SCÈNE XV
MUGUETTE, VALBREUSE.
MUGUETTE
Ah I je vois qu’il vous reste encore un peu de cœur... J’ai justement pense à ces oiseaux et je venais pour eux...
VALBREUSE, montrant la cage.
Vous voyez... je suppléais à vos soins... et... je voulais vous dire : combien vouiez-vous de votre chardonneret ?
MUGUETTE
Il n’est pas à vendre... vous garderez Te vôtre et je garderai le mien.
VALBREUSE.
Comment !... vous voulez les séparer... dans cette saison?
MUGUETTE
Nous nous séparons bien, nous.
VALBREUSE.
Us allaient avoir des petits... des petits que j’espérais manger... n’en parlons plus. Je vous prie d’accepter mon ‘ chardonneret... voici la cage.
Il la lui pré««ot«.
MUGUETTE
Mais je n’en veux pas, monsieur... je ne veux rien qui mè vienne de vous.
VALBREUSE.
C’est différent... vous êtes fière, mademoiselle!
U va raccrocher la cage à la fenêtre.
MUGUETTE*, passant h droite.
J’en ai le droit.
VALBREUSE, se retournant.
Le droit?
MUGUETTE
Sans doute.
VALBREUSE, redescendant virement.
Muguette, il y a trois jours, vous causiez avec un zouave devant le bouillon Duval, du boulevard Saint-Denis.
MUGUETTE
Moi?
VALBREUSE.
Quel était ce zouave ?
MUGUETTE, se rappelant.
Ah ! boulevard Saint- Denis ?
Oui.
Il y a trois jours?...
Oui.
MUGUETTE
VALBREUSE.
MUGUETTE
C’était ma sœur!...
.VALBREUSE, stupéfait.
Votre sœur?
MUGUETTE
Qui est vivandière dans le troisième zouave.
VALBREUSE, avec éclat.
Cet imbécile de Bussang, qui ne sait même pas reconnaître le sexe des cantinièresl... Où estjîussang, que je le tue?... Anatole 1... viens que je te massacre!...
MUGUETTE
Qu’est-ce que cela veut dire ?
* Valbreuse, Muguette.