C. — Fuseaux courts
Chlamydospores. — Les filaments mycéliens, épais de 3 à 4,
que l’on rencontre dans le stroma du champignon ou en culture mince sur lame, présentent sur leur trajet de nombreuses chlamydospores intercalaires de 6 à 9 u de large et 8 à 12 u de long, avec double membrane d’enveloppe et un protoplasma très dense.
Ces chlamydospores intercalaires sont souvent réunies en chaînettes par groupe de 5 à 10 : mais elles n'apparaissent jamais sous l’aspect d’arthrospores, c’est-à-dire, de cellules carrées ou rectangulaires, à double contour, s’articulant entre elles ou se détachant les unes des autres.
On trouve aussi, dans le stroma du champignon, quelques
4 pes
grosses chlamydospores terminales de 10 u de large et 15 à 18 u de long, réunies en file de 3 ou 4 et simulant un fuseau à l’extrémité du filament qui les porte.
Appareil sporifère. — En culture sur grains d'orge au germe de blé de 20 jours, on observe des appareils sporifères du type Acladium avec des aleuries de 1u5 de large et 3 à 5u de long, portées par un mycélium de 2 de large. Ces aleuries sont légèrement étranglées à la base et d'apparence pédiculée. Elles se trouvent implantées perpendiculairement à l'extrémité du mycélium qui les porte, par groupe de 5 à 10, comme l'indique la figure 2, À, relevée à la chambre claire.
Fuseaux. — En culture sur grains d'orge au germe de blé de 15 jours on trouve, en assez grande abondance, des fuseaux de deux sortes :
des fuseaux longs de 60 à 80 u, larges de 4 à 5u, segmentés en 3 ou 4 loges et portés par un pédicule de 2u5 de large, (fig. 2, B);
des fuseaux courts à membrane d’enveloppe mince, de 35 à 40 u de long et 6 à 10 u de large, portés par un pédicule de 2 u de large et comprenant de 2 à 4 loges, (figure 2, C).
DEUX CARACTÈRES PARTICULIERS doivent être notés à propos de l'étude mycologique de cette espèce qui présente sur milieux d’épreuve classiques des cultures glabres :
1° — Les aleuries et les fuseaux diffèrent, au point de vue morphologique, de ces mêmes organes observés sur les Trichophyton faviformes, ainsi qu'ils seront décrits plus loin : les aleuries sont d'apparence pédiculée ; les fuseaux sont longs ou courts et à membrane d’enveloppe mince ;
20 — Le développement des aleuries et des fuseaux n’a été obtenu avec ce champignon, complètement glabre sur gélose maltosée ou glycosée, qu’en utilisant le milieu aux grains d'orge et au germe de blé.
La même souche a été mainte fois cultivée sur grains d’orge ou de blé seuls, à l’étuve à 25°, sans qu'il ait été possible de constater dans les cultures la présence d’aleuries et de fuseaux.
Il semble, par conséquent, que l’on puisse attribuer la formation de ces organes reproducteurs à l’action favorisante du facteur de croissance thermostable contenu dans le germe de blé.
7° Inoculations expérimentales - Rétro-culture
La culture de ce champignon a été inoculée au cobaye. Deux inoculations ont été pratiquées : une avec la souche du Levant ; l’autre avec la souche tunisienne.
Dans les deux cas, une lésion de teigne a évolué tardivement, à partir du 14° jour et a montré les caractères habituellement observés chez le cobaye. La guérison est survenue au 30° jour.
Les poils parasités, assez nombreux, étaient du type endoeclothrix ; ils ont donné, par réensemencement sur les milieux d’épreuve classiques, une rétro-culture du champignon semblable à la culture primitive et présentant les mêmes caractères mycologiques.
8° Affinités du champignon
Par la lésion qu'il provoque dans le poil, ce champignon est un endo-ectothrix mégasporé ;
Par ses caractères de culture et sa mycologie, il se rapproche des Trichophyton mégasporés à culture faviforme. Il convient, par conséquent, de le classer dans le genre Trichophyton Malmsten 1848, Langeron et Milochevitch emend 1930.
Les caractères particuliers de la lésion pilaire provoquée par ce champignon, le distinguent déjà, en tant qu’espèce, des Trichophyton mégasporés connus. L'aspect de sa culture confirme cette différence, ainsi qu'il résulte des caractéristiques de culture données ci-après et observées sur les Trichophylon mégasporés faviformes :
Trichophyton album Sabouraud 1909.
Origine : bovidés ;
Rite
culture sur gélose maltosée de couleur cire vierge et de surface spongoïde et vermicellée.
culture sur gélose glycosée pénétrant le milieu et formant 3 zones : un centre faviforme blanchâtre, une auréole poudreuse blanche et une auréole de rayons immergés. T. ochraceum Sabouraud 1909.
Origine : bovidés ; culture sur gélose maltosée et glycosée, acuminée, faisant saillie sur le milieu, de couleur jaune d’ocre, auréolée d’un liseré jaune soufre.
T. discoides Sabouraud 1909.
Origine : bovidés ; culture formant sur les deux milieux d’épreuve un disque bombé, avec un umbo central, parfois lisse et humide, de couleur neutre ; peut présenter en son centre une touffe de gros poils grisâtres avec une auréole de court duvet. T. verrucosum Bodin 1902.
Origine ; âne culture formant un disque arrondi, régulier, de 2 cm. de diamètre, immergé, à mamelon central auréolé de gris blanchâtre, s’atténuant à la périphérie en une surface grise, humide, souvent striée de sillons radiaires et à bords nettement coupés.
T. verrucosum est le Trichophylon faviforme, à cultures grises, de Bodin (1896).
T. caballinum Neveu-Lemaire 1921.
Origine : cheval ; culture élevée au-dessus de la gélose et dont la surface, de couleur brune et irrégulièrement contournée, ressemble exactement à celle d’un cerveau desséché.
T. caballinum est le Trichophyton faviforme à cultures brunes, saillantes et irrégulières, de Bodin (1896).
ie
T. angolense F. de Mello et Sant'Ana Paes 1923. Origine : enfant ; culture chocolat sur gélose maltosée, plus claire sur gélose glycosée.
T. luxurians Brault et Viguier 1926.
Origine : enfant ; culture jaunâtre, vermicellée, présentant par places des jwtites cupules parfois trouées. Se développe rapidement. T. camerounensis Ota et Gaillard 1926.
Origine : bovidés ; culture ressemblant à celle de T. album. La différence réside dans les caractères microscopiques.
Le Trichophyton dont je viens de donner l'étude apparaît, par suite, comme une espèce qui n’a pas encore été décrite.
En raison de la forme bulleuse qu'il prend sur les milieux d'épreuve classiques, je propose de le nommer : Trichophyton bullosum.