‹ Les Césars (volume 5)Chapitre 61 sur 65 · Rev«la Domino opéra tua.Prov. xvi · texte numérisé non relu

Rev«la Domino opéra tua.Prov. xvi

40. Deus deorum et Dominus dominorum... Gœlum cœll domino... Ps.

Ajoutons encore ces trois passages qai semblent empruntés an juif Phllon, et peut-être, par son intermédiaire, aux préceptes sacrés des Hébreux. '

Illud vêtus : Deum sequl. De Vità beat.

Inregnovlvimus, Deo parère libertas est. De Vit. Beat. 15.

Giaritas... potest unius boni virijudicio esse contenta... ad gloriam et famam non est .salis unius oplnio... gloria multorum judicii.sconstat, ciaritasbonorum. Ép. 102.

TtX&c CUV fan xarx tov tipcararov Mo»9T)V| To iireoôoci Otû. Phii. de Migr. Abrab.

Bi& ^ouXtuctv, ^ux iXtu6cpiac p.cvcfv^ aXXa xài ^aaiXiixc «pitivov. Phll. deregno.

Pbiion fait la même distinction.

C'est ici, enfin, le lieu de citer les passages que j*ai indiqués plus haut (p. UU\) sur Timmortalité de l'âme. Voici d'abord Téptire 102 qui a été citée tant de fois :

« Ta lettre a été pour moi comme un homme qui nous réveiUc au milieu d'un songe agréable. Il nous ôte un plaisir mensonger, mais qui était pour nous comme un véritable plaisir. Elle est venue me distraire, lorsque je me livrais à une douce pensée et que j'étais sur le point de la pousser plus avant. Je songeais à l'immortalité des âmes. J'y croyais facilement sur la parole de tant de;grands hommes qui nous garantissent un

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tel bonheur. Je me livrais à cette espérance ; la vie m*était à charge, je méprisais ce qui me reste à vivre dans une débile vieillesse. Je m'élançais dans ces années infinies, dans cette jouissance de toute une éternité, quand tout à coup ta lettre m'a réveillé, et j'ai perdu ce beau rêve. Je le reprendrai après en avoir fini avec toi. »

Sénèque, en effet, après avoir discuté la qoesUon que lui posait Lu* cilins, revient à son rêve, et le fait en termes qui me semblent pleins de rinspiration chrétienne :

a Qnand viendra ce jour,.., je laisserai mon corps où je Fai trouvé; je me rendrai aux dieux... Cette vie mortelle que nous sommes obligés de subir n'est que le prélude d'une vie meilleure.* De même que le sein maternel nous garde pendant neuf mois et nous prépare pour ce monde dans lequel nous entrons, lorsque nous sommes en état d'y respirer et d'y vivre; de même aussi, tout le temps qui s'écoule depjiis l'enfance jusqu'à la vieillesse, ne fait que nous préparer comme à une naissance nouvelle... Aujourd'hui nous ne pouvons encore vivre dans le ciel, nous ne pouvons que le voir de loin... Tout ce qui est autour de toi, considère-le comme le mobilier d'une hôtellerie. Tu n'as autre chose à faire que passer... Dépose ton fardeau ; iwutquoi hésites-tu? N'as-tu pas déjà pour venir en ce monde quitté le corps dans lequel tu étais enfermé? Tu luttes et tu te rattaches à la vie; de même aussi^ lorsque tu es né, ta mère ne t'a mis au monde que par un grand effort Tu gémis et tu pleures ; de même aussi, nous ne naissons qu'avec des larmes... Un jour viendra qui lèvera le voile... les secrets de la nature te seront découverts; les nuages qui l'entourent se dissiperont, un jour brillant te frappera de toutes parts. Alors en te voyant tout entier au sein de la toute lumière {cùm [totam hicem totus aspexeris)^ que tu n'aperçois aujourd'hui que par l'étroite ouverture de tes yeux, tu comprendras que tu n'avais vécu que dans les ténèbres... » ^

Dans la Consolation à Marcie, les contradictions de Sénèque sont plus frappantes que partout ailleurs. Après avoir dit (ch. 19; que « la mort n'est ni un bien ni un mal, qu'elle n'est rien et réduit tout à rien, qu'elle nous replace où nous étions avant de naître,» Sénèque arrive à la fin à donner à Alarcie des consolations toutes contraires :

« Ce qui a péri est seulement l'image de ton fils, et une image qui était loin de lui ressembler parfaitement. Lui-même est immortel et plus heu* reux aujourd'hui qu'il est dépouillé de tout fardeau étranger. Ces os que les nerfs environnent, cette peau qui nous couvre, ce visage, ces mains et tout ce qui nous entoure, ne sont que les chaînes et la ténébreuse prison de notre âme. L'âme en est accablée, gâtée, obscurcie, jetée dans le mensonge, éloignée de la vérité qui lui appartient : l'âme a toujours à lutter contre le corps, si elle ne veut être asservie et s'affaisser tout à fait L'âme s'efforce pour remonter d'où elle est partie, là où l'attend un repos étemel, et au lieu de la grossière confusion de ce monde, la pure et lu* mineuse vision de la vérité.

APPENDICE AD TOME SECOND. 551

«Ne cours pas aa tombeaa de ton fils : il n'y a là que des os et de h cendre, la moindre partie de lui-même, ce qui fut le voile on le vêtement, plus qu'une portion de son être. Il a fui tout entier... Pendant quelques jours, il s'est arrêté au-dessus de nous, afin d'être purifié et de secouer... la poussière de cette vie terrestre. Aujourd'hui, monté plus haut, il vit au milieu des âmes heureuses... Il aime à abaisser ses regards sur la terre, car il y aune certaine joie à voir d'en haut ce qu'on a quitté. Tâche donc de vivre, Marcie, comme si tu vivais sous les yeux de ton fils et de ton père, non pas tels que tu les a connus, mais plus grands, meilleurs, plus élevés. .. , libres au milieu d'un monde éternel. . »

FIN DE L APPENDICE AU TOME SECOND

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