CHAPITRE II
TYPE DE SANTORIN
Nous nous occupons, dans cc chapitre, seulement de ccun: des vases de Santorin qui ont été trouvés sous la pouzzolane et qui sont considérés généralement comme appartenant à la population qui habitait rîle avant le cataclysme qui a donné naissance à la baie actuelle. Ces vases ne sont guère connus que depuis 1866. La collection la plus complète est celle que M. Burnouf a formée à l’Ecole d’Athènes, à la suite des fouilles entreprises par MM. Gorceix et Mamet (i). Nous donnerons un catalogue sommaire de cette collection en renvoyant, quand il y a lieu, aux vases semblables et de môme provenance que nous connaissons |)ar des publications antérieures ou que nous avons pu examiner dans divers musées. Les recherches de MM. Gorceix et Mamet ont été les dernières; elles avaient été précédées, en 1866 et 1867, par celles de jMM. Nomikos, Alafousos, Ghristomanos, auxquels s’était associé, je crois, M. de Hahn, et par celles de M. Fouqué.
Tout ce qu’il importe de rappeler pour le moment, c’est que les premières découvertes de vases eurent lieu à Thérasia, dans un terrain appartenant à M. Alafousos, et non à Santorin; commencées par M. Nomikos, elles ont été continuées par M. Fouqué.
Les secondes fouilles de M. Fouqué ont eu lieu au sud de l’île de Santorin, près du village d’Acrotiri. Elles ont donné presque tous les vases que ce savant a rapportés à Paris.
Le mémoire de MM. Gorceix et Mamet n’a pas encore été publié ;
(I) Gorceix el Mamet, Bulletin de T École française d’ Athènes, 1870, Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. LXXIII, p. 476. Mamet, de Insula Thera. Paris, 1874.
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LES l’LUS ANCIENNES CERAMIOüES.
il est résume dans un ouvrage récent de M. Fouqué (i). Quelques-uns des faits qu’il contient doivent être rappelés ici, pour que l’on comprenne les provenances qu’indique le catalogue. Toute la collection de l’Ecole d’Athènes a été découverte à Aerotirl, mais sur trois points, au haut du vallon, à yo mètres plus bas et sur la falaise au nord-ouest du ^illage. Au premier point, les explorateurs ont mis au jour un corps de hrdiment composé d’au moins trois pièces qui se relient aune quatrième par un couloir; 70 mètres plus bas, trois chambres et des murs d’une attribution incertaine; enfin, au nord-ouest, un corps de logis conq)osé d’au moins deux j)ièccs et d’une sorte d’écurie ou d’étable. C’est à ces trois origines que reuvoient, dans le catalogue, les indications : premières^ secondes^ troisièmes fotfiHes.
l^es vases ont été découvei’ts brisés et souvent rapportés incomplets. M. Burnouf a rapproché avec beaucoup de soin les fragments qui apj)artenaient à un même vase et reconstruit les foianes en renqjlissant les vides à l’aide de plâtre. Sans ce tra^ aiI préalable, tout essai de catalogue ('ut été Impossible. Il a aussi dessiné la collection entière. Il faut souhaiter qu’elle soit publiée. Les deux planches f[ue nous donnous ne présentent que les types prljici|)aux, et le commentaii’e qui suivra n’est fait (pi’au point de vue d’une histoire générale des céramicpics de la Grèce. Il laisse nécessairement de coté nn grand nombre d’observations de détail où la science trouverait profit. Toutefois, comme la collection de l’Ecole d’Athènes, souvent visitée, n’a jamais été ni publiée ni décrite, h' catalogue suivant intéressera, croyons-nous, les archéologues (3) :
1. PI. I, fig. 1. Gobclcl, haut. 0, 20, diam. 0, M ; terre grise; cassure grise; parois très-milices; pied creux; à fiutéi’ieur ou remaïque une série de cercles placés horizontalement les uns au-dessous des autres, ils indiquent que le vase est fait au tour. L’attache du pied et du vase est irrégulière; nomhreuses traces d’inexpérience. (Troisièmes fouilles, au N. O. d’Acrotiri.) Même forme, Fouqué, S/niforiir pl- XLl, fig. 3.
q) Saiilo)-/!) et ses érti/jlions, Paris, Masson, lS7!t, p. 108 et suivantes. J’ai dù à rohligeance (le M. FuiKpic communication du memoire manuscrit de MM. Gorceix et Mamet.
(2) Pour la hihliographie des ouvrages relatifs à Santorin, voir Fompié, oatv. cité, p. xxxi
et XXXII.
TYPE DE SANTORIN
2. PI. I, fig-. 2. Terre grise; haut. 0, 29; deu.x appendices à droite et à gauche, non percés; entre chaque appendice deu.x côtes longitudinales; bords épais; vase lourd et résistant. .Même forme, Fouqué, oiivr. cité, pl. XLI, fig. 2.
d. Autre exemj)laire, haut. 0, 27 ; meme terre, même forme, sauf que la partie supérieure est plus bombée. Les deux appendices à droite et à gauche sont traversés par un trou qui pouvait servir à supendre le vase.
4. Tioisième exemplaire; haut. 0,28; terre du même genre mais plus blanche, forme moins régulière: les deux appendices ne sont pas percés.
fiG. :t3.
f). Quatrième exemplaire; haut. 0,8(3; terre de même genre; appendices percés; on ne remarque pas traces d’usure sur les bords des trous; forme longue.
6. Fl. I, fig. 3. Haut. 0,22; jilus grande circonférence, 0,30. Fond gris ; décoration au })inceau de couleur brune; teinte continue de cette couleur sur le rebord supérieur du col, et à l’attache supérieure de l’anse; cercle à la partie inférieure; tache sur le milieu môme de l’anse; collier autour du col formé de six taches jirincipales encadrées au haut et au bas par un pointillé; deux mamelons saillants colorés de même et entourés dTin pointillé de la même teinte; à la hase trois lai'ges cercles irréguliers. (Premières fouilles dans la seconde pièce.) Môme forme, Fouqué, pl. XLI, fig. 4.
LES PLUS ANCIENNES CÉRAMIQUES
1. Même forme; haut. 0,25; terre un peu plus rose; principe de décoration semhlable; couleur un peu plus foncée; deux cercles seulement à la hase. Des deux côtés du col, à l’attache de l’anse, demi-cercle avec un point au milieu.
8. Même forme; la partie qui subsiste a 0,20 de haut.; le vase entier devait mesurer 0,30 ; terre grise, différente de celle des deux exemplaires précédents. .Je ne retrouve aucune trace de couleur; les deux mamelons au haut de la panse sont légèrement indiqués.