‹ Les céramiques de la Grèce propre (volume 2)Chapitre 39 sur 48 · II. — PIEDS DE MIROIRS · texte numérisé non relu

II. — PIEDS DE MIROIRS

M. Mylonas a publié en 1875 dans VArch.. Zeitung, pl. 14, et en 1876 dans ses 'EAV/ivi'/.à /caTOTTTpoc, les dessins de pieds de miroirs que M. Chaplain avait exécutés à Athènes et qui furent alors libéralement communiqués au savant grec j»ar .M. Dumont (1). La reproduction lithographique de ces dessins a été fort médiocre et l’on jugera beaucoup mieux de la beauté des exemplaires grecs dans les planches gravées par M. J. Jacquet. M. Mylonas comptait à cette époque 9 pieds de miroirs trouvés en Grèce. M. Dumont, en 1877, n’en connaissait que deux nouveaux (2). Je rappellerai brièvement ces onze monuments avant d’énumérer les additions nouvelles qui montrent combien le nombre de ces antiquités s’est multiplié depuis treize ans. J’ai'rive, en effet, à un total de 40 monuments.

1. — Aphrodite tenant une pomme. Style archaïque de la fin du vi® siècle. Acropole

d’Athènes. Au musée de la Société arch. d’Athènes. Mylonas, 'EA),r|Vi,xà y.âTo:iTpx, p. 27, n“ 14; Arch. Zeit., 1875, pl. 14, n“ 2; Bernoulli, Aphrodite, p. 44, n® 17. Voy. notre pl. XXXII.

2. — Aphrodite tenant une colombe; deux sphinx en pendant de chaque côté de sa tète et

soutenant l’attache du miroir. Style de la fln du vi' siècle. Corinthe. Au Ministère des Cultes d’Athènes. Mylonas, 'ET.'X. xâT., p. 26, n" 13 ; dreé. Zeit. 1875., pl. 14, n" 1; Bernoulli, Aphrodite, p.44, n“ 16. Voy. notre pl. .X.XXIII.

3. — Aphrodite tenant une pomme; au-dessus de sa tête deux Eros volant. Style de la pre¬

mière moitié du v® siècle. Corinthe. .\u musée de la Soc. arch. d’Athènes. Mylonas, 'Eaa. y-i-.., p. 25, 11“ 12, pl. F; Bernoulli, ihid., p. 44, n“ 15. Voy. notre pl. .X.X.XIV.

4. — .\phrodite, la main gauche sur sa poitrine, le bras caebé sous la draperie; deux Eros

(1) Voy. ci-dessus, p. 174, note 4.

(2) Voy. p. 201.

MIROIRS TROUVES EN GRECE

volant. Beau style du v' siècle. Pas de provenance indiquée. Au musée de la Soc. arch. d’Athènes. Mylonas, ibid., p. '24, n" 11. pl. B; Bernoulli, Aphrodite, p. 83, n° h. Voy. notre pl. XXXV.

O. — Type analogue au n“ 2. Provenance douteuse, peut-être Sicile. Au Musée de Berlin, Mylonas, ibid., p. 28, n° 15; Beger, 7'hesaurus Urandenburg., iii, p. 301; Friederichs, Kleinere Kunst imd Industrie, p. 2i, n” 9.

fi. — Analogue au type d’Aphrodite tenant une fleur ou un fruit et relevant sa draperie. Style archaïque. Les deux mains sont brisées et grossièrement restaurées en plomb. Au musée de Berlin. Mylonas, ibid., p. 28, iP Ifi; Friederichs, ibid., n” 10.

7. — Vype analogue au n“4; les deux Éros manquent. Larissa en Thessalie. Au musée de

Berlin. Mylonas, p. 28, n" 17; Friederichs, n° 11 ; Bernoulli, p. 83, n° 4.

8. — Poignée de miroir ornée d’un relief. Éros jouant avec un cygne. Au musée de Berlin.

La provenance en est inconnue et l’authenticité douteuse. On le compare à une poignée analogue, conservée au Musée Britannique {.irch. Zeitung, 1870, pl. 32), dont le relief représente Vénus enlevant Adonis. Mylonas, p. 28, n" 18; Friederichs, n“ 11 a.

9. — Aphrodite tenant une colombe et relevant sa draperie; disque uni. Grèce. Stackelberg,

Græber der IlelL, pl. 74, n° 5 ; Mylonas, p. 28, n” 19 ; Benndorf, A?'ch. Ze/L, 1868, p. 77, n“l ; Bernoulli, op. p. 82, n® 2.

10. — Le mirv)ir de Sunium décrit plus loin dans les acquisitions du Musée Britannique.

Signalé par MM. Mylonas et Dumont, ci-dessus, p. 201.

11. — Un miroir analogue vu à Athènes par M. Dumont en lS7fi, mais non décrit. Voy. cidessus, p. 201. Il est probable qu’il doit être identifié avec un des numéros suivants.

Voici maintenant les monuments publiés depuis ou inédits dont j’ai pu faire le relevé. Je les énumère aussi par ordre de musées et de collections.

Au Musée de la Société archéologique d’Athènes :

12. — Aphrodite drapée, debout, la main droite ouverte et étendue, la main gauche abaissée

et relevant la draperie. Le disque est conservé : sur le pourtour, trois colombes, un coq et un lleuron. Base circulaire avec trois griffes de lion. Beau style archaïque. Hermione. Mylonas, ’Fcpr,ajpl; ioyxuAoy . , 1881, p. 78, n“ 1.

EL — Aphrodite drapée, debout, la main gauche étendue, la main droite sur la hanche. Au-dessus de sa tête, deux Éros volant. Sur chaque côté du pourtour du disque, deux lièvres courant et deux fleurons; sur le sommet, deux coqs affrontés. Base circulaire avec trois griffes de lion. Beau style archaïque. Kypsélis, en Attique. Ibid., p. 79, n" 2.

LE — Aphrodite drapée, debout, coiffée du polos, avec deux tresses de cheveux retombant sur les épaules, tenant de la main droite avancée une grenade, touchant de la main gauche le bord de sa draperie qui colle en gaine contre les jambes. Style archaïque du VI® siècle. Léonidion. Haut. 0,269. Invent, du Mus. 2363. Il était autrefois au Ministère de l’Instruction publique.

Au Musée d’Olympie :

15- — Aphrodite drapée, debout; sur la tête une palmette qui formait l’attache avec le disijue disparu. Base circulaire à trois griffes de lion. Beau style archaïque. Fouilles d'Olympie. Mylonas, àp/., I88i, p. 80, n® 6.

Au Mu sée du Louvre :

EL — Disipie avec poignée terminée par un anneau qui servait à accrocher le miroir. La poignée représente une femme vue de profil, avec les cheveux retombant en tresse dans

ou DE FABlilCATlUN GRECQUE.

le dos,- le bras collé au corps et tenant nne couronne ronde (même détail dans une statuette archaïciue d’OIympie qu’on interprète comme une Euménide, mais peut-être à tort; Baumeister, Denkmüler des kl. Altert., p. 1 104 U.) La tunique collée contre le corps est décorée d’ornements gravés à la pointe ; écailles sur la poitrine, enroulements sur les jambes et dans le bas deux petites zones superposées contenant un coq et un oiseau volant. Style arcbaïquo du vC siècle. Corinthe. Inv. du Musée, MNC. lOil ; haut. O.-ISo; diam. du disque 0,20.

17. — Aphrodite drapée, debout, tenant de la main droite une Heur, le bras gauche avancé;

tuni([ue collante serrée à la taille par un lien, indication des plis en zigzags gravés à la pointe (travail analogue à notre pl. xxxii), chaussures à pointe légèrement recourbée. La statuette est debout sur un tabouret à 4 pieds en X, terminés par des sabots de cheval. Le disque, orné de i)erles sur le pourtour et de petits cercles gravés en bordure sur la partie plate, ne i)araît pas appartenir au pied. Style archaïque de la fin du vC siècle. Thèbes. Inv. du Musée, MNC. 992; haut. 0,40; diam. 0,10.

18. — Aphrodite drapée, debout, tenant une colombe de la main droite avancée, relevant sa draperie de la main gauche; les yeux sont incrustés d’or. Au-dessus de sa tête deux Eros volant. Disque uni avec bordure de perles. Base ronde sans pieds. Style du début du v“ siècle. Environs de Corinthe. Inv. du Musée, MNC. 313; haut. 0,33; diam. 0,10.

19. — Aphrodite drapée, debout, tenant de la main droite écartée du corps une tleur, la main gauche avancée ; au-dessus de sa tête deux Éros volant. Sur le pourtour du disque trois chiens courant, deux lièvres, un coq et, sur te sommet, un sphinx de face aux ailes déployées, avec un anneau pour prendre le miroir et le déplacer ou l’accrocher. Base circulaire avec trois gritfes de lion. Style du v'" siècle. Grèce. Inv. du Musée, MNC. 1022; haut. 0,31; diam. 0,143.

20. — Aphrodite drapée, debout, tenant une fleur de la main droite avancée, relevant de la main gauche sa draperie. Sur la tête attache du disque qui a disparu. Base absente. Style du v' siècle. Grèce. Inv. du Musée, MNB. 998; haut. 0,325; diam. 0,17.

21. — Aphrodite drapée, debout, la jambe gauche fléchie, la main gauche élevée vers la tête,

le bras droit brisé (elle se regardait probablement dans un miroir) ; au-dessus de sa tête deux Eros volant. Sur le pourtour du disque deux chiens courant, un lièvre, deux rosaces, un fleuron et sur le sommet, un sphinx de face aux ailes déployées avec reste de l’attache pour l’anneau qui servait à prendre le miroir et à le déplacer. Base circulaire à trois gritfes de lion. Style libre du v” siècle. Corinthe. Inv. du Musée, MNC. 943 ; haut. 0,34 ; diam. 0,14.

Au Cabinet des Médailles de Paris :

22. — Aphrodite, drapée, debout, tenant une colombe de la main droite avancée, relevant

de l’autre main sa draperie. Sur la tête, l’attache du disque qui a disparu. Style du v° siècle, travail lourd. Acheté autrefois en Grèce. Le Bas et Reinacb, Voyage archéologique en Grèce, 1888, pl. 107, n® 2. On ne savait pas où avait passé ce pied de miroir. Je l’ai retrouvé au Cabinet des iMédailles, dans la collection Oppermann, n" 47. 11 porte encore sous le socle cette indication manuscrite : Ph. Le Bas, Morée.

23. — Aphrodite drapée, tenant une colombe dans la main droite, relevant sa dra})erie de

la main gauche. Sur la tête, l’attache du disque qui a disparu; elle porte une palmette gravée au trait. Base absente. Haut. 0, 1 i. Provenance inconnue, travail grec, .\ncien fonds, n" 3328.

Au Musée de Lyon :

2 4. — .-Xphrodite drapée, debout, tenant une fleur de la main droite avancée, relevant sa draperie de la main gauche; au-dessus de sa tête deux Eros volant. Disque uni et bordé

MIROIRS TROUVAS EN GRÈCE

de perles. Rase ronde sans pieds. Reau style du v« siècle. Corinthe. Autrefois dans la Colleclion Caslellani, Catalogue de vente illustré, 1884, n» 265, pl. 6; Kluegmann, Arch. ZeiL, 18711, p. 200; Bernoulli, Aphrodite, p. 83, n° 3. M. Rossbach, Griech. Antiken in lireslau, p. 36, note 1, fait erreur en attribuant ce miroir au Musée Britannique.

Au Musée Britannique :

Miroir signalé plus haut, p. 201, sous le n° 11. Aphrodite drapée, debout, tenant de la main droite avancée une colombe, relevant sa draperie de la main gauche; au-dessus de sa tête deux Éros volant. Disque uni. Base ronde sans pieds. Beau style du v“ siècle. Sunium. Gazette archéoL, 1876, p. 40, vignette ; Newton, A ÿw/r/e /o the bronze room, 1871, p. 13; Bernoulli, Aphrodite, p. 83, n® 5.

25 et 26. — Deux autres pieds de miroirs analogues au précédent, sans Éros volant. Newton, ihid., p. 13; Bernoulli, ibid., n“* 6 et 7; L. von Sybel, Weltgeschichte der Kunst, p. 138 , fig. 118.

27. — Autre pied offrant quelque analogie avec notre pl. xxxii, d’après la description de Bernoulli, p. 83, n° 8 ; la main tient une fleur. Autrefois à Corfou.

Au Musée de Berlin :

28. — Aphrodite drapée, debout, tenant de la main droite avancée une pomme, relevant sa

draperie de la main gauche; au-dessus de sa tête deux Éros volant. Sur le pourtour du disque un chien courant, un lièvre, deux coqs et au sommet un fleuron. Base ronde à trois griffes de lion. Mégare. Fraenkel, Arch. Zeitung, 1879, p. 100, pl. 12; Saglio, Dict. des nntiguités grecq. et rom., I, p. 1598, fig. 2149; Baumeister, Denkintiler des kl. Altertums, p. 1691, fig. 1773.

29. — Aphrodite debout, drapée, tenant de la main droite avancée une colombe, relevant de la main gauche sa draperie; sur la tête attache du miroir qui a disparu. Invent, du Musée, 6376. Acquis à Athènes en 1874.

Au Musée de Breslau :

30. — Aphrodite drapée (Athéna d’après M. Rossbach), debout, diadémée, avec des tresses

de cheveux retombant sur chaque épaule, tenant de la main droite avancée une fleur, relevant de la main gauche sa draperie qui colle en gaine plate sur les jambes. Le disque a disparu; l’attache est formée par deux demi-corps de cheval ailé placés à l’envers. La base a disparu. Style archaïque duvF siècle. Grèce. Rossbach, Griech. .bitiken in Breslau, p. 36-40, pl. Il, n“ 1.

Au Musée de Copenhague :

31. — Aphrodite debout, drapée, la main gauche sur la poitrine, sous le rabat de sa tunique,

la main droite sur la hanche. Base à trois pieds ornée de griffes de lion et de tètes de sphinx. Le disque détaché existe au Musée; il est orné d'une guirlande de lierre incrustée en argent. Beau style du v“ siècle, .\ttique. Rayet, Monuments de l'art antique, pl. 22. Type tout à fait analogue à notre pl. xxxv.

Dans des collections particulières :

32. — Aphrodite drapée, debout, tenant de la main droite une fleur, relevant sa draperie de la main gauche; au-dessus de sa tête deux Éros volant. Style archaïque. Provenance inconnue. A Richmond, en Angleterre, chez M. Francis Cook. Michaelis, Ane. Marbl. in gréai Britain, Richmond, n" 34; Fraenkel, Arch. Zeit., 1879, p. 204.

ou DE FABRICATION GRECQUE.

33. — Même attitude; la main droite porte une colombe. Sur le pourtour du disque deux

chiens poursuivant deux lièvres. A Francfort sur le iMein, chez M. Milani. Ihid., p. 204.

34. — Aphrodite drapée, debout, la main droite avancée et ouverte (tenant un gland

d'après M. Lenormant), la main gauche relevant le pli de la draperie. Le disque n’es lias conservé, sauf rattache en forme de palniette sur laquelle sont encore fixées les ailes des deux Éros qui volaient auprès de la tête de la déesse et qui ont disparu. Base circu laire avec trois griffes de lion. Beau style du v" siècle. Provenance inconnue, travail grec. Lenormant, Collection Dnluil, Catalogue de vente illustré, 1879, n“ 37, pi. 9. M.Fraenkel, Arch.Zcit., 1879, p. 100, ne voit pas de gland dans la main de cette statuette. 33. — Aphrodite drapée, debout, tenant une tleur de la main droite, relevant sa draperie de la main gauche; au-dessus de sa tête, deux Éros volant. Sur le pourtour du disque deux lièvres courant et deux fleurons ; sur le sommet, double sphinx aux ailes déployées. Autrefois dans la Collection Bammevüle, Catalogue de vente, 1881, p. 9, n° 9; Gazette des Beaux-Arts, 1878, ii, p. 110.

36. — Aphrodite drapée, debout, diadémée, les cheveux en masse plate dans le dos, tenant de la main droite avancée une pomme, relevant sa draperie de la main gauche. Base circulaire avec trois griffes de lion. Style du v° siècle. Mégare. Autrefois dans la Collection Gréau, Catalogue de vente illustré, 1885, n“ 608; Duruy, Hist. des Grecs, ii, p. 290.

37. — Aphrodite drapée, debout, tenant de la main gauche avancée un miroir, portant l’autre main à ses cheveux; au-dessus de sa tête, deux Éros volant. Sur le pourtour du disque deux lièvres poursuivis par deux chiens, deux coqs affrontés, séparés par un fleuron. Base circulaire avec trois griffes de lion. Beau style du v“ siècle. Corinthe. Collection Gréau, n” 609, pi. 12.

38. — Éros détaché d’un miroir analogue, les bras écartés, ailes brisées. Ibid., n” 610.

39. — Aphrodite drapée, debout, la main gauche portée à la chevelure, le poing droit fermé (qui portait un miroir disparu). Sur le pourtour du disque, deux lièvres courant. Base circulaire avec trois griffes de lion. Style du v“ siècle. Attique. Autrefois dans la Collection Hoffmann, Catalogue de vente illustré, 1888, n“ 417.

40. — Aphrodite drapée, debout, la main droite avancée (traces d’un accessoire disparu), relevant sa draperie de la main gauche; au-dessus de sa tête deux Éros volant. Base ronde sans pieds. Sur le pourtour du disque deux chiens poursuivant deux lièvres, deux rosaces et, sur le sommet, deux coqs. Haut. 0,33. Vu à Paris chez M. Feuardent.

On a parfois rangé dans la catégorie des pieds de miroirs quelques statuettes d’hommes nus, les pieds joints, les bras élevés symétriquement et soutenant l’attache en demi-cercle d’un objet disparu (1). On connaît actuellement par de nombreux monuments de la sculpture archaïque, appartenant au vj° et à la première moitié du v” siècle, cette sorte de pendant masculin à la figure de femme drapée (2). Si l’on donne à celle-ci le nom d’Aphrodite, on est conduit à voir Apollon dans les statuettes d’hommes nus. Mais il paraît aujourd’hui probable que ces désignations pèchent par excès de précision. A cette époque, la même formule plastique pouvait servir indillé-

(1) Cf. Carapaiios, Dodone, pl. xn, ii”® 1 et 3; Curlius, Arcli. Zeitunff, 1881, pl. 2, n” l, p. 25; Ausgrnbuw/cn zu Ûli/inpiu, iv, jil. 22, n”® 2 et 5; llolleaux, llnll. de corr. hell., 1887, pl. 12; Slepliani, Compte rendu de Saint-Pétersbourg, 1877, pl. 1, 11“ 9.

(2) Colli^rion, Gazette ardu’ologique, 1886, p. 239; llolleaux, Ihill. de corr. hellén., 1886, p. 2/1; 1887, pp. 177, 276; 1888, p. 403; l'urlwaengler, article Apollo dans le Lexikon der Muthologic de Roscher, pp. 449-452.

MIROIRS TROUVÉS EN GRÈCE

remment aux représentations d’Aphi’odite, d’Athéné, de toute antre divinité on même d’une simple mortelle. Sauf la présence d’attributs typiques, il n’y avait pas non plus de différences entre un Apollon, un mort héroïsé ou un athlète vainqueur. C’est donc sous toutes réserves que l’on doit em])loyer les noms d’Aphrodite et d’Apollon appliqués aux supports de bronze.

Quel que soit le nom adopté, il n’en est pas moins intéressant de noter cette parité des motifs dans la grande sculpture et dans l’industrie des petits bronzes, à l’age archaïque. Reste à savoir si les statuettes d’hommes nus sont bien des supports de miroirs? Par un hasard malheureux, aucun de ces monuments provenant des pays grecs n’a été trouvé intact : l’ustensile auquel la ligure était adaptée est toujours absent. Mais jusqu’à présent les pieds de l’homme ne reposent jamais sur une base solide, comme la plupart des femmes décrites plus haut. C’est donc plutôt une poignée qu’un sujiport, et cette circonstance paraît d’abord donner raison aux archéologues qui supposent un poêlon, une large phiale, un récipient quelconque, mais non point un disque de miroir, à l’extrémité de ce manche (1). Il n’en est pas moins vrai qu’on doit admetti’e en Grèce, dès le vC siècle, l’emploi de miroirs à poignée ornée d’une statuette, faits pour être posés à plat sur une table, comme nous l’avons remarqué plus haut au sujet des ligures féminines (p. 243). Si l’on examine les miroirs étrusques, dont la structure est le plus souvent inspirée par des types helléniques, on constate que le miroir à simple poignée y est très fréquent (2) et que précisément le corps d’homme nu s’y rencontre parfois adapté en guise de manche (3). Le même motif sert ailleurs à former les anses de grands vases de bronze (4). Il est donc probable qu’en Grèce, comme en Etrurie, ce sujet décoratif de l’homme nu aux bras élevés symétriquement était appliqué à toutes sortes d’ustensiles; on en faisait des anses de vases, des manches de poêlons, des poignées de miroirs. On ne peut caractériser nettement la destination de ces statuettes que lorsqu’on trouve le monument entier, en bon état de conservation.

(1) De Witte, dans l’ouvrage cité de Carapaiios, p. 182; Treii, dans le te.vte des Ausgrabunyen , p. 17, II® 5; Stephani, dans le Compte rendu, 187(1, p. viii.

(2) Voy. Gerhard, Etniakiache Spirgel, I, pl. 2:1 à 30.

(3) Ibid., pl. 30, n“® 2 et 3.

(4) Museo Gregoriuno, pl. 56, n®^ 3 et 3^^.

JiUSTES DE MARBRE TROUVES EN GRÈCE

Planches XXXYI-XL

Page 1