‹ Les Chances syphilitiques du PiedChapitre 7 sur 16 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'histoire des chancres syphilitiques du pied est de date relativement récente.

La possibilité de son existence a été signalée pour la première fois par A. Fournier, qui disait en 1860 : « Le virus du chancre pouvant être porté partout, peut s'implanter partout. Aussi rencontrerez-vous l’ulcération spécifique plus souvent que vous ne vous y attendez sans doute, quoique prévenus, sur des régions qui, par leur nature et leur fonction paraissent le moins destinées à le recevoir ».

En 1872, Hunter dans son traité, sur les affections vénériennes, écrivait : « Toutes les parties du corps humain sont susceptibles d’être affectées par le pus spécifique ».

La première observation de chancre du pied est rapportée par Leloir en 1879.

Plus tard, en 1807, Fournier, dans son volume sur les Chancres extragénitaux, rappelle l'observation de Leloir et parle de la possibilité de contagion syphilitique au pied pour les malades qui marchent pieds nus dans les salles d’hôpital.

Nous trouvons ensuite dans la littérature médicale le cas de 1 Hutchinson, de Londres (1892), qui a bien voulu nous en communiquer l'observation; celui. de Lesser, à la Société Médicale de Berlin en 1899; de Buchler, de New-York, en 1902: de Halsund, de Copenhague, à la So-

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ciété Danoise de Dermatologie, à la séance du 5 avril 1905; de Bobrie, en 1910; de Finger, en 1911; celui de Rille en 1921. Enfin nous rapportons ici deux cas inédits, un dû à l’amabilité de M. Milian, auquel nous adressons nos remerciements, et l'autre un cas personnel, observé dans le service de M. le Professeur Jenselme.

Fréquence et Statistiques

La fréquence des chancres syphilitiques du pied est difficile à déterminer avec précision. D'abord, beaucoup de cas restent méconnus, soit parce qu'ils sont ignorés des mala-. des, soit parce que le diagnostic n’est pas fait à cause du siège exceptionnel de la lésion. Par contre, des cas relatés comme chancres syphilitiques, n’en sont pas. Tel est à notre avis le cas de Pollaillon, rapporté en 1881 à la Société médicale du vi’ arrondissement. De même Rille, dans son article « Ubèr Syphilitischen Primaraffékt an den Zehen » élimine un certain nombre de cas considérés par divers auteurs comme chancres syphilitiques. Enfin, les statistiques signalent le plus souvent les chiffres totaux pour les membres inférieurs, sans autres détails sur le siège.

Si nous considérons l’ensemble dés accidents extra-génifaux, nous trouvons que leur fréquence, par rapport aux chancres génitaux, est ainsi répartie suivant les auteurs

Fournier donne 9 %

Broich en Allèmagne o % Mracek de Vienne 7,5 % Bukley de New-York 5,5 %

La statistique par siège, de la syphilis extra-génitale, donne les résultats suivants 4

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