‹ Les Césars (volume 4)Chapitre 28 sur 72 · II · texte numérisé non relu

II

races étrangères, peuple libre presque tout entier né dans resclavage, peuple fainéant et fortuné qui ne possède pas an sesterce, qui a pour bien l'air de Rome, l'eau des bains et des aqueducs, le soleil du champ-de-Mars et la largesse des empereurs. César et Auguste, pour plaire à cette multitude aux mille langues, lui ont donné des histrions qui débitaient leurs lazzis dans tous les idiomes, et à la mort du Dieu Jules, qui avait ouvert la cité aux étrangers, autour de son bûcher nuit et jour gardé par les Juifis, toutes les nations sont venues tour à tour (lugubre et redoutable spectacle !) hurler, chacune à sa mode, leurs lamentations barbares (1).

Au moment où cette Babylone, selon l'expression de l'apôtre saint Pierre (2), se retire pour la nuit, asseyons-nous pour recueillir la voix de cette grande cité, et pour comprendre ce qu'elle va nous enseigner. Que fait là tout ce peuple? quelle est sa pensée ? quelle est sa vie ? Nous avons assez interrogé la pierre, l'airain et le marbre ; interrogeons la pensée humaine.

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