CERCLE AGRICOLE DE STE-MARIE (BEAUCE
Ce Cercle ne compte que quelques semaines d'existence, et déjà une centaine de cultivateurs se sont inscrits sur la liste des membres actifs.
A sa première réunion, M. l'abbé Chaperon, €uré de Ste-Marie, a parfaitement démontré les avantages matériels et le but moral des cercles agricoles. Il a été suivi par M. H. J. J. Duchesnay, qui n'a pas été moins heureux dans ses remarques. Les réunions fréquentes, rendues instructives et intéressantes au moyen des conférences et des discussions, serviront de point de ralliement aux sociétaires.
On est bien décidé dans cette paroisse de briser avec les vieilles pratiques routinières qui ont fait de l'agriculture un métier plutôt qu'un art. La culture des racines fourragères, et l'élevage en grand du bétail, pour le commerce d'exportation : tels sont les sujets mis à l'étude et que les membres devront résoudre à la grande satisfaction de tous.
La devise de ce Cercle est : u Dieu et Patrie."
Le 30 Janvier 1881, le Cercle a élu pour ses officiers de l'année les messieurs suivants :
Président honoraire, M. l'abbé Chaperon.
Président actif, M. G. N. A. Fortier.
Vice-président, M. J. Jalbert, sr.
Secrétaire, M. H. J. J. Duchesnay.
Censeur, M. Léon Lacroix.
Trésorier, M. J. Lavoie jr.
Le cercle a adopté le règlement et programme suivants :
1° L'amélioration de la condition matérielle et intellectuelle de la classe agricole.
2° Le concert dans tou tes les circonstances se rapportant à l'agriculture.
3° La diminution du nombre de procès, en faisant soumettre autant que possible les difficultés entre les membres à des arbitres choisis parmi les membres euxmêmes.
4° La résolution de faire respecter les lois et ordonnances utiles à l'agriculture et de favoriser l'éducation.
5° La culture des racines fourragères et l'augmentation proportionnelle du bétail amélioré.
6° L'essai en petit chaque année de nouvelles plantes, de nouveaux instruments aratoires pratiques ou de nouveaux systèmes, puis d'en venir rendre compte au cercle.
1° D'assister aux séances mensuelles et de prendre part aux discussions.
8° Enfin de payer chaque année la souscription fixée par le Cercle, laquelle devra servir à des prix pour les améliorations les plus intelligentes et les fermes les mieux tenues.
M. H. J. J. Duchesnay, l'actif secrétaire du Cercle de Ste-Marie, nous écrivait récemment :
a Tout en se soumettant à ces diverses clauses qui ne sont que des accessoires, le cercle n'a eu qu'un seul but : celui d'arriver
par le plus court chemin possible à faire de cette paroisse une vaste ferme d'élevage de bestiaux destinés à la boucherie et au commerce d'exportation.
44 Nous ne sommes qu'à deux heures de l'endroit d'embarquement, à Lévis, des bestiaux exportés en Europe et nous voulons profiter de cet immense avantage ; nous ne voulons plus que les fermiers d'Ontario soient les seuls à profiter de ce commerce rémunérateur
44 Le premier de février, le Père Laçasse vint inaugurer nos séances,'en donnant une conférence des plus intéressantes sur l'agriculture et la colonisation et nous encourager dans nos projets.
44 Le 27 du même mois, une autre séance nous vit discuter sur l'opportunité d'essayer de la culture de la canne à sucre et du blé d'Inde comme plante fourragère, ainsi que cela se pratique avec tant de succès ailleurs, et sur l'achat de nos graines de semences que l'on nous offre à grande réduction sur les prix payés d'ordinaire pour chaque individu.
44 II fut résolu de faire ces essais, et de suite un bon nombre de membres se sont volontairement présentés pour tenter l'expérience et ont promis de venir rendre compte des résultats à l'automne."