‹ Les Chancres Simples Extra-GénitauxChapitre 18 sur 51 · OBSERVATION XIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XIII

(Vignes. Presse médicale, 19 juillet 1899, p. 29).

Sujet: homme de 50 ans,bien portant,atteint d’une violente suppuration conjonctivale avec papilles saignantes,chémosis et œdème palpébral de l'œil gauche. On devait, à première vue, penser à une ophtalmie à gonocoque, instillation au nitrate d'argent et lavage au permanganate. Cet homme n’était pas blennorrhagique et affirmait ne s'être exposé à aucun contact suspect.

Dans les jours qui suivent, le traitement semble aggraver la situation, d’autre part la cornée bien que baignée de pus restait intacte et l’examen bactériologique du pus ne décelait aucun gonocoque.

Le troisième jour examinant plus attentivement cet œil qui venait d’être lavé. au permanganate je remarquai après avoir ectropionné la paupière supérieure, à la partie supéroexterne du globe dans l’espace inter-musculaire une exulcération conjonctivale qui s’étendait jusqu’au cul-de-sac et reconnaissable à la teinte plus accusée que celle de la muqueuse avoisinante, colorée par le permanganate.

Pour bien me rendre compte de cet accident, je substituai aux lavages de permanganate une solution boriquée. Dès le lendemain, il m'était possible de reconnaître que tout le pus dont l'œil était souillé provenait d’une ulcération conjonctivale de la grandeur d’une pièce de 50 centimes, étendue jusque dans le cul-de-sac à bords à pic, sans pourtour induré, à

fond jaunâtre suppuré.

ne She

Il existait del'adénite douloureuse des ganglions pré-auri« culaires et même des cervicaux.

Quelle pouvait être l’origine de cette suppuration ?

Je fis rechercher le bacille tuberculeux, l’examen fut négatif.

Le malade était, il est vrai syphilitique, mais depuis 25 ans, il avait toujours été bien soigné. D'ailleurs, quelles lésions syphilitiques pourraient bien représenter ces accidents suraigus et s’ilseussent été spécifiques,comment expliquer cette adénite douloureuse ? J’en étais réduit à des conjonctures, quand j’appris vers Le 7° jour que ce malade avait un fils atteint de chancrelle avec bubon suppuré et incisé, auquel il faisait chaque jour ses pansements. Je considérai dès lors cet accident comme un chancre et le traitai comme tel.

Aussitôt, la suppuration diminue, l’ulcère se déterge et la réparation se fait, le tout beaucoup trop vite à mon gré.

Le malade refuse l’inoculation, la recherche du bacille de Ducrey-Unna ne peut être faite au moment voulu, mais seulement quand la cicatrisation s’achevait, Une inoculation au

bras, faite au même moment, ne donne aucun résultat,

Il est grandement dommage que ce cas si intéressant de Vignes manque de preuves matérielles puisque l’inoculation et l'examen bactériologique sont restés négatifs. Toutefois il ne faut pas perdre de vue qu’ils ont été faits trop tardivement et les preuves morales paraissent suffisantes.

L’étiologie est certaine, et c’est un cas typique de chan-

cre mouextra-génital sans aucune coïncidence avec une

ulcération chancrelleuse quelconque chez le même individu. Cet homme, ancien syphilitique, mais bien soigné, fait journellement les pansements d’un bubon inguinal conséculif à un chancre simple, quand soudain il est atteint d’une ulcération conjonctivale suppurative avec adénite des ganglions pré-auriculaires et cervicaux. L’ulcération est à bords à pics, à fond irrégulier et purulent sans pourtour d’induration. Elle est super ficielle,mais il en est ainsi pour les chancres de la cavité buccale comme l’ont observé Thomachewsky, Emery et Sabouraud. L’adénite n’a pas été suppurative.

Cette complication d’après Jullien souvent tout au plus dans 5,70 pour 100 des chancres des autres régions. Une seule observation de Hübbenet la mentionne et dans toutes celles que nous avons ajoutées nous ne l’avons jamais retrouvée. La rapidité de la guérison dès que le traitement rationnel fut institué montre l’importance d’un diagnostic précoce, qui en l’occurence était fort difficile et que vint seul éclairer la coexistence du chancre familial soigné par le malade. En lui indiquant le danger d’une’contagion possible et la nécessité d’un lavage antiseptique pour ses mains souillées, on lui aurait probablement évité toute contamination.

Nous citons ci-dessous une observation de Hübbenet (Union méd., 20 maï 1858) relatant unicas de bubon suppuré à la suite d’un chancre extra-génital. Cette rareté du bubon suppuré peut être attribuée, croyons-nous, à des causes identiques à celles que nous avons données pour expliquer la rareté du chancre céphalique et sa bénignité

savoir: vascularisation très intense ettempérature élevée.

= 929 Bien que l’observation se rapporte à un cas expérimen-

tal, nous la reproduisons pour ses complications et pour

la rareté du fait.

OBSERVATION HÜBBENET

(Union médicale, 20 mai 1858).

K. B. Soldat, 34 ans. Lymphatique entre à l'hôpital pour des végétalions du prépuce, qui sont traitées et guéries en trois semaines. Pas de syphilis. Le 22 décembre 1857 inoculation sous l’arcade zygomatique, près de la commissure labiale gauche, avec le pus d’un chancre simple dont le diagnostic avait été vérifié par une autre inoculation.

Inoculation positive. Le 1 janvier 1858 on a un ulcère à fond lardacé sans induration.

Le 3 janvier. — Adénite parotidienne qui suppure et est ouverte au bistouri, donnant lieu à un vrai chancre ganglionnaire.

Nous produisons ici toutes nos réserves au sujet dela mora-

lité de faits de ce genre.

C’est le seulcas d’adénite cervicale suppurée et encore

faut-il constater la bénignité relative de la lésion qui dure

à peine 25 Jours.

SE.) mes

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