DES FAMILLES ROMAINES
Note de la page 367.
Ce dépérissement et ce prompt renouvellement des familles romaines peut être confirmé ici par une courte notice sur quelques-unes des familles qui ont joué un rôle sous les empereurs ; Touvrage, malheureusement non encore terminé, deDrumann (Histoire de Rome), donne tous les détails désirables sur une grande partie des familles notables de Rome au temps de César et d'Auguste. Je prends son travail pour point de départ, et je cherche à le compléter de mon mieux ; soit pour la partie qu*il n'a pas encore traitée, soit pour les années qui sont en dehors des limites de son sujet. J'ai déjà indiqué les trois âges de l'aristocratie romaine : 1** le patriciat, l'ancienne et fondamentale aristocratie, déjà bien diminuée de nombre vers la fin de la république; 2** la nobilitas, composée de familles plébéiennes qui arrivèrent aux honneurs quand les honneurs furent ouverts à la plebs ; S** les fafmilles nouvelles, qui n'arrivèrent aux honneurs que sous les Césars.
J'indique d'abord le nom propre de la famille {nomen gentilitium), puis le surnom {cognomen) souvent variable qui servait à distinguer les branches.
Famille* ipairlelensMii
/EMILII. 1** Le;)Û2fi.— «Famille féconde en bons citoyens» (Tacite, Ann. \i. 27) garde quelque gloire sous les empereurs. — Le triumvir Lepidus ; SCS deux petits-neveux consuls; l'un d'eux «capable de gouverner l'em* pire » (Tacite, Ann. 1. 13). —Un autre Lepidus, pauvre, demeure liono-
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rabledans sa paavreté, dit Tacite, Aaa. m. 32. — Mais uneLepida, petite-fille de Sylla et de Pompée, accusée d'adultère, d'empoisonnement (an 20), est convaincae et se donne la mort (Tacite, m. 22). — En 35, une autre, femme de Drusus, fils de Germanicus, aecusatrice de soa mari, accusée d'adultère avec un esclave, se donne la mort ( Tacite, vi. 23. UO). — En 39, Marcus Lepidus, petit-fils d'Auguste, beau-frère de Galigula, est mêlé à toutes les infamies de ce prince, conspire contre lui avec Agrippine et Julie, et a la tête tranchée,— En 66, une Lepida, accusée d'inceste (Tacite, vi. 18).
2^* Scaurù — Famille d'une illustration assez récente, quoique patriclenne et d'une origine antique. Au commencement du va* siècle leur aieul était marchand de charbon (Aurel. Yict YaL Max.). — Un M. Scaoms, pris et gracié à Actium. — Mamercus Scaurus, son petit-fils, orateur et poète, accusé sous Tibère de lèse-majesté, d'adultère et de sortît^, se tue (an 34} (Tacite, vi. 29), le dernier de sa race (Sénèq. , Suasor. 1. 56).
CLAUDII (Glodii). — Nerones sive Pulchri, Famille d'origine sabine (Atta Glausns), aristocratique et arrogante (Appios Glaudius, décemvir), redoutée même du sénat, malirailant les tribuns ; jamais un Glaudios accusé ne prit le deuil ; jamais avant l'empereur Néron, un étranger ne fut admis par adoption dans la famille GUudia (Suet., in Tiber. 1, in Glaud. 39, in Nerone, 6. Tacite, Ann. i. ti. xiL 25). — Appius Glaudius, censeur au temps de Gicéron. — Publius Glodius, l'ennemi de Cieéron, se {ait plébéien et tribun (K. p. lli et 353). — Un Glaudina, adopté dans la famille Livia, est père de Livie, femme d'Auguste ; celle-Gî fait adopter par Auguste les deux fils qu'elle avait eus de Tiberius Glaa* dlus, son premier mari. — Ges deux fils furent l'empereur Tibère (Tiberius Glaudius Nero), et son frère qu'on sumonmia Drusus. — La race de Tibère s'éteint dans son petit- fils, tué par Galigula. — Gclle de Drusos dans les enfants de Germanicus (entre autres Galigula) et dans ceux de Glatide ; Britannicus fut le dernier des Glaudius. — Une Glaudia Puldura, sous Tibère (an 26), condamnée pour adultère.
CORNELII. l"" Sulla, — Plusieurs Sylla, consnls^aa de Rome 749, ans de J.-G. 33, 52. — An 17, un Sylla exda do sénat, pour sa mauvaise conduite.— An 62, Publius Sylla» gendre de Glaude, exilé k Marseille par Néron, y est tué par l'ordre de ce prince (F. p. /i42).
2° Scipianes descendant, peut-être par adoption, des anciens Scipions; consuls en 57 et 68; ne jouent qu'un assez faible rôle. «^Gésar allant faire la guerre contre Métellus Scipion, en Afrique où l'on disait que le nom des Scipions était fatalement vainqueur, pour détourner le présage, emmène avec lui un Scipion, homme fort méprisé, surnommé Salndon, du nom d'un bouffon auquel il ressemblait (Suét., in Gaesar. 59). — Pub. Gorn. Scipion, mari de la première Poppée, auteur de la proposition an sénat en faveur de Taffrancbi Pallas ( Tacite, Ann. xi, 3. 4. xu. 55. XIII, 25);
APPENDICE àU TOME PREJUIER. 527
3° Lentuli — ^Tous orateurs distingués (Tacite, de Orator. 57). — Pub. Lentulus Sura, complice de Gatilina {V, p. 6/i, 65 et s.)* — I>eux Lentulus consuls en 736. — Un autre, consul en 740, honoré par sa patience dans la pauvreté, sa modération dans Topulencc, accusé de lèse-majesté (2/i), meurt en 35 (Tacite, Ann. i. 27. il. 32. ni. 59. 68. iv. 29. 44). — Cncius Lentulus l'augure, son incapacité et sa fortune (Sénèq., Benef. IL 4. 7). — Des Lentulus consuls (an 25 et 60) ;
4*" Cethegt. — Gaîus Gethegus, complice de Gatilina (K p. 64, 65 et s.). —Un Gethegus consul, an 24. — Un M. Gethegus consul, an 170;
5"* Dolabellce. — Publius Dolabella, gendre de Gicéron, son tribunat (V, p. 116). —Son fifs, amoureux de Gléopâtre (V. p. 165). — Le fils de ce dernier (an 23 et 24), vainqueur en Afrique ; Tibère lui refuse le triomphe (Tacite, Ann. m. 47. 68. iv. 23. 26). — Gneius Dolabella suspect à Galba, relégué par Othon, tué par ordre de Yitellius (Tacite, Hist. i. 88. IL 63).
6° CinncÈ, — Gneius Ginna conspire contre Auguste, est gracié et fait consul en l'aii 5 ;
7** Maluginenses, Un consul, an 10; un antre, Flamen Dialis, an 20 (Tacite, Ann. in. 58. 71). Son fils lui succède, an 23 (Tacite, Ann. iv. 16).
FUIUL Camilii — Furius Gamilius, proconsul d'Afrique. Ses victoin» (an 17) (Tacite, Ann. ii. 52. m. 20). Sa gloire lui fut pardonnée, dit Tacite, h cause delà simplicité de ses mœurs. — Son fils (adoptif?), Furius Gamilius Scribonianus , consul en Tan 32, se révolte contre Glande, et est tué (F. p 340). Junia, sa femme, est exilée. — Son fils, exilé sous Glaude, meurt, fcrtuitâ morte an per venenum? Tacite, xu. 52 (an 53).
JULU. CcBsares. — V. ce que dit Gésar (p. 52) de Tantiquité de sa fa* mille; il ne laisse d'autre fils que le bâtard Gésarion, — Octave, son petitneveu, et son fils adoptif, prend son nom.
SERVILII. Captones. — Q. Servilius, oncle et père edoptif de M. Brutus, Servilie sa mère, et une autre Servilie, femme de Lucullus, sont les der* niers de cette famille (Gic, Ann. il. 24. Fain. vu. 21. Phil. D. 10). C'est par suite de cette adoption et de la confiscation des biens de Brut us que la villa de Servilius, dont il est plusieurs fois question, passa aux Gésars.
Des Servilius (d'une autre famille) sont consuls sous les empereurs, en 3 et 34 (Tacite, Ann. m. 22. vi. 31). Ge dernier meurt en 60.
SULPITII. Galbœ, — Très-ancienne famille, descendant, disait-on, de Jupiter et de Pasiphaé. — Patriciens (Tacite, Ann. lu. 48). — Gonsuls en 541, 552, 644. Plusieurs distingués parleur éloquence. — Le père de l'empereur Galba fut G. Sulpidus, consul, bossu, orateur médiocre, maïs très-livre à la plaidoirie. — Un autre Gaîus, frère de l'empereur, quitte Rome à cause de sa pauvreté ; consul en 22 ; Tibère lui interdit de concourir au tirage au sort des provinces; il se tue. — Sergius, appelé au»!
Lucicis, consul en .^3, fait empereur après Néron, tué au bout de quelques mois (Suée. , In Galba. 1 et s.).
— Quoique selon Denys d'Halicarnasse (p. 59) il restât à la Ga de la république une cinquantaine de familles patriciennes, il en est bien peu, comme on le voit, dont on retrouve sous les empereurs des traces un pen éclatantes et un peu certaines. J'ai expliqué les causes de cette prompte extinction dont la preuve est dans les nominations de nouveaux patriciens, que César, Auguste et Claude furent obligés de faire, pour suffire aux besoins du sacerdoce. Tacite aflSirme qu'au temps de Claude, il ne restait pas une famille des patriciens de la république (Ann. xi. 25).
Familles pléiiélMiBe* «•■•vlalre» ««ii» la répaMli|iie.
€LII. — Beaucoup de familles de ce nom ; la plus illustre est cdie des LamicB. Son antiquité (Hor, m. 17). — Consuls au 3, an 116. L. ML Lamia meurt très-honoré, an 33. Un autre Lamia auquel Domîtien enlève sa femme, et qu'il fait tuer (Suét, in Domit. L iO. Juvén. IV. 15Û).
AinSTII. Labeones sive Veteres, — Antistius Labeo, célèbre jurisconsulte sous Auguste et sous Tibère (Tacite, Ann. III. 75). — Caîus Antistius, consul, an 23. — Antistius Vêtus, consulaire, beau-père de Plantas, accusé, se donne la mort (FI p. 456) (Tacite, xvi. 11). — Un autre Antistius Vêtus en Macédoine, probablement client de cette famille (Tacite, Ann. IIL 38).
AITONII. — M. Antoine le triumvir. — Sa postérité fut malheureuse; ses enfants, nés de Cléopâtre, bâtards selon la loi romaine, périrent peu après lui. — Parmi ceux qu'il eut de ses autres femmes, son fds Antyllus, fut jugé et tué après la mort de son père, an 720. — lulus Antonius, fils d'Antoine et d'Octavic, amant de Julie, fille d'Auguste, périt en l'an 2 de mort violente. — Son fils, retenu par la défiance de Tibère, meurt à Marseille.— Deux filles du triumvir : une Antonia, grand'nière de Néron, une autre sa bisaïeule par Germanicus. — Les Gordiens, empereurs au m* siècle, prétendaient descendre du triumvir Antoine.
AURELII. Cotta, — Illustre famille du temps de la république. M. AureliusCotta, consul en 20 (Tacite, Ann. iii. 17). —Un autre ÀureUns Cotla, après avoir dissipé son patrimoinei reçoit une pension de Néron (Tacite, Ann. xiif. 3(i).
CALPURNII. Pùones. — Famille illustre, pleine d'orgueil aristocratiqtie. Cn. Pison, ennemi de César et d'Auguste, gracié par celui-ci. — Cn. Pison, son fils, auteur de la mort de Germanicus, se tue (20). — L, Pison,
homme de mœars antiques; sa hardiesse ; accusé de lèse-majesté, meurt à temps (26), dit Tacite, Ann. iv. 21. — Un antre^ pontife, meurt dans 9on lit iMirùm in tantâ claritudine (32). (Ann., vi. 10). — UneCalpurnia ciilée sous Claude par Agrippine, jalouse de sa beauté (50). — L. Pis., consul, 58, tué en Afrique, par ordre de Yespasien (81). Hist. iv. 68. — C. Pison conspire contre Néron et meurt (F. p. 657 et s.).
CASSII. Longinx, — C. Cassius, meurtrier de César, se tue après la bataille de Philippes. — Sa famille, ancienne et honorée, reste célèbre même chez les barbares; son attachement aux anciennes mœurs (Tacite, Ann. Yi. 15. xii. 12). — L. Cassius, consul, an 30, épouse Drusille, fille de Germanicus (Tacite, Ann. vi. 15. 65).
C. Cassius, descendant du fameux Cassius, homme d'une gravité antique, savant jurisconsulte, garde l'image de son aïeul avec cette inscription ; Duci partium, Néron Texile (65). Yespasien le rappelle (Tacite» Ann. xiJ. 11. 12. xiv. 63. xv. 52. xvi. 6. 9. Suét, in Nér. 37).
Ce nom, destiné à être porté par de^ républicains enthousiastes, fut encore celui du meurtrier de Caligula, Cassius Chsréa, celui du der* nier républicain, Cassius Avidius, qui se révolta contre M. Aurèle.
CLAUDII. MarceUù — Branche plébéienne de la gens Claudia, Mar-* cellus, neveu d'Auguste, l'idole du peuple (tu Marcellus eris), meurt prématurément, empoisonné, dit-on , par Livie, an 730 de Rome. —Les Marcelli iEsernini, alliés des Asinii, orateurs célèbres (Tacite, Ann. m. 11. XI. 7. Sén., Cont. iv. Prœfat.).
DOMITII. l"* JEnobarbi (Barbe ronsse). — Admis au patriciat, probablement sous Auguste. —Un de ces Domitius vit un jour Castor et Pollux, qui lui annonçaient une victoire remportée par les troupes romaines, et, en gage de leur apparition, «lui caressèrent si bien les joues que sa barbe devint rouge comme l'airain» (Suét. , in Ner. 1). Un grand nombre de ses descendants eurent la barbe rousse. — Sept consuls, un triomphateur et nn censeur : — orgueilleux et violents; on disait de l'un d'eux : Il n'est pas étonnant que sa barbe soit d'airain, quand son front est de fer et son cœur de plomb. — L. Domiiius, ennemi acharné de César, tué à Pharsale. — Son Gis défend les meurtriers de César, puis Antoine; passe à Auguste: consul en 721 de Rome. — L. Domitius, fils de ce dernier, consul en 738, arrogant et plein de violence, fait monter des matrones et des chevaliers sur la scène, pousse la cruauté dans les combats de gladiateurs à un excès qu'Auguste est obligé de réprimer. — Son fils Cneius «détestable en toute sa vie,» assassin, escroc (F. p. /i03), consul en 32, digne père de Néron. — Domitia et Domitia Lepida ses sœurs, l'une empoisonnée par Néron (F. p. 435); l'autre mère de Messaline, Agrippine la fait condamnera mort, an 55 (F. p. 601). Tacite, Ann. xii. 6/i. 65. — Lucius, fils de Cneius, élevé par ces deux tantes, adopté par Claude» devient empereur sous le nom de Néron, et meurt le dernier de sa race.
2^ CcUvini — Le dernier nommé dans rbistoire, est coosol an 7ift do Rome.
Domitius Âfcr, l'orateur dont j'ai parié plusieurs fois (K p. 290), Ca. Domitius Corbulon, le général vainqueur et proscrit sous Néron (F. pw &82) et sa GUe Domitilla Longina , femme de Domitien, répudiée et reprise par lui, et qui unit par le faire mourir, se rattachent-ils à l'une de ces deux branches de la gens Domùia?
HORTENSII. Hortali. — Hortalus, petit-fils de l'orateur Hortensius, couru dans sa pauvreté par Auguste, qui lui donne un million sest pour se marier, implore inutilement la pitié de Tibère ; ses enfants tombent dans une honteuse misère {V. p. 90).
JUNH. l^' Bruti. — Junia, femme de Gassius, le meurtrier de César, sœur du célèbre Brutus et nièce de €aton, meurt la dernière de sa raee en 22. On remarque qu'elle osa ne pas nommer Tibère dans son testament « A ses obsèques parurent les images de vingt des plus nobles familles; mais parmi tant de noms, illustres, ceux de Bmtos et de Cassias furent d'autant plus remarqués que leurs images étaient absentes » (Ta** cite, Ann. m. 76) ;
2*" Silani. — Nulle famille ne fut plus cruellement décimée par les Césars. — D. Silanus, amant de JuUe, petite-fille d'Auguste, exilé (Tacite, Ann. UL 1k. — C. Silanus, proconsul d'Asie, exilé (22) (Tacite, Ann. m. 69). — M. Silanus, consul en 19 (Tacite, Ann. il. 59. iii. 2A« 57. YL 20), beau -père de Galigula et tué par lui (Suét, in Cal. 12. 23). — App. Silanus, consul en 28 , mari de la mère de Messaline ; celle-ci devient amoureuse de lui, et pour se venger de ses dédains, le fait mourir. — L. Silanus fiancé d'Octavie; son mariage est rompu; on lui ôte la prétnre; il est accusé d'inceste avec sa sœur et se tue en ^9 (Ann. xii. 3. 8). — Junia Caivina, sa sœur, exilée {V, sur elle, Ann. xii. /t8. xiv. 12. Suét., in Ycspas. 25). — Ses frères, M. Silanus, appelé parCaligula peau aurea, consul en ^6, tué par ordre d'Agrippine en 56 (Ann. xiii. 1). — D. Silanus Torquatus , consul en 53, tué par Néron (Ann. xv. 35. XTI. 8. 12). — Leur sœur, Lepida, femme du jurisconsulte Cassius, accusée d'inceste avec son neveu, est tuée en 65. — Celui-ci, L. Silanus Torqnatns, exilé et tué à la même époque (F. p. ^60). — Junia Silana , femme de Silius, que Messaline force à la répudier, est ensuite exilée par Agrippine et meurt en exil, an 60."
Les Silani portaient le nom de Torquatus , sans doute par suite d'une alliance avec les Manlii, dont la race était éteinte. Ce sont eux probablement aussi qui portaient le collier (torques) auquel ce nom faisait aUusion et queCaligula leur interdit de porter (Suét. , in Cal. 35).
LICiNU. V Grossi. — M. Licin. Crassus, le triumvir, tué par les Par« tbes. — Son petit-fils, M. Licin. Crassus, consul en 723 de Rome, triomphe en 725. — Le fils de celui-ci, consul en 739. — Son petit-fils, M. Licin. Crassus Frugi, consul en 27 de J.-C. et triomi^ateur, tué par Claode
(Tacite, Aon* Hiat. i. lA. Suét., in Cl 17. Sénèq., în Apocoloc) ayec sa femme Scribonia. — Le fils de ce dernier prend te nom de Pompeins Magnus, est gendre de Claude, tué par son ordre (Tacite , Hist. i. h%. Sénèque, in Apocoloc. }. — Son frère, M. Licin. Crassus, consul en ùUf tué par Néron (Tacite, Hist i. A8 ). — Un autre frère, Crassus Scribonianus, tué par Othon (Tacite, Hist I. kl). -^Le dernier frère, adopté par Pison, puis par Galba, et associé à Tempire, est tué par Othon (Tacite, Hist L iU, 48. Suét.,in Galba. 17).
Gaipurnius Galerianus, fils de Pison, est tué en 70 par ordre de Mucien, lieutenant de Vespasien. Un Gaipurnius, peut-être descendant de la même famille, consul en 111. — Un Crassus Frugi est bauni par Trajan et tué par Hadrien en 117.
Ces Crassus étaient descendants de Pompée par les femmes, c*est pour ce motif qu'un d'eux portait le nom de Pompée et le surnom de Grand que Caligula lui défendit de porter (Suét , in Calig. 35).
POMPEII. — La postérité mâle du grand Pompée parait s'être éteinte dans ses deux fils Cneius etSextus, qui périrent dans les guerres civiles. Néanmoins Sext Pompeius, consul en 14, et G. Pompeius, consul en 50, alliés d'Auguste, paraissent être de la même famille (V. sur eux Tacite, Ann. u 7. m. 11. 32. xii. 5). Libon, qui périt sous Tibère, conmie coo* pable de conjuration, et Jlmilia Lepida, condamnée pour adultère et empoisonnement , descendaient de Pompée par les femmes ( Tacite , Ann. u. 27. m. 22).
SCRIBOIIL lÀbone^ swe Dnuù —-Us descendaient d'une fille de Pompée. Un Scribonius Libo, envoyé dans le Bosphore par Auguste, épouse une petite-fille de Alitbridate et veut s'y rendre indépendant U en est chassé (Dion. Liv). — ^Scribonia, femme d'Auguste, répudiée le jour de ses couches.— Scrib. Libo, son neveu, accusé de conspiration sous Tibère, se tue. On interdit aux Libonsde prendre désormais le nom de Drusus (16) (Tacite, II. 27 et s.).** Deux frères Scribonii remarquables par leur union et leur opulence, tués par Néron (Tacite , Ann. xiii. 48. Hist. lY. 41). — Scribonia, femme d'un Crassus, tuée avec son mari sous Claude (Sénèq. Apocol.).
SEMPMIin. Gracchù —Un Sempr. Gracchns, amant de Julie, est exilé par Auguste, et Tibère le fait tuer dans son exil (Tacite, Ann. h 53). —Son fils, élevé dans le lieu de son exil, pauvre et misérable, y yit d'une industrie obscure, et cependant n'échappe pas à la haine de Tibère; il est accusé (Tacite, Ann. L 16. iv. 13). — C. Gracchus préteur (Tacite, Ann. VI. 16. 38). Ce sont les dernières traces de la famille des Gracques.
TULUI. Cicérones. — Chacun sait que Cicéron était d'une simple fa^ mille de chevaliers du municipe d'Arpinum. — -Les deux Quintus, son f^re et son neveu, périrent dans les guerres civiles. — Marcus, son filti le plus grand ivrogne de Rome, ne fut cependant pas sans caractère ni
532 APPENDICE AU TOME PREMIEfL
sans talent Consol en 723 avec Auguste, à ce titre il fit condamner par le sénat la mémoire d*Anloinet rennemi de son père. — Il n'y a pins ensuite traee des Cicérons.
VALERII. Messala sive Corvinû — Famille d'orateurs. — M. Val. Messala, partisan de Brutus, gracié et protégé par Auguste, consul en 733 ; premier préfet de Rome, orateur illustre (Tacite , Ann. vi. 11. xi. 6. 7. xiil. 54. deOrat 17. 18. 21). —Son fils, consul en 20. — Son pctîtfils Statilius Gonrînus se révolte contre Claude (Suét, in Cland. 13). — Son arrière-petit-fils, consul en 58 avec Néron, comme lui-même Tavait été avec Auguste (Tacite , xiif. 34). — Un autre Messala, samommé Barbatus, consul en 7&2 de Rome, épouse Marcclla, nièce d'Auguste (Suét, in Aug. !»3, in. Cl. 26. Dion« Liv); grand-père de Messaline. — Un Valerius Messalinus» consul en 73.
Faaillles nouvelle* e«B0iil«lre« seiis Im eatperear»»
€UI. Sejanù — Le père de Séjan était Selus Strabon, chevalier romain , préfet du prétoire (Tacite, i. 7. 26). — Son fils prend le nom d*M' lius, par suite d'adoption. Son élévation (Tacite, iv. 17). Ses frères et ses cousins consuls. — Sa chute, 31 (V. p. 229). — Son fils aîné paraît avoir été tué en même temps que lui comme complice de son crime. — Atroce supplice de ses enfants plus jeunes (Tac. y. 9. et ci-dessus p. 230).
ARiiEI. Seneca. — M. Seneca, le père du philosophe, originaire de Gordoue, vient le premier de sa famille s'établir à Rome sous le règne d'Auguste et y enseigne la rhétorique. — L. Annaeus Seneca le philosophe, précepteur de Néron, consul, est obligé par Néron à se donner h mort 65 (V. p. /i59). — Aanaeus Mella, son frère, également obligé à se tuer (Tacite , XYi. 17.) K. surluiSénèq. Conlrov. ii. Prœt — Tadte, Aun. xv. 71 ). Son fils Lucain s'était déjà donné la mort (Tacite, Ânn. XT. 49. 56. 70. XVI. 17). — M. Ann. Novatus, autre frère du philosophe, nommé par suite d'adoption Jnnins Gallion (F. snr lui Tadte, Yl. 3. XV. 73, et les Actes des Apôtres).
ARRURTIL — Le seul personnage illustre de cette famille, L. Ârmnthis, consul (an 6), longtemps gouverneur d'Espagne sans que Tibère lui permit d'y aller, riche et honoré, loué souvent pour la pureté de sa vie, pour son éloquence et l'usage honorable qu'il en faisait ; accusé^ est obligé de s'ouvrir les veines, an 37 (Tac, , 1. 1 3. 76-79. m. 21. 6. v. 27. vi. 47. 68).
ASimi. PoUiones sive Gallù — C. Asinius Pollion, célèbre histori^i et orateur. Consul en 7 U de Rome, meurt en l'an 5 de J.-C — Son fils, C Asin. Gallus, épouse Vipsania répudiée par Tibère, emprisonné par ce prince comme amant d'Agrippine, est obligé de mourir de faim, 33 (Dion. 58. Suét. 61. Tacite, vi. 23). — Des Asinius consuls en 23 , 25,
5ft, 63. — Âsinius Gallas, petit-fils de Forateur, se révolte contre Glaode et est exilé (Suét , in Cl. 13). — Q. Asinios Marcellus, accusé de faax en matière de testament (Ann. xiv. IxO),
COCCEII. NervcB. — Famille d*origine Cretoise et nouvelle à Rome, M. Cocceius Nerva, consul (an 716 de Rome). — Son ûis M. Cocceius Nerva, consul en 22, jurisconsulte célèbre, ami de Tibère, se tue en 33 (V. p. 521 et Tacite, Ann. iv. 58. VI. 26\— Cocc. Nerva, fils du jurisconsulte, consul, dit-on, en hO. — Son fils, M. Cocc. Nerva, désigné préteur en 66 (Tacite, Ann. xv. 72), reçoit les ornements du triomphe sous Néron, poète, consul en 71 et 90; succède i l'empereur Domitien (96) ; ne laisse pas de postérité.
NATERII. — Haterius Agrippa, consul en 22; délateur sous Tibère (Tacite, Ann. I. 77. II. 51. m. ^9. 52). — Q. Haterius, senex fœdissimœ wiuiationis, meurt en 26 (Tacite IL 33. III. 75. iv. 61). — Q. Haterius Antoninus, consul en 53. Ruiné par ses débauches , obtient une pension de Néron (Ann. xil. 58. xiii. 34).
JUNII. BUtsi. Junius Blaesus, oncle de Séjan, proconsul en Afrique (an 21, 22). Le dernier citoyen qui reçut le titre d*imperator (Tacite, Ann. m. 38). Périt avec Séjan (31) (Ann. y. 7). — Deux Blaesus, ses fils, se tuent par Tordre de Tibère (36. vi. 40}. — Junius Blaesus, son autre fils, est empoisonné par Yiteilius dont il blesse la jalousie par la magnificence de ses repas (Hist n. 59. ni. 38).
LOLLII. — Famille élevée par Auguste (Horace). M. Lollius consul en 733, défait par les Germains en 738, enrichit sa famille par le pillage de l'Asie. — Son fils, consul en . . . (Tacite, Ann. m. 48). — Sa petitefille, Loliia Paulina, épouse Caligula, veut épouser Claude. Agrippine la fait périr en 49 (K. p. 401).
MEMmi. ReguU. — Famille illustre, quoique nouvelle, échappe à la tyrannie des empereurs. — Un P. Mem. Regulus, consul en 31. — Un C. Mem. Rcg. gouverneur de la Mésie et de la Grèce (an 35, 36). Son crédit. Néron le désigne comme pouvant être son successeur, meurt en 62 (Ann. xiv. 47). — C. Mem. Reg. (son fils?) consul en 63 (Ann. xv. 23).
OCTAVIl.-^C. Octavius, d*une ancienne famille de Yclletri, entre le premier dans la carrière des honneurs ; meurt au moment où il allait demander le consulat. — D*Atia, nièce de César, il a C. Octavius, adopté par le dictateur et qui devient empereur sous le nom d*Auguste, et d'une autre femme, Octavia qui épouse Marcellus et Antoine. — Cette famille, si rapidement élevée, fut ensuite singulièrement malheureuse. — Le fils d*Octavie, Marcellus, meurt jeune. -^Auguste n*a qu'une fille, Julie, qui épouse Agrippa et en a plusieurs enfants. — Mais Livie, femme d'Auguste, impitoyable pour la postérité de son mari, qu'elle veut écarter du trône au profit de ses propres enfants , fait empoisonner ( Tacite , Ann. iii.
53& APP£iNDIC£ AU TOME PREMIER.
1. 0) les deux jeunes Agrippa, G. et L. César; fait mettre eo prison Agrippa Posthume, fait exiler Julie leur nièce et Julie leur mèrei. — La postérité de Livic, arrivée au trône, ne cessa de craindre et de décliner h postérité d'Auguste : F. le sort de M. Lepidus sous Caligula, et des SilanL
PLAUTII. — A. Plautius iElianus, consul en 20. Ses victoires eo Bretagne, en UZ. Son triomphe, an hl. Juge Pomponia Qrecina sa feomie, en 57 (F. p. 452, et Tacite, Ann. xui, 32. Agr. XL ). — Un Q. Piaatius, consul en 36 (Ann. vi. UO), — A. Plautius, qu'on suppose fib da triomphateur tué par Néron, avec des circonstances abominables» coBune amant d'Agrippine et aspirant à l'empire (Suét, in Ner. 35). -^ Plautios Lateranus qu'on suppose neveu du triomphateur, amant de Messaliae (Ann. XI. 36), désigné consul et tué par Néron en 65 (F. p. 459). — Ua Plautius Jllianus, pontife (Hist rv. 55). — Un autre, consul en 76.
POMPORII. i"* Secondi. — Un Pompoûius Secondes accusé sous Tibère (an 33), et mis en prison, y est retenu jusqu'à la mort du prince (Tadte, Ann. X. 8. vi. 8). — Son frère Quintus se fait délateur, afin, disait-il, de gagner ainsi la faveur du prince et de pouvoir obtenir la grâce de son frère accusé (vi. 18). Consul en Ul^ il baisait les pieds de Caligula an théâtre, au moment qui précéda la mort de ce prince ; il fut des plus ardents à proclamer la république. Poussé à ia guerre dvile, sans doute îl ypcrit(xiii. û3).
POMPONII. 2^ Flacci seu Grœcini, P. Pomponios Graednus consul, an 16. — L. Pomp. Flaccus Graecinus. En 17, ses victoires en Germanie (II. 41). — L. Pomponius, consulaire, guerrier (Tacite, Ann. xu. 7. xil. 28) et poète (xi. 13). — Pomponia Graecîna dont j*ai déjà parlé (F. p. ii52).
POPPK. — Q. Poppaeus Sabinus, consul subrogé en 9; vainqueur des Thraces, meurt en 25 (Tacite, i. 80. IT. 46. v. 10. vi, 39}.— Poppœa Sabina, sa fille, femme d'une rare beauté; Messaline, par jalousie, la force à se tuer (47). — La seconde Poppée, fille de celle-ci et de T. Ollius, prend le nom de sa mère, dont elle ^ale la beauté, Néron la tue d'un coup de pied en 65.
RUBEU.il. — Rubellius Blandus, fils d'un simple chevalier, épouse Julie, petite-fille de Tibère (Tacite, Ann.vi. 27. m. 23. 51. vi. 45), qm, auparavant, avait épousé Néron, fils de Germanicus. — Rubellius Plautus, son fils, soupçonné d'aspirer à l'empire (55), exilé (60), tué (62) (Tacite, XIII. 19. XIV. 22, 27. 57. 59. F. p. 441 et s.). — Mort de sa femme Pollutia et de son beau-père Antistius (F. p. 457).
SALVil. Othanes. — Salvius Otho, simple chevalier.— M. Selvius Olho devient préteur par la faveur de Livie. — L. Salvius Otho* son fils, père de l'empereur, s'illustre dans les armées sous Claude. «^ L'empereur Oihon se tue après un règne de quelques mois et sans laisser de
SI LU. — C. SIlins, vainqueur de Sacrovir; Séjan le force à se tner^ et sa mémoire est abolie par le sénat (Tacite, Ann. i. 31. 72. ii. 6. 7. 25m. h2. 45. IV. 18. 19). — C. Silius, son fils, désigné consul, épouse Messaline et est tué par Claude en 49 (Tacite, Ann. xi. 5. 26. 27. 31. 32. 35). — Silia, femme d*un sénateur, exilée comme suspecte d*avoir divulgué les secrètes débauches de Néron (Tacite, Ann. xyi. 20).
VIPSAHII. Agrippa. — M. Agrippa, le premier de sa famille, ami et fidèle serviteur d'Auguste, le second après lui dans l'empire, deux fois consul, meurt eu 7&2. — De ses six enfants, la seule Yipsania, dit Tacite» III. 19, femme répudiée de Tibère , mourut de mort naturelle. ^— Ainsi Tacite admet que C. et L. Caesar, adoptés par Auguste, furent, comme on le dit, empoisonnés par Livie, et il assimile à une mort violente Ui fia misérable de Julie dans son exil. Agrippa Posthume mis en prison par Auguste, fut tué par ordre de Tibère ; Agrippine exilée, fut réduite à mourir de faim. — C'étaient les enfants qu'Agrippa avait eus de Julie, fille d'Auguste; Yipsania était d'une autre mère.
VtTELLII. — Nés, disait-on, d'un affranchi cordonnier. — P. Yitellius, de Nucer», chevalier romain, procurateur d'Auguste (Suét , in Vitellio. 2). — L. Yiteilius, son fils, censeur, trois fois consul (Suét. , in Vitellio. 2. Tacite, Ann. VI. 28. 32. xil. ft. xiv. 56. flist i. 9. il. 6/i). Fut le premier adorateur de Caligola, flatteur de Messaline, ensuite d'Agrippine (c'est lui qui sollicita comme une insigne faveur d'ôter les pantoufles de Messaline, et depuis ce temps, en portait une sous sa toge et la tirait de temps à autre pour la baiser), accusé (xii. û2), — Son frère Aulus meurt consul. — Quintus est exclu du sénat — Publius a<^cuse Pison comme coupable de la mort de Germanicus; accusé comme ami de Séjan, il veut se tuer et meurt en prison (Suét, ibid. Tacite, Ann. i. 70. v. 8). — Les deux fils de Lucius, tous deux consuls; l'un d'eux empereur après Otfaon, est tué par les soldats de Yespasieo. — Son frère Lucius, infamis sed industrius^ également tué (Hist IT. 2). — Les enfants de l'empereur : Petronianus, tué, dit-on, par ordre de son père, qui l'accuse de parricide; — un autre enfant surnommé Germanicus, presque muet; — une fille mariée par Yespasien.
VOLUSII. — ABcieDM famille, mais qui, sous ia r^Uicpie, oe s'était pas élevée au-dessus de la préture. Elle fut, avec les Nemnius RcgutuA, du petit nombre de celles qui , malgré leur illustration , échappèrent à la jalousie des empereurs. — L. Volusius BK>rten 20, est le premier &it consul; acquiert par son économie de grandes richesses, et établit pois* samment le crédit de sa famille (Tacite, Ann. m. 30). — L. Volusiiis (son fils?) meurt en 57, âgé de quatre-vingt-treize ans, riche et ayant traversé le règne de tant de Césars, sans en offenser aucun. — Q. Yolusius consul eu 56 (Tacite, xiii. 25. xiv. k^).
D'après cette esquisse très-imparfaite et très-incomplëtc, sans doute, et que le défaut de monuments empêchera toujours de rendre tout è
fait complète, on peut juger néanmoins du prompt dépérissement des familles romaines, du grand nombre de celles qui, après avoir été riches et puissantes sous la république ou même sous les empereurs, tombèrent 1 dans la pauvreté, furent décimées par les Césars ou périrent par leurs propres crimes. J'ai recherché, autant qu'il m'a été possible, les traces de ces familles pendant les époques suivantes; je n'en ai trouvé, comme on voit, que de bien rares et souvent de bien incertaines. La confusion des noms ; le nombre très-restreint des noms de famille proprement dits, par suite duquel un grand nombre de familles sont désignées par le même nom ; les adoptions qui transportent dans une famille les membres d'une autre, l'habitude qui s'introduit sous les empereurs, de changer à Tinfini les surnoms (cognomina) par lesquels on distinguait les branches d'noe même gens; tout cela, sans doute, rend difficile à retrouver la filiation des familles : mais cet oubli même et cette confusion des noms propres, à une époque où la vanité nobiliaire ne manquait pas, est une prenvede plus de la prompte destruction des races. On peut considérer l'époque de Néron comme celle de la grande coupe de l'aristocratie romaine, déjà fortement entamée par Tibère; et il est à remarquer qu'à côté de l'opulence et de la proscription marchent toujours l'appauvrissement et la bonté. Quand Néron trouve la noblesse riche, il la fait mourir et confisque ses biens; quand il la trouve pauvre, il l'achète pour monter au théâtre et se déshonorer (i). On conçoit que quatorze années d*un tel système durent faire prompte justice des restes fort dégénérés et souvent fort douteux de la nobilùas romaine, et qu'elle dut s'éteindre sous Tibère et sous ^éroa à peu près aussi complètement que les restes du patriciat s'étaieat éteints dans les désastres des guerres civiles.
Mais la grande cause de destruction fut encore la dépravation des mœurs. Pendant notre révolution, un système de proscription beauooop plus complet, beaucoup plus organisé, d'une exécution bien plus prompte et plus générale que celui des empereurs, a décimé, sans pourtant les détruire, la plupart des anciennes familles aristocratiques; elles sont restées politiquement et pécuniairement affaiblies : mais pourtant elles ont vécu, et sont encore propriétaires d'une partie considérable de la fortune territoriale. Sous les empereurs, la proscription et surtout la spoliation furent loind*étre aussi générales et aussi complètes; les honneurs mêmes, les titres, une certaine dignité héréditaire, en un mot, les préjugés aristocratiques subsistèrent Mais le déshonneur tua encore plus que Tépée, et ces familles périrent surtout par la prodigalité qui détruisait les patrimoines, par l'oubli de leur dignité qui entachait leur vie, par la dépravation des mœurs et l'habitude du célibat qui laissait les plus grands noms sans héritiers.
(1) Tacite, Ânn. XIV. 14.