‹ Les Césars du troisième siècleChapitre 3 sur 32 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Commode régnera donc désormais par lui-même, car il ne semble pas qu'un nouveau favori ait succédé aux favoris sacrifiés. Comme chez tous les tyrans, la défiance chez Commode croissait avec les années ; il dut craindre qu'un nouveau Pérennis ou un nouveau Cléandre ne sacrifiât le prince, afin de ne pas être sacrifié par lui. Il se résigna donc à prendre en main les rênes de ce gouvernement, si simple et si facile du reste, que Tibère avait

légué à ses imitateurs.

Toujours est-il qu'à cette époque les proscriptions redoublent. Tous les hommes importants deviennent dangereux, tous les dénonciateurs deviennent dignes de foi. L'histoire ne nous donne guère ici qu'une liste de noms propres. Les deux Préfets du prétoire qui ont succédé à Cléandre, Julianus et Regillus, sont bientôt punis de leur grandeur momentanée. Julianus avait cependant témoigné une rare complaisance : comme il était un jour chez l'Empereur, en grand costume, entouré de ses officiers, Comïïiode par divertissement l'avait jeté tout habillé dans la

piscine où il se baignait; puis ravaitfait danser nu devant les dames du palais, le visage grimé et des cymbales à la main. Des familles meurent tout entières : deux Silani et leurs enfants, trois Petronii dont un était beau-frère et un autre neveu du Prince, Pactumeius Magnus et sa famille *, Julius Proculus et sa famille ^ ; et enfin Annia Faustina, cousine de Marc-Aurèle, déshonorée, puis proscrite par le fils de Marc-Aurèle. A Emèse, Julius Alexandre voulut, dit-on, se révolter contre les meurtriers impériaux. Assailli dans sa chambre, il sut se débarrasser d'eux, s'élancer à cheval, et s'enfuir chez les Parthes. Un jeune homme, son ami, fuyait avec lui, mais, le voyant épuisé de fatigue et hors d'état d'aller plus loin, Alexandre ne voulut pas le laisser en arrière ; il aima mieux le tuer et se tuer avec lui. On vit encore périr les enfants de ce Cassius qui avait jadis conspiré contre Marc-Aurèle; Marc-Aurèle les avait, non-seulement épargnés, mais laissés parvenir aux honneurs; et, au début de son règne,

* V. Digeste 92, De vulgari etpupillari suhstitutione (XXVIII, 5.) Sa fille Magna proscrite avec lui se fit passer pour morte et reparut depuis en Asie.

« Nous avons l'épi taphe d'un de ces proscrits dont la mémoire fui réhabilitée après la mort de Commode.

M. ANTONII ANTII LVPI PR...

CVIVS MEMORIAM FER VIM OPPRESSI IN

INTEGRVM SECVVDVM AMPLISSIMI 0RDINI8

CONSVLTVM HESTITVTA EST SEPVLORVM AB EO COBPTVM

CLAUDIAE REGILLAE VXORI ET ANTIAE MARCELLINAE FIL.

PIETATIS SVAE ERGA EVM TESTIFICANDAE GRATIA ET

NOMINIS EIVS IN PERPETVVM CELEBRANDI PERFECERVNT ATFINES

M. VALERIVS BRADVA ET ANTONIA VITELI.IA.

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