DU MÊME AUTEUR
Nouvelle Flore du Tarn et de la Haute-Garonne souspyrénéenne. (2« édition.) 1 volume in-12, lx-372 pages, avec 243 figures.
Oavrage contenant : Une esquisse de géographie botanique ; ane esquisse géologique ; des tableaux dichotomiques pour déterminer les plantes ; les noms latins, français et vulgaires ; les propriétés médicinales, pharmaceutiques, tinctoriales et industrielles des plantes ; un vocabulaire des mots techniques 3 »
Sous Presse :
Les principaux Champignons comestibles et vénéneux,
1 volume in-4o; avec 8 planches coloriées, dessinées sous la direction de M. Békétoff, professeur à l'Université de Saint- Pétersbourg.
Librairie agricole de la Maison rustique, rue Jacob, 26, Paris. «
En Préparation :
Les Cryptogames de la Vig^e. Les meilleurs Cépages méridionaux et américains et leur adaptation au sol. 1 volume.
Travail comprenant une étude sur les cépages américains comme portegreffes, et les différentes variétés qu'ils ont produites.
Monographie de 500 Vignes européennes. 1 vol. in-12.
Avec des remarques sur leur résistance aux maladies parasitaires; leurs qualités ; l'époque de la maturité de leurs fruits ; leur synonymie, etc.
Albi. — Imp. Hbnri Amalric, rue de l'Hôtel-de-Ville, 14.
Au point de vue mycologique, le département du Tarn est l'un des plus riches du Bassin souspyrénéen.
Si la constitution géologique très variée de son sol et la nature chimique de ses terrains ont beaucoup moins d'intluence sur les champignons que sur les végétaux supérieurs , on peut dire que ses régions hypsométriques contribuent efficacement à réclosion et à la propagation de nombreuses espèces fongines.
Dans ce département, la région des plaines varie de 88 à 200 mètres d'altitude; celle des coteaux, de 200 à 600 mètres ; et la région des montagnes atteint de 600 à 1,260 mètres. Avec des altitudes si diverses, le nombre des végétaux cellulaires doit être considérable. Dans les plaines et sur les coteaux, on rencontre les principales espèces du midi de la France ; et la région montagneuse fournit des espèces plus communes dans le nord, dans TAIIemagne et dans la Suisse.
b LES CHAMPIGNONS DU TARN.
La classe des champignons est la plus vaste du règne végétal. Parmi les espèces supérieures, un grand nombre de ces végétaux offrent à l'homme des aliments aussi savoureux que nutritifs. La médecine demande au Polypore officinal son suc fortement purgatif; à l'Ergot du seigle ses propriétés éminemment hémostatiques. La chirurgie trouve dans le Polypore amadouvier et dans le Polypore ongulé une matière précieuse pour arrêter les hémorragies. L'industrie et les arts utilisent les principes colorants de plusieurs Polyporées et Agaricinées.
Si nous descendons aux espèces infimes, nous nous trouvons en face d'un monde microscopique, dans lequel pullulent les ouvriers des fermentations, qui transforment le sucre en alcool, le raisin en vin , le blé en pain , l'orge en bière, etc., etc.
Mais, côte à cote de ces champignons utiles, on rencontre des espèces vraiment redoutables. Les unes vivent en parasites sur les animaux et sur les plantes; d'autres sont pour l'homme des poisons violents. L'ignorance fait que les bons champignons sont enveloppés avec les mauvais, et, faute de connaissances suffisantes, une grande quantité de ces végétaux sont perdus pour la consommation.
Trop souvent, des procédés empiriques viennent encore augmenter le nombre des accidents occasionnés par les champignons.
Oui n'a pas entendu parler de la cuiller d'argent ou d'étain, et des petits oignons, qui doivent brunir au contact du poison ?
Nous ne disconvenons pas que ces objets ne puissent brunir au contact du principe vénéneux ; mais cette coloration n'est pas un caractère certain pour décider sur la bonne ou mauvaise qualité des champignons. En effet, on sait que les matières albumineuses, en se décomposant, dégagent de l'hydrogène sulfuré, lequel brunit l'argent, l'étain et les oignons.
Les champignons qui changent de couleur n'annoncent pas toujours des espèces vénéneuses; et, au contraire, nous savons que, parmi les Amanites les plus dangereuses, plusieurs ne changent pas de couleur quand on les entame.
On dit souvent que les champignons aux couleurs vives et ceux dont le chapeau est visqueux sont vénéneux. Ici on trouve de nombreuses exceptions.
La Russule alutacée, dont le chapeau est souvent rouge pourpre, l'Oronge orangée, la Boule de neige ou Gros muscat, et beaucoup d'autres espèces aux couleurs vives nous sont connues par leurs qualités alimentaires. Quant aux espèces visqueuses, quelques-unes sont mangées impunément; et, pour n'en citer que deux, très communes dans le Languedoc, nous mentionnerons la Fisluline ou Foie de bœuf, dont le dessus du chapeau est très poisseux dans la jeunesse, et
VHygrophore blanc d'ivoire, dont le chapeau est recouvert d'une viscosité abondante.
Le moyen déjuger de la qualité des champignons par l'odeur et par la saveur a été bien souvent la cause de funestes accidents. Ordinairement, lès espèces comestibles ont une odeur de farine fraîche et un goût de noisette ; tandis que les espèces nuisibles ont une odeur repoussante et une saveur acre ou caustique. Toutefois, plusieurs Amanites ont une odeur et une saveur peu prononcées; ces espèces n'en sont pas moins des poisons violents. La Chanterelle comestible et plusieurs Lactaires, qui sont acres à l'état crû, deviennentcomestibles par la cuisson. Nous pourrions multiplier les réfutations sur des caractères donnés qui n'ont pas plus de valeur. On peut dire que les caractères généraux donnés par plusieurs mycologues sont des indices et non des garanties de vénénosité ou d'innocuité.
Après la viande et les œufs, le champignon est un des aliments les plus nutritifs. Les savantes analyses de M. Boudier démontrent qu'au point de vue chimique les champignons contiennent de la cellulose, des substances azotées, des matières grasses, un suc cristallisable, une matière colorante, une substance aromatique et des traces de potasse, de silice et de soufre ^
Il faut le reconnaître, la mycologie n'a pas
* Le champignon de couche contient 50 °/o de substance azotée.
INTRODUCTION. i>
encore atteint le niveau général des autres sciences. Ce n'est pas à la chimie qu'il faut demander des analyses sûres pour déterminer les champignons; mais c'est aux caractères botaniques et permanents que les savants doivent recourir.
Le département du Tarn manquait d'une Flore mycologique. M. de Martrin, botaniste distingué, assailli par des douleurs cruelles et incessantes, n'avait pu ajouter à son excellente Flore phanérogamique du Tarn qu'un catalogue bien incomplet des espèces fongines. Nous nous estimerons donc très heureux si le travail que nous présentons aujourd'hui peut , en partie, combler cette lacune ; et nos longues et minutieuses recherches seront bien récompensées par l'espoir de contribuer à répandre le goût d'une science si utile, et de diminuer les nombreux cas d'empoisonnement que les journaux signalent chaque année.
Les champignons croissent pendant toute l'année. En hiver, on trouve la Truffe, les Polypores, les Fomes, les Merulius, les Lenzites, les Pézizes, etc., etc., la plupart espèces ligneuses ou coriaces. Au printemps, les Morilles, les Mousserons et plusieurs Amanites annoncent le retour des espèces charnues. En été , la Chanterelle, les Bolets, les Russules, les Lactaires, les Lycoperdons et beaucoup d'autres font leur apparition ; mais c'est surtout à l'automne, après les pluies de septembre et d'octobre, que la Flore
mycologique étale toutes ses richesses ; la plupart des genres sont alors représentés avec leurs espèces : c'est l'époque par excellence des études et des récoltes cryptogamiques.
Pour donner une idée générale des espèces de champignons de notre département, nous les diviserons en deux zones principales : celle des essences forestières et celle des terrains non boisés. La première comprend : 1** les bois humides ; 2** les bois secs ; 3"" les ramiers et les arbres isolés. La seconde comprend : 1** les bruyères et les friches ; â*' les prairies ; 3" les champs et les jardins ; 4" les fumiers et les terreaux.
Les espèces dominantes sont :
Première zone.
1** BOlS HUMIDES.
Sur les troncs d'arbres, les branches tombées et sur le bois vermoulu : Flammule gymnopode Bull. ; Collybia social DC. ; Bolbitius hydrophile Fr. ; Cortinairc châtain Fr. ; Hypholoma fascicule Huds. ; Pholiote cylindracée Fers. ; Pleurote strié Fr. ; Psathyrella disséminé Pers. ; Crépidote palmée Bull.; Marasme des rameaux Fr.; Mycène en casque Scop. ; Polypore luisant Fr.
Sur la terre nue : Amanite rude Pers. ; Tricholoma brunâtre Pers ; Hygrôphore blanc d'ivoire Fr. ; Chanterelle comestible Fr. ; Lactaire poivrée Fr. ; Lactaire fuligineuse Fr. ; Clavaire jaune
Schfeff.; Russule pâlissante Fr.; Hydne sinué L.; Bolet rude Fr.
Sur les feuilles mortes : Clitocybe infundibuliforme Schœff. ; Mycène pure Pers. ; Mycèno vulgaire Pers. ; Tubaire poudreuse Pers. ; Marasme brûlant Fr.
Dans les mousses humides : Collybia aqueux Bull. ; Omphalie faux-androsace Bull.