‹ Les céramiques de la Grèce propre (volume 3)Chapitre 25 sur 29 · Cerf, Mycènes, fig. 376 (Ij · texte numérisé non relu

Cerf, Mycènes, fig. 376 (Ij

Deux cerfs all'ronlés, Myc, lig. 2()'(-. 265.

(1) Statiiellc, aIlia,L;c d'argent et (le plfuiil), qnatiièmo l()nil)e;m.

Lion, Mijc, fif^, 263-532; lions conniiils sur iiik; conpc! d'o)-, W'^. 477.

Deux aigles allVoulés, Mijc, fi^. 480. Doux canards allrontés, Myc, lig. 274.

Deux chouettes alTrontrcis ; divers oiseaux, seuls ou allrontés, sur métal.

Oiseaux sur un vase se rapprochant do la fornic 3, Pl. 1 ; six. tombeau.

Griffons, fig, 261, 272.

Sphinx; dragon à écailles, fig. 451.

Poissons passant, autour d'un gobelet d'or. Mi/c, fig. 317.

Les objets de métal qui portent ces animaux sont en général travaillés au repoussé.

5. Combats d'animaux. Quelques exemples : sur deux plaques d'or au repoussé, lion dévorant un quadrupède, fig. 470, 471 ; autour d'un vase, trois lions courant.

6. Figure humaine. La figure humaine est i-are à Mycènes; on y remarque des petites figures d'or au repoussé, représentant grossièrement des femmes qui portent les mains à la poitrine et qui ont un oiseau sur la tète, il///c., fig. 267, 273; voir encore, fig, 292, broche d'or qui porte une figure humaine; trois scènes qui représentent des animaux courant; un homme dans un char précédé d'un écuyer, fig. 24, 140, 141.

De la revue rapide que nous avons faite de ces types d'ornementation, il résulte un premier fait, c'est que les motifs qui tout d'abord se ressemblent le moins, offrent cependant, dès qu'on les regarde de près et qu'on les classe avec méthode, de nombreux détails et des principes semblables. Les catalogues descriptifs que nous avons soumis au lecteur porteront, croyons-nous, la conviction dans tous les esprits. Les objets de pierre, d'or, d'argent, de terre cuite, sont de la même époque; d'une façon générale, l'unité de la collection est incontestable, et ce n'est pas là une considération qui soit d'une importance médiocre, surtout si on se rappelle avec quelle hésitation beaucoup d'archéologues ont commencé à étudier ces antiquités.

Les plaques sculptées des tombeaux portent des personnages et des animaux, des chars d'une facture très originale; mais on remarque sur ces plaques l'ornement en forme d'S horizontal, identique dans les moindres détails, qui ne sont pas fortuits, à celui que nous voyons sur les feuilles d'or ; les spirales s'y rencontrent aussi. Le système entier de décoration est celui que nous venons de décrire sous le nom de type de Mycènes. Le papillon est un des sujets les plus particuliers de la collection de Mycènes ; mais, outre qu'il figure sur des feuilles tout à fait pareilles à celles qui portent la pieuvre, il présente de plus des an-

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tennes dont les spirales sont celles mêmes que nous remarquons sur un grand nombre d'objets où l'ouvrier se borne au style géométrique ; il en est de même des huit tentacules de la pieuvre traités avec raideur et terminés par des enroulements qui rappellent un grand nombre de plaques décorées de simples spirales : la parenté est évidente, et il est impossible de ne pas reconnaître la même main. Les animaux sont souvent dessinés avec une rigidité qui indique l'influence du style géométrique. Les motifs formés de simples combinaisons de lignes droites ou courbes, et ceux qui sont empruntés aux règnes végétal et animal, se confondent parfois si entièrement qu'il est difficile de les bien distinguer. On ne saurait dire toujours par exemple si nous avons sous les yeux des tentacules, une tige ou une ligne courbe terminée par un enroulement. Enfin les morceaux d'ai'chiteclure qui proviennent du monument connu sous le nom de Trésor d'Atrée, bien que traités avec beaucoup plus de soin et de talent que la plupart des petits objets, n'ont aucun motif de décoration que ces objets ne présentent. Sans multiplier ces rapprochements, il est donc tout à fait exact de dire que les trésors, les stèles funèbres, les plaques, les rondelles, les étoiles de métal, que la plupart des objets enfin, s'ils ne sont pas d'une même époque étroitement définie, appartiennent du moins à une même civilisation.

Nous devons maintenant comparer ces motifs de décoration à ceux des céramiques précédentes. Les motifs de la première classe sont une réj)étition et un développement des spirales et des enroulements que nous avons déjà vus à Santorin et à Lalysos, dans ce dernier centre de découvertes surtout ; mais l'art de Mycènes, outre qu'il leur donne des formes beaucoup plus régulières, les varie davantage et trouve un grand nombre de combinaisons nouvelles. Ce qui le caractérise encore, c'est le goût de la symétrie la plus sévère. Il suffirait, croyons-nous, d'étudier ces combinaisons de volutes et de spirales pour reconnaître un état de civilisation beaucoup plus développé qu'à Santorin et à lalysos, un état à quelques égards déjà vieilli ; cette exactitude rigoureuse des types et ces assemblages recherchés d'éléments simples ont dû demander de longues années.

Ces dessins, en |jarticulier ceux qui procèdent du ruban décrivant des courbes et des spirales, sont lourds et chargés; ils nous donnent

l'idée d'un goûl (jui recherche [)lnlôl h» eomplicalion que l'élégance, ({ui orne les plus petits objets à |)rol"iision au lieu de se borner à l'essentiel, et qui préfère le nombre à la (jualité. l'ai- là encore nous constatons que nous avons sous les yeux la dernière transformation d iinc industrie ou d'un art qui, dans cet ordre, ne trouveront plus rien qui ait une valeur. Ainsi s'explique l'impression (jue les objets de Mycènes firent d'abord sur plusieurs savants, (jiii les rapportaient beaucoiq) plus facilement à une civilisation de décadence fju'à une industrie ju'iiiiitive.

Dans la seconde classe, nous retrouvons la tige portant une série de feuilles opposées comme à Santorin. La grande (leur- à plusieurs bouquets(i) est plus riche, mais appartient au môme type que le n" i^dela planche II. Sur beaucoup d'objets, la rosace est celle-là même que nous avons dessinée Pl. III, fig. 8.

Le lecteur aura remarqué, dans la troisième classe, la pieuvre et la pourpre. Ces sujets sont souvent traités de la même manière à lalysos et à Mycènes, et, comme il est peu probable que des motifs aussi particuliers aient été imaginés par deux civilisations tout à fait distinctes, ils suffiraient à indiquer des rapports 'entre les deux populations qui paraissent les avoir reproduits à profusion.

Ainsi, que l'on considère les formes des vases ou les motifs d'ornementation, il est impossible de méconnaître les ressemblances qu'offrent entre elles les trois céramiques. Les différences ne sont pas moins remarquables .

Au contraire de ce que nous constatons à Santorin et à lalysos, la population à Mycènes était arrivée à un haut point de richesse et de puissance ; elle possédait des moyens industriels déjà avancés, surtout pour construire des murs et des trésors : elle avait une civilisation développée : on se figure très bien cette ville comme la capitale d'un empire primitif. Elle fabriquait elle-même beaucoup des objets dont elle faisait usage : on a retrouvé des matrices (jui servaient à couler les ornements (2); des pierres qui n'ont pu être apportées toutes sculptées du dehors, celles des tombeaux par exemple et des fragments du trésor d'Atrée, conservent la même décoration que les bijoux. Il fallait une

(1) Mijcèncs, fig. 23:2-!233. Myk. Thuwj., pl. H.

(2) Mijrhicx, fig. 1G!2-Iti3, etc.

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expérience déjà longue pour décorer avec une entière sûreté des pierres aussi dures que celles qu'on employait à Mycènes. L'abondance des objets d'or et d'argent est remarquable. On a rarement constaté une masse plus considérable de métaux précieux réunie sur un même point. L'or était répandu à profusion sur les armes, sur les vêtements; on l'employait pour les vases d'usage ; il servait à faire de grandes plac{ues cju'on plaçait sur la poitrine; on le découpait en colliers, on le travaillait au repoussé, on l'étcndait en feuilles minces, rondes ou rectangulaires, qui étaient ensuite fixées sur les étoffes ; des feuilles également très minces recouvraient la figure des morts et en modelaient les principales saillies.

Quels que soient l'éclat et la richesse de cette civilisation, les principes de décoration que nous avons vus dans les chapitres précédents suffisent à explicjuer ceux cjue nous constatons ici. Nous ne faisons que retrouver quelcjues-unes des étapes d'une même industrie que l'avenir nous permettra de mieux connaître. Encore incertaine à Santorin, plus développée à Lalysos, elle arrive à Mycènes au genre de perfection qu'elle peut atteindre. C'est ce qu'enseigne le progrès des formes, qui toutes dérivent des mêmes origines, et d'une partie de l'ornementation cpii ne fait également que développer, perfectionner, puis compliquer un certain nombre d'éléments primitifs. Cependant l'influence asiatique est aussi certaine ; elle n'est pas continue, elle n'est pas prépondérante; il est aussi difficile d'en marquer les limites avec précision que d'en méconnaître l'importance.

Un ])euplc aussi riche avait des relations maritimes forcées ; d'où aurait-il tiré tant de métaux précieux et d'autres matières premières qui n'existent pas en Grèce? Il est, du reste, une classe de bijoux qui diffère, à mon stîns, beaucoup de l'art de Mycènes : ce sont des bagues, des pierres gravées, des coulants d'or qui servaient de colliers. Un des coulants d'or qui ont été recueillis dans le troisième tombeau représente un lion ; un autre, uu liommc luttant contre un lion, sujets que nous trouverons plus loin, aussi bien en Assyrie qu'à Chypre et dans tous les pays qui ont subi l'influence orientale (i). La pierre gravée sur la-

(1) Mychics, lig. Un Irtiisic'iiu;, deux hoiunies lullaiii.

TYI'K 1)1-; MYGÈNES.

ao

quelle on voit un veau allallé [)<iv niu' saclic [)i ('scnt(î une scène (juc l'ai l ultérieur va souvent reproduire ( i). Les bagues du (piati'ième sépulcre : — deux personnages sur un (;hai'dont l'un chassant à l'arc, et un combat de quatre j)ersonnages — sont d'un art très particulier (2). Il en est de même de l'anneau qui porte trois femmes, le soleil, la lune, un grand arbre, divers autres objets (3) et du cachet sur lequel on voit des tètes de vaches et des symboles difficiles à reconnaître (4).

Le sphinx et le griffon sont également des motifs que nous sommes habitués à retrouver dans les premières civilisations orientales : le sphinx en Egypte, le griffon en Assyrie. Il en est de même des animaux passants, sur plusieurs de ces vases. Le geste de la femme qui porte les deux mains à la poitrine se voit en Asie sur un grand nombre de monuments. Les chevrons rapprochés et la rosace sont des ornements qu'on a coutume d'appeler assyriens, qui, dans tous les cas, paraissent être asiatiques. On remarquera aussi l'usage d'affronter deux animaux pareils.

La perfection même de la tête de vache en argent à cornes d or découverte dans le quatrième tombeau (5) paraît indiquer une origine étrangère. Les peintures égyptiennes connues sous le nom d'Hoskins représentent des tributaires tenant à la main des têtes semblables (6). Une tête de vache est gravée sur une bague du premier tombeau (7), bague que nous considérons comme étant de provenance asiatique (8).

Le beau cratère en alb;\tre, à trois anses, du quatrième tombeau (9),

(1) M>/chies, îï'^. 175. Cette gemme ne provient pas d'un des tombeaux; mais ce style de gravure a été constaté dans les tombeaux. Voy. fig. 31o, S*" tombeau, biche allaitant un faon. Le sujet reproduit par la fig. 175 se retrouve sur les plus anciens didrachmes de Corcyre.

[i) My cènes, fig. 334-335.

(3) Myc, fig. 530.

(4) Fig. 531 et les remarques de M. Sayce sur ces deux dernières bagues. Voir encore fig. 313, pierre remarquable représentant un homme et une femme d'un style très original.

(0) M y cènes, fig. 3:27.

(6) Hoskins, Travds in, Etiuopia, Londres, 1835, p. oîJS et suiv.

(7) Mycènes, fig. 531.

(8) Grand nombre de tètes de vaches d'or très mince, fig. 329-330, Myc, p. 298; double hache entre les cornes. Même représentation sur une pierre gravée provenant de VHéraion d'Argos, Myc, fig. 5il . ïète de vache sur une plaque d'or, à côté d'un lion, fig. 471. Ce symbole paraît avoir eu une grande importance.

(9j Myc, fig. 356.

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est également, croyons-nous, une œuvre d'importation. Il ne saurait v avoir doute pour un œuf d'autruche orné de dessins, ni pour plusieurs fragments de porcelaine égyptienne (i).

De tous ces objets d'origine étrangère, les plus importants sont sans contredit les bagues et les pierres gravées qui permettent d'établir des rapports entre les antiquités de Mycènes et les plus vieilles civilisations de l'Asie occidentale, celles des Babyloniens, des Chaldéens, des Hittites. Nous n'avons sur ces ra|)ports que des indices, mais ces indices sont certains (2).

Pour nous borner en ce moment aux seules comparaisons archéologiques, nous pouvons préciser ainsi nos conclusions : 1" Unité générale de la collection de Mycènes;

2" Rapports évidents de cette civilisation avec celles de Santorin et d'ialysos ; développement de certains principes de décoration nettement définis auxquels nous ne connaissons aucune origine étrangère ; nécessité que cette civilisation ait eu derrière elle un assez long passé. Elle indique une grande richesse et une non moins grande puissance;

3" Relations avec l'Orient; importation d'objets asiatiques, imitation des types qu'ils fournissent ; présence possible d'ouvriers étrangers, malgré la prédominance nationale.

A la fin de cette première partie, nous verrons s'il est possible d'arriver à une précision plus grande, et de trouver les rapports de ces objets avec l'histoire.

Vases de Mycènes trouvés en dehors des tombeaux.

En dehors des tombeaux, sur les vastes espaces que les fouilles ont remués, on a trouvé un certain nombre de vases et surtout une quantité considérable de fragments. Ces poteries, conservées au Polytechneion d'Athènes, forment une des collections les plus précieuses que nous pos-

(1) Myc, fig. 350, 352 et p. io9.

(2) Yoir l'opinion do M. Saycc, Mijchm, p. -ii8.

sédions pour l'histoire des plus anciennes céramiques des pays grecs. Elles appartiennent à des types varies et aussi à des époques difierentes. Nous y remarquons tous les styles depuis ceux d'ialysos, de Spata et même de Santorin, jusqu'au style corinthien primitif. Ce sont les témoins

des civilisations qui se sont succédé à Mycènes jusqu'au premier tiers du siècle, époque où la ville fut abandonnée (468). Nous aurons occasion de rappeler plusieurs de ces poteries dans la suite de cette étude. Nous devons tout au moins signaler dès maintenant les types principaux : I. Coupes à une anse et à pied élevé, fréquentes; terre en général

Kig. 33.

très fine ; forme élégante; c'est le type d'ialysos, fig. i, mais à une anse.

2. Type d'ialysos, fig. g et lo. Ces formes se trouvent à Mycènes, à Argos et dans toute cette région.

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