US
À L'INTÉRIEUR DU POIL existe un mycélium abondant, de 1u à 1u5 de large, qui remplit la moelle et l'écorce du poil. Immédiatement sous la cuticule ce mycélium apparaît plus gros; de 2 w à 2u 5, flexueux et ondulé.
Toute la base du poil est ainsi envahie par le mycélium intrapilaire et le poil devient très friable, jusqu'à se dilacérer dans le sens de sa longueur.
4 Cultures
a) CULTURES PRIMAIRES. — Elles se présentent avec des caractères analogues sur les milieux d’épreuve maltosé et glycosé : culture plate, blanche, avec une houppe duveteuse au niveau du point d’ensemencement et, autour de ce point, un cercle de duvet laineux non adhérent au milieu.
Par transparence, la culture montre au centre, sur une zone de la dimension d’une pièce de O0 fr. 50, une légère coloration cuivrée.
A 17°, la culture apparaît du 5° au 8° jour et atteint la dimension d’une pièce de 1 fr. vers le 17° ou 18° jour.
Au 15° jour, la culture présente à sa surface un duvet fin onduleux, assez court, qui par la suite grandit et finit, vers le 27° ou 30° jour, par envahir le milieu d’une mousse légère qui remplit le tube en partie. Ce duvet n’est pas le duvet pléomorphique qui pousse fin et dense, par place. Réensemencé, il donne une culture type du champignon.
Certaines cultures primaires ne montrent pas ce fin duvet et semblent se fixer dans la forme qu'elles présentent au 15° jour : la houppe laineuse reste courte, le cercle qui l’entoure prend une couleur légèrement jaunâtre et paraît s’affaisser. La culture peut conserver cet aspect plusieurs mois. Réensemencée, elle donne des cultures secondaires parfaites.
b) CULTURES SECONDAIRES. — Ce champignon a été repiqué sur les différents milieux de culture énumérés pour l'étude d’un dermatophyte.
Le A mi
Milieux d'épreuve classiques. — Sur ces deux milieux, les cultures sont identiques et ont une grande ressemblance avec les cultures primaires (voir planche I, fig. 3).
Toutefois, le cercle duveteux autour de la houppe laineuse centrale, apparaît plus épais et présente trois zones :
— autour du bouton central, un cercle de duvet frisé, blane, de couleur légèrement cuivrée par transparence ;
— une auréole d’un blanc pur, où le champignon forme une couche plus épaisse, d'aspect laineux caractéristique ;
— à la limite externe, une auréole blanche de duvet incliné sur la gélose.
Lés cultures secondaires se développent plus rapidement que les cultures primaires : du 10° au 12° jour, elles atteignent, en tube de 18 mm., la dimension d’une pièce de 1 fr.
Milieux à base de polysaccharides. — Sur gélose à la dextrine ou à l’amidon, ce champignon pousse pauvrement : il garde sa couleur blanche et présente une zone centrale peu épaisse et une auréole périphérique plus développée.
La culture évolue plus lentement que sur gélose maltosée ou glycosée.
Gélose à la farine. — Sur ce milieu, la culture est pauvre. Elle se manifeste par un léger duvet frisé au point d’ensemencement et, autour, de très fines houppes laineuses disséminées circulairement. L'évolution est lente ; il ne se forme pas de fin duvet onduleux comme sur les milieux d’épreuve.
Milieux naturels. — Sur grains de blé, d'orge ou de maïs, on remarque, à partir du 7° au 8° jour, un duvet à la surface des grains. Ce duvet est blanc sur blé et maïs, légèrement grisâtre sur orge. Il s’épaissit progressivement jusqu’à former une couche feutrée, non adhérente.
Sur riz, la culture a le même aspect que sur gélose à la farine, mais les petites houppes laineuses disséminées sont plus développées.
AN
Sur champignon de couche, il se forme au point d’ensemencement une houppe duveteuse, sans tendance à l’envahissement.
Sur gélose au bouillon de staphylocoques, on constate un fin duvet blanc, légèrement frisé, autour du point d’ensemencement. La culture est pauvre et évolue lentement.
PLÉOMORPHISME. — Le pléomorphisme n'a été observé que sur la gélose au bouillon de staphylocoques. On l’a constaté, au 40° jour, sous la forme d’un duvet blanc très dense qui, par repiquage sur gélose maltosée et glycosée, a donné des colonies d’un blanc neige, composé d’un fin duvet, uniformément répandu sur le milieu.
5° Mycologie
A l'examen microscopique, toutes les cultures, du 10° au 15° jour, présentent, comme caractéristique, l’abondance des fuseaux : ceux-ci apparaissent sous la forme de véritables buissons ou de bouquets qui recouvrent et cachent le mycélium.
Les éléments ci-après ont été rencontrés à l’examen des différentes cultures du 12° au 30° jour.
Filaments mycéliens. — Au 14° ou 15° jour de la culture, en particulier sur gélose glycosée et sur grains de blé, on constate un dimorphisme mycélien très net.
On trouve un mycélium ramifié de 2 à 3u d'épaisseur, formé d'articles de 20 à 25 u de long et qui porte des fuseaux en abondance (voir planche II, fig. 3). Quelques-uns de ces filaments mycéliens présentent des renflements en raquette.
D'autre part, on rencontre aussi un mycélium fin, de 1 à 2u de diamètre, dont les segments sont souvent très allongés et qui prend l'aspect de corémium. Ce mycélium porte des aleuries en très petit nombre.
Appareil sporifère. — Les appareils sporifères sont du type Acladium, sans ramification latérale en croix (voir planche TITI, fig. 2).
Les aleuries mesurent de 1u5 à 2,5 u de large et de 3 à 5m de long ; elles sont légèrement eflilées à la base et d’apparence piriforme. Fixées à angle droit sur le mycélium qui les porte, elles s’articulent avec lui par une facette bien nette et n'apparaissent pas très caduques.
Il n’a pas été observé de buissons conidiens.
Fuseaux. — Dans les cultures on trouve trois sortes de fu- SeaUX :
a) Des fuseaux longs, constitués par un mycélium très épais de 6 à 8u de large, segmenté sur des intervalles très variables. Ces fuseaux peuvent atteindre jusqu’à 150 u de long ; portés par un mycélium de 2 à 3u d'épaisseur, ils sont renflés en massue à leur extrémité qui est généralement arrondie et ils se trouvent fréquemment réunis en bouquets (voir planche II, fig. 1 et 3).
b) Des fuseaux courts pluriseptés, en forme de navette, à extrémité renflée en bouton, qui sont portés par un pédicule assez épais, de 3 à Au de large et se constituent généralement à l'extrémité d'un filament, exceptionnellement sur son trajet.
Ces fuseaux ont les dimensions suivantes : largeur, 20 à 30 u, longueur 60 à 70 u. Ils sont divisés en loges dont le nombre varie de 3 à 8. Les logettes ainsi formées ont une membrane épaisse et qui atteint au centre de la navette 2u5 à 3u. Extérieurement, la membrane d’enveloppe du fuseau apparaît lisse (planche II, fig. 1).
Sur tous ies milieux, les fuseaux ont sensiblement les mêmes dimensions : ils prennent toutefois un développement plus grand sur les milieux naturels (grains de blé, d’orge, de maïs et de riz).
Ces fuseaux sont aussi disposés en bouquet ; ils sont caducs et se détachent facilement de leur pédicule par dilacération.
Observés quand ils sont jeunes et en voie de formation, ces fuseaux ne sont pas encore cloisonnés et montrent à leur intérieur un protoplasma uniformément coloré en bleu par le lacto-phénolbleu-coton-soudan. Ces fuseaux ne se cloisonnent qu'après avoir pris leurs dimensions normales.
c) Des fuseaux courts, avec filament à l'intérieur, en culture
PLANCHE Il.