‹ Les Césars du troisième siècleChapitre 20 sur 32 · VI. — LA FOI ET LA GNOSE · texte numérisé non relu

VI. — LA FOI ET LA GNOSE

« Trois choses appartiennent à notre philosophie : d'abord la contemplation, ensuite l'observation des préceptes, et enfin le soin de former des gens au bien. Ces trois choses réunies forment le gnostique. » Stromat. II, 10 {inyrinc.).

La gnose fidèle n'est qu'une démonstration scientifique ('e7:t<TTYi[iLovtxyî à::ôSei^t;) de ce qu'enseigne la vraie philosophie. Nous dirons donc : c'est une méthode qui, s'appuyant sur les points admis, nous amène à une foi certaine sur les points mis en question. » (Et tout ce qui suit) II, 11, in princ.j p. 381 .

« Il a été dit : « Il a été donné à qui a déjà » (Luc XIX, 26), c'est-à-dire à la foi, la Gnose ; à la Gnose,Ma charité; à la charité, l'héritage... Le premier progrès esl celui qui se fait du paganisme à la foi, le second de la foi à la Gnose. » Strom. VII, 10.

« L'homme spirituel (-veuftaTu-o;), le gnostique est le disciple du Saint-Esprit, celui à qui Dieu enseigne quelle est la pensée du Christ. Il est opposé au psychique {animalis homo) qui ne reçoit pas ce qui vient de l'Esprit Saint» (ICor. xi, 14).

a La foi commune (/.oîvyî ::i<TTt!;) est le fondement, la perfection gnostique est l'édifice ; l'une est le lait qui nourrit les enfants ; l'autre est la nourriture qu'on donne à ceux qui ont grandi » (Voyez I, Cor. m, 1 , 2, 3) Strom. V, 4, in fine.

« Quelques-uns disent que la foi vient du Fils, la

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gnose de TEsprit-Saint, mais ils ont tort » et tout ce qui suit. V. 1 , in princip.

g VII. —PERFECTION DU GNOSTIQUE.

« Vous Tavez mis un peu au dessous des anges » {Ps. VIII, 6). On entend cette parole, non du Seigneur, quoique lui aussi se soit revêtu de notre chair, mais de l'homme parfait et gnostique qui, vivant dans le temps et revêtu de la chair, est par là abaissé au dessous des anges. » Strom. IV, 3, p. 417.

ce Le gnostique avance dans Tintelligence de l'Évangile, non-seulement parce qu'il se sert de la loi (juive) comme d'un degré pour y arriver, mais parce qu'il s'unit ù la loi et en pénètre le sens, tel que l'a transmis aux apôtres le Seigneur qui nous a donné les deux Testaments. » IV, 21 {inprinc).

Le gnostique n'est pas mû par la pensée de la récompense ou de la peine : « La vertu dont le seul mobile est l'amour et la recherche du bien en lui-même est celle

qu'il faut attendre du gnostique II ne lui convient

pas de désirer la science de Dieu pour une utilité quelconque, pour que telle chose arrive ou n'arrive pas. Pour lui, le seul mobile de la contemplation est le désir de connaître.... J'ose même dire que ce n'est pas dans le désir d'être sauvé qu'il embrasse la Gnose, mais bien pour la science divine que la gnose lui révèle » . Ibidem 22 {in princip.).

Voyez encore sur la perfection du gnostique le ch. 23 qui finit ainsi : « Ceux qui sont en mer sur un navire

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maintenu par une ancre tirent Tancre à eux, et alors, au lieu de mettre l'ancre en mouvement, ils se tirent euxmêmes jusqu'auprès de l'ancre. Ainsi ceux qui par la voie gnostique cherchent à attirer Dieu à eux^ sans le savoir, s'attirent eux-mêmes à Dieu. Qui honore Dieu s'honore lui-même. Dans la vie contemplative, qui vénère Dieu prend soin de lui-même. »

C'est là qu'il est question de l'impassibilité du gnostique, qui est un peu trop semblable, au moins dans les termes, à l'impassibilité des stoïciens.

Ailleurs : « Le gnostique est seul saint et pieux, seul il rend à Dieu un culte digne de Dieu. Et celui qui est digne de Dieu est nécessairement ami de Dieu et aimé de Dieu. y> Vil, 1 .

ce Je tais le reste en rendant gloire à Dieu. Mais je dis que les âmes gnostiques, s'élevant par la hauteur de leur contemplation au dessus de toutes les sphères de sainteté

(uTîepêatvo'iaaç fixâaTTi; àytaç TaÇeu); ttqv ::o>.tT6iav) entre

lesquelles se partagent les demeures bienheureuses des dieux (des élus) * ; ces âmes réputées saintes entre les saints, élues intègres parmi les plus intègres, transportées en des lieux meilleurs parmi les meilleurs ; n'embrassant pas seulement la divine contemplation en un miroir ou à travers un miroir, mais participant à cette nourriture dont les âmes aimantes sont insatiables; demeureront pendant les siècles infinis glorifiées dans l'identité de l'universelle suprématie (-rxiTOTYiTi t^ç 'inepo-

i Ce terme se trouve ailleurs : m Notre habitation future en Dieu avec

les dieux (xaràOcou furdc 0«4»v) On appelle du nom de dieux ceux qui

deviennent les assesseurs (cuvôpovoi] des autres dieux qui les premiers ont été appelés par le Sauveur ». Vil. 10.

j^*^; aicaa'nç TeTÎ[i.Yi[i.€va(; Siafiéveiv) . Telle est Cette contemplation saisissable seulement par les cœurs purs. Telle est cette action du gnostique parfait, qui s'approche de Dieu par la médiation du Pontife suprême et qui, dans la mesure de sa puissance, s'assimile à Dieu par le culte qu'il rend à Dieu Le gnostique est à luimême son auteur et son créateur (éaurov xTtCfit xal Syi- (jLioupyit). Semblable à Dieu, il perfectionne même ceux qui l'entendent, assimilant autant qu'il se peut l'impassibilité que ses efforts lui ont fait acquérir à l'impassibilité innée de Dieu. » Strom. V, II, 3.

« La mort sépare l'âme du corps, et la gnose, elle aussi, qui est une mort spirituelle, sépare l'âme de ses passions ; elle nous conduit à la vie du bien, afin que nous puissions dire librement à Dieu : Je vis selon votre volonté. » Ibid. 12.

(( Quelques-uns souffrent le martyre à cause de certaines joies et voluptés qui les attendent après la mort ; ceux-là sont enfants dans la foi: bienheureux sans doute, mais n'ayant pas atteint l'âge viril de la charité divine, comme l'a atteint le gnostique. Car, dans l'Église comme dans les combats du gymnase, il y a des couronnes pour les enfants et d'autres pour les hommes faits. La charité est digne d'être recherchée pour elle-même et non pour aucun autre motif. » VII, 1 1 .

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