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INTRODUCTION

Les teignes du cheval et des bovidés sont des maladies parasitaires de l’épiderme et des poils, fréquemment observées sur les sujets jeunes, dues à des champignons filamenteux connus sous le nom de dermatophytes et dont les affinités sont encore discutées.

Types spécifiques

Ces champignons ne représentent jusqu'ici qu'un nombre assez restreint d’espèces. On connaissait :

chez le cheval, Sabouraudiles equinus (Bodin 1898) — Microsporum equinum, Bodin 1898 ; Sabouraudites gypseus (Bodin 1907) Langeron et Milochevitch 1930 — Achorion gypseum Bodin 1907 ; Trichophyton equinum Gedoelst 1902 ; Trichophyton caballinum Neveu-Lemaire 1921.

chez les bovidés, Trichophyton album Sabouraud 1909 ; Trichophyton ochraceum Sabouraud 1909.

chez le cheval et les bovidés, Ctenomyces mentagrophytes (Ch. Robin 1853) Langeron et Milochevitch emend 1930 Trichophyton asteroides Sabouraud 1910, chez le cheval et les bovidés ; Trichophyton granuiosum Sabouraud 1908, chez le cheval;

Trichophyton discoides Sabouraud 1909 ; Trichophyton verrucosum Bodin 1902.

Mes recherches ont permis de découvrir, en Afrique et en Asie, quatre autres espèces de dermatophytes parasites du cheval ou du bœuf.

On possède, pour la France, une statistique des teignes du cheval, donnée en 1926 par Brocq-Rousseu, Urbain et Barotte et qui mentionne la fréquence des lésions microsporiques.

Aucune statistique analogue n’a été établie pour les teignes des bovidés (1).

Morphologie générale

Les vétérinaires ont étudié les teignes des animaux domestiques du point de vue clinique et épidémiologique ; à l'exception de Trichophyton equinum, dont l'isolement et la description morphologique microscopique sont dus à la collaboration d'un mycologue et d’un vétérinaire (Matruchot et Dassonville, 1898), les caractères morphologiques des champignons des teignes du cheval et des bovidés ont été décrits par des médecins.

C'est ainsi que l’on doit à Sabouraud, l'éminent spécialiste des teignes humaines, l’étude mycologique de Cienomyces mentagrophytes, Sabouraudites gypseus et des trois Trichophyton mégaspores des bovidés : T. album, T. discoides, T. ochraceum, et que les précisions les plus récentes sur ces espèces ont été données par Langeron et Milochevitch. De même, la description morphologique de Sabouraudites equinus est due à Bodin.

Les champignons des teignes présentent une morphologie différente dans la vie parasitaire et en culture pure : dans le poil et l’épiderme, ils sont réduits à des filaments mycéliens et des arthrospores ; en culture pure, ils donnent des appareils sporifères, des vrilles et des chlamydospores, mais ils ne présentent pas d’arthrospores.

C'est là un phénomène généralement observé : ainsi, par exemple,

(1) Cazalbou a isolé, chez les bovidés, sept champignons des teignes qu'il a décrits comme espèces nouvelles : Trichophyton ceroton : T. coronatum ; T. conicum ; T. cinereum ; T. floreale ; T. expansum ; T. singulare Cazalbou 1914 ; mais cet auteur n’a pas contrôlé le pouvoir infectant des cultures de ces espèces par l’inoculation au cobaye suivie de la rétro-culture et la description qu'il donne de lèurs caractères mycologiques est très sommaire. Aussi convient-il d'attendre que des recherches aient confirmé les travaux de Cazalbou pour considérer comme authentiques les espèces qu’il a dénommées.

se comporte le Rhinocladium Beurmanni Matruchot et Ramond 1905, agent de la sporotrichose, qui donne dans les lésions des conidies-levures et, en culture, un appareil sporifère du type sporotriché. Il en est de même des champignons levuriformes parasites qui produisent seulement dans les lésions des blastospores et des ébauches de filaments, alors qu’ils donnent en culture pure un appareil sporifère filamenteux plus ou moins compliqué (Langeron et Talice) et, dans certains cas, des asques.

1° MORPHOLOGIE A L'ÉTAT PARASITAIRE. — Les caractères mycologiques du champignon à l’état parasitaire sont étudiés dans le poil et dans les squames épidermiques.

Le poil est une tige cornée qui naît aux dépens des cellules de la papille et comprend, de dedans en dehors, trois zones kératinisées : La moelle, formée de cellules volumineuses, polyédriques, reliées par

les peignes de Schultze. Dans les espaces intercellulaires on trouve

parfois des bulles d’air. La substance médullaire, très visible chez les animaux, est peu développée chez l’homme et parfois même absente ;

L'écorce, partie constante, formée de cellules allongées renfermant des grains de mélanine qui colore le poil. Chez l’homme, la couche corticale est plus développée que la couche médullaire ;

L'épidermicule, constituée par une assise de plaques cellulaires lamelleuses, imbriquées les unes dans les autres à la manière des tuiles d’un toit, orientées de dedans en dehors, le bord libre tourné vers la pointe du poil.

Chez les animaux, les cellules de l’épidermicule font saillie par leur bord libre et forment à la surface du poil une fine denticulation régulière. Chez l’homme, les poils sont lisses parce que les cellules de l’épidermicule ne sont pas saillantes.

D'autre part, à sa naissance, au niveau de la papille, le poil est entouré d’une gaine épithéliale interne qui comprend trois couches de dedans en dehors : la cuticule, la couche de Huxley et la couche de Henle. Les divers éléments de ces trois couches se kératinisent et sont repoussés vers la surface de la peau où ils se desquament.

Au stade parasitaire, le champignon est représenté dans la moelle et l’écorce par des filaments mycéliens septés dirigés vers la base du poil, et, autour de l’épidermicule, par des spores de diamètre variable qui engainent pius ou moins le poil et sont disposées en chapelet ou en mosaïque. Ces spores peuvent être maintenues en place autour du poil par la couche des cellules de Henle, lorsque celle-ci ne s’est pas desquamée.

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La disposition architecturale des filaments mycéliens et des spores varie suiaänt les espèces de champignons des teignes envisagés : chez le cheval et les bovidés ces champignons présentent des filaments dans la moelle et l'écorce, et des spores autour de l’épidermicule ; ce sont des endo-ectothrix. Toutefois, à l'exception de Sabouraudites equinus bien étudié par Bodin et de Trichophyton album (cas d’un parasite purement endothrix publié par Baudet), la disposition des champignons des teignes des bovidés et du cheval, dans le poil de ces animaux, n’a jamais été précisée par des microphotographies.

Dans l’épiderme, les champignons des teignes évoluent à l’état de filaments mycéliens septés.

Les champignons des teignes se développent d’abord dans l’épiderme cutané, pénètrent au niveau du bulbe pileux et envahissent le poil en progressant vers sa base. Le parasitisme du poil se constitue uniquement dans sa partie radiculaire et, quand on trouve le poil envahi dans sa partie aérienne, c'est par suite de sa croissance ascensionnelle qui à fait sortir à l’extérieur la portion parasitée au niveau de la racine.

2° MORPHOLOGIE EN CULTURE PURE. — Les dermatophytes prennent, en culture pure, un développement abondant qui leur donne l'apparence de Mucédinées ; ils présentent alors une morphologie complète, particulièrement en ce qui concerne l'appareil sporifère. L'étude microscopique de cette morphologie est d’un haut intérêt puisqu'elle permet d'établir les affinités de ces champignons.

On observe, en culture pure :

1— Des filaments mycéliens, cloisonnés, régulièrement cylindriques, ou avec des renflements en raquettes ; certains de ces filaments peuvent être très fins et réunis en pinceau (corémium), il y a alors dimorphisme mycélien (Langeron et Milochevitch).

Le mycélium peut aussi être irrégulièrement cylindrique, tortueux, avec des renflements terminaux en massues (chandeliers faviques). C'est l’aspect que prend le mycélium dans les colonies du type glabre.

2 — Un appareil sporifère, constitué par des filaments mycéliens simples (type Acladium) ou ramifiés en croix comme des rameaux de sapin, qui portent des aleuries.

Les aleuries sont des spores externes formées par une cellule sessile ou légèrement pédiculée, fixée perpendiculairement sur le côté d'un filament mycélien auquel elle est articulée par une facette coupée carrément.

D'après Vuillemin, les aleuries se forment par condensation

EAN, Fr ets

protoplasmique aux dépens du mycélium qui les porte et se trouent apparentées aux chlamydospores ; elles ne sont pas caduques et sont libérées par affaissement du sporophore qui se trouve vidé à leur maturité. Par contre, les conidies naissent par bourgeonnement, sont attachées par un point ou un pédicule et sont caduques. Nous verrons plus loin qu'il y a lieu, en ce qui concerne les dermatophytes, de modifier un peu cette: définition des aleuries.

Il n’y à pas de conidies véritables chez les dermatophytes ; mais les aleuries, dans certaines espèces (Cienomyces mentagrophytes), sont caduques (Bodin. — Langeron et Milochevitch).

Le type de l'appareil sporifère des dermatophytes est donc en grappes composées avec un sporophore présentant des ramifications à angle droit et portant des aleuries de chaque côté des branches mycéliennes. La forme Acladium, constituée par un mycélium simple qui porte latéralement des aleuries, n'est qu’une ébauche de l’appareil sporifère en grappe.

Les grappes composées peuvent s’assembler en bouquets ; elles forment alors les buissons conidiens.

Les «aleuries» sont les «conidies» de Sabouraud et les «chlamydospores latérales » de Matruchot et Dassonville.

3— Des fuseaux, productions volumineuses, allongées, fuselées, à parois épaissies, divisées en logettes par des cloisons transversales.

Les fuseaux se forment à l'extrémité d’un filament mycélien ou sur son trajet par émigration du protoplasma, épaississement de la membrane d’enveloppe et, par la suite, cloisonnement transversal. Nous verrons ultérieurement qu'il existe un mode de formation différent des fuseaux.

Les fuseaux des Sabouraudites (Microsporum) ont une forme en navette et présentent de 7 à 15 loges ; chez les Ctenomyces (microïdes), ils sont en quenouille, à extrémité tronquée, avec un nombre réduit de logettes ; les fuseaux des Trichophyton mégasporés sont, comme ceux des autres Trichophyton, cylindriques, rarement ventrus, étroits, à extrémité tronquée et portent de 2 à 10 loges, ils sont attachés à un pédicule épais ; les fuseaux d’Epidermophyton sont disposés en cyme, ils présentent une extrémité arrondie en massue et un nombre réduit de logettes.

4 — Des chlamydospores rondes ou ovales. Ce sont des grosses cellules terminales ou intercalaires, isolées ou en file et pourvues d’une membrane épaisse. On les observe chez les Trichophyton mégasporés.

5 — Des vwrilles, ou tortillons spiralés. Elles sont constituées par un filament mycélien fin, non cloisonné, enroulé en spirale, les tours de

spire qui les forment étant serrés les uns contre les autres, de diamètre constant ou décroissant faiblement et progressivement.

Les vrilles naissent à l'extrémité d’un filament et l'axe du tortillon est perpendiculaire au filament mycélien qui le porte. Ce filament est mince dans les Sabouraudites et les Trichophyton ; il est différencié, volumineux et d'aspect toruleux dans les Ctenomyces.

Matruchot et Dassonville, ainsi que Langeron et Milochevitch, considèrent les vrilles comme des ornements de périthèce dont elles constitueraient un reliquat.

6— Des périthèces stériles ou glomérules, petits grains jaunâtres, formés d’une masse floconneuse hérissée de vrilles (Langeron et Milochevitch)}. Ces organes paraissent analogues à ceux qu'ont décrit Matruchot et Dassonville sous le nom de fruits conidiens. Ils ne sont connus jusqu'ici que dans le genre Ctenomyces (microïdes).

7 — Des organes divers, représentés par :

des organes pectinés, ou hyphes pectinées (Sabouraud) ou conidiophores pectinés (Bodin).

Ce sont des filaments mycéliens plus ou moins élargis, incurvés, irrégulièrement dentelés sur la convexité externe de la courbure et qui sont aussi considérés comme des ornements de périthèce. Pour Sabouraud, ainsi que pour Langeron et Milochevitch, ce sont des formes de souffrance ;

des organes nodulaires, qui sont constitués par des hyphes courtes et denses, qui poussent sur le trajet d’un filament en s’enroulant, et forment un amas mycélien comparable à une main fermée. La signification de ces organes n’est pas précisée.

Il semble qu’on n'ait jamais observé de périthèce complet et fertile sur un dermatophyte en culture pure.

En résumé, les organes caractéristiques des dermatophytes sont : l'appareil sporifère à rameaux en croix portant des aleuries ; les fuseaux pluriseptés ; les vrilles qui, chez les Ctenomyces, font partie de véritables périthèces stériles.

Tous les détails morphologiques qui viennent d'être énumérés ne sont pas réunis sur la même espèce et la morphologie individuelle des champignons des teignes du cheval et des bovidés est loin d’être aussi

complexe :

Ctenomyces mentagrophytes est une des espèces les plus élevées en organisation et présente : des périthèces stériles avec vrilles

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