COMMERCE COMMERCE POLITIQUE EXTÉRIEUR DE DÉTAIL SOCIALE
ro PAIE RENNES AT EL
Les statuts du D. I. H. T. ont été remaniés plusieurs fois depuis 1861. La dernière rédaction date du 18 janvier 1922.
Indiquons-en sommairement les dispositions les plus importantes.
Le D. I. H. T. à pour but d’aider à l'avancement du commerce et de l'industrie de l'Allemagne (article 1), son siège est à Berlin (article 2). Sont membres les Chambres de commerce et les organes de droit public
analogues qui sont légalement chargés de la représentation du commerce et de l’industrie.
Les organes du D. I. H.T. sont ceux qui sont indiqués au schéma ci-dessus, indépendamment de l'Assemblée plénière aui possède l'autorité suprême. Cette assemblée plénière composée de délégués des Chambres ou des organes adhérents au D. I. H. T. et de personnes appartenant au Comité central se réunit au moins une fois l’an; de plus elle doit être convoquée dans les six semaines lorsque vingt-cinq Chambres le demandent par écrit motivé (article 7).
Le nombre de voix dont dispose chaque Chambre (quel que soit le nombre de délégués qu’elle envoie à l’assemblée rlénière, nombre qui ne peut d’ailleurs excéder dix) est proportionnel au montant des cotisations qu’elle verse mensuellement au D. I. H. T., et varie de un à huit {articles 6 et 10).
Les statuts ne peuvent être modifiés qu’à la majorité des deux tiers des voix exprimées. Pour la dissolution, les trois quarts du nombre total des voix sont exigés (article 13).
Le Comité central comprend quatre-vingts membres, soit quatre désignés par la Chambre de commerce de Berlin ; vingt-neuf désignés par les vingt-neuf Chambres qui, après Berlin, paient les cotisations les plus élevées ; trente élus par l’Assemblée plénière : les autres sont nommés par le Comité central lui-même, dont le choix peut porter sur des personnes étrangères aux représentations commerciales. Dans ce comité doivent être représentées autant que possible les différentes branches
— 161 — à de l’industrie et du commerce et les différentes régions de l’Allemagne.
Ce Comité est chargé de défendre les intérêts propres du D. I. H. T., de fixer l’ordre du jour, et de préparer les délibérations de l’Assemblée plénière, de résoudre les questions urgentes et celles dont la solution n'incombe pas à l’Assemblée plénière, de choisir les membres du Conseil et de procéder à l'installation des Comités permanents ou Commissions (articles 15 à 20).
La présidence (Prasidium) est un organe de direction, à la tête duquel se trouve le président du Comité central, qui préside également le Conseil (article 25).
Les commissions sont formées par les soins du Comité central. Elles étudient les questions qui leur sont soumises par les organes supérieurs du D. I. H. T. et adressent au Comité central les comptes rendus de leurs travaux. Les membres du Conseil doivent être avisés des séances des Commissions et peuvent y prendre part avec voix consultative (articles 26 à 31).
Enfin, la Direction des Services est confiée à un secrétaire général et son adjoint, nommés par le Comité central. Ces deux fonctionnaires assistent à toutes les réunions, avec voix délibérative (art. 33) (1).
Les Chambres de Commerce françaises sont dépourvues d’un Office central analogue au D. I. H. T. On ne saurait rapprocher d’une pareille institution les Assem-
4) Le D. I. H. T. vient d’adhérer (oct. 1925) à la Chambre de Commerce internationale où, avec quatre autres groupements importants, il représente les organisations économiques allemandes.
blées périodiques, sous l'égide de la Chambre de Commerce de Paris, des présidents de nos Chambres de Commerce. Une Assemblée de présidents ne peut qu’exprimer quelques vœux, après un échange de vues nécessairement rapide. Ce qui fait la valeur d’une institution, c'est sa permanence, c’est la continuité dé son action.
Un Office central des Chambres de Commerce françaises à Paris, investi par une loi des plus larges attributions consultatives, doté de Comités permanents d’études juridiques, financières, économiques et techniques, de nombreuses Commissions en liaison directe avec le gouvernement, rendrait à la cause du commerce et de l’industrie les services les plus appréciables.
Les consultations que les Ministres sont appelés à faire dans la classe des entrepreneurs ou auprès des Chambres elles-mêmes, seraient grandement facilitées par l’intermédiaire de l'Office central : au lieu d’une multitude de documents analogues sans doute dans l'ensemble, mais présentant des divergences de détail, c’est par un rapport unique, résultant d’une exacte interprétation et d’une judicieuse synthèse des rapports fragmentaires que les ministres seraient renseignés sur la situation et les vœux du commerce et de l’industrie.
L'Office pourrait être considéré comme le siège de cette immense région économique qu'est la France : il constituerait entre les diverses régions économiques une sorte de plaque tournante, au point de vue de la liaison qui doit subsister entre elles — car il ne faut pas que le régionalisme dégénère en particularisme, — En d’autres termes, il symboliserait l'unité économique évidemment aussi nécessaire pour un pays politiquement
centralisé comme le nôtre que pour une fédération comme Je Reich.
Il engloberait utilement l'Union des Chambres de Commerce françaises à l'étranger, aux colonies et aux pays de protectorat, et communiquerait aux Chambres intérieures les renseignements sur les grands marchés mondiaux que lui fourniraient les premières,
Enfin, l'Office central interviendrait auprès du Conseil national économique, du Conseil national de la main-d'œuvre, des Commissions parlementaires, etc. avec une autorité que n’ont pas les Chambres isolées, et dont celles-ci ne sauraient prendre ombrage, puisqu'il la tiendrait précisément de leur unanimité.
M. Trémeau, Président de la Chambre de Commerce de Vienne (Isère), a fort bien souligné la lacune que nous signalons
« Pratiquement, écrit-il, dans un rapport sur la « Défense des intérêts généraux du commerce et de l’industrie », cette représentation collective ne pourrait exister que sous la forme d’une délégation, car il ne saurait être question de demander aux membres de nos Compagnies, trop absorbés par leurs affaires, de se réunir en Assemblées plus ou moins permanentes.
« C’est donc un Office central des Chambres de Commerce qui pourrait remplir cette mission. Son rôle serait de préparer le texte des desiderata à soumettre au Parlement, texte élaboré par le Comité permanent et approuvé par toutes les Compagnies. Il s’instituerait ainsi comme un referendum permanent auprès des Chambres de Commerce, qui permettrait aux Pouvoirs
publics de discerner facilement la volonté commune de chacune d'elles. » (1)
L'exemple de l'Allemagne ne peut que renforcer cette opinion (2).
() Cité par le « Moniteur de l’Exportation », n° 91 du mois d'août 1925, page 37.
(2) Sur le rapport de M. C. Bellot, la Chambre de Commerce du Tarn vient d'adopter (novembre 1925), les vœux suivants : 1° Que partout où se sont constituées des régions économiques, les assemblées de ces régions soient convoquées vingt jours avant l’assemblée trimestrielle des présidents de Chambres de Commerce; 2° qu’à côté de l’assemblée des présidents des Chambres de Commerce soit constitué un Conseil permanent des Chambres de Commerce doté d’un secrétariat général chargé de poursuivre la réalisation des résolutions adoptées; 8° Que cet organisme, qui aura également à assurer la préparation de l’ordre du jour des assemblées des présidents et à organiser la propagande, mette obligatoirement à l’ordre du jour de l’assemblée des présidents les questions qui seront transmises par les régions économiques.
Le Conseil permanent dont la constitution est recommandée par la Chambre du Tarn ne semble pas avoir les larges attributions ni l’envergure du D. I, H. T.
Généralités. — Disons immédiatement que l'expression « Chambres de Commerce allemandes à l'étranger » est juridiquement fausse. Il ne peut exister, en droit, de Chambres de Commerce allemandes qu’en Allemagne.Les commerçants allemands, hors de leur patrie, sont obligés de se conformer aux lois étrangères s'ils veulent se constituer en groupements et il ne peut être question de reconnaissance « de jure », par le gouvernement allemand, d’une Chambre de Commerce à Milan, ou à Rio de Janeiro, ou aïlleurs. Que le Reich subventionne de pareils groupements, rien ne s’y oppose. Que les consuls entretiennent d’excellents rapports avec eux, qu'ils leur servent d’agents de liaison avec la métropole, c’est parfait. Mais l'appellation n’en reste pas moins incorrecte.
Cette réflexion s’applique naturellement aux Chambres de Commerce françaises à l’étranger (1).
(1) Répertoire pratique Dalloz, Tome 7 (Industrie et Commerce) :
« Il existe dans un grand nombre de villes étrangères des réunions de commerçants, qui prennent le nom de Chambre de Commerce. Cette dénomination peut prêter à confusion, car ces associations ne sont pas soumises à ia législation française des Chambres de Commerce.
Mais des pouvoirs publics encouragent leur création, à cause des grands services qu’elles peuvent rendre à notre commerce et à notre industrie. »
Ceci dit, les Chambres de Commerce allemandes à l'étranger sont appelées à jouer un rôle considérable dans le relèvement de l’Allemagne. Elles ont la volonté de le faire. L’Allemand reste longtemps attaché à sa patrie. S'il s'adapte facilement aux us et coutumes des pays dans lesquels il s’installe, il n’oublie jamais son Vaterland. Ce sentiment si naturel et si généralement répandu se renforce chez lui de romantisme et d’un peu de vanité. Peut-être aussi d’atavisme : rappelons que les commerçants de Hambourg qui s’installaient dans les comptoirs hanséatiques, Londres, Bruges, Utrecht, ne perdaïent jamais leur qualité de citoyens hambourgeois ; la vieille Charte municipale de 1270 nous renseigne avec précision sur ce point (1).
La réprobation presque générale que souleva lattitude de l'Allemagne en 1914 et au cours des années suivantes, rendit très difficile la situation des nombreux Allemands installés à étranger. Ils sentirent la nécessité de se grouper dans une intention défensive d'abord et pour répondre plus tard, avec une audace grandissante, à la propagande alliée dans le monde entier. Ces groupements se donnèrent après la guerre une autre
(1) « I (l'Allemand à l’étranger), songe à s'organiser une autre vie, à s'adapter aux mœurs et aux habitudes de sa nouvelle résidence. Simultanément, il se fait naturaliser et inscrire à l’une des innombrables sociétés destinées à venir au secours des émigrés allemands. Vienne (en Allemagne), une crise des affaires, une difficulté diplomatique : ces merveilleux correspondants trouveront jour à faire savoir là-bas par quels moyens la conjurer ou la résoudre. La deuxième nationalité n’a pas étouffé la première: elle s’y est superposée, » (Maurice Lair : l’Impérialisme allemand. Colin, 1916, pp. 116 et 117.)
mission, plus utilitaire : celle de reconquérir les marchés perdus. Cette ambition était d’ailleurs contenue dès leur origine dans le titre de 4 Chambres dé Commerce » qu’ils se donnèrent. Beaucoup de Chambres de Commerce allemandes à l'étranger datent, en effet, des années 1916 à 1924.
La volonté de collaborer activement au relèvement de PAïllemagne, par le développement nécessaire de son commerce extérieur, par l'accélération du rythme des échanges (aussi bien d’ailleurs intellectuels qu’économiques) entre le pays et les pays étrangers, les Chambres de Commerce extérieures l’ont manifestée au cours d'u assemblée extrêmement importante qui eut lieu à Ber- Hn, les 23, 24 et 25 septembre 1924.
Quatre cents personnalités de premier plan, parmi lesquelles le Président Ebert, Marx, Stresemann, Otto Braun, des agents diplomatiques et consulaires, les membres iniluents des Comités centraux des grandes associations patronales, les animateurs du D. I. H. T. et enfin, les représentants des Chambres de Commerce allemandes, venus de toutes les contrées du globe, ont inauguré cette première réunion des pionniers du cômmerce extérieur allemand.
« Les Chambres de Commerce extérieures allemandes, dit l'un des ordres du jour adoptés au cours de cette session, déclarent que leur devoir est de travailler de toutes leurs forces à la rénovation de l’économie aillemande, par l’échange de marchandises entre les pays étrangers et l’Allemagne.
Elles se mettent à la disposition de leurs membres, des importateurs et des exportateurs étrangers ou aîlle-
mands, des autorités du Reich et des pays dans lesquels elles exercent leur activité... Elles expriment le vœu d’être consultées à l’occasion des négociations commerciales conduites par le gouvernement allemand. »
Ce véritable congrès de la plus grande Allemagne s’est déroulé dans une atmosphère de volonté et de confiance. Stresemann a dit en substance : « Nous n’avons pas à nous en aller par le monde ja tête basse comme un peuple qui serait moralement plus affaissé que tout autre peuple de la terre. Le mot du grand Prince Electeur : Sois fier d’être Allemand, est aussi vrai pour les nouvelles générations qu’il le fut pour les générations passées. »
Et le président de l'Association allemande de Batavia, Helfferich, ajoutait : « Celui qui voyage aujourd’hui par le monde voit sous tous les cieux des monuments de la grandeur allemande. Monuments dressés par l’ennemi même : des pièces d'artillerie immobilisées, qui nous disent en un langage muet, mais puissant, les combats que l’Allemagne a livrés. Il nous faut continuer la lutte, non plus contre le monde, mais avec lui. C’est à nous, Allemands de l'étranger, qu’il appartient d’unir au lieu de séparer, de construire au lieu de détruire. Nous devons comprendre et être pleinemënt compris. Et nous devons agir la tête haute, sans troquer contre de l’argent la moindre parcelle de notre honneur. »
Citons encore le ministre de l'Economie, Hamm, précisant en ces termes ce que l'Allemagne attend de ses commerçants expatriés : « … Il faut que le monde s’ouvre pour nous. Partout où il y a du travail, il y a des Allemands. Un seul privilège les protège : celui de
l'effort et de la persévérance. Il est singulièrement réconfortant pour nous, Allemands de l’intérieur, d’avoir à l'étranger au lieu de froids calculateurs ou de censeurs sévères, de chaleureux amis, qui s'efforcent de servir pleinement l’économie allemande. Nous devons exporter des hommes et des marchandises. Pour cette double exportation de marchandises, qui doivent être de bonnes marchandises, et d'hommes, qui doivent être honnûtes et travailleurs et doivent rester de bons Allemands, nous trouvons en vous le meilleur appui. nous attendons de vous. des renseignements sur la facon dont nous pourrons renouer des relations d’affaires et nos forces se développer à nouveau. Sur ces points-là, les Chambres de Commerce nous rendront les plus précieux services. »
Ajoutons que si les Allemands de l'étranger se considèrent comme des artisans de la puissance allemande, s'ils forment une armée économique disciplinée, et avertie, les Allemands de l’intérieur s'intéressent passionnément à l’évolution commerciale, industrielle, maritime et coloniale des autres peuples. Nous connaissons (1) de jeunes ingénieurs et de jeunes commerçants cultivés, très instruits en géographie économique et en économie politique, avides de statistiques, qui étudient soigneusement l’armature industrielle des autres pays et notamment de ceux dont l’évolution est pénible et l’industrie hésitante : ils sont à l'affût de leurs besoins, pour aller
{) À Mayence, Francfort et Dusseldorf: ce doit être la même chose dans toute l'Allemagne.
leur offrir au bon moment leurs services personnels ét les produits allemands.
F# Les Chambres de Commercé allemandes à l'étranger (ou autres groupements analogues) se répartissent géographiquement comme suit :
a) Europe :
Deutsche Handelskammer in der Schweiz, Zurich ;
Deutsche Handelskammer für Spanien, Barcelonà :
Deutsch-Ungarische Handelskammer, Budapest :
Deutsch-Italienische Handelskammer, Mailand ;
Deutsche Wirtschaftskammer, Wien ;
Deutsch-Finnischer Handelskammerverein, Helsingfors.
b) Amérique du Nord et Amérique Centrale :
Board of Trade for German-American Com-
merce, New-York :
Handelsausschuss des Verbandes Deutscher Reichs-angehoëeriger in Mexico :
Deutsche Handelskäimmer für Cuba, Havanna:
Deutsche Handelskammer für Haïti, Port-au- Prince.
c) Amérique du Sud :
Deutsche Handelskammer, Buenos-Aires :
Deutsche Handelskammer, Valparäiso:
PE
Deutsche Handelskammer in Uruguay, Montevideo;
Verband Deutsch-Brasilienischer Firmen, Rio-de- Janeiro;
Verband der deuschen Firmen in Peru, Lima.
d) Le groupe asiatique.
Deutsche Handelskammer in Tientsin.
Deutsche Handelskammer für Schanghaï; Deutsche Handelskammer in Kanton; Deutsche Handelskammer in Hankau ; Deutsche Handelskammer in Tsinanfu.
Deutsche Vereinigung in Tientsin; Deutsche Vereinigung in Tsingtau; Deutsche Vereinigung in Harbin:
Deutsche Vereinigung in Tokio-Yokohama ; Deutsche Handelskammer Kobe-Osaka.
<) auquel est rattaché :
Deuscher Bund Batavia.
D'un point de vue différent, les Chambres de Commerce peuvent se classer comme suit :
a) Celles dont l'objectif est surtout de protéger les Allemands qui se groupent autour d'elles. Ce sont les Chambres d’outremer (et celles de Milan et de Barce- Tone). Leurs statuts excluent en principe les non-Allemands de toute participation à leur activité et renferment des dispositions relatives aux rapports qui doivent exister, dans un but de protection des Allemands, entre
les Chambres de Commerce et les autorités diplomatiques et consulaires du Reich les plus voisines de leur
DEN F TE siège. Re
b) Celles — la plupart des Chambres européennes — pour lesquelles la protection des nationaux passe au se-
cond plan : elles se donnent pour devoir essentiel de veiller aux circonstances économiques. Leurs statuts ne renferment aucune disposition relative à la nationalité de leurs membres.
- Les Chambres de Coïmerce extérieures tiennent à leur indépendance à l'égard du gouvernement du Reich. « Les Chambres de Commerce allemandes doivent servir la cause germanique et soutenir l’économie allemande, mais elles ne doivent pas être les instruments politiques du gouvernement, » (1)
Elles repoussent toute idée de reconnaissance légale (nous avons souligné la faiblesse juridique d’une pareille sanction), ce qui n’exclut nullement l'excellence de leurs relations avec les ambassadeurs et les consuls, ni une collaboration constante avec le ministère des Affaires étrangères.
La liaison est assurée déjà entre les chambres de Commerce extérieures et l'Allemagne continentale par le Service d’information commerciale du Reich (Reichshandelsnachrichtendienst), créé en 1919 pour le com-
(1) Oberregierungsrat Huber.
merce extérieur par le ministre de l'Economie et celui des Affaires étrangères. C’est une entreprise économique officielle, rattachée aux Affaires étrangères, par les soins de laquelle toutes les nouvelles de l'étranger susceptibles d’intéresser le commerce et l’industrie — nouvelles souvent transmises par les Chambres extérieures — sont répandues rapidement dans toute l’Allemagne par l'intermédiaire de postes de diffusion, répartis sur presque tout le territoire du Reich et qui sont appelés « Reichsnachrichtenstellen » (1).
Les Chambres de Commerce d’Asie, d’une part, celles de l'Amérique latine, de l’autre, ont organisé à Hambourg deux bases, l « Ostasiatischer Verein » et la « Geschâftstelle der deutschen Handelskammern in den
lateinischen Laendern », chargées de les représenter en Allemagne continentale, et de leur servir d’intermédiai-
res avec les exportateurs désireux d’entrer en relations économiques avec l'étranger, avec le D. TI. H. T., et avec le gouvernement du Reich. Ces deux bases constituent la « Fédération des Chambres de Commerce allemandes à l'étranger ».
Les Chambres ont d’ailleurs exprimé leur volonté de s'inspirer des suggestions que pourrait formuler le D. I. H. T. au point de vue de l'expansion économique allemande, et d’aider le plus largement possible le Reichsnachrichtendienst.
Ces relations réciproques, les Chambres extérieures
(1) Reïchsnachrichtenstellen à Berlin, Koœnigsberg, Breslau, ‘Oppeln, Braunschweig, Hanovre, Essen, Cologne, Frankfort-sur- Mein, Mannheim.
en ont souligné l'utilité dans un ordre du jour du 24 septembre 1924 : « Les Chambres de Commerce allemandes à l'étranger estiment unanimement qu’il est nécessaire d'organiser la collaboration des représentations commerciales extérieures avec le D. I. H. T. Elles expriment le vœu que le D. I. H. T. consulte, sur toutes les questions relatives au commerce international, les organismes autonomes existant à étranger, qui mettront volontiers à sa disposition leur expérience et leurs connaissances. »
Voyons de plus près le rôle que se proposent de jouer les Chambres de Commerce, les moyens qu’elles préconisent pour reprendre les traditions interrompues par la guerre, et la tactique qu’elles conseillent d'adopter à cette fin, selon les pays et les circonstances.
Extrême-Orient : Avant la guerre, l’Allemagne oceupait en Extrême-Orient une situation brillante, due beaucoup plus à son action diplomatique, à la participation de la finance allemande aux emprunts chinois par l'intermédiaire de la Deutschasiatische Bank, à l’influence intellectuelle et morale de ses missionnaires, médecins et ingénieurs, à l'esprit d'entreprise de ses compagnies de navigation, qu’à la quantité d’Allemands qui s’y trouvaient : 4.000 en Chine, 1.000 au Japon, 200 en Sibérie orientale.
I] serait injuste de ne pas souligner ici la souplesse et la ténacité de ces quelques milliers de pionniers allemands (et d’ailleurs de la majorité des Allemands à l'étranger), et leur patriotisme toujours en éveil. M. Hauser, dans la troisième partie : La Conquête des
Débouchés, de son ouvrage classique sur Les Méthodes allemandes d'Expansion économique, a mis en relief leurs qualités d'énergie et d'activité, et multiplié les exemples de leur habileté commerciale. Les titres mêmes du premier chapitre sont évocateurs :
Le Deutschtum à l'Etranger; L'Etude des Débouchés : La Technique de l’Exportation:; Le Service des Renseignements; L’espionnage commercial; Adaptation aux désirs de la clientèle. (1).
Les Chambres de Commerce, nouvellement créées, semblent s'être donné pour mission de grouper plus étroitement encore autour d'elles ces volontés ardentes. Ces efforts disciplinés expliquent la place importante qu'avait conquise l'Allemagne sur un grand nombre de marchés.
Pour ce qui concerne l'Orient, en 1912, 23 % de l’ensemble du commerce extérieur chinois était aux mains des Allemands (19 % à l'importation, 28 % à l’exportation).
La guerre porte un coup très rude à cette situation : les biens allemands au Japon sont liquidés. Tsingtau est perdu pour l’Allemagne, les écoles allemandes sont fermées et de nombreux rssortissants du Reich expulsés.
(1) Sans imiter servilement ni surtout entièrement ces méthodes, les Français de l’étranger devraient bien s'en inspirer, et ne jamais oublier qu’ils sont chargés d’une double mission économique et intellectuelle, Nous avons observé en Rhénanie, depuis 1920, l'attitude d’un assez grand nombre de commerçants français : beaucoup d’entre eux n’auront rien ajouté au renom de notre pays.
Cependant, après la guerre, le gouvernement japonais restitue aux Allemands une partie du prix de vente de leurs immeubles liquidés, ce qui leur permet de reprendre pied.
La Chine, de son côté, ne s'oppose pas à la réinstal- . lation des commerçants que l'expulsion avait éloignés : elle signe d'ailleurs avec l'Allemagne le traité de paix séparé du 20 mai 1921, que M. Laurentz, Président de la Chambre de Commerce allemande à Shanghaï, présente comme un succès sensible (« un éclair dans notre situation bien sombre »). Par ce traité, sont annulés les tarifs prohibitifs appliqués depuis 1914 aux produits allemands, les biens saisis et non encore liquidés sont restitués, la Deutschasiatische Bank est autorisée à reprendre ses affaires sur de nouvelles bases.
Depuis 1920, 2.500 Allemands sont rentrés en Chine, et plusieurs centaines au Japon.
Les écoles allemandes rouvrent leurs portes, les missionnaires recommencent, avec la propagation de la foi catholique ou protestante, leur campagne en faveur de la culture allemande.
Une école de médecine et une école d'ingénieurs sont créées à Shanghaï. L'industrie allemande envoie à cette dernière institution une quantité imposante de machines, de modèles et de matériel de laboratoire.
Malgré l'instabilité du gouvernement chinois, malgré les cataclysmes qui sévissent au Japon, la vie allemande reprend donc dans ces pays.
Les Allemands, dans des villes comme Shanghaï, Tien- Tsin, Hankau, Canton, Tsingtau, se groupent en communautés autonomes.
Les Chambres de commerce et les associations énumérées au début de ce chapitre (groupe asiatique) représentent les aspirations économiques et la volonté confiante de leurs membres. La plupart d'entre elles datent d’ailleurs de ces toutes dernières années :
La Deutsche Vereinigung de Tsingtau de 1922 — les Chambres de commerce de Canton et de Shanghaï de 1924 — celle de Kobé-Osaka de 1924... et si elles ne comptent pas encore un grand nombre d’adhérents (Shanghaï, 55: Hankau, 39; Tientsin, 31) ne forment pas moins des centres actifs de germanisme et d’expansion économique.
| Ces Chambres observent une attitude très ferme à ’égard des autres Chambres de commerce étrangères et des Chambres de commerce internationales qui fonctionrent égaiement en Extrême-Orient : elles n’acceptent de faire partie de ces dernières que sur un pied d’égalité absolue. A Hankau, un Comité international des Chambres de commerce étrangères a choisi un Allemand comme président dès sa deuxième année d'existence.
Elles ont créé dans leur sein pour soustraire leurs adhérents à la juridiction du Mixed Court (les tribunaux consulaires ayant été supprimés) des tribunaux d’arbitrage et un tribunal d'appel qui règlent les différents d'ordre civil et d'ordre commercial entre Allemands. Parmi les vœux qu’elles ont exprimés, citons ceux-ci :
Que les personnalités appelées à représenter FAllemagne en Asie soient bien choisies par le ministre des Affaires étrangères : les qualités requises sont en première ligne la connaissance des langues asiatiques et une grande habileté psychologique.
Que le docteur Wilhelm, sinologue distingué, soit appelé à collaborer avec les autorités diplomatiques et consulaires.
Que des représentations soient créées ou rétablies à Shanghaï, Tsingtau, Hong-Kong et Dahny, point terminus des chemins de fer mandchouriens.
Que le départ des Allemands pour l'Extrême-Orient soit facilité.
Elles mettent le gouvernement allemand en garde contre une politique d'économie inconsidérée : il convient de dépenser ce qu’il faut pour assurer la parfaite formation du personnel des Affaires étrangères. Les hautes autorités diplomatiques sont entourées d’un état-major nombreux et inutile : mieux vaudrait s'assurer le concours de quelques collaborateurs vraiment compétents.
Dépenser encore pour maintenir les écoles allemandes et intensifier la propagande intellectuelle (le ministre des Affaires étrangères a promis de subventionner à nouveau ces écoles).
Indes néerlandaises. — En Australie, la situation est moins encourageante encore pour l'Allemagne qu’en . Extrême-Orient, et pour plusieurs raisons
Les capitaux allemands investis dans les plantations et les entreprises minières ou industrielles des Indes néerlandaises sont minimes.
La concurrence hollandaise et la concurrence anglaise sont très vives : nombre de maisons allemandes sont représentées par des commissionnaires hollandais.
Anglais et Hollandais, qui sont les plus gros exportateurs, chargent leurs marchandises sous des pavillons
de leur nationalité : le navire allemand n’enlève qu’un frêt réduit.
Cette situation date d’avant-guerre : les récents événements n’ont fait que l’aggraver.
Le « Deutscher Bund » constitué en 1915 à Batavia, et qui compte de nombreuses ramifications dans les îles de Java et de Sumatra, essaye d’y remédier. Cette association qui, au point de vue économique, remplit les fonctions d’une Chambre de commerce, s'efforce également de faire de la propagande intellectuelle. Elle a créé une revue allemande intitulée : Die deutsche Wacht. Elle communique aux journaux néerlandais les nouvelles d'Allemagne qu’elle recoit par T. S. F. et développe ses services de placement, de presse et d’information.
Le Deutscher Bund entretient d’excellents rapports avec le Consul général d'Allemagne à Batavia. Il souhaite et recherche une collaboration plus étroite avec le Reich et avec les commerçants et industriels de l’Allemagne continentale, par l'intermédiaire de l’Ostasiatischer Verein et du D. I. H.T.
Amérique du Sud. — Les commerçants allemands, autrefois au service de la couronne espagnole dans les possessions sud-américaines, ont eu un plus vif souci des intérêts de l'Allemagne à dater de l'émancipation de ces possessions.
Groupés en petites colonies, unies par la communauté d° langage, ils ont édifié des écoles, des églises, puis des institutions utilitaires, formant ainsi au milieu des populations sud-américaines, des îlots de germanisme. Ces dernières institutions ne pouvaient s’intituler « de dé-
tense économique » dans des pays très bienveillants à l'égard des immigrés, et particulièrement envers les commerçants allemands.
C’est de la guerre que datent les Chambres de commerce allemandes en Amérique du Sud (Buenos-Ayres, Valparaiso, Montevideo, Rio de Janeiro, 1916). Leurs premières manifestations furent combatives : elles menèrent une campagne adroite contre ce que les coalisés appelaient « les mensonges sur la responsabilité de la guerre ». Cette mission immédiate terminée avec la guerre les Chambres de commerce décidèrent de continuer leur propagande pour répondre, disaient-elles, à l'offensive des « ennemis » de l’Allemagne.
L'origine des Chambres allemandes sud-américaines est donc essentiellement politique. La mission commerciale apparaîtra plus tard : elle s’affirme aujourd’hui.
Elles cherchent à grouper autour d'elles non seule. ment des Allemands, mais encore les descendants des Allemands les plus anciennement établis en Amérique. « Dans un but purement économique », disent-elles.
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Les Chambres allemandes des républiques sud-américaines sont, comme la plupart des Chambres étrangères, des organes autonomes, indépendants, vivant de leurs propres ressources. Ces ressources sont sensiblement proportionnelles au nombre de leurs adhérents :
Chambre de Buenos-Ayres, 150 adhérents ; Chambre de Valparaiso, 190 adhérents ; Chambre de Montevideo, 46 adhérents ; Chambre de Rio de Janeiro, 207adhérents (an 31 décembre 1924).
Leurs relations avec les autorités diplomatiques et consulaires sont excellentes. Elles agissent souvent en liaison avec elles.
Le caractère spécifiquement économique des Chambres de commerce sud-américaines date en principe de l’année de leur réorganisation : 1920. Elles placèrent alors à la tête de leurs services des agents cultivés, connaissant à la fois l’économie politique, la langue espagnole et les habitudes locales, et capables d'organiser intelligemment leurs bibliothèques, leurs archives, etc.
Presque toutes les firmes allemandes de l'Amérique du Sud ont adhéré aux Chambres : les plus importantes
de ces firmes constituent leurs comités.
Les Chambres allemandes font volontiers partie des Chambres internationales : à Valparaiso du Chili, par exemple, la Chambre allemande a adhéré à la Chambre internationale (constituée par les Chambres nord-américaine, française, italienne, espagnole et chilienne) : l’activité de ces groupements internationaux s'exerce surtout en matière douanière.
La mission des Chambres allemandes tient dans les grandes lignes suivantes :
Informer leurs membres de la situation économique de l'Amérique et de l'Allemagne (par diffusion de statistiques, avis, lettres circulaires).
Protéger les intérêts généraux des Allemands établis dans les Républiques latines.
Suivre de très près les questions relatives au Crédit, cet élément essentiel du commerce, qui se présentent en Argentine, au Brésil, etc., sous des aspects bien délicats et bien complexes.
Compléter dans le sens de l’entente l’action diplomatique des représentants du Reich.
Nous avons vu que la liaison avec l'Allemagne continentale est assurée par la base de Hambourg : il était normal de choisir entre toutes cette ville hanséatique, en relations suivies avec les grands ports du monde.
Nous nous proposons maintenant de passer rapidement en revue, à titre d'exemple de l’activité des Chambres allemandes à l'étranger, l’action de la Chambre de Valparaiso au cours de l’année 1924.
La plus constante préoccupation de la Chambre de Valparaiso fut de regagner l'estime des Chiliens et des Boliviens pour les Allemands : calcul habile : outre qu’il . vaut mieux vivre en sympathie avec les habitants du pays étranger dans lequel on a fixé sa destinée, il est plus facile de gagner une clientèle amie qu’une clientèle politiquement hostile. Les manœuvres psychologiques des Allemands ont toujours pour fin le profit éconumique.
Ensuite, et d'accord avec les autres Chambres allemandes de l'Amérique latine, la Chambre de Valparaiso, dans la double pensée de donner aux Allemands vivant d’une façon constante à l'étranger une sorte de compensation au droit de vote, qu’ils ne peuvent exercer, et de fixer sur eux l'attention de leurs compatriotes de la métropole, « a demandé avec insistance au gouvernement d'Empire de réserver, dans le Conseil Economique du Reich, un siège et une voix aux Allemands actifs de l'étranger ».
Le représentant des Chambres de commerce extérieu-
res pourrait, avec une autorité particulière, renseigner ainsi le Parlement économique sur la situation précise des pays étrangers : pareille méthode « eût épargné au Reich bien des dommages ».
Le vœu de la Chambre de commerce de Valparaiso n’a pu être exaucé : le gouvernement a jugé qu'il était impossible de créer un siège nouveau au Conseil économique provisoire : il eût fallu modifier l'ordonnance du 4 mai 1920. Il a cependant promis de donner satisfaction, dans l’avenir, aux Chambres de commerce extérieures, en réservant à leur délégué un siège au Conseil économique définitif, à condition toutefois que toutes ces Chambres se donnent un organe unique de représentation.
Cet organe fut créé rapidement par le groupement des deux bases existantes (Ostasiatischer Verein et Geschafstelle der Handelskammern in den lateinischen Landern) en un « Verband der deutschen Handelskammern Ubersee », qui a son siège à Hambourg.
En attendant l’organisation du Conseil économique définitif, un notable hambourgeois, le Docteur Witthoft, membre du Conseil provisoire, a bien voulu se charger d’être le porte-parole à Berlin des Allemands de létranger.
Enfin, la Chambre de Valparaiso, par une série d'interventions, soit auprès des autorités chiliennes ou boliviennes, soit à Berlin par l'intermédiaire de sa base hambourgeoise, tenta de renforcer la situation générale des Allemands du Chili et de la Bolivie. e
1° Communications entre l'Allemagne et l'Amérique du Sud:
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Réclamation contre la lenteur de l’acheminement des colis postaux exportés d'Allemagne. .
Après l'ouverture de la station de T. S. F., de Monte Grande (Argentine), le Chili, sur la demande de la Chambre, fit savoir qu’il acceptait les télégrammes « via Monte Grande », sous certaines conditions de tarif.
Vœux en faveur de la réduction du frêt sur Valparaiso (les autres Chambres de commerce étrangères à Valparaiso se sont associées à ces vœux).
2° Protection directe des Allemands installés au Chili et en Bolivie :
La Chambre, moyennant rétribution, s’occupe de la protection de la propriété industrielle et des marques de fabrique au Chili.
Elle communique à ses adhérents le « Diaro officiel de la Republica du Chili » et attire leur attention sur les textes intéressants.
Elle à institué un tribunal d'arbitrage pour les contestations commerciales entre Allemands.
La Geschaftstelle de Hambourg, en accord avec ses filiales de l'Amérique latine, a présenté au ministre des Finances du Reich un projet de loi fiscale favorable aux Allemands de l'étranger, dont voici les dispositions essentielles :
L'obligation de payer l'impôt sur le revenu et l'impôt foncier cesse lorsque le domicile en Allemagne est abandonné par le contribuable qui se propose d’établir un nouveau domicile à l'étranger ou d’y faire un séjour de longue durée...
Les ressortissants ou anciens ressortissants du Reich qui, après au moins cinq ans d’absence, reviennent en
Allemagne, ou les étrangers, pendant les cinq premières années de leur séjour dans ce pays, ne sont soumis à l'impôt sur le revenu que pour les revenus des biens fonà ciers et industriels sis en Allemagne, pour autant que : leur installation ne soit pas définitive.
À partir du sixième mois de leur séjour, et pour une durée de cinq ans, ces personnes sont soumises à un impôt spécial, progressif, calculé sur le chiffre probable des dépenses de consommation et dépenses somptuaires faites par elles et leur famille, etc.
Les négociations dans ce sens avec le ministre des Finances n’ont pas encore abouti.
8° Politique commerciale :
Envoi à l'Office de Statistique de Berlin des prix pra- | tiqués en 1913 sur le marché chilien pour un très grand : nombre de produits.
à Etude des projets de tarifs douaniers. La Chambre À communique ses conclusions à ses adhérents, dont elle
sollicite les avis. :
: Les représentants de la Chambre allemande travaillèrent aux questions douanières dans les comités de la 3 : Chambre de commerce internationale. Ils intervinrent notamment pour l’abaissement du tarif appliqué aux porcelaines, très élevé en comparaison des droits que supporte la faïence.
La Chambre se défend d'intervenir dans la concurrence que peuvent se faire entre eux ses adhérents sur le marché américain.
4° Divers :
Envoi à l’Institut de Géographie et de N avigation de Kiel et à l’Institut de Géographie (section de géogra-
Le ee Vo agrtbie Xe ST Eh
phie économique) de l’Université de Marburg d'échantillons de produits chiliens et de documents de toutes sortes. »
Recommandations renouvelées aux Allemands du continent de ne jamais écrire à leurs correspondants de l'Amérique du Sud en une autre langue que l’espagnole ou l’allemande.
Publication d'un compte rendu annuel (J ahresbericht) sur l’activité de la Chambre au cours de l'exercice écoulé. La brochure de 1924 contient des renseignements sur l'économie mondiale en général, sur la situation de l’AIlemagne (politique financière, bourses, commerce et industrie, agriculture), sur celle du Chili — elle donne des tableaux statistiques sur le commerce de la Bolivie, du Chili (le marché du salpêtre notamment) — sur les prix des principaux articles d'importation et d’exportation, et enfin un graphique du change au Chili pour les années 1923 et 1924.
Enfin, la Chambre de Valparaiso a collaboré — et collabore — étroitement avec l'ambassade allemande de Santiago, le Consulat général de Valparaiso, les autres Chambres allemandes de l'Amérique, et ses correspondants de Santiago, de Conception, Valdivia, Antofagasta et Tennico.
Amérique centrale. — Dans cette zone, les Allemands se heurtent à l’action toute puissante des Etats-Unis. L’impérialisme américain s’y développe avec une rare vigueur. Dans le domaine financier, l'emprise est totale : la souplesse germanique est impuissante là contre.
Et cependant, fait observer le docteur H. Grierne, de
la Chambre allemande de Mexico, quelle différence de race, d’instincts et d'éducation entre ces descendants d'Espagnols, qui peuplent le Centre-Amérique- et les citoyens du Mississipi ou de l'Ohio !
Au point de vue économique, l'Allemagne a été évincée pendant la guerre, par les Etats-Unis, de toutes les positions bancaires et commerciales qu’elle s'était assurées. Les capitaux qu’elle y avait investis semblent s'être aujourd’hui volatilisés.
Les marchandises américaines bénéficient d’un régime douanier de faveur : les seuls produits allemands suscentibles de paraître sur les marchés de l'Amérique centrale sont ceux auxquels les Américains ne s’intéressent pas.
Cependant, avant la guerre, les marchandises allemandes étaient généralement bien accueillies (1), parfois même recherchées : quelques malfaçons constatées au cours de ces dernières années et dénoncées par la Chambre de commerce de Mexico, ont éloigné des acheteurs jusqu'alors encore fidèles.
Les Chambres de commerce allemandes de l’Amérique centrale s'efforcent de décider l’industrie allemande à ne livrer que des marchandises de qualité supérieure : c'est par la perfection de leurs articles d'exportation, disent-elles, que nos compatriotes de la métropole pourront reconquérir leur ancienne clientèle. Cette seule
(1) Le journal « Export » signalait déjà le 6 avril 1905 : « Le Mexique est le seul pays de l'Amérique qui, de beaucoup, nous achète plus de marchandises qu’il ne nous en vend. »
chance, les Chambres de commerce de Cuba, de Haïti et de Mexico, conseillent de l’exploiter rationnellement.
D'autre part, les Allemands établis en Amérique centrale constatent, non sans quelque amertume, que l'élite de ces pays est séduite par le génie français. Aussi, suggèrent-ils la création à Berlin, de cours semblables à ceux que la Sorbonne organise chaque année pour les étrangers et qui attirent à Paris les jeunes gens des meilleures familles de Mexico, de La Havane et de Port au Prince.
Notons que les Chambres auxquelles nous faisons allusion sont de création récente : celle de Cuba (à La Havane) date de 1923, celle de Haïti de 1924.
* A Mexico, il n’y a pas, à proprement parler, de Chambre de commerce (quoique nous ayons dit: Chambre allemande de Mexico). Il existe dans cette capitale une Association des ressortissants allemands, dont le Comité commercial joue le rôle de Chambre de commerce.
Signalons la création récente — en 1924 — du Board of Trade for german-american Commerce à New-York. L'ambassadeur d'Allemagne à Washington et le Consul général de New-York sont membres d’honneur du Bureau.
Europe. — Autriche. — Le morcellement de l’Autriche a modifié l’activité commerciale allemande dans ce
pays : le chiffre des échanges entre l'Autriche et l’Allemagne est tombé, par rapport à l’avant-guerre, dans la proportion de trois à un. |
La « Deutsche Wirtschaftskammer » de Vienne, créée en 1920, compte 400 membres allemands et 500 .membres autrichiens : c’est une Chambre mixte. Elle signale l’activité des Chambres de commerce anglaise, française et tchécoslovaque, en insistant sur le mordant de cette dernière.
Elle attire l’attention des Allemands sur trois points intéressants :
Les Allemands trouveront toujours en Autriche un accueil particulièrement cordial ; « Une transfusion du
riche sang de nos frères du nord dans nos artères au
sang vif et léger, écrit un banquier autrichien, est chose excellente ».
Il existe en Autriche des terrains marécageux et des terrains en jachère ; la mise en valeur de ces terres pourrait faire passer de 77 à 120 habitants au kilomèêtre carré la densité de la population : il y a donc de la place pour des fermiers allemands.
Le marché de Vienne à une connaissance spéciale des peuples d'Orient : le commerce avec les Levantins est difficile, il exige une habileté et une attention particulières : les Viennois y excellent — les Allemands aussi, naturellement. — Prague a vainement cherché à supplanter Vienne.
En somme, ces avertissements déguisent un appel répété à l'emprise allemande sur l’Autriche — à un envahissement de fermiers, de commerçants et indus-
triels « qui pourraient porter de 77 à 120 la densité de ce pays. »
Hongrie. — La Chambre allemande de Budapest est aussi de création récente :elle se propose de grouper et de représenter les intérêts des nombreuses entreprises allemandes installées en Hongrie. Le peuple hongrois est germanophile : l'exportation allemande a donc une clientèle toute prête. « Il nous faut, dit la Chambre de Buda à ses adhérents et à leurs compatriotes du nord, exploiter ce champ de travail extraordinaïrement fécone ».
Cette Chambre compte 200 adhérents allemands, e! 400 étrangers. Elle a créé un tribunal d'arbitrage (Deutsch-ungarisches Schieldsgericht) et un office de renseignements sur les possibilités et les conditions de crédit et sur les circonstances économiques dans les Balkans.
Finlande. — La Chambre d’'Helsingfors date de 1924. Elle a été fondée dans le même esprit d’impérialisme économique que la précédente. Elle compte environ 175 membres allemands et 110 membres étrangers. Son président d’honneur est le ministre plénipotentiaire allemand à Helsingfors.
Suisse, — Le chiffre des Allemands établis en Suisse est descendu de 200.000 (1914) à 120.000, dont 40.000 à Zurich et 28.000 à Bâle. Pendant les années 1920 à 1922, près de 9.500 d’entre eux ont perdu leur nationalité par suite de leur « Einbürgerung ».
Dès 1912, une Chambre allemande existait à Genève:
elle fut transférée à Zurich, où l'élément allemand est plus nombreux que dans cette première ville, et moins contrarié par les tendances de la population.
La Chambre de Zurich est mixte : elle compte 674 adhérents allemands (parmi lesquels sont inscrites 42 Chambres de commerce de l’Allemagne intérieure) et 577 adhérents suisses. C’est cette composition qui a permis à la Chambre de durer pendant la guerre.
Les membres allemands paient une cotisation annuelle allant de 30 à 100 francs suisses, celle des membres suisses est légèrement supérieure (de 50 à 150 francs).
La Chambre de Zurich, pour exercer plus facilement son activité dans la Suisse entière, entretient des Offices régionaux (Bezirksgruppen) à Bâle, à Genève et à Lugano.
Les membres du Comité de la Chambre et ses syndics font partie du Conseil économique du Consulat de Zurich.
La Chambre signale que la Suisse, restée neutre pendant la guerre, a éprouvé une vague de nationalisme, et qu’il est devenu difficile pour un Allemand d’y acquérir aujourd’hui un établissement. Le droit théorique, donné par l'article premier du traité germano-suisse à tous les Allemands installés en Suisse d’exercer librement le commerce et l’industrie (et inversement) n’existe plus pratiquement, dit le syndic de la Chambre allemande de Zurich.
L’exportation allemande est gênée par de nombreuses prohibitions helvétiques. Enfin, la Chambre se plaint des difficultés qu’éprouvent les Allemands de Suisse qui désirent se rendre en Angleterre, en Amérique et surtout
en France, difficultés qui n’existent pas pour les Suisses eux-mêmes.
Esjagne et Italie. — Les 75 centièmes des Allemands instailés en Espagne sont des commerçants. Leur situation est moins privilégiée qu'avant-guerre du fait de l'incdustrialisation de l'Espagne depuis 1914. Autrefois, exportatrice dé produits du sol et importatrice de produits industriels, elle continue d’exporter, mais le chiffre Ge ses importations a sensiblement baissé. Les négociations commerciales hispano-allemandes sont, de ce fait, devenues malaisées : le traité de commerce de Madrid du 25 juin 1924 a déjà cessé d’être en vigueur, par suite de sa dénonciation par l'Allemagne, le 16 octobre 1925.
L'article 6 de ce traité disposait que « dans l'exercice du commerce et de l’industrie, les nationaux de chacun des pays contractants auront les mêmes droits et faveurs que les nationaux ou les ressortissants de la nation la plus favorisée ».
La Chambre allemande de Barcelone et son importante annexe de Madrid, s'efforcent, au cours des nouveaux pourparlers, d'intervenir dans un sens naturellement favorable à ses adhérents, et de renseigner avec précision les autorités du Reich sur la situation économique de l'Espagne.
Cette Chambre, qui date de 1917, compte 160 membres allemands et 40 membres étrangers (en majorité espagnols). L’ambassadeur allemand à Madrid en est le président d’honneur et le Consul général à Barcelone est membre de droit du Comité. Signalons enfin que l’an-
nexe de Madrid 2 fait paraître en juillet 1925 le compte rendu de ses travaux, qui contient un tableau bien étudié du commerce et de l’industrie dans la Péninsule ibérique.
Quoique jieur position ne soit pas encore aussi brillante qu'autretois, de nombreux COinerçants et industrieis aliemands se sont instailes ou réinstaliés en italie. La Chambre de commerce de milan traduic deurs aspirations essentielles : adoucissemen: du tarif douanier, octroi du droit de fonder des comptoirs allemands, sécurité de la propriété allemande en Italie.
Chambres de commerce françaises à l'étranger. — 1] existe également de nombreuses Chambres de commerce françaises, disséminées sur toute la surface du globe. Les exportateurs français ont intérêt à les connaître, à s'adresser à elles pour obtenir des renseignements précis sur la situation des différents marchés, et à les soutenir.
Près de soixante-dix d’entre elles ont constitué « l’Union des Chambres de commerce françaises à l'étranger et aux pays de protectorat », dont le secrétariat fonctionne auprès de l'Office national du commerce extérieur.
Cette union a pour but « de coordonner et de grouper les efforts, d’unifier l’action et de défendre les intérêts des Chambres de commerce françaises à l'étranger, aux colonies et aux pays de protectorat, de centraliser les questions générales, en vue Au développement de notre commerce et de l'extension de nos débouchés ». (Article 2 des statuts).
ce 101.2
Au cours de la dernière assemblée générale de l'Union (18 juin 1925) le secrétaire général, M. Leblanc a présenté un rapport qui nous permet d'apprécier les efforts de nos Chambres extérieures. Elles ont sensiblement les mêmes préoccupations que les Chambres allemandes, notamment en ce qui concerne les transports maritimes, dont elles réclament l'amélioration, les accords commerciaux dont elles soulignent les clauses susceptibles de desservir les intérêts français, la propagande des idées nationales, qu’elles s'efforcent de rendre le plus efficaces possible, « pour la plus grande diffusion des fruits de notre énergie ».
Il est nécessaire de renforcer, par tous les moyens, la position de nos Chambres à l'étranger : les Chambres extérieures allemandes vont entreprendre une offensive économique de grand style, à laquelle il faut que les nôtres opposent leur action, énergique et fine comme le génie de notre race.
Paris, le 10 janvier 1926.
VU, le Doyen, Vu, le Président, H. BERTHELEMY. W. OUALID.
VU ET PERMIS D’IMPRIMER, Le Recteur de l'Académie de Paris :