‹ Les chaines de fleurs comédie en un acte mêlée de chantChapitre 4 sur 30 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

VALBREUSE.

J’avais été léger, Muguette, j’en conviens. Tout à coup!... pif, paf, pouf... c’était le feu d’artifice... lu cours... je cours... tu te faufiles... je me faufile... près de loi j’avise un jeune présomptueux, qui abusait du feu d'artifice pour s’occuper d’autre chose que du bouquet.

MUGUETTE

C’est vrail... il me prenait la taille.

VALBREUSE.

Il ne se serait pas arrêté là, Muguette!... c’est par la taille qu’on commence, c’est psr le pied que l’on finit... Heureusement, j’étais près de vous, moi... J’empoigne ce jeune drôle, et nous nous livrons à une lutte libre... dans le genre anglais. Tu ne pouvais refuser un grog à ton vengeur... Je te rends cette justice, Muguette, que tu ne le refusas point. Nous nous installâmes sous ces mêmes lilas... fils du printemps... sous la tonnelle!

MUGUETTE

Dame, j’avais perdu Salambô dans la foule...

„ VALBREUSE.

Moi, j’avais égaré mon ami, Anatole de Bussang, près du feu d’artifice, où il avait reçu une baguette dans l’œil.

MUGUETTE

Ce pauvre Anatole!

VALBREUSE.

De grog en grog, tu m’avoues que ton cœur est libre, comme Venise, je pousse un cri... cri de joie... le même que dut pousser Marc-A ntoine, le jour où Cléopâtre lui dit : « Yous m’allez! »

MUGUETTE

Mais j’ajoute que j’ai les hommes en horreur.

VALBREUSE.

En horreur!... A ce mot, je repousse un cri... cri dedou leur... le même que dut pousser Cléopâtre... le jour de l’aspic... mais enfin !... tu l'attendris... un peu... et vive les lilas !...

MUGUETTE

Je cherchais un appartement...

VALBREUSE.

Mademoiselle, te dis-je, il y a, sur le même palier que moi, un appartement complet composé d’une pièce mansardée du meilleur ton...

MUGUETTE

Cent francs par an, c’était mon affaire.

VALBREUSE.

Et grâce à notre bon caractère, nous ne mettons le verrou que le soir à huit heures... ce qui fait trois pièces dans la journée... (Montrant u porte de gauche.) la chambre... mon atelier...

MUGUETTE

Cela fait deux.

VALBREUSE, montrant la porte de droite.

Et mon hamac... cela fait trois... un lit à la femme, un hamac à l’homme, tels sont mes principes.

MUGUETTE

Enfin, vous avez si bien su vous y prendre que je vous ai permis de me tutoyer... à la condition que vous savez.

A la condition que je t’épouserai dans les quatre-vingtdix jours... délai de rigueur... oui, je n’ai rien oublié.

MUGUETTE

Et dire que le même soir, mon amie Salambô...

VALBREUSE.

Faisait la connaissance d’Anatole de Bussang et qu’ils devenaient nos voisins d’à côté. Il faut que je les appelle ! (U va à la fenêtre ot appelle.) Ollél Bussang 1

BUSSANG, en dehors. ’

Qu’est-ce qu’il y a ?

VALBREUSE.

Viens-tu ?

BUSSANG*, en dehors.

Le temps de prendre mon lait d anesse... et j’arrive.

VALBREUSE, redescendant.

En voilà un qui se soigne 1

MUGUETTE

Nous -irons à la campagne, pas vrai?... Dam... c’est un anniversaire... voilà déjà trois mois...

VALBREUSE, vivement.

Trois mois!... allons donc!... c’est impossible!...

MUGUETTE, allant décrocher l’almanach. .

Tenez!... regardez... 19 avril.. .et aujourd’hui 19 juillet...

• Yalbreuse, Muguette.

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