‹ Les cercles de Paris, 1828-1864Chapitre 31 sur 69 · I.B JOCKBT-CLUB lit · texte numérisé non relu

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mière table vont parfois passer leur soirée à l'Opéra, aux Italiens on dans le monde, et il y a encore, de neuf à onze heures et demie, un moment de calme dans les salons.

Le billard est souvent occupé , les tables de jeu sont en permanence, et les plus sages devisent autour des cheminées.

A la sortie des théâtres , le cercle s'anime dune vie nouvelle, tous les habitués de l'Opéra et des Italiens yiennent prendre l'air des salons; on juge le ballet en vogue, on parle des jambes de mademoiselle X... t des panaches de madame Z... et des mille cancans parisiens.

A lune des dernfrres premières une dame du monde qui sait son Jockey par cceur s'évertuait à nous montrer aux stalles d'orchestre et dans lee loges les membres probables du noble cercle. Elle prétendait qu'une tradition d'élégance , spéciale au Jockey, peut, en outre du cachet de distinction personnel à chaque individu, servir à faire reconnaître les membres de l'élégante corporation.

Voici la formule : le cou très-dégagé , — la cravate presque entièrement recouverte par un col immaculé, — le collet du frac entièrement plaqué sur

ISO CERCLES PARISIENS

la naissance des épaules, — le gilet fortement échancré, découvrant le plastron de la chemise et Rattachant par trois boutons , — une grande sobriété de bijoux et le chapeau légèrement incliné à quarante* cinq degrés, — un air imperceptiblement tapageur tempéré par une suprême élégance.

Avant 1848, l'administration du cercle se chargeait de louer pour chaque représentation, en dehors des loges personnelles aux titulaires , trente fauteuils d'orchestre qu'on mettait à la disposition des membres. Cet usage a été abandonné depuis, et le vrai public des premières se recrute bien plus parmi ce monde spécial dont le théâtre est la vie que parmi les membres de l'élégante société. On peut dire pourtant que le Jockey y est toujours représenté. C'est au sortir de ces solennités qu'on juge, autour de la cheminée, la portée littéraire des pièces, le jeu des acteurs, la beauté des actrices.

On doit constater dans les habitudes du cercle un changement notable qui s'est produit dans les dix dernières années. Le Parisien attardé qui longe le boulevard à, des heures crépusculaires et voit briller la lumière des lampes à. travers les fentes des épais rideaux, s'imagine qu'on remue l'or sur les tapis verts, et que le soleil éclairera les salons avant qu'ils soient vides. Erreur ! — On est très-rangé au Jockey,

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