‹ Les champs et la merChapitre 21 sur 49 · LA SAINT-JEAN · texte numérisé non relu

LA SAINT-JEAN

Tandis que dorment les faucilles Aux hangars, vers la fin du jour, Autour des feux, les jeunes filles Dansent en rond au carrefour.

Dans le crépuscule que dore Un dernier rayon incertain, Sur l'horizon où vibre encore La brume chaude du lointain;

On voie leurs silhouettes sombres Que baigne un reflet azuré, Dans le mystère exquis des ombres Décrire leur pas mesuré.

Et le mouchoir qui se soulève Au vent du joyeux tourbillon, Sur leur épaule bat sans trêve, Comme une aile de papillon.

Et la ronde passe et repasse, Mêlant ses voix à l'unisson; Vers les étoiles dans l'espace On croit voir monter la chanson.

Et les jeunes gens aux murailles Adossés avec abandon, Ténors, barytons, basses-tailles Accompagnent en faux-bourdon.

Parfois, une vieille au front morne Glapit quelques sons chevrotants, Assise sur la même borne Qui la connaît depuis cent ans.

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