SCÈNE XII
BUSSANG, paie SALAMBO.
BUSSANG, seul.
Je vais donc briser mes cadenas!... l’idée seule de maltraiter la femme que j’aimais me comble de joie!... j’aime à faire sentir ma force!... c’est une lâcheté qui me distrait infiniment.
SALAMBO*, entrant par le fond avec nn panier, qa’ells dépose sar une chaise près de la porte.
Ah! vous êtes ici, vous?
BUSSANG, avec emphase.
Pourquoi n’y serais-je pas, mademoiselle Blandin ?
SALAMBO, l’imitant.
Quelle est cette envergure?
BUSSANG.
Avez-vous remarqué, mademoiselle Blandin, la sécheresse de mes sentiments ?
SALAMBO.
Plaît-il?
Ma froideur vous a-t-elle frappée?... avez-vous compris que vous me portiez sur les nerfs et que mon amour s'est changé en répugnance?
SALAMBO.
Misérable! vous m’ôtez toute pitié!
BUSSANG, ricanant.
Oui... j’ai joué Rochester... c’est une distraction pour moi de seduire les femmes... je reconnais quelquefois mes torts, mais je ne les répare jamais!... Salambô, j’évite les périphrases, voici la porte!
* Bussang, Salambô.
SALAMBO.
Anatole!... Anatole!... ne me défiez pas!
BUSSANG.
Il n’y a plus d’Anatole!... on n’en tient plus des Anatole !... Le dernier est mangé.
SALAMBO.
Ma vengeance sera terriblel...
Salambô, allez vous venger plus loin... vos menaces excitent mon hilarité.
SALAMBO.
Vous à qui je destinais mon premier amour 1
BUSSANG, riant.
Aht voilà la plus forte de la semaine!
SALAMBO.
Insolent !
. Elle loi donne on soufflet.
BUSSANG.
Oh !...