographiquc de l’inscription, mettre la forme P et non pas plutôt la forme D?
(!2j Gerhard, Anscrlesene grlechische Vmenhilder, pl. ccxxxvni, t. III, p. !2tit ; Bruno, Geschiclile eler griech. Künstler, t. II, p. 680; [Klein, op. l., p. 67.] Au centre, HEPAKbE$; sur une des faces OPEIOL 0EPYTA! et HbEA'0$, sur l’autre face EA-p E AOKPATE$, NEKAVUOS, +AP1 AEMO$.
(3) Salinas, Arch . Anz., 1863, j). lilO; 1861, p. 123; Heydemann, p. tO ; Benndorf, p. 5i, pl. XXX, Il fl, 11 ê; [Klein, p. 41, n" 10.]
(ij Cette coupc, très sinqjle et sans ligure, est d'un dessin élégant. Voir la planche citée. M. Heydemann, en reproduisant l’inscription, paraît avoir cherché l’exactitude paléographique; cependant il écrit S et non $ ; il arrondit la lettre A ; ce qui est plus grave, il omet la seconde lettre du premier mot.
(3) Cette seconde inscription rentre dans la classe des inscriptions qu’on regarde d’ordinaire comme inintelligibles. H est cependant difticile d'admettre que, d’un côté, Exékias écrive son nom en lettres très lisibles et, de l’autre, trace des caractères sans valeur. [M. Comparetti, Masco ital. di anlkhità, I, p. 232, a proposé de lire : v> oivo[v] l'ouv, in qua vinum fundant.] On remarquera ici trois fois la syllabe 01 et deux fois la syllabe E N. Nombre de vases qui, comme celui-ci, ont la forme de coupes à boire, présentent des inscriptions oii la même syllabe est répétée plusieurs lois, comme si i’artiste avait voulu reproduire quelqu’un de ces refrains de cantilène où 1 on n entend que les sons sans distinguer les mots. Les Grecs modernes ont des refrains de ce genre, et 1 on s’étonne, dans leurs fêtes, qu’ils puissent les répéter durant des heures sans se lasser d’une monotonie insupportable aux Européens.
('6) Benndorf, pl. xui.
tl
du gupi’i'ier de Marallioii; le dessin est du plus beau style aucieii. M. Beniidorr a publié p(‘u de fragments plus remar(|uables (1).
()“ SIKVOES FAP . . . (2), â'yLpy.'scsvj. Plaque de terre cuite, musée de l’Acro¬
pole; ligures noires sur fond rouge. Cette jilaque est brisée : il en reste quatre morceaux sur les(|uels on distingue Minerve casipiée, couverte de l’égide, de la main ganclie tenant les rênes d’un cbar, de la main droite une lance; devant le cliar qui marelle à droite, Mercure regardant à gauche. Monument ancien d’un beau style. [Une seconde plaque d’un style semblable a été trouvée depuis sur l’Acropole; elle représente Hercule près du quadrige d’Athéné précédé par Hermès. Inscription : H05I<V©E$ EAPA455E/^, ô ^y.'jf)r,; j'ypaipcsv; cf. le tome I, pp. 345, 356 en note, et Klein, p. 49. |
7" TSIMOA^SIAAMMBrPA®^ (3), y.' â'ypai'pe. Sorte de bouteille à long-
col, trouvée à Cléones, anjonrd'bni au musée de la Société arcbéologi(|ue d’Athènes. Style ancien de Corinthe; viC ou vP siècle. Achille en embuscade pour surprendre Troïlos. [Une jdaquette peinte, avec la signature de Timonidas, a été trouvée dcjiuis à (iorinthe; elle représente un chasseur avec son chien; cf. Klein, p. 28, n" 1; Furtvaengler, Beschreih. der Vas. im Antiq., n” 846 ; (iollignon. Monuments ijrecs, 1882-1884, p. 31; Anùke Denhnaeler des Inst., I, pl. 8, n“ 13.]
8° TUE50NH0NEAPX0En01E5EN (4), lArj'jwv 6 Nsipyol’j) iizoirinzv . Petite coupe trouvée à Corinthe ou à Cléones. Pour toute décoration un bélier; peinture noire sur fond ronge.
9” MOTAMA'lAOd^AnM’ . (5), inscription écrite de droite à gauche, [twjv Ilaasou ypag.g.aTCüv. Plaque de terre cuite consei’vée au musée de l’Acropole. Le fragment est petit; on y distingue une lance, un bouclier et le derrière d’une tête. Peinture noire sur fond rouge. M. Benndorf, pour justifier sa restitution, cite cette ex[»ression de Pansanias, X, xxv, i ; diy.vj.y. ypy/pà; v/ov twv IIo>.’jyvwTO’j, et ailleurs, X, xxxvii, i : i'pyov Tcov llpaa-ré).^^;. Ces rapprochements ne rendent pas conqde de la difficulté. Dans les deux passages de Pansanias, qui sont très clairs, il s’agit des élèves de Polygnote et de ceux de Praxitèle. Lors même qu’on admettrait la restitiition [vwjv, et qn’on traduirait les élèves de Paséas, il resterait à com[)rendre le mot ypag.p.aTtov. M. Benndorf propose une seconde restitution, plus complète (jue la première : vorP ir:-\ ypag.aa veov lla<7etou ypag-g.arojv : ce dessin est de ceux de Paséas, conjecture beaucoup plus vraisemblable que la première. Quoi qu’il en soit, et bien qu’il semble impossible de
(1) U y a encore traces de quelques lettres : sous le poitrail d'un des chevaux P ... ; derrière Achille X; [d’après Klein, KAA-î;]].
(2j Benndorf, jil. iv, p. IS; lleydemann, p. Il; [Klein, ji. 48.]
(3) Jtev. ojrli., nouv. série, t. Vlll, n, p. 275, conmiunication de .M. de Witte la Société de s antiquaires de France; Arch. Zeit., I8H3, pl. 175, p. 57 ; Arch. Anz., IHOO. p. 1 13; lleydeniann, pji. 6 et 1 1 ; [Klein, p. 29, n“ 2; voy. le tome 1, p. 234.]
(U ’E(pT|a. àp/. 1852, n. 1132; Rangabé, Ant. Unit., n. 3(i9 ; /iidt. de l'Insl. de covr. arcli., 1 849, p. 73; Arc/o An;., 18i9, p. 35; Brunn, t. 11, p. 738; lleydemann, p. 1 1; [Klein, p. 73, n» 18.]
(5) Benndorf, pl. y, lig. 5, p. 20; lleydemann, ji. 11 ; i Klein, ji. 49.]
PEINTURES CERAMIQUES
reiroiiver l'iiiscriplion qu’avait composée l’artiste Paséas, il est certain pour nous que ce fragment, dont l’importance n’échappera à aucun archéologue, conserve le nom d’un céramiste. Il est précieux à uu autre titre. Le mot ypxp.p.y.Ty. est employé ici dans le sens du verhe ypacpco; nous pouvons le regarder comme synonyme de la formule jypaie. Paséas dit ypy.g.gxry. et non ypaipaf, au contraire de Pausanias, dans le passage cité plus haut; les ypag.gxTx sont les lignes, les ypacpai les pointures. Le mot ypagaxTa désigne ces traits cà la pointe ([uo l’on remarque sur un si grand nombre de vases, qui arrêtent les contours et précisent l’anatomie des personnages; les ypaçat sont les touches colorées, les teintes noires, violettes, blanches, appliquées au pinceau. Sur les vases d’ancien style, à ligures noires, les ypaggara à la [)ointc sont l’œuvre d’un artiste, beaucoup plutôt que les peintures appliquées souvent avec une grande négligence. Tout céramiste n’était ]»as capable de tracer ces traits avec talent; le moindre potier mettait les couleurs. Le verhe fut sans doute employé souvent pour désigner
toute la partie matérielle du travail céramique; il devint une signature de fabri([ue, tandis que la formule â'ypx'k fut réservée au dessinateur, à l’artiste (I).
iO” XEH5;En0IE5EN (2), X£>a: iT70''r,'7£v. Fond de coupe appartenant à M. Rhousopoulos, à Athènes.
11“ NlKOSOENE^MEnOIESEN (d), Nixo-ï^evr,; g’ sttoEc'tsv. Pied de vase conservé à l’Acropole.
12“ PAMEDE5EnOE5E (4), £ro[L]r,(7£ (5). Sorte d’alabastron, à Athènes,
collection particulière. Ce vase provient de la Réotie, peut-être de Thespies. La descri[)tion de M. Ileydemann est insuflisante. 11 se borne à dire que la couleur est passée, que l’ornementation consiste en bandes ou rainures; il n’ajoute rien sur le style du monument, sur sa couleur primitive, sur celle de la décoration; enlin il n’indique pas si l’inscription est peinte ou gravée (6). Je n’ai })U parvenir, à Athènes, à découvrir le [tossesseur de ce vase; mais on ne se trompera ])as, je crois, en admettant que ce
(1) Un (les céramistes qui accompagnaient Démarate, quand il vint de Corinthe à Tarqninii, s'appelait, dit Cline, Ivjypaaaoç, celui qui sait tracer de belles lignes. Ce nom, conservé par la légende, s’c-splique par le sens qu’avait alors le mol ypagaaTa, les traits, le dessin.
(2) Benndorf, p. 52; [Klein, p. 117, n“ 5.]
(3) Benndorf, pl. xxviii, 11“ 22 ; [Klein, 1». 71, n" 78.]
(i) Heydemann, p. lü, jd. ix, tig. 7 pour l’inscription.
(0) L’inscription, d’après le fac-similé, est intacte; je donne la restitution de M. lleydemann, mais mieux vaudrait lire 1Ix;j.£û£; ir.âzaz. Le double a. de IIa;j.ar,ôr|; est-il nécessaire? Les mots lla!i.r,;, Corpus inscript., 4987, 4992, Corpus inscript., 2338, et d’autres
encore, autoriseraient il est vrai qu’on trouve lIaa.a.£VT,î, I14;j.ar,;, Ilâagwv, etc. La
plupart de cos noms sont orientaux. Là serait peut-être l’intérêt du vase, si nous en avions une description suftisante. [L’auteur a rectifié lui-même ces lectures erronées dans une note placée à la lin de cet artichî. La véritable lecture est TAMEDES, CxariSri;, dérivé, d’après iM. Rayet, de yé, |j.r,6fj;j.a',. Voy. le tome I, p. 289.]
(6) <( Der Schmuck der Vase bestebt in mehreren Ornamenlstrcifen, die sauber eingoritzt sind; im mittleren steht der Name des Künsllers. » [L'inscription est gravée à la pointe. Ce vase appartient au .Musée Britannique; voy. tome I, p. 290, fig. 33; Klein, op. /., p. 31, n“ 2.
DK LA GRÈCE PROPRE
moiiumont osl d’un (rav'ail commun, sams caractère précis, évidemment sans figure et, du moment (juo nous devons nous borner aux quel({uos détails donnés par le premier éditeur, de peu d’importance pour nous.
13° EriA$ErPA... (1), 'llyia; âypx'lev. Petite coupe à figures rouges, trouvée en Attique. Victoire accompagnée de l’inscription NIKE, [tendant deux vases à un homme nu qui porte un strigile et un lécythe]; assez bon travail.
14” HIHN04EP0IE5EN (2), 'Dàvo; iT:oir,nev. Alabastron trouvé en Attique, autrefois dans la collection de Creuzer, aujourd’hui au musée de Carlsruhe. Figures rouges (3).
15“ <t>5l A-fSlEAPA't’SIEN, WiyX eypa^cTev. Même vase ([ue le précédent.
16” ZENO't’ANTOSiEnOlHSIENAOHN . . . (4), Sevorpav-o; £7roé/;(7ev ’A0r,v[7.îo;] (5). Aryballe orné de figures en relief, peintes et dorées, trouvé h Panticapée, aujourd’hui au musée de rErmitage. M. Stepbani en a donné plusieurs reproductions exécutées avec le plus grand soin et qui permettent d’étudier tous les aspects du monument [Antiquités du Bosphore Cimmérien, pl. xlv et xlvi). Les bas-reliefs représentent le combat des Ariniaspes et des Griffons.
En résumé, seize noms d’artistes trouvés dans la Grèee propre.
ont été lus jusqii’iei sur des vases