I -- SABOURAUDITES EQUINUS (Bodin
— Microsporum equinum Bodin 1898.
RAPPEL DES CARACTÈRES CONNUS
Sabouraudites equinus a été l’objet d’une étude approfondie par un maître de la dermatologie parasitaire, E. Bodin, et sa morphologie a été décrite avec beaucoup de détails.
Ce champignon présente dans le poil des filaments mycéliens de 2 à 2u5 de large, dirigés suivant l'axe longitudinal, serrés les uns contre les autres et formés de segments très allongés. Autour du poil on trouve une gaîne de petites spores de 2? à 3u, polyédriques par pression réciproque, disposées en mosaïque et non en chapelets.
La culture de ce champignon sur milieux d’épreuve classiques est très adhérente ; d'aspect glabre à son début, elle se recouvre ensuite d’un fin duvet court et rare et présente des plis profonds, radiés, qui se réunissent au centre en se chiffonnant irrégulièrement. En vieillissant, la culture brunit et se recouvre d’un duvet blanc très léger.
Au point de vue mycologique, Sabouraudites equinus présente :
Un mrycélium septé, avec des renflements piriformes qui sont des chlamydospores intercalaires (mycélium en raquette) ;
Un appareil sporifère simple, du type Acladium, exceptionnellement en grappe ;
des fuseaux en navette, de 8 à 15 loges ;
des hyphes pectinées.
NOUVEAUX CARACTÈRES OBSERVES
L'étude des 20 souches de cette espèce que j'ai isolées m'a permis de préciser les caractères suivants :
a) LÉSION PILAIRE.
Il existe à la surface des poils, lorsque l’envahissement par le champignon est complètement constitué, un réticulum de fila-
ments grêles qui forment autour de la gaîne microsporique un véritable filet à mailles irrégulières.
ET
Observé sur le cheveu parasité par Sabouraudites audouini, ce lacis mycélien n'a pas été mentionné sur le poil du cheval envahi par S. equinus.
b) CULTURES SUR MILIEUX D'ÉPREUVE CLASSIQUES.
Les caractères de culture s’éloignent fréquemment de la description donnée par Bodin.
Brocq-Rousseu, Urbain et Barotte ont déjà signalé que leurs cultures étaient « rigoureusement glabres, à peine duvetées» et « présentaient une pigmentation jaune envahissant le milieu » en surface.
Dans sept cas, sur des souches provenant du Levant ou d’Algérie, les cultures observées étaient presque complètement plates, glabres, à peine duveteuses, et d’une belle couleur jaune sable, parfois avec un centre un peu plus foncé et une auréole claire.
Par contre, sur deux souches, l’une de la Métropole (40° Régiment d’'Artillerie Divisionnaire, Châlons) et l’autre de Madagascar, la culture, de couleur brune et d'apparence bien gaufrée, était recouverte dès son début d’un duvet lâche et abondant, grisâtre, très différent du duvet pléomorphique qui est blanc et se manifeste par petites plaques denses et serrées.
La culture de Sabouraudites equinus n'a donc pas les caractères de fixité parfaite signalés par Sabouraud et Bodin.
c] MYCOLOGIE.
Les deux souches qui ont montré des cultures duveteuses sur milieux d’épreuve classiques avaient la morphologie complète de Sabouraudites equinus et ont en outre donné les formes non décrites ci-après :
Des fuseaux unicellulaires avec filaments mycéliens à l’intérieur.
Ces fuseaux, au nombre d’environ 1 sur 10 fuseaux pluriseptés, ont été rencontrés du 15° au 20° jour, sur les cultures primaires ou le premier repiquage.
Ainsi qu'il a été exposé lors de l'étude des caractères mycolo-